Dans les Côtes-d'Armor, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 7 931 €/ha, sur 791 mutations de plus d'un hectare et 3 120 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département vaut 1,5 fois la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et se situe 11 % au dessous de celle de Bretagne, 8 917 €/ha. Il occupe le vingt-huitième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 3 826 et 28 630 €/ha, sur une surface médiane de 1,92 hectare.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Côtes-d’Armor | Bretagne | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 7 931 | 9 005 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 3 826 | 3 926 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 28 630 | 28 743 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 791 | 3 006 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 3 197 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 1,9 | non publié | 2,3 |
Le troisième quartile costarmoricain, 28 630 €/ha, dépasse de 90 % le troisième quartile national, et le rapport entre les quartiles atteint 7,6 contre 6,6. Un département breton médian abrite donc un segment haut sans rapport avec la production forestière.
La médiane est stable sur cinq ans, à 0,3 % en euros courants, de 8 974 à 9 000 €/ha, après un creux en 2022.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 181 | 8 974 | en attente | en attente |
| 2022 | 172 | 6 809 | en attente | en attente |
| 2023 | 156 | 7 993 | en attente | en attente |
| 2024 | 131 | 8 505 | en attente | en attente |
| 2025 | 151 | 9 000 | en attente | en attente |
L’effet de taille s’inverse au delà de vingt-cinq hectares : 7 886 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 735 mutations, 11 654 €/ha de 10 à 25 hectares sur 41 mutations, 8 028 €/ha de 25 à 100 hectares sur 12 mutations, effectif faible à interpréter avec prudence. Trois mutations dépassent cent hectares.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans les Côtes-d’Armor, la part du fonds domine.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Elle est tirée par la pression foncière bretonne, par la concurrence agricole dans un département d’élevage intensif, et sur la frange nord par l’attractivité résidentielle du littoral.
La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un taillis de chêne de bocage, elle est faible. Sur les douglas et les épicéas de Sitka du centre Bretagne, elle devient significative et justifie un examen séparé.
Sur les plantations résineuses non encore exploitables, nombreuses dans ce département, c’est la valeur actuelle d’avenir qui s’applique.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 6 972 chevreuils, 5 800 sangliers et 379 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Feuillus et chêne, au nord-ouest. Qualifié à la valeur technique, degré inférieur de notre grille.
Chêne et hêtre, au sud-est, également sur le Morbihan. Nos conseillers y voient une bonne station forestière, vallonnée, avec un terrain favorable au douglas. C’est la seule appréciation de terrain singulière dont nous disposions pour ce département.
Feuillus de bocage, au centre-nord. Qualifié au marché vénal, sans appréciation de terrain, la mention étant « pas d’avis ».
Le Trégor et le pays de Saint-Brieuc sont marqués « pas d’avis » : nous disposons de leur qualification, non de l’analyse qui la fonde.
Le chêne pédonculé domine le bocage, en taillis de faible valeur unitaire, le hêtre accompagne au sud-est. Le douglas et l’épicéa de Sitka constituent le segment de production, sur les sols frais du centre Bretagne. Le pin occupe les landes du Mené. Quénécan, Loudéac et Coat-an-Noz sont les références locales.
L’appareil local recensé compte 666 établissements, dont 32 scieries, 81 entreprises d’exploitation forestière et 220 de sylviculture. Deux unités dépassent deux cents salariés, Louisiane à Loudéac et Émeraude ID à Lannion, mais relèvent de la seconde transformation et de l’emballage. Protac Ouest à Lamballe-Armor complète le tableau. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés costarmoricaines.
Le marché tourne autour de 155 mutations par an de plus d’un hectare, avec un creux en 2024. Les communes les plus actives sont Le Mené avec vingt-trois mutations en cinq ans, Saint-Nicolas-du-Pélem et Mellionnec quinze, Glomel et Rostrenen quatorze, Saint-Vran treize, Louargat douze. Toutes se situent dans le centre et l’ouest du département, à l’écart du littoral. Les plus grandes opérations sont à Bon Repos sur Blavet, cent trente-neuf hectares, et à Laurenan, deux mutations de cent neuf hectares.
Trois profils se partagent ce marché. Les agriculteurs et les voisins achètent la parcelle de bocage pour des motifs d’agrandissement et alimentent le premier quartile. Les acquéreurs d’agrément littoral portent le troisième quartile, à 28 630 €/ha. Les investisseurs forestiers sont peu nombreux, faute de propriétés de taille suffisante.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est l’ampleur de la dispersion. Un rapport de 7,6 entre les quartiles, avec un troisième quartile à 28 630 €/ha, signifie que la médiane départementale ne décrit aucune propriété réelle. Le haut du marché est un marché résidentiel et d’agrément littoral, le bas un marché de bocage agricole : les deux n’ont ni les mêmes acheteurs ni les mêmes déterminants.
Le deuxième point le démontre. La plus grande propriété vendue du département, cent trente-neuf hectares à Bon Repos sur Blavet, s’est réglée à 2 383 €/ha, soit 37 % en dessous du premier quartile départemental. Dès que la surface impose de raisonner en actif de production, le prix costarmoricain retombe à sa valeur forestière. Une seconde vérification le confirme : la même emprise de cent neuf hectares à Laurenan figure deux fois, à 10 490 puis 6 572 €/ha, ce qui signale au passage une composition différente du bien entre les deux opérations.
Le troisième point est l’absence de première transformation d’envergure. Trente-deux scieries, et les deux seuls établissements de plus de deux cents salariés relèvent de la seconde transformation. Le douglas du centre Bretagne trouve preneur, mais la mise en concurrence reste limitée.
Le quatrième point est une lacune de notre référentiel. Le Trégor, cote la plus élevée du département à 10 012 €/ha, est qualifié à la valeur technique, degré inférieur de notre grille, et marqué « pas d’avis ». Cette contradiction apparente tient vraisemblablement à la pression foncière littorale, mais l’analyse de terrain reste à établir.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où le prix unitaire s’effondre dès que la surface augmente, la première question de l’évaluation est celle du marché adressable, avant toute considération sylvicole.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans les Côtes-d’Armor.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 7 931 €/ha entre 2021 et 2025, sur 791 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 1,5 fois la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 3 826 et 28 630 €/ha.
Le rapport entre le troisième et le premier quartile atteint 7,6, contre 6,6 au plan national, avec un troisième quartile à 28 630 €/ha, soit 90 % au dessus du niveau national. Le haut du marché relève de l’agrément résidentiel et littoral, le bas d’un marché de bocage agricole.
La plus grande propriété vendue entre 2021 et 2025, cent trente-neuf hectares à Bon Repos sur Blavet, s’est réglée à 2 383 €/ha, soit 37 % en dessous du premier quartile départemental. Dès que la surface impose de raisonner en actif de production, le prix unitaire retombe.
Le Porhoët, au sud-est du département, est décrit par nos conseillers comme une bonne station forestière, vallonnée, au terrain favorable au douglas. Sa cote progresse de 58,1 % en cinq ans, de 6 452 à 10 198 €/ha sur 540 ventes, la plus forte progression relevée sur les régions naturelles bretonnes de notre référentiel.
Quatre vérifications s’imposent : la part respective du fonds et du peuplement dans le prix demandé, la qualité réelle de la station pour le douglas si c’est l’essence visée, la portance des fonds tourbeux du centre Bretagne, et les servitudes littorales sur la frange nord.
Ces 791 mutations disent ce qui s’est payé, pas ce que vaut un bien précis : cette bascule est l’objet de l’évaluation forestière. Le classement des départements et la méthode de calcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion qui conditionne la garantie de gestion durable sur la page du plan simple de gestion. Pour situer Trégor, Porhoët ou pays de Saint-Brieuc parmi les grands ensembles français, voir notre panorama des massifs forestiers de France ; pour le vocabulaire, notre lexique forestier ; pour la marche à suivre, vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent