Optimiser une propriété, c'est la mettre en adéquation avec ce que son propriétaire en attend. La forêt de Tronçais ne serait pas devenue une futaie cathédrale sans la volonté de Colbert : elle a été aménagée pour produire des bois de marine. Sans l'intervention de générations de forestiers, elle ressemblerait à une forêt primaire.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 4 février 2022
Après un bilan patrimonial, un client a souhaité investir en forêt pour trois raisons : transmettre à ses enfants un patrimoine viable en bénéficiant du cadre fiscal forestier, disposer d’un lieu de promenade et de chasse au petit gibier, et gérer durablement un bien réel.
Nous lui avons trouvé, en 2020, une propriété d’une trentaine d’hectares dans les Vosges. Le massif portait de l’épicéa, du frêne, du merisier, du chêne et du douglas, tous d’une quarantaine d’années. Dix hectares étaient entièrement clôturés de grillage acier.
L’état réel était moins favorable que la description. Les peuplements avaient souffert d’attaques de pathogènes et d’un défaut d’entretien prolongé. Les épicéas, jamais éclaircis, avaient subi le scolyte. Les frênes étaient pour la plupart morts de la chalarose. La clôture n’avait pas été entretenue, la végétation avait poussé dans les mailles, et des morceaux de ferraille jonchaient le sol.
Les parcelles isolées ont été estimées, puis échangées ou vendues, afin de recentrer la propriété sur un seul massif d’un tenant.
Un chantier a été organisé pour retirer la clôture, rétablir la circulation de la faune et débarrasser le massif des débris métalliques.
Un document de gestion a été établi pour inscrire la conduite du massif dans la durée.
Des cloisonnements ont été ouverts au broyeur forestier, afin d’accéder à toutes les zones et de suivre les peuplements.
Un élagage a porté sur les quatre-vingts à cent vingt plus belles tiges par hectare, pour élever la qualité moyenne des bois du massif.
La propriété est aujourd’hui suivie et gérée dans le cadre du document établi.
Deux effets, et ils ne sont pas de même nature.
Le premier est d’usage. La propriété correspond désormais à ce que le propriétaire en attendait : un massif accessible, praticable, dont la faune circule, et dont la conduite est écrite.
Le second est patrimonial. Un massif d’un seul tenant, doté d’un document de gestion et dont les plus belles tiges ont été élaguées, ne se valorise pas comme un ensemble morcelé, clôturé et laissé sans suivi. La différence se mesure à la revente comme à la transmission.
Toute optimisation suit la même séquence : l’audit, l’étude de faisabilité, la mise en œuvre opérationnelle, puis le suivi des investissements.
Optimiser une propriété, c’est en valoriser chaque composante, en l’organisant, en l’assainissant et en lui permettant de produire dans une logique de durée. En forêt, cela prend un sens particulier, puisque l’objectif n’est pas de vendre mieux à court terme mais de transmettre mieux à long terme.
Acheter une forêt suppose de s’y consacrer dans la durée.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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