Soixante-et-onzième prix de France à 3 623 euros par hectare, trente-deux pour cent sous le repère national. Le marché recule de quatorze pour cent sur cinq ans et 1,6 pour cent des ventes seulement dépassent vingt-cinq hectares : un marché bon marché, morcelé, et qui ne se redresse pas.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 1 818 et 8 846 €/ha, sur une surface médiane de 2,04 hectares contre 2,3 au national. Le marché courant de l’Ain est un marché de petites parcelles, et sa médiane compte parmi les plus basses de France.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Ain | Auvergne-Rhône-Alpes | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 3 623 | 3 636 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 818 | 1 626 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 8 846 | 9 331 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 033 | 15 739 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 4 326 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,1 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
L’Ain se distingue par sa trajectoire. La médiane départementale recule de 10,8 % en euros courants sur cinq ans, quand le national progresse de 5,5 %.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 230 | 3 954 | en attente | en attente |
| 2022 | 178 | 3 170 | en attente | en attente |
| 2023 | 212 | 3 583 | en attente | en attente |
| 2024 | 224 | 3 714 | en attente | en attente |
| 2025 | 189 | 3 415 | en attente | en attente |
La taille joue son rôle habituel : 3 718 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 5 962 €/ha de 10 à 25 hectares, 9 098 €/ha de 25 à 100 hectares, sur seize ventes seulement dans cette dernière tranche.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et c’est là que se joue la différence entre deux propriétés vendues au même prix.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Stable et lente, elle reste corrélée à la valeur des terres agricoles voisines et sépare les sols profonds de la Bresse et de la Dombes des coteaux superficiels du Revermont.
La valeur de la superficie est celle des arbres. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Cette décote n’a pas de taux de doctrine.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement le revenu de la chasse, capitalisé. En Dombes, cette composante n’est pas accessoire.
Deux propriétés vendues au même prix à l’hectare peuvent donc porter, l’une une sapinière mûre du Valromey prête à récolter, l’autre un taillis de Revermont sans produit commercialisable avant vingt ans. Le prix médian départemental ne distingue pas ces situations : une évaluation les distingue.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne et feuillus sur un plateau d’anciens marécages structuré par ses étangs. Région la plus chère du département, portée autant par la chasse et la pisciculture que par le bois. Sanglier, faisan, oie sauvage : le cynégétique pèse ici sur le foncier.
Sapin et épicéa. Production résineuse de bonne tenue, proche de celle du Jura voisin mais moins recherchée. Les scieries d’Outriaz et de Maillat structurent le débouché.
Chêne et feuillus, avec la forêt domaniale de Seillon pour référence. Les sols y sont plus acides qu’au nord du massif bressan, en Saône-et-Loire, et le chêne rouge y gagne du terrain. La demande feuillue est soutenue par les scieries de Viriat.
Sapin, épicéa et feuillus. Le prix traduit une combinaison défavorable : dépérissement des résineux, itinéraires sylvicoles difficiles à conduire, pente qui renchérit l’exploitation.
Chêne et feuillus de coteau. Secteur peu recherché, sans qualité de bois marquante, dont l’attrait tient au tourisme le long de la rivière d’Ain.
La forêt de l’Ain couvre 211 000 hectares, soit un taux de boisement de 36 %, quatre points au-dessus de la moyenne nationale. Elle est privée à 68 %, soit 143 000 hectares répartis entre 51 300 propriétaires ; 2 100 propriétés seulement dépassent 10 hectares, mais elles portent 51 % de la surface privée. Les essences principales sont le sapin pectiné avec 42 000 hectares, le hêtre avec 34 000 et le chêne rouvre avec 33 000, pour 68 % de feuillus et un volume vivant de 40 millions de mètres cubes en 2023, soit 204 m³/ha. Source : fiche descriptive départementale du Centre national de la propriété forestière Auvergne-Rhône-Alpes, décembre 2025.
L’appareil local recensé compte 68 scieries, 174 établissements d’exploitation forestière et 328 entreprises de sylviculture. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Deux marchés coexistent donc. En plaine, le chêne et les feuillus, où la valeur se joue sur la qualité de la bille de pied. En montagne, le sapin et l’épicéa, où elle se joue sur le volume à l’hectare et sur la possibilité de le sortir.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés de l’Ain.
Le marché tourne autour de 210 ventes par an de plus d’un hectare, et sa géographie est révélatrice : Haut-Valromey compte trente-cinq mutations en cinq ans, Plateau d’Hauteville vingt-quatre, Chézery-Forens dix-huit, Le Poizat-Lalleyriat treize, toutes en montagne, dans les secteurs résineux. Les plus grandes opérations se trouvent à Villette-sur-Ain, cent douze hectares, et à Saint-André-de-Corcy, quatre-vingt-cinq hectares en Dombes.
Trois profils se le partagent. Les professionnels du bois cherchent du capital sur pied mobilisable près des scieries et paient à la valeur technique. Les particuliers, très majoritaires, achètent de petites surfaces de proximité pour la transmission, le chauffage ou la chasse, et acceptent des prix unitaires élevés sur de faibles contenances. Les institutionnels et les groupements forestiers ne visent que les rares ensembles d’un seul tenant et sont donc peu présents.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est sanitaire, et il est sérieux. Le Bugey et le Valromey subissent un dépérissement résineux marqué, lié au scolyte de l’épicéa et aux sécheresses successives ; la plaine connaît un dépérissement des chênes. La mortalité départementale ressort à 300 000 m³ par an sur 2013-2021, soit 1,5 m³/ha/an pour une production de 5,7 m³/ha/an : plus d’un quart de l’accroissement biologique est annulé. Un peuplement d’épicéa acheté dans le Bugey peut se déprécier plus vite qu’il ne croît, et les itinéraires de remplacement ne sont pas stabilisés.
Le deuxième point tient à la géographie du marché. Les quatre communes les plus actives du département se situent précisément dans la zone de dépérissement. Ce n’est pas une coïncidence : une part du volume échangé correspond à des propriétaires qui sortent d’un actif dégradé. Un acquéreur doit savoir ce qu’il rachète.
Le troisième point est celui de la tendance. le haut du marché s’est retiré. Acheter dans l’Ain ne relève pas d’une logique de plus-value à court terme.
Le quatrième tient au morcellement. Dix hectares en huit îlots sur trois communes ne se gèrent ni ne se vendent comme dix hectares d’un tenant, et l’écart est régulièrement sous-estimé.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Établir la valeur d’une propriété suppose de mesurer le capital sur pied, de qualifier la station et de confronter le résultat au marché local réel.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans l’Ain.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté dans l’Ain s’établit à 3 623 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 033 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 31 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 818 et 8 846 €/ha.
L’écart atteint 43 % entre la Dombes, à 5 072 €/ha, et le Revermont, à 3 558 €/ha. Trois causes se combinent : la nature du sol, la valeur cynégétique, très élevée en Dombes, et l’état sanitaire des résineux du Bugey et du Valromey.
La médiane départementale recule de 10,8 % en euros courants entre 2021 et 2025, quand la médiane nationale progresse de 5,5 %. Le dépérissement des résineux de montagne et des chênes de plaine pèse sur cette évolution, et le troisième quartile se replie de 10 474 à 7 287 €/ha sur la période.
Les trois essences principales sont le sapin pectiné, sur 42 000 hectares, le hêtre, sur 34 000, et le chêne rouvre, sur 33 000, pour une forêt feuillue à 68 %, d’après la fiche départementale du Centre national de la propriété forestière Auvergne-Rhône-Alpes.
Quatre vérifications s’imposent : l’accès d’un grumier jusqu’à une place de dépôt, l’état sanitaire des résineux en Bugey et Valromey, la dispersion des îlots, l’existence d’un document de gestion approuvé. S’y ajoute le bail de chasse, dont le montant et la durée résiduelle entrent dans la valeur.
Le chiffre de 3 623 €/ha décrit un marché, non une propriété : c’est l’évaluation forestière qui fait passer de l’un à l’autre, en mesurant le capital sur pied et la station. Le repère national et le rang dans l’Ain figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le document qui fixe le cap d’un massif sur la page du plan simple de gestion. Les conditions de milieu du Dombes, Valromey ou Bresse se lisent dans notre panorama des massifs forestiers de France, le vocabulaire employé ici dans notre lexique forestier, et la marche à suivre pour vendre sa forêt sur sa page dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent