Trois appellations circulent pour désigner ceux qui gèrent les forêts d'autrui : gestionnaire forestier indépendant, gestionnaire forestier professionnel, expert forestier.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 10 mars 2023
Il exerce sans agrément particulier. Rien ne l’empêche d’être en parallèle exploitant forestier et d’acheter les bois des propriétés dont il s’occupe.
Cette situation n’est pas illégale et elle n’implique aucune malveillance. Elle place simplement la même personne des deux côtés de la transaction, celui qui commercialise votre récolte et celui qui l’acquiert.
La loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche du 13 juillet 2010 a introduit cette qualité dans le code forestier.
Il s’agit d’une attestation délivrée par le préfet sous conditions de diplôme, d’expérience et d’exercice indépendant.
Outre l’assistance à la gestion forestière des bois et forêts de propriétaires publics ou privés, son activité couvre la conservation, la régie et la mise en marché de bois façonnés et sur pied.
Il ne peut acheter, directement ou indirectement, les bois issus des forêts qu’il gère sous mandat.
Le titre est protégé. Il est délivré par le Conseil national de l’expertise foncière, agricole et forestière, structure de type ordinal placée sous l’autorité d’un conseiller d’État. Une liste est dressée annuellement.
Ses missions attitrées sont l’estimation et l’expertise, notamment en cas de sinistre ou de litige.
Il est soumis à la même interdiction d’achat que le gestionnaire forestier professionnel.
Sur le terrain, il observe et examine les facteurs biotiques et abiotiques à l’échelle du massif : sols, essences, végétation, faune, climat et spécificités locales. Il analyse également l’historique de la forêt, plantations, coupes et événements passés.
Il connaît la structure juridique de la propriété, ce qui lui permet d’orienter les décisions dans l’intérêt du propriétaire.
Il élabore ensuite le document de gestion, planning de long terme qui programme les coupes nécessaires et les travaux à prévoir.
Il réalise le martelage, marquage des arbres à couper, surveille les travaux forestiers, prévient et traite les problèmes sanitaires, et conduit les évaluations en cas d’achat, de vente ou de succession.
Il organise les assemblées générales dans le cas des groupements forestiers, et rend compte régulièrement au propriétaire des évolutions de la forêt et des décisions à prendre.
Il assure enfin les démarches réglementaires : autorisations de coupe, autorisations de passage, demandes de franchissement de cours d’eau auprès de l’Office français de la biodiversité, de la direction départementale des territoires ou des communes.
Un niveau de brevet de technicien supérieur agricole ou d’ingénieur, en gestion forestière ou en commerce du bois.
Des qualités d’écoute, d’observation et d’analyse. Le gestionnaire ne travaille jamais seul : il est en relation constante avec les propriétaires, les entreprises de travaux forestiers, les vendeurs et les acheteurs de bois.
L’hiver est la saison propice au martelage. Le métier suppose d’aimer le terrain autant que le bureau.
Il a par ailleurs changé. Le gestionnaire d’aujourd’hui travaille avec un propriétaire qui sait ce qu’il attend de son bien, qui a des convictions environnementales et des souhaits patrimoniaux. L’écoute précède la technique.
Une commercialisation conduite dans le cadre d’un cahier des charges défini à l’avance.
La garantie d’un travail conforme aux règles, la garantie du paiement de la vente de bois et le suivi de l’exploitation.
La prise en compte des réglementations attachées à la forêt, et le recours à des entreprises qualifiées.
Et surtout, dans le cas du gestionnaire forestier professionnel comme de l’expert, l’assurance que celui qui vend votre bois n’en est pas l’acquéreur.
Le coût de ces services est généralement couvert par le gain réalisé sur la vente de bois.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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