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Lexique du patrimoine

Le vocabulaire de la gestion de patrimoine sert d’abord à comprendre ce qu’on vous propose. Ce lexique réunit les termes de l’investissement, de la fiscalité et de la transmission tels qu’ils apparaissent dans un bilan patrimonial ou dans un acte. 186 entrées, réparties en quatorze familles. Pour le vocabulaire propre aux essences et à leur conduite, voir notre guide des essences forestières.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Patrimoine · Mis à jour le 13 août 2026

Investissement et marchés financiers

Actif
Tout bien ou droit détenant une valeur économique et susceptible de produire un revenu ou une plus-value. On distingue les actifs financiers (actions, obligations, parts de fonds), les actifs réels (immobilier, forêt, terres, or) et les actifs professionnels.
Allocation d’actifs
Répartition d’un capital entre les différentes classes d’actifs selon un objectif, un horizon et une tolérance au risque. C’est la décision qui explique l’essentiel de la performance d’un portefeuille sur longue période, bien davantage que le choix des titres eux-mêmes.
Arbitrage
Opération consistant à céder une position pour en acquérir une autre, afin de réajuster l’exposition d’un portefeuille. En finance de marché, le terme désigne aussi l’exploitation d’un écart de prix entre deux instruments équivalents sur des marchés différents.
Benchmark
Indice ou panier de référence servant à mesurer la performance d’un portefeuille ou d’un gérant. Sans référentiel pertinent, un rendement brut ne dit rien : il faut savoir ce que le marché a fait dans le même temps et pour quel niveau de risque.
Capitalisation boursière
Valeur de marché d’une société cotée, obtenue en multipliant le cours de l’action par le nombre de titres en circulation. Elle traduit ce que le marché est prêt à payer pour l’ensemble des fonds propres, non la valeur comptable de l’entreprise.
Corrélation
Mesure statistique du degré auquel deux actifs évoluent dans le même sens, comprise entre -1 et +1. C’est la matière première de la diversification : associer des actifs faiblement corrélés réduit le risque global sans nécessairement réduire le rendement attendu.
Diversification
Répartition du risque entre plusieurs actifs, secteurs, zones géographiques et devises afin de limiter l’impact d’un choc isolé. Elle n’élimine pas le risque de marché mais neutralise, en grande partie, le risque propre à chaque émetteur.
Drawdown
Baisse enregistrée par un actif ou un portefeuille entre un sommet et le creux qui lui succède, exprimée en pourcentage ; le *maximum drawdown* en retient la plus ample sur la période observée. Cet indicateur mesure la perte réellement subie par l’investisseur, là où la volatilité ne mesure qu’une dispersion théorique.
Exposition
Part du portefeuille effectivement soumise au risque d’une classe d’actifs, d’un secteur, d’une devise ou d’un facteur donné. L’exposition peut différer du montant investi lorsque des instruments à effet de levier ou des produits dérivés sont utilisés.
Gestion active
Approche dans laquelle le gérant sélectionne les titres et module l’allocation pour surperformer un indice de référence. Elle suppose des frais plus élevés et n’a de sens que si la valeur ajoutée nette de frais est démontrée dans la durée.
Gestion passive
Approche visant à répliquer fidèlement un indice, sans chercher à le battre. Elle s’appuie sur un constat empirique documenté, notamment par les études SPIVA de S&P Dow Jones Indices : sur des horizons longs et nets de frais, une majorité de gérants actifs n’égalent pas leur indice de référence.
Horizon d’investissement
Durée pendant laquelle le capital peut rester investi sans être mobilisé. C’est la variable structurante de toute allocation : un même profil de risque n’autorise pas les mêmes choix à trois ans et à vingt ans.
Liquidité
Capacité à céder un actif rapidement, sans décote significative, et à obtenir les fonds. Elle se paie : les actifs illiquides (capital-investissement, forêt, immobilier direct) offrent en contrepartie un supplément de rendement attendu, dit prime d’illiquidité.
Momentum
Tendance d’un actif dont le cours progresse à poursuivre sa hausse sur un horizon court à moyen terme. Documenté empiriquement, ce phénomène constitue l’un des grands facteurs de performance reconnus, mais il s’accompagne de retournements brutaux.
Performance
Variation de valeur d’un placement sur une période donnée, dividendes et coupons réinvestis. Une performance n’a de sens qu’accompagnée de trois précisions : nette de frais, nette de fiscalité, et rapportée au risque supporté.
Portefeuille
Ensemble des actifs détenus par un investisseur, considérés comme un tout cohérent et non comme une juxtaposition de lignes. La qualité d’un portefeuille tient moins à celle de chaque ligne qu’à la manière dont elles se comportent ensemble.
Prime de risque
Rendement supplémentaire exigé par l’investisseur pour accepter un risque plutôt que de détenir un actif réputé sans risque. C’est la rémunération de l’incertitude, et le fondement théorique de toute hiérarchie de rendement entre classes d’actifs.
Rendement
Revenu généré par un actif rapporté à sa valeur, exprimé en pourcentage annuel. À distinguer rigoureusement de la performance globale, qui intègre également l’évolution du prix de l’actif.
Risque systématique
Risque de marché, commun à tous les actifs d’une même classe, et donc non diversifiable. À ne pas confondre avec le risque *systémique*, qui désigne la possibilité qu’une défaillance localisée se propage à l’ensemble du système financier.
Risque spécifique
Risque propre à un émetteur ou à un actif particulier, indépendant du marché. Contrairement au risque systématique, il s’efface presque entièrement par la diversification.
Rotation sectorielle
Déplacement des capitaux d’un secteur économique vers un autre au fil du cycle. Les valeurs cycliques dominent en phase d’expansion, les valeurs défensives reprennent la main en phase de ralentissement.
Tracking error
Écart type des différences de performance entre un portefeuille et son indice de référence. Un chiffre faible signale une gestion proche de l’indice, un chiffre élevé une gestion réellement discrétionnaire, pour le meilleur comme pour le pire.
Volatilité
Amplitude des variations de prix d’un actif, mesurée par l’écart type de ses rendements. Elle est l’indicateur de risque le plus répandu, mais elle traite symétriquement la hausse et la baisse, ce qui en limite la portée pratique.

Actions et marchés boursiers

Action
Titre de propriété représentant une fraction du capital d’une société. L’actionnaire détient un droit sur les bénéfices, un droit de vote en assemblée et un droit résiduel sur l’actif net en cas de liquidation.
Action ordinaire
Action standard conférant les droits classiques de vote et de dividende, sans privilège particulier. C’est la forme majoritaire des titres échangés sur les marchés réglementés.
Action de préférence
Action assortie de droits particuliers, financiers ou politiques, prévue par l’article L228-11 du code de commerce : dividende prioritaire ou majoré, droit d’information renforcé, droit de vote aménagé ou supprimé. La suppression du droit de vote n’est admise que dans la limite d’une fraction du capital, plus étroite pour les sociétés cotées, seuils à vérifier au texte. L’expression *action préférentielle*, calque de l’anglais, n’a pas d’existence en droit français.
Cours de bourse
Prix auquel un titre s’échange à un instant donné, résultat de la confrontation des ordres d’achat et de vente. Il reflète une anticipation collective, non une valeur intrinsèque.
Dividend yield (rendement du dividende)
Rapport entre le dividende annuel versé et le cours de l’action. Un rendement anormalement élevé traduit souvent une chute du cours plutôt qu’une générosité soutenable : il appelle une vérification de la couverture du dividende par les flux de trésorerie.
Dividende
Part du bénéfice distribuée aux actionnaires, en numéraire ou en actions. Sa régularité est un signal de discipline financière, sa suspension un signal d’alerte souvent plus lisible que les comptes eux-mêmes.
Flottant
Fraction du capital effectivement disponible à la négociation sur le marché, hors participations stables et blocs de contrôle. Un flottant réduit signifie une liquidité faible et une volatilité accrue.
Introduction en bourse (IPO)
Première cotation des titres d’une société sur un marché réglementé. L’opération permet de lever des capitaux et d’offrir une sortie aux actionnaires historiques, dans un contexte de valorisation généralement favorable au vendeur.
OPA (Offre Publique d’Achat)
Proposition faite publiquement aux actionnaires d’une société cotée de racheter leurs titres, en numéraire, à un prix déterminé. Elle est amicale lorsqu’elle est approuvée par la direction cible, hostile dans le cas contraire.
OPE (Offre Publique d’Échange)
Variante de l’offre publique dans laquelle le paiement s’effectue en titres de l’initiateur et non en numéraire. L’actionnaire cédant devient donc actionnaire de l’acquéreur, ce qui déplace la question de la valorisation vers celle du titre remis.
Plus-value
Gain réalisé lors de la cession d’un actif, égal à la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition, ce dernier étant déterminé pour les titres selon la règle du prix moyen pondéré. Elle n’est en principe imposée qu’au moment de la cession effective, ce qui fait de la temporalité de vente un levier patrimonial à part entière.
Moins-value
Perte constatée lors de la cession d’un actif. Selon l’enveloppe de détention, elle peut être imputable sur des plus-values de même nature et reportable sur plusieurs exercices, sous conditions à vérifier.
Ratio cours/bénéfice (PER)
Rapport entre le cours de l’action et le bénéfice par action, exprimant le nombre d’années de bénéfice que l’investisseur accepte de payer. Un PER élevé traduit une attente de croissance forte, un PER faible une défiance ou une maturité assumée.
Valeur de croissance (Growth)
Société dont les bénéfices progressent rapidement et qui se valorise sur ses perspectives plutôt que sur ses résultats présents. Ces titres sont particulièrement sensibles au niveau des taux d’intérêt, qui pèse sur l’actualisation des flux futurs.
Valeur décotée (Value)
Société cotée en dessous de ce que ses fondamentaux comptables et bénéficiaires suggèrent. L’approche consiste à parier sur la réduction de cet écart, en acceptant que le marché puisse rester irrationnel plus longtemps que l’investisseur solvable.

Obligations et produits de taux

Obligation
Titre de créance représentant une fraction d’un emprunt émis par un État, une collectivité ou une entreprise. Le porteur est créancier, non associé : il perçoit des intérêts et le remboursement du capital, sans droit sur les bénéfices.
Coupon
Intérêt périodique versé au porteur d’une obligation, exprimé en pourcentage de la valeur nominale. Il est fixé à l’émission et ne varie pas avec le prix de marché du titre, ce qui explique la mécanique inverse entre cours et rendement.
Échéance
Date à laquelle l’émetteur rembourse le capital emprunté. Elle détermine la durée de l’engagement et, avec le niveau du coupon, la sensibilité du titre aux variations de taux.
Duration
Durée de vie moyenne des flux futurs d’une obligation, pondérée par leur valeur actualisée et exprimée en années. Elle ne mesure pas directement la réaction du prix : c’est la *sensibilité*, qui s’en déduit en divisant la duration par un plus le taux de rendement, qui exprime la variation de cours pour un point de taux. Retenir néanmoins la règle d’ordre : plus la duration est longue, plus le titre est exposé aux mouvements de taux.
Émetteur
Entité qui émet le titre de créance et s’engage à en assurer le service. La qualité de crédit de l’émetteur est le premier déterminant du rendement exigé par le marché.
Notation (rating)
Appréciation de la solvabilité d’un émetteur délivrée par une agence spécialisée, sous forme d’échelle alphabétique. Elle conditionne le coût de financement et l’éligibilité du titre aux portefeuilles institutionnels, mais elle réagit souvent après le marché.
Obligation d’État
Titre émis par un État souverain pour financer son déficit. En France, la dette à moyen et long terme prend la forme d’OAT, le court terme celle de BTF. Considérées comme le socle sans risque de la zone monétaire concernée, ces émissions servent de référence pour valoriser toutes les autres.
Obligation d’entreprise
Titre de créance émis par une société privée, offrant un rendement supérieur à celui de l’État en contrepartie d’un risque de défaut. L’écart entre les deux constitue le spread de crédit.
Obligation convertible
Obligation assortie d’un droit de conversion en actions de l’émetteur, selon des modalités fixées à l’émission. Elle combine la protection d’une créance et une participation partielle à la hausse du titre, moyennant un coupon réduit.
Rendement actuariel
Taux de rentabilité effectif d’une obligation achetée à un prix donné et conservée jusqu’à l’échéance. Son calcul repose sur une hypothèse rarement vérifiée en pratique, celle du réinvestissement de chaque flux au même taux, ce qui invite à le lire comme une convention de comparaison plutôt que comme une promesse de rendement.
Taux directeur
Taux fixé par une banque centrale pour orienter le coût de la liquidité bancaire, instrument principal de la politique monétaire. La Banque centrale européenne en pilote trois, et en régime de liquidité abondante c’est le taux de la facilité de dépôt qui dirige effectivement les marchés monétaires. Il fixe le point d’ancrage de la courbe des taux et, par ricochet, la valorisation de toutes les classes d’actifs.
Taux fixe
Rémunération dont le niveau est déterminé à l’émission et demeure constant jusqu’à l’échéance. Elle offre une visibilité totale sur les flux, au prix d’une exposition complète au risque de variation des taux de marché.
Taux variable
Rémunération indexée sur un taux de référence et révisée périodiquement. Elle protège le porteur d’une remontée des taux mais expose à une baisse des revenus en phase d’assouplissement monétaire.
Spread de crédit
Écart de rendement entre une obligation d’entreprise et une obligation d’État de même maturité. Son élargissement signale une dégradation perçue de la solvabilité ou une tension de liquidité sur le marché.

Fonds d’investissement

OPCVM
Organisme de placement collectif en valeurs mobilières, catégorie désignant les seuls fonds conformes à la directive européenne UCITS et bénéficiant à ce titre d’un passeport de commercialisation. Il ne recouvre pas l’ensemble de la gestion collective : le terme générique est *OPC*, qui se divise entre OPCVM et FIA, ces derniers regroupant notamment les SCPI, OPCI, FCPR et fonds professionnels spécialisés.
SICAV
Société d’investissement à capital variable, fonds constitué sous forme de société dont l’investisseur devient actionnaire. Le capital évolue librement au gré des souscriptions et des rachats. La SICAV est une forme juridique, non une catégorie réglementaire : elle peut relever du régime OPCVM comme de celui des FIA.
FCP
Fonds commun de placement, copropriété de valeurs mobilières sans personnalité morale dont le souscripteur détient une quote-part sous forme de parts. La structure est plus légère que celle de la SICAV, sans assemblée générale d’actionnaires. Comme elle, il peut relever du régime OPCVM ou de celui des FIA.
ETF
Fonds indiciel coté en bourse, négociable en continu comme une action. Il conjugue la diversification d’un fonds, des frais de gestion faibles et une liquidité intrajournalière, ce qui en a fait l’instrument dominant de la gestion passive.
Tracker
Synonyme courant d’ETF, désignant un fonds dont l’objectif est de reproduire fidèlement la performance d’un indice. La réplication peut être physique (détention des titres) ou synthétique (via un contrat d’échange avec une contrepartie bancaire), cette seconde voie introduisant un risque de contrepartie encadré mais réel.
Fonds indiciel
Fonds dont la gestion consiste à répliquer un indice sans arbitrage discrétionnaire. À la différence de l’ETF, il n’est pas nécessairement coté et se souscrit alors à valeur liquidative.
Fonds actions
Fonds investi majoritairement en titres de capital, français, européens ou internationaux. C’est la catégorie la plus volatile et, historiquement, la plus rémunératrice sur des horizons longs.
Fonds obligataire
Fonds investi en titres de créance, dont le comportement dépend de la duration du portefeuille et de la qualité de crédit des émetteurs retenus. Il n’est pas un placement sans risque : une remontée des taux fait mécaniquement baisser sa valeur liquidative.
Fonds monétaire
Fonds investi en instruments de très court terme, destiné à préserver le capital et à offrir une rémunération proche des taux directeurs. Il constitue l’outil de gestion de la trésorerie et de l’attente entre deux décisions d’allocation.
Fonds diversifié
Fonds combinant plusieurs classes d’actifs, actions, obligations et parfois actifs réels, au sein d’un mandat de gestion unique. Il délègue au gérant la décision d’allocation, ce qui suppose d’examiner son processus et non sa seule performance passée.
Fonds thématique
Fonds construit autour d’un sujet transversal (transition énergétique, santé, technologies, forêt et matériaux biosourcés) plutôt que d’une géographie ou d’un secteur classique. La lisibilité du récit ne dispense pas d’analyser la concentration et les valorisations qu’il implique.
Gestion sous mandat
Délégation à un professionnel du pouvoir de décision sur un portefeuille, dans le cadre d’un contrat définissant l’orientation et les limites de risque. L’investisseur conserve la propriété des actifs mais ne valide plus les opérations une par une.
Valeur liquidative (VL)
Valeur d’une part ou d’une action de fonds à une date donnée, égale à l’actif net divisé par le nombre de parts. C’est le prix auquel s’effectuent les souscriptions et les rachats.

Produits dérivés

Option
Contrat conférant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre un actif à un prix fixé jusqu’à une échéance déterminée. L’acheteur paie une prime pour ce droit, le vendeur l’encaisse et supporte l’obligation symétrique.
Call
Option d’achat, donnant le droit d’acquérir le sous-jacent au prix d’exercice convenu. Son acheteur mise sur la hausse, avec une perte plafonnée à la prime et un gain théoriquement illimité.
Put
Option de vente, donnant le droit de céder le sous-jacent au prix d’exercice convenu. Il constitue l’instrument de couverture classique d’un portefeuille contre une baisse, à la manière d’une police d’assurance dont la prime se consomme avec le temps.
Future
Contrat à terme standardisé, négocié sur un marché organisé, portant sur la livraison d’un actif à une date future et à un prix fixé. La chambre de compensation s’interpose entre les parties : le risque de contrepartie n’est pas supprimé mais transféré à cette chambre et mutualisé, moyennant dépôts de garantie et appels de marge quotidiens.
Forward
Contrat à terme de gré à gré, négocié directement entre deux parties et donc entièrement sur mesure. La flexibilité se paie d’un risque de contrepartie assumé en direct et d’une liquidité quasi nulle avant l’échéance.
Swap
Contrat d’échange de flux financiers entre deux parties selon des modalités convenues, par exemple un taux fixe contre un taux variable. C’est l’instrument central de la gestion du risque de taux et de change pour les entreprises et les institutions.
Effet de levier
Amplification de l’exposition au-delà du capital engagé, par endettement ou par recours aux dérivés. Il multiplie symétriquement les gains et les pertes, et transforme un risque de performance en risque de solvabilité.
Couverture (hedging)
Mise en place d’une position destinée à compenser le risque d’une position existante. Une couverture bien construite ne vise pas le profit mais la réduction de l’incertitude, et son coût doit être mis en regard du risque évité.
Sous-jacent
Actif de référence dont dépend la valeur d’un produit dérivé : action, indice, devise, taux, matière première. La qualité de l’analyse du sous-jacent conditionne entièrement la pertinence du dérivé.
Delta
Sensibilité du prix d’une option à une variation unitaire du prix du sous-jacent. Il indique en pratique la quantité de sous-jacent nécessaire pour neutraliser l’exposition directionnelle de la position.
Gamma
Vitesse de variation du delta lorsque le prix du sous-jacent évolue. Un gamma élevé signifie qu’une couverture calibrée aujourd’hui sera inadaptée demain, ce qui impose des ajustements fréquents.
Vega
Sensibilité du prix d’une option à une variation de la volatilité implicite du sous-jacent. Il rappelle qu’une option peut perdre de la valeur alors même que le sous-jacent évolue dans le sens anticipé.

Gestion de patrimoine

Actif patrimonial
Élément constitutif du patrimoine d’un ménage ou d’une famille, financier, immobilier, professionnel ou réel. Sa qualification détermine son régime fiscal, ses modalités de transmission et sa place dans l’allocation d’ensemble.
Bilan patrimonial
Représentation structurée de l’ensemble des actifs et des passifs d’un foyer à une date donnée. C’est le point de départ obligatoire de tout conseil : on ne construit pas une stratégie sur une image partielle.
Allocation patrimoniale
Répartition d’ensemble du patrimoine entre les grandes catégories d’actifs et d’enveloppes, en tenant compte de la fiscalité, de la liquidité et des objectifs familiaux. Elle englobe l’allocation financière, qui n’en est qu’une composante.
Audit patrimonial
Analyse approfondie de la situation civile, fiscale, financière et professionnelle d’un client, aboutissant à l’identification des écarts entre la situation constatée et les objectifs poursuivis. C’est un travail de diagnostic, distinct de la préconisation qui en découle.
Conseil en gestion de patrimoine (CGP)
Professionnel accompagnant les particuliers et les chefs d’entreprise dans l’organisation, la valorisation et la transmission de leur patrimoine. L’exercice repose sur un faisceau de statuts réglementés, généralement conseiller en investissements financiers, intermédiaire en assurance et intermédiaire en opérations de banque, immatriculés à l’ORIAS, auxquels s’ajoute la carte professionnelle de transaction lorsque l’activité immobilière l’exige.
Ingénierie patrimoniale
Discipline consistant à concevoir des structures juridiques, fiscales et financières adaptées à une situation complexe. Elle intervient lorsque les solutions standard ne suffisent plus : détention professionnelle, transmission d’entreprise, dimension internationale, actifs illiquides.
Patrimoine financier
Ensemble des avoirs liquides et des placements détenus au travers des enveloppes financières. Sa vertu est la flexibilité : il s’arbitre, se fractionne et se transmet plus aisément que les actifs réels.
Patrimoine immobilier
Ensemble des biens bâtis et non bâtis détenus en direct ou par l’intermédiaire de sociétés. Il apporte revenu, effet de levier du crédit et protection partielle contre l’inflation, au prix d’une liquidité faible et d’une fiscalité spécifique.
Patrimoine professionnel
Biens affectés à l’exercice de l’activité, titres de société d’exploitation et immobilier d’entreprise. Il concentre souvent l’essentiel de la valeur chez un dirigeant, ce qui en fait le premier sujet de diversification et de préparation à la transmission.
Transmission patrimoniale
Ensemble des opérations organisant le passage du patrimoine à la génération suivante, par donation, succession ou structuration sociétaire. Anticipée, elle relève de la stratégie ; subie, elle se réduit à une liquidation fiscale.
Structuration patrimoniale
Organisation juridique du patrimoine à travers des véhicules adaptés, société civile, holding, groupement forestier, contrat d’assurance. L’objectif est de dissocier la propriété, la gouvernance et les revenus pour servir un projet familial dans la durée.

Immobilier

SCPI
Société civile de placement immobilier collectant l’épargne pour acquérir et gérer un patrimoine locatif, dont les revenus sont redistribués aux associés. Elle donne accès à l’immobilier professionnel diversifié sans contrainte de gestion, mais relève de la catégorie des FIA et demeure un placement peu liquide, sensible au cycle et au coût du crédit.
OPCI
Organisme de placement collectif immobilier associant immeubles, actifs financiers et poche de liquidité obligatoire. Cette composition lui confère une liquidité supérieure à la SCPI, en contrepartie d’une corrélation accrue aux marchés financiers.
SCI
Société civile immobilière permettant à plusieurs personnes de détenir et de gérer ensemble un ou plusieurs biens. Elle est d’abord un outil de gouvernance et de transmission, la répartition des parts et la rédaction des statuts important davantage que le régime fiscal choisi. Attention à son objet civil : l’exercice d’une location meublée y entraîne en principe l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés, avec des conséquences irréversibles.
Rendement locatif
Rapport entre les loyers perçus et le prix d’acquisition du bien. Il ne devient significatif que net de charges, de fiscalité et de vacance, le rendement brut affiché dans les annonces n’ayant aucune valeur décisionnelle.
Cash-flow
Solde de trésorerie généré par un bien après paiement des charges, de la fiscalité et des échéances d’emprunt. Un cash-flow négatif n’est pas disqualifiant s’il est assumé comme un effort d’épargne, mais il doit être calculé avant l’acquisition, non découvert après.
Plus-value immobilière
Gain constaté lors de la cession d’un bien, égal à la différence entre prix de vente et prix d’acquisition majoré de certains frais et travaux. Le régime comporte des abattements pour durée de détention, distincts pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux, ainsi qu’une exonération de la résidence principale. Modalités et durées à vérifier au BOFiP.
Nue-propriété
Droit de disposer d’un bien sans en percevoir les revenus ni en avoir l’usage. Acquise avec décote, elle se reconstitue en pleine propriété à l’extinction de l’usufruit sans taxation nouvelle, ce qui en fait un outil de capitalisation et de transmission particulièrement efficient.
Usufruit
Droit d’user d’un bien et d’en percevoir les fruits sans en être propriétaire. Temporaire ou viager, il permet de dissocier le revenu immédiat de la propriété future, mécanisme central de l’ingénierie de transmission.
Pleine propriété
Réunion de l’usufruit et de la nue-propriété entre les mains d’une même personne. Elle confère l’ensemble des prérogatives : user, percevoir les revenus et disposer du bien.
Indivision
Situation dans laquelle plusieurs personnes détiennent des droits de même nature sur un bien, sans division matérielle. Juridiquement instable puisque nul n’est contraint d’y demeurer, elle appelle une organisation conventionnelle ou une conversion en société.
LMNP
Statut de loueur en meublé non professionnel, applicable à la location de logements équipés lorsque les seuils de recettes ne sont pas franchis. Le régime réel autorise l’amortissement du bien hors terrain, ce qui réduit fortement la base imposable des loyers. Depuis la loi de finances pour 2025, cet avantage se règle à la sortie : les amortissements pratiqués viennent minorer le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value de cession, y compris ceux déduits avant la réforme. Portée exacte et date d’entrée en vigueur à confirmer sur Légifrance et au BOFiP.
LMP
Statut de loueur en meublé professionnel, applicable au-delà de seuils de recettes et de prépondérance par rapport aux autres revenus professionnels du foyer. Il modifie le traitement des déficits, le régime des plus-values et l’assiette de l’IFI, avec des conséquences sociales à examiner avant tout basculement.
Défiscalisation immobilière
Ensemble des dispositifs accordant un avantage fiscal en contrepartie d’un investissement encadré, notamment dans l’ancien à restaurer (Malraux, Monuments Historiques) ou le neuf locatif. Les mécanismes diffèrent dans leur nature : réduction d’impôt pour le premier, déduction de charges pour le second. L’avantage fiscal ne rachète jamais un mauvais actif : la qualité de l’emplacement et de l’opération reste la variable déterminante.
Valeur vénale
Prix auquel un bien pourrait être cédé dans des conditions normales de marché à une date donnée. Elle sert de référence à l’IFI, aux droits de mutation et aux évaluations successorales, et doit être justifiée par des éléments de comparaison.

Fiscalité patrimoniale

Assiette fiscale
Base de calcul sur laquelle s’applique un taux d’imposition. Agir sur l’assiette, par les charges déductibles, les abattements ou la structuration, est souvent plus efficace que de chercher à agir sur le taux.
Barème progressif
Structure d’imposition par tranches, chaque fraction du revenu étant taxée à un taux croissant. Seule la fraction dépassant le seuil d’une tranche subit le taux supérieur, ce qui distingue le taux marginal du taux moyen effectivement supporté.
Défiscalisation
Réduction de l’impôt obtenue par le recours à un dispositif légal d’incitation. Elle ne crée pas de valeur par elle-même : elle rémunère une prise de risque ou une contrainte, et doit s’apprécier en rendement net après avantage.
Flat Tax
Prélèvement forfaitaire unique applicable par défaut aux revenus du capital, regroupant impôt sur le revenu et prélèvements sociaux en un taux global. L’option pour le barème progressif demeure possible, mais elle est globale et vaut pour l’ensemble des revenus concernés du foyer sur l’année : elle appelle un calcul comparatif systématique.
Impôt sur le revenu
Imposition annuelle des revenus du foyer fiscal selon un barème progressif, après application du quotient familial. Il constitue le point d’entrée de toute réflexion patrimoniale, la tranche marginale orientant la plupart des arbitrages d’enveloppe.
Prélèvements sociaux
Contributions assises sur les revenus du patrimoine et de placement, comprenant notamment la CSG, la CRDS et le prélèvement de solidarité. Leur taux évolue au gré des lois de financement de la sécurité sociale : il doit être vérifié sur source officielle avant toute communication chiffrée.
Niche fiscale
Disposition dérogatoire permettant de réduire l’impôt en contrepartie d’un comportement encouragé par le législateur. La plupart sont soumises à un plafonnement global annuel, mais certains dispositifs y échappent, notamment le régime Malraux et celui des Monuments Historiques, ce qui en fait des leviers de dernier rang pour les foyers déjà saturés. Périmètre du plafonnement à vérifier chaque année.
Quotient familial
Mécanisme de division du revenu imposable par un nombre de parts reflétant la composition du foyer. Il atténue la progressivité du barème, dans la limite d’un plafonnement par demi-part supplémentaire.
Succession
Transmission du patrimoine d’une personne à son décès, selon les règles légales et les dispositions testamentaires. Elle obéit à un ordre d’héritiers, à une réserve héréditaire protégeant les descendants et à une fiscalité fortement dépendante du lien de parenté.
Donation
Transmission de son vivant, à titre gratuit et irrévocable, d’un bien ou d’une somme. Elle permet de purger progressivement la fiscalité successorale grâce au renouvellement périodique des abattements et de figer la valeur transmise.
Abattement
Réduction appliquée à l’assiette imposable avant calcul de l’impôt. Les abattements de donation et de succession, renouvelables par périodes et propres à chaque couple donateur-donataire, constituent le premier levier de toute stratégie de transmission.
Démembrement
Séparation de la propriété entre usufruit et nue-propriété, y compris pour des titres ou des parts de société. Il permet de transmettre la nue-propriété à valeur réduite tout en conservant les revenus, la reconstitution s’opérant ensuite sans taxation nouvelle en application de l’article 1133 du CGI.
Exonération
Dispense totale ou partielle d’imposition attachée à un bien, à une opération ou à une qualité du bénéficiaire. Elle est toujours conditionnelle : sa sécurité juridique dépend du respect scrupuleux des engagements pris.

Épargne et enveloppes fiscales

Assurance-vie
Contrat d’assurance permettant de constituer et de faire fructifier un capital, avec un régime fiscal favorable en cas de rachat après une certaine durée de détention. Au décès, le capital est en principe transmis hors succession sur le plan civil, mais il relève d’une fiscalité propre selon que les primes ont été versées avant ou après le soixante-dixième anniversaire de l’assuré (articles 990 I et 757 B du CGI), sous réserve du caractère non manifestement exagéré des primes. C’est l’enveloppe la plus polyvalente du patrimoine français, alliant capitalisation, liquidité et transmission.
Contrat de capitalisation
Enveloppe très proche de l’assurance-vie dans son fonctionnement financier, mais qui ne se dénoue pas au décès et entre donc dans l’actif successoral. Il peut être détenu par une personne morale et faire l’objet d’une donation ou d’un démembrement, ce qui en fait l’outil naturel des holdings patrimoniales et des stratégies de transmission anticipée.
PEA
Plan d’épargne en actions dédié aux titres européens, offrant une exonération d’impôt sur les gains après une durée de détention minimale, les prélèvements sociaux restant dus. Le plafond de versement et les conséquences des retraits anticipés doivent être vérifiés sur source officielle.
PEA-PME
Déclinaison du PEA réservée aux titres de petites et moyennes entreprises et d’entreprises de taille intermédiaire. Il partage le régime fiscal du PEA classique et s’y ajoute, dans la limite d’un plafond global commun aux deux plans.
PER
Plan d’épargne retraite permettant de constituer un complément de revenu, avec déductibilité des versements du revenu imposable dans certaines limites. L’avantage à l’entrée se paie à la sortie : l’intérêt réel dépend de l’écart entre la tranche marginale d’aujourd’hui et celle anticipée à la retraite, ainsi que du mode de sortie retenu.
Livret A
Livret d’épargne réglementé, disponible, garanti et exonéré d’impôt comme de prélèvements sociaux, dans la limite d’un plafond fixé par les pouvoirs publics. Son taux, révisé périodiquement selon une formule officielle, en fait un outil de trésorerie de précaution et non un placement de rendement.
LDDS
Livret de développement durable et solidaire, produit réglementé au fonctionnement analogue au Livret A avec un plafond distinct. Il complète la poche de liquidité immédiatement disponible du foyer.
Compte-titres ordinaire (CTO)
Enveloppe boursière sans plafond ni restriction géographique, ouverte à toutes les classes d’actifs cotées. Sa souplesse totale se paie d’une fiscalité appliquée à chaque cession, sans différé d’imposition.
Fonds euros
Support d’assurance-vie assorti d’une garantie donnée par l’assureur sur le capital investi, adossé à un portefeuille majoritairement obligataire. Cette garantie n’est pas absolue : elle s’entend le plus souvent brute de frais de gestion, une part croissante des contrats ne garantissant plus qu’un pourcentage du capital net, et la loi dite Sapin 2 autorise le Haut Conseil de stabilité financière à suspendre temporairement les rachats en cas de crise. Sa performance dépend du rendement historique du portefeuille de l’assureur, ce qui explique son inertie à la hausse comme à la baisse des taux.
Unités de compte
Supports d’investissement au sein d’un contrat d’assurance-vie dont la valeur fluctue avec les marchés, sans garantie en capital. L’assureur garantit le nombre d’unités détenues, jamais leur valeur, distinction essentielle à expliciter au souscripteur.
Arbitrage (en assurance-vie)
Opération consistant à transférer une partie de l’épargne d’un support à un autre au sein du contrat. Réalisé dans l’enveloppe, il n’entraîne pas d’imposition, ce qui constitue l’un des avantages structurels du contrat.
Rachat partiel
Retrait d’une fraction de l’épargne d’un contrat d’assurance-vie ou de capitalisation. Seule la quote-part de gains comprise dans le retrait est imposable, après application des abattements annuels prévus au-delà d’une certaine ancienneté du contrat.
Rente viagère
Revenu périodique versé jusqu’au décès du bénéficiaire, en contrepartie de l’aliénation d’un capital. Elle transfère le risque de longévité à l’assureur, sécurité réelle dont le prix est la perte du capital pour les héritiers, sauf option de réversion ou d’annuités garanties. La fraction imposable de la rente à titre onéreux dépend de l’âge du crédirentier lors de l’entrée en jouissance.

Analyse financière

EBITDA
Résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, approximation courante de la rentabilité opérationnelle brute. Utile pour comparer des sociétés aux structures financières différentes, il ignore volontairement le coût du renouvellement de l’outil de production.
EBIT
Résultat d’exploitation, après amortissements mais avant charges financières et impôt. Il mesure la performance de l’activité proprement dite, indépendamment du choix de financement.
Free Cash Flow
Trésorerie disponible après financement de l’exploitation et des investissements nécessaires. C’est l’indicateur le plus proche de la valeur créée pour l’actionnaire, car il conditionne la capacité à verser un dividende, à se désendetter ou à croître.
Marge opérationnelle
Rapport entre le résultat d’exploitation et le chiffre d’affaires. Elle traduit le pouvoir de fixation des prix et l’efficacité industrielle, et sa stabilité dans le cycle est souvent plus révélatrice que son niveau absolu.
Résultat net
Bénéfice ou perte de l’exercice après charges financières et impôt. Sensible aux éléments exceptionnels et aux choix comptables, il doit toujours être confronté aux flux de trésorerie.
Chiffre d’affaires
Montant total des ventes réalisées sur une période. Il mesure une taille et une dynamique commerciale, jamais une rentabilité.
ROE
Rentabilité des capitaux propres, rapport entre le résultat net et les fonds propres. Un ROE élevé peut refléter une véritable qualité économique ou simplement un endettement important, ce que seule la décomposition du ratio permet de trancher.
ROA
Rentabilité de l’actif total, indiquant l’efficacité avec laquelle l’entreprise emploie l’ensemble de ses ressources. Insensible au levier financier, il complète utilement le ROE.
Price-to-Book
Rapport entre la capitalisation boursière et les capitaux propres comptables. Pertinent pour les activités à bilan lourd comme la banque ou l’immobilier, il perd de sa signification pour les sociétés dont la valeur réside dans l’immatériel.
Price-to-Sales
Rapport entre la capitalisation et le chiffre d’affaires. Employé pour valoriser des sociétés non encore bénéficiaires, il ne dit rien de la capacité à convertir les ventes en profit.
VE/EBITDA
Rapport entre la valeur d’entreprise, capitalisation majorée de la dette nette, et l’EBITDA. C’est le multiple de référence des opérations de fusion-acquisition, car il valorise l’actif économique indépendamment de sa structure de financement.
Bénéfice par action (BPA)
Résultat net rapporté au nombre d’actions en circulation. Sa progression dans la durée est le moteur fondamental de la performance boursière, à condition qu’elle ne provienne pas seulement de rachats d’actions.

Banque privée et gestion de fortune

Family Office
Structure dédiée à la gestion globale du patrimoine d’une ou plusieurs familles fortunées, couvrant l’investissement, le juridique, le fiscal, la gouvernance et parfois la philanthropie. Sa valeur tient à l’indépendance et à la coordination des intervenants, non à la performance d’un placement particulier.
Banque privée
Département bancaire dédié aux clients patrimoniaux, offrant conseil, gestion, crédit et services de structuration. Le modèle repose sur la relation de long terme, ce qui n’exempte pas d’examiner l’architecture des produits proposés et le régime de rémunération.
Gestion discrétionnaire
Mode de gestion dans lequel le professionnel décide seul des opérations, dans le cadre du mandat convenu. Le client abandonne le contrôle opérationnel pour gagner en réactivité et en discipline, deux qualités que l’investisseur particulier maîtrise rarement dans les phases de tension.
Mandat de gestion
Contrat définissant l’orientation, les limites de risque, l’univers d’investissement et la rémunération du gérant. Sa rédaction précise est la meilleure protection du client, bien avant les engagements commerciaux verbaux.
Multi-gestion
Approche consistant à sélectionner des fonds gérés par des sociétés tierces plutôt qu’à gérer directement les titres. Elle apporte une architecture ouverte et une diversification des styles, au prix d’une superposition de frais qu’il faut mesurer.
Allocation stratégique
Répartition de long terme des actifs, définie en fonction des objectifs et de l’horizon, et destinée à ne pas être modifiée au gré des humeurs de marché. Elle constitue le socle du portefeuille et la référence à laquelle tout écart doit se justifier.
Allocation tactique
Ajustement temporaire de l’allocation stratégique pour tirer parti d’une configuration de marché. Elle doit rester bornée en amplitude et en durée, sous peine de dénaturer la stratégie qu’elle est censée servir.
Due diligence
Ensemble des vérifications préalables conduites avant un investissement ou une acquisition, portant sur les aspects juridiques, financiers, fiscaux et opérationnels. En matière d’actifs non cotés, elle constitue la principale protection contre l’asymétrie d’information.
Wealth management
Approche globale de la gestion de patrimoine, intégrant investissement, fiscalité, transmission et gouvernance familiale. Le terme désigne un périmètre plus large que la seule gestion financière.
Asset management
Gestion pour compte de tiers d’actifs financiers, exercée par des sociétés de gestion agréées. Le métier consiste à produire de la performance dans un mandat donné, sans prise en charge de la dimension patrimoniale globale du client.

Transmission et succession

Donation-partage
Acte par lequel un donateur répartit de son vivant tout ou partie de ses biens entre ses héritiers présomptifs, chacun recevant un lot. Lorsque les conditions de l’article 1078 du code civil sont réunies, tous les héritiers réservataires ayant participé et accepté leur lot, sans stipulation contraire, la valeur des biens est figée au jour de l’acte. À défaut, les biens sont réévalués au décès et l’intérêt principal de l’opération disparaît.
Pacte Dutreil
Régime de faveur permettant une exonération partielle de droits de mutation à titre gratuit lors de la transmission de titres de société opérationnelle, en contrepartie d’engagements collectifs et individuels de conservation et de l’exercice d’une fonction de direction. C’est le dispositif central de la transmission d’entreprise familiale, dont la sécurité repose entièrement sur le respect formel et documenté des engagements souscrits.
Testament
Acte unilatéral et révocable par lequel une personne organise la dévolution de ses biens après son décès. Sa liberté s’exerce dans la limite de la réserve héréditaire, sur la seule quotité disponible.
Héritier réservataire
Héritier auquel la loi garantit une fraction minimale de la succession, à savoir les descendants et, en leur absence, le conjoint survivant. Cette protection d’ordre public limite les libéralités consenties au détriment de la famille proche.
Quotité disponible
Part du patrimoine dont une personne peut disposer librement, par donation ou testament, une fois la réserve héréditaire préservée. Son étendue varie selon le nombre et la qualité des héritiers réservataires.
Droit de succession
Impôt dû par les héritiers sur la part nette reçue, calculé selon un barème dépendant du lien de parenté après application des abattements. Le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS en sont exonérés, tandis que la fiscalité devient rapidement dissuasive hors ligne directe.
Assurance-décès
Contrat de prévoyance versant un capital aux bénéficiaires désignés en cas de décès de l’assuré. À la différence de l’assurance-vie, il s’agit d’un pur transfert de risque, sans capitalisation ni valeur de rachat.
Clause bénéficiaire
Disposition d’un contrat d’assurance-vie désignant les personnes qui percevront le capital au décès. Souvent réduite à une formule standard, elle mérite d’être rédigée sur mesure : c’est l’un des rares outils permettant d’articuler transmission, démembrement et protection du conjoint hors des règles successorales ordinaires.
Société holding
Société détenant des participations dans d’autres sociétés. Elle est dite animatrice lorsqu’elle conduit effectivement la politique du groupe et rend des services à ses filiales, notion dépourvue de définition légale et construite par la jurisprudence, ce qui en fait le premier front de contentieux en matière de Dutreil et d’IFI. Bien constituée, elle organise le contrôle, facilite la transmission progressive du capital et permet le réemploi des produits de cession dans un cadre fiscal maîtrisé.
Transmission intergénérationnelle
Passage organisé du patrimoine et, souvent, de la responsabilité familiale d’une génération à la suivante. Sa réussite se joue autant sur la préparation des personnes que sur l’optimisation des structures, la seconde étant sans effet si la première est négligée.

Anglicismes fréquemment utilisés

Asset Allocation
Terme anglais désignant l’allocation d’actifs, c’est-à-dire la répartition du capital entre les classes d’actifs. Il est employé indifféremment dans les documents de gestion institutionnelle.
Asset Management
Gestion d’actifs pour compte de tiers, exercée par des sociétés agréées. On distingue la gestion collective, au travers de fonds, et la gestion sous mandat, individualisée.
Backtesting
Simulation rétrospective d’une stratégie sur des données historiques afin d’en évaluer le comportement. L’exercice est instructif mais trompeur s’il est sur-optimisé : une stratégie ajustée au passé n’a aucune garantie de tenir dans l’avenir.
Bear Market
Marché baissier, caractérisé par un recul durable et significatif des cours, conventionnellement au-delà de vingt pour cent depuis le sommet. Historiquement, ces phases sont plus brèves que les phases haussières mais bien plus violentes.
Bull Market
Marché haussier, marqué par une progression durable des cours et un climat de confiance. Ces cycles s’étendent souvent sur plusieurs années, ce qui explique l’asymétrie de long terme en faveur des actions.
Buy and Hold
Stratégie consistant à acquérir des actifs de qualité et à les conserver durablement, sans chercher à anticiper les mouvements de marché. Sa force n’est pas théorique mais comportementale : elle protège l’investisseur de ses propres arbitrages à contretemps.
Cash Flow
Flux de trésorerie généré ou consommé par un actif ou une entreprise. En analyse financière comme en immobilier, c’est l’indicateur le plus difficile à maquiller.
Compound Interest
Intérêts composés, mécanisme par lequel les revenus réinvestis produisent à leur tour des revenus. Sa puissance est non linéaire : l’essentiel de l’effet se manifeste dans les dernières années d’un horizon long, ce qui explique la prime accordée à la précocité de l’investissement.
ESG
Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance intégrés à l’analyse d’un investissement. Leur usage relève à la fois de la conviction et de la gestion du risque, la réglementation européenne encadrant strictement les allégations de durabilité et évoluant rapidement.
Family Office
Structure de gestion dédiée au patrimoine d’une famille fortunée, mono-familiale ou multi-familiale. Elle centralise la coordination des conseils et la supervision des investissements.
Hedge Fund
Fonds de gestion alternative recourant à des stratégies non contraintes, ventes à découvert, effet de levier et dérivés. L’objectif recherché est une performance décorrélée des marchés directionnels, promesse tenue de façon très inégale selon les gérants.
High Yield
Segment obligataire des émetteurs les moins bien notés, offrant un rendement élevé en contrepartie d’un risque de défaut significatif. Son comportement s’apparente davantage à celui des actions qu’à celui de l’obligataire d’État en période de tension.
Investment Grade
Catégorie des émetteurs présentant une qualité de crédit jugée solide par les agences de notation. Elle constitue le cœur des portefeuilles obligataires institutionnels et le socle défensif d’une allocation.
Private Equity
Investissement en capital dans des sociétés non cotées, à toutes les étapes de leur développement. Il offre un supplément de rendement potentiel en contrepartie d’une immobilisation longue et d’une dispersion considérable des résultats entre gérants.
Stock Picking
Sélection individuelle de titres fondée sur l’analyse fondamentale, par opposition à une exposition indicielle. La démarche suppose un avantage informationnel ou analytique réel, condition rarement remplie par l’investisseur non professionnel.
Wealth Management
Gestion globale de patrimoine des clients fortunés, intégrant conseil financier, fiscal, juridique et successoral. Le terme désigne un métier de coordination autant que de placement.

Private Equity et investissements non cotés

Capital-risque (Venture Capital)
Financement en fonds propres de jeunes entreprises innovantes, avant qu’elles n’atteignent la rentabilité. Le modèle repose sur la dispersion extrême des résultats : une minorité de succès doit compenser une majorité d’échecs.
Capital-développement
Apport en fonds propres à des entreprises déjà rentables souhaitant financer leur croissance. Le risque est nettement inférieur à celui du capital-risque, le rendement attendu également.
Capital-transmission
Prise de participation majoritaire destinée à organiser le changement d’actionnariat d’une entreprise mature. Elle s’accompagne fréquemment d’un montage à effet de levier.
LBO
Acquisition d’une société financée majoritairement par dette, remboursée par les flux de trésorerie de la cible. Le levier amplifie le rendement des fonds propres, mais rend l’opération très sensible à toute dégradation de l’activité ou remontée du coût de la dette.
Business Angel
Personne physique investissant ses fonds propres dans de jeunes entreprises, généralement au stade d’amorçage. Son apport en réseau et en expérience opérationnelle pèse souvent autant que son apport financier.
Valorisation
Estimation de la valeur économique d’une entreprise ou d’un actif, par comparaison de multiples, actualisation des flux futurs ou approche patrimoniale. En non coté, elle constitue la principale zone de négociation et le premier déterminant du rendement final.
Exit
Sortie de l’investisseur au capital d’une société, par cession industrielle, revente à un autre fonds ou introduction en bourse. La qualité et le calendrier de la sortie déterminent la performance réalisée, indépendamment des valorisations intermédiaires affichées.
Tour de table
Levée de fonds réunissant plusieurs investisseurs à un stade donné du développement d’une société. Chaque tour redéfinit la valorisation et la répartition du capital, la question de la dilution devenant centrale pour les fondateurs.
Dette mezzanine
Financement intermédiaire entre dette senior et fonds propres, subordonné en cas de défaut et souvent assorti d’un accès au capital. Elle permet de compléter le montage d’un LBO sans diluer immédiatement les actionnaires.
Fonds de Private Equity
Véhicule collectif investissant dans des sociétés non cotées, structuré sur une durée longue avec appels de fonds progressifs et distributions échelonnées. La sélection du gérant y compte davantage que dans toute autre classe d’actifs, l’écart de performance entre premier et dernier quartile étant considérable.

Du mot à la situation

Ces définitions ne disent rien de votre situation. Elles servent à lire une proposition, une clause, un relevé. Trois de ces termes ont leur page : le groupement forestier, le régime Sérot-Monichon et le Livret Arbre.

Le vocabulaire technique de la forêt elle-même, du peuplement au sol, est réuni dans notre lexique forestier.

Demander un bilan patrimonial
Adrien Sebastiao, TerrAgree Patrimoine Mis à jour le 13 août 2026

Ces définitions ont une portée générale. Elles sont volontairement dépourvues de taux, de plafonds et d’abattements chiffrés, qui évoluent au gré des lois de finances et doivent être vérifiés à la date de leur application. Elles ne constituent ni un conseil individualisé, ni une consultation juridique ou fiscale, et ne dispensent pas de l’examen de votre situation particulière.

Omnia tempus habet.

Homo et arbor radices habent