Cet article a été publié en octobre 2021. Les coûts d'acquisition et de production évoluent. Vérifiez les ordres de grandeur avant toute décision.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 octobre 2021
L’oliveraie traditionnelle se cultive depuis des millénaires. Elle obéit à un cahier des charges strict, sans irrigation, avec 60 à 120 arbres à l’hectare.
La modernisation agricole a poussé les producteurs à intensifier. En Alentejo, les oliveraies traditionnelles représentaient 98 % des cultures en 1999. Les plantations super-intensives en constituent aujourd’hui 63 % du marché portugais.
Ces plantations s’apparentent au vignoble : plants espacés de quarante centimètres, hauteur limitée à un mètre cinquante, conduite adaptée au passage des enjambeurs.
L’enjeu est celui de l’industrialisation, face à une main-d’œuvre de moins en moins disponible. La réduction des coûts de production accroît la compétitivité, mais elle exige une vigilance sanitaire plus grande, la densité et l’uniformité génétique augmentant l’exposition.
Les coûts d’installation et de production y sont plus élevés, et la maturité s’atteint vers vingt ans. Il faut donc une vision de long terme. Le coût d’acquisition se situe entre 7 000 et 14 000 euros l’hectare.
En contrepartie, la funda, c’est-à-dire le pourcentage d’huile obtenu par kilo d’olives récolté, y est nettement supérieur, environ 22 %, et la qualité généralement meilleure. Le produit peut être labellisé et se vend plus cher.
Les variétés employées atteignent leur maturité entre cinq et sept ans, ce qui rend l’investissement rentable plus vite. Cette rapidité justifie une mise de départ plus importante, de 25 000 à plus de 40 000 euros l’hectare. L’automatisation de la récolte maintient les coûts bas.
La funda y est en revanche plus faible, environ 14 % du poids du fruit, compensée par un nombre d’arbres et un volume récolté bien supérieurs à l’hectare.
Comme pour tout investissement, les charges dépendent de la mise initiale. Le retour se construit sur le mode de gestion retenu, les coûts d’installation et la superficie.
La surface minimale n’est pas la même selon le projet. Pour un investisseur qui entend maîtriser toute la chaîne de valeur, jusqu’à la vente de l’huile, dix hectares suffisent à rentabiliser la mise initiale à court terme. Pour un investisseur non professionnel, qui délègue la conduite, il faut viser cinquante hectares au moins, afin de gagner en volume et d’amortir le gestionnaire.
La valorisation de la production dépend enfin de quatre facteurs : le taux d’acidité du produit final, le plus faible possible, la funda, l’absence de défauts organoleptiques, et les certifications obtenues, la conduite biologique au premier chef.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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