En Haute-Savoie, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 4 587 €/ha, sur 719 transactions de plus d'un hectare et 2 191 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se situe 17 % au dessous de la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et dépasse de 23 % celle d'Auvergne-Rhône-Alpes, 3 780 €/ha. Il occupe le soixante-troisième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 2 512 et 11 479 €/ha, sur une surface médiane de 1,75 hectare.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Haute-Savoie | Auvergne-Rhône-Alpes | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 4 587 | 3 636 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 500 | 1 626 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 10 212 | 9 331 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 723 | 15 739 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 2 219 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 1,8 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le résultat mérite d’être posé : dans l’un des départements les plus chers de France pour le foncier, le prix de la forêt se situe au dessous de la médiane nationale.
La médiane recule de 17,9 % en euros courants de 5 313 à 4 364 €/ha, et le troisième quartile perd 37,8 %.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 139 | 5 250 | en attente | en attente |
| 2022 | 132 | 4 119 | en attente | en attente |
| 2023 | 166 | 4 491 | en attente | en attente |
| 2024 | 151 | 4 673 | en attente | en attente |
| 2025 | 135 | 4 147 | en attente | en attente |
L’effet de taille est irrégulier : 4 587 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 693 ventes, 7 056 €/ha de 10 à 25 hectares sur 17 ventes, 4 566 €/ha de 25 à 100 hectares sur 9 ventes. Ces deux dernières tranches reposent sur des effectifs faibles. Aucune vente de plus de cent hectares n’est recensée.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Haute-Savoie, la question décisive porte sur ce qu’il en coûte pour transformer un peuplement en recette.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. En montagne, elle est bridée par l’inconstructibilité et par les contraintes d’exploitation, ce qui explique qu’elle ne suive pas la valeur des terrains de vallée.
La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un versant à forte pente, le coût de mobilisation, câble ou tracteur forestier lourd, absorbe une part majeure de la recette, et la valeur de consommation peut devenir nulle. Le cubage indique alors un volume que le marché ne paiera pas.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 3 775 sangliers, 2 339 chevreuils, 1 987 chamois et 1 941 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département. Le chamois constitue un produit cynégétique sans équivalent en plaine.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Hêtre, sapin et épicéa, du Chablais aux Aravis., . Nos conseillers relèvent une exploitation difficile en très forte pente, où seules les entreprises de travaux forestiers locales peuvent intervenir. Ils citent Lignalpes à Saint-Pierre-en-Faucigny et Neofor parmi les acteurs de la filière résineuse.
Sapin et épicéa, au nord. Même appréciation de nos conseillers que pour le Faucigny, sur la pente et sur le petit nombre d’opérateurs capables d’intervenir.
Chêne, hêtre et épicéa, à la frontière suisse. . Nos conseillers y décrivent une production résineuse dans un secteur dépérissant, avec un itinéraire sylvicole compliqué.
Le sapin pectiné et l’épicéa constituent la ressource de production, avec un débouché de charpente et de bois massif reconstitué, soutenu par une filière de seconde transformation dense. Le hêtre occupe les versants chauds et les altitudes moyennes, avec un débouché de palette et de bois énergie. Le Semnoz, les Aravis et le Salève sont les références locales.
L’appareil local recensé compte 799 établissements, dont 50 scieries, 137 entreprises d’exploitation forestière et 104 unités de charpente et menuiserie. Les plus importantes sont Sivalbp à Thônes et Lignalpes à Saint-Pierre-en-Faucigny dans le sciage, Techniwood et Euro Lamellé Bois à Rumilly, de 50 à 99 salariés. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés haut-savoyardes.
Le marché tourne autour de 144 ventes par an de plus d’un hectare. Une commune domine : Fillière, avec cinquante-trois mutations en cinq ans, soit 7 % des transactions forestières du département, devant Thônes dix-sept, Seytroux quinze, Boëge et La Clusaz quatorze, Saint-Jeoire treize, Bellevaux douze, Le Grand-Bornand et Saint-Gervais-les-Bains onze. Les plus grandes opérations restent modestes : Ballaison, soixante hectares, puis trois mutations à Fillière.
Deux profils dominent. Les propriétaires locaux, agriculteurs et familles, échangent de petites parcelles dans une logique de regroupement ou de succession. Les acquéreurs d’agrément portent le troisième quartile sur des biens dont la composante forestière est souvent secondaire. Les investisseurs forestiers sont absents, faute de propriétés de taille et d’accès suffisants.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est le plus contre-intuitif. La Haute-Savoie est un département cher où la forêt ne l’est pas. À 4 587 €/ha, elle se situe 17 % sous la médiane nationale et recule de 17,9 % en cinq ans. La raison est technique : ce qui fait la valeur d’un actif forestier, c’est la capacité à en sortir le bois, et cette capacité est ici structurellement limitée.
Le deuxième point est la divergence interne, et c’est le constat majeur du département. Le Faucigny perd 47,8 % et le Chablais 32,1 % en cinq ans, quand le Genevois gagne 50,3 %. Les deux secteurs qui reculent sont les secteurs forestiers de montagne. Celui qui monte est la frange frontalière genevoise, où la valeur du sol est déterminée par la proximité de Genève. La hausse haut-savoyarde n’est pas une hausse forestière. Un propriétaire du Chablais ou des Aravis qui invoque la dynamique du Genevois pour justifier un prix se réfère à un marché qui n’est pas le sien.
Le troisième point est sanitaire, et nos conseillers l’écrivent pour le Genevois : secteur dépérissant, itinéraire sylvicole compliqué. Sur l’épicéa de basse et moyenne altitude, le coût de reconstitution doit être retranché de la valeur, non ajouté à une espérance.
Le quatrième point est la dépendance à un petit nombre d’opérateurs. Nos conseillers le disent sans détour : seules les entreprises de travaux forestiers locales peuvent exploiter en très forte pente. Le prix net vendeur dépend donc d’abord du nombre d’entreprises réellement consultées.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où la pente commande la recette, aucune valeur n’est défendable sans un chiffrage du coût de mobilisation établi sur le terrain, versant par versant.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Haute-Savoie.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 4 587 €/ha entre 2021 et 2025, sur 719 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 17 % au dessous de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 512 et 11 479 €/ha.
La valeur d’un actif forestier tient à la capacité d’en sortir le bois, et cette capacité est structurellement limitée en très forte pente, où seules les entreprises de travaux forestiers locales peuvent intervenir. Le coût de mobilisation absorbe une part majeure de la recette.
La médiane départementale recule de 5 313 €/ha en 2021 à 4 364 €/ha en 2025, soit 17,9 % en euros courants, et le troisième quartile perd 37,8 %. Seul le Genevois, à la frontière suisse, progresse, de 50,3 % en cinq ans, pour des raisons de pression foncière étrangères à la sylviculture.
Le Faucigny recule de 47,8 % en cinq ans et le Chablais de 32,1 %, quand le Genevois progresse de 50,3 %. Les deux premiers sont des secteurs forestiers de montagne contraints par la pente, le troisième est une frange frontalière où la valeur du sol est déterminée par la proximité de Genève.
Cinq vérifications s’imposent : la pente et le mode d’exploitation praticable, le coût de mobilisation jusqu’au premier point de chargement, l’état sanitaire de l’épicéa de basse et moyenne altitude, l’existence de droits d’usage ou de servitudes de remontées mécaniques, et le nombre d’entreprises de travaux forestiers réellement en mesure d’intervenir.
De ces 719 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. Faucigny, Chablais ou Genevois ne se paient pas au même prix. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent