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Prix de la forêt dans les Pyrénées-Orientales

Dans les Pyrénées-Orientales, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 6 224 €/ha, sur 363 mutations de plus d'un hectare et 4 179 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 16 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 9 % celle d'Occitanie, 5 631 €/ha. Il occupe le quarantième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans les Pyrénées-Orientales ?

La moitié des ventes se règlent entre 1 950 et 21 423 €/ha, sur une surface médiane de 4,00 hectares, l’une des plus élevées de la série.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025Pyrénées-OrientalesOccitanieFrance
Prix médian (€/ha)6 2245 6765 323
1er quartile (€/ha)1 9802 0022 303
3e quartile (€/ha)21 36822 40114 976
Nombre de mutations36911 17086 327
Surface échangée (ha)4 247non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)4,0non publié2,3

Le rapport entre les quartiles atteint 11,0, contre 6,6 au plan national. La série annuelle affiche une progression de 99,6 % de 5 415 à 10 806 €/ha : ce chiffre ne doit pas être lu comme une tendance. Il repose sur cinquante-neuf mutations en 2025 contre quatre-vingt-cinq en 2021, le volume reculant de 31 %. Sur de tels effectifs, une poignée de petites parcelles bien situées suffit à déplacer la médiane.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
2021875 556en attenteen attente
2022896 081en attenteen attente
2023655 556en attenteen attente
2024686 468en attenteen attente
20256011 355en attenteen attente

Le fait solide du département est ailleurs, dans l’inversion complète du gradient de taille : 6 757 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 276 mutations, 7 089 €/ha de 10 à 25 hectares sur 49 mutations, puis 2 573 €/ha de 25 à 100 hectares sur 33 mutations, et 2 011 €/ha au dessus de cent hectares sur 5 mutations. Le prix unitaire est divisé par 3,4 entre la parcelle courante et le grand ensemble.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol, les arbres et le bâti éventuel, sans les séparer, et il ne distingue pas davantage une suberaie en rotation d’un taillis de chêne vert.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les Aspres, les Albères et la bordure du Vallespir, elle est portée par la proximité de Perpignan, par la vigne et par une demande résidentielle. Sur les hauts versants du Canigou et du haut Vallespir, elle est très faible.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, établie à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur une suberaie entretenue des Albères, elle repose sur un revenu de récolte de liège dont la rotation est d’une dizaine d’années. Sur un taillis de chêne vert ou une pinède de pin à crochets d’altitude, elle est proche de zéro.

S’y ajoute la valeur des aménités. En 2024, 9 095 sangliers, 3 062 chevreuils, 1 960 cerfs élaphes, 440 mouflons et 875 isards, premier tableau de France, ont été prélevés. La chasse de montagne relève très majoritairement de l’association communale, ce qui limite ce revenu sur les propriétés privées.

Régions naturelles et géographie de marché

Aucune région naturelle catalane n’est documentée dans notre référentiel. Le Vallespir, les Aspres, les Albères, le Conflent, le Capcir, la Cerdagne et le Fenouillèdes n’y figurent pas, et aucune région limitrophe recensée ne recouvre le département. Nous n’avons donc ni description de massif ni appréciation de terrain à publier.

À défaut, nous publions la géographie mesurée du marché, qui relève de la donnée et non du jugement.

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le bassin du Tech

Quatorze communes du Vallespir, Le Boulou et Oms avec vingt et une mutations chacune, Arles-sur-Tech dix-sept, Caixas treize, Maureillas-las-Illas douze, Saint-Laurent-de-Cerdans, Montbolo et Céret onze, Serralongue, Coustouges et Corsavy dix, puis Prats-de-Mollo-la-Preste, Lamanère et La Bastide, totalisent une part notable du marché, à de médiane sur une surface médiane de 5,55 hectares.

Le reste du département

Les 201 autres mutations, dispersées sur les Aspres, les Albères, la frange littorale et le Conflent, sans qu’aucune commune n’en porte plus de neuf, ressortent à sur une surface médiane de 2,42 hectares. Le Vallespir porte la surface, le reste du département porte le prix unitaire.

Cette géographie est une mesure de marché, pas une description de massif. Elle ne remplace pas l’appréciation de terrain qui nous manque.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le chêne-liège tient les Albères et les Aspres, avec une filière locale sans équivalent en France. Le châtaignier occupe les sols acides du Vallespir. Le hêtre et le sapin pectiné marquent les versants nord du Canigou. Le pin à crochets et le pin sylvestre occupent le Capcir et la Cerdagne. Le chêne vert domine la basse montagne, en taillis de faible valeur unitaire.

L’appareil local recensé compte 333 établissements, dont 19 scieries, 39 entreprises d’exploitation forestière et 52 de sylviculture. Sa singularité est le liège : DIAM France à Céret, de 100 à 199 salariés, et la Société nouvelle des bouchons Trescases au Boulou, de 50 à 99, auxquelles s’ajoute Bouchons Abel. L’agence de l’Office national des forêts à Perpignan compte de 50 à 99 salariés, et la scierie Bois du Canigou à Finestret figure parmi les rares unités de première transformation. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés catalanes.

La desserte
Premier facteur du haut Vallespir, où l’absence de piste rend la ressource théorique.
Le morcellement
Avec 4,00 hectares de surface médiane, le département est moins morcelé que la moyenne, sans que cela crée de prime.
La pente
Déterminante sur l’ensemble de la haute chaîne et des versants du Tech.
La portance
Sols de pente peu profonds sur schistes et granites, exposés à l’érosion.
Le risque incendie
Structurant sur les Aspres, les Albères et la basse montagne, avec obligations de débroussaillement.
Le document de gestion
Peu répandu, il sécurise l’acquéreur lorsqu’il existe.
Le statut réglementaire
Réserves naturelles, Natura 2000 sur le Canigou et les Albères, servitudes de passage et indivisions anciennes.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 73 mutations par an, en recul de près d’un tiers depuis 2021. Les plus grandes opérations, toutes dans le haut Vallespir, se règlent à des niveaux très bas : Serralongue, quatre cent quarante-quatre hectares à 2 251 €/ha en 2021, Arles-sur-Tech, cent soixante-quatorze hectares à 2 011 €/ha, La Bastide, cent vingt hectares à 3 323 €/ha, Corsavy, cent onze hectares à 1 476 €/ha, et Lamanère, cent deux hectares à 537 €/ha.

Trois profils se partagent ce marché. Les propriétaires et exploitants locaux échangent les grands ensembles de montagne, à des prix proches de la valeur du fonds nu. Les acquéreurs résidentiels et d’agrément, sur les Aspres et la bordure littorale, portent le troisième quartile à 21 423 €/ha. Les industriels du liège interviennent sur un segment restreint.

Contreparties et points de vigilance

Ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est que la grande propriété se paie ici trois fois moins cher à l’hectare que la petite. À 2 011 €/ha au dessus de cent hectares contre 6 757 €/ha entre un et dix, le département inverse la règle observée presque partout ailleurs. Un massif de montagne catalan est difficile à exploiter et sans acquéreur institutionnel. Lamanère à 537 €/ha sur cent deux hectares en donne la borne basse.

Le deuxième point est la fragilité de la série annuelle. La médiane double en 2025, sur cinquante-neuf mutations. Une évaluation appuyée sur le seul millésime 2025 serait indéfendable devant un contradicteur.

Le troisième point est le liège. La ressource des Albères et des Aspres est réelle et la filière existe, mais la récolte suppose une main-d’œuvre qualifiée et rare, une rotation d’une dizaine d’années et des peuplements entretenus. Une suberaie non démasclée depuis vingt ans n’a pas la valeur d’une suberaie en rotation, et l’écart ne se lit pas sur une photographie aérienne.

Le quatrième point est une lacune complète de notre référentiel. Aucune région naturelle du département n’y est documentée. La géographie de marché que nous publions est une donnée, pas un jugement d’expert.

Faire évaluer une forêt dans les Pyrénées-Orientales

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Ici, l’évaluation commence par la taille et l’altitude, qui commandent le marché adressable, puis par l’état des suberaies lorsqu’il y en a, arbre par arbre.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans les Pyrénées-Orientales.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans les Pyrénées-Orientales ?

Le prix médian constaté s’établit à 6 224 €/ha entre 2021 et 2025, sur 363 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières DGFiP, soit 16 % au dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 950 et 21 423 €/ha.

Une grande propriété se paie-t-elle plus cher à l’hectare ?

Le prix médian passe de 6 757 €/ha entre un et dix hectares à 2 011 €/ha au dessus de cent hectares, soit une division par 3,4. Le département inverse la règle observée presque partout ailleurs : le grand massif de montagne est difficile à exploiter et son marché est étroit.

Le prix des forêts a-t-il vraiment doublé en 2025 ?

La médiane annuelle passe de 6 193 €/ha en 2024 à 10 806 €/ha en 2025, mais sur cinquante-neuf mutations seulement, contre quatre-vingt-cinq en 2021. Un mouvement de cette ampleur sur un effectif aussi réduit ne constitue pas une tendance et ne peut fonder aucune évaluation.

Le chêne-liège a-t-il de la valeur dans les Pyrénées-Orientales ?

La suberaie des Albères et des Aspres alimente une filière identifiée, avec DIAM France à Céret et les bouchonneries du Boulou. Sa valeur suppose des peuplements entretenus, une main-d’œuvre de démasclage qualifiée et une rotation d’une dizaine d’années : un peuplement délaissé ne vaut pas un peuplement en rotation.

Où se vendent les forêts dans les Pyrénées-Orientales ?

Quatorze communes du Vallespir, du Boulou à Lamanère en passant par Oms, Arles-sur-Tech et Céret, concentrent 162 mutations, soit 45 % du marché départemental et 2 857 des 4 179 hectares échangés, à une médiane mesurée de 5 521 €/ha. Les 201 autres mutations, plus petites, ressortent à 6 711 €/ha.

Ce que dans les Pyrénées-Orientales on paie et ce qu’une propriété vaut sont deux questions distinctes : la seconde relève de l’évaluation forestière, qui mesure les peuplements avant de conclure. Notre rapport sur le prix de la forêt en France donne le repère national et le rang du département ; la page du plan simple de gestion donne le document qui l’accompagne sur dix à vingt ans. Le panorama des massifs forestiers de France situe bassin du Tech et reste du département, le lexique forestier définit les termes, et vendre sa forêt décrit la cession.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent