Le Brésil passe pour la ferme du monde, et la formule n'est pas usurpée. On y trouve presque toute la gamme des productions agricoles mondiales. L'étendue du territoire, des contreforts andins à l'Atlantique, permet de cultiver aussi bien des plantes tropicales que des espèces des pays tempérés : poivre, palmier à huile, canne à sucre, café et arachide, mais aussi maïs, soja, pomme de terre, raisin, pomme, blé et avoine.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 6 mai 2021
Le Brésil couvre 8 515 770 kilomètres carrés, soit près de dix-sept fois la France et ses 549 190 kilomètres carrés, Corse comprise.
Sa population s’élevait à 211 millions d’habitants en 2019, contre 67 millions en France. En matière de développement humain, la France se situe au vingtième rang mondial avec un indice de 0,884, le Brésil au soixante-dix-neuvième avec 0,744.
Le produit intérieur brut brésilien plaçait le pays au huitième rang mondial en 2018, à 3 365 milliards d’euros, devant la France, dixième avec 2 963 milliards. Rapporté à l’habitant, l’écart s’inverse nettement : 15 500 euros par an au Brésil contre 43 551 euros en France.
L’agriculture représente 8 % du produit intérieur brut brésilien.
Les ressources naturelles, la superficie, les conditions climatiques et la modernisation des équipements font du pays l’un des tout premiers producteurs mondiaux. Il était le quatrième agro-exportateur mondial et le premier producteur exportateur de sucre, de jus d’orange, de café et de soja.
La surface cultivable s’étend sur 72,6 millions d’hectares au Brésil, contre 18,6 millions en France. Les terres agricoles couvrent 275,6 millions d’hectares, contre 28,8 millions.
La répartition est aussi éloquente que les surfaces. L’agro-négoce compte 800 000 exploitations, dont 165 000 dépassent 500 hectares et exploitent 62,7 % des terres. La paysannerie regroupe 3 millions d’exploitations de moins de 25 hectares, qui occupent 5,1 % de la surface agricole.
La surface forestière du Brésil atteignait 515,1 millions d’hectares. La forêt amazonienne se trouve à 63 % sur le territoire brésilien. Il importe de dater toute mention de sa superficie : elle subit une déforestation massive et recule.
C’est la plus grande forêt tropicale du monde. Des projets d’agrosylviculture y sont conduits pour la préserver tout en maintenant une économie pour les habitants. Ils associent une culture d’arbres à un élevage bovin, dans une même parcelle, afin de concilier gestion de la ressource et durabilité des sols.
La forêt atlantique, dont on parle moins, s’étend le long du littoral et se prolonge dans l’extrême nord de l’Argentine et du Paraguay. Elle concentre une biodiversité importante et abrite le bois-brésil, qui ne pousse que là. Sa teinture rouge comme la braise a donné son nom au pays.
L’Union européenne est le deuxième client du Brésil pour les produits agricoles et alimentaires, et absorbe 22 % de ses exportations.
La balance commerciale brésilienne, tous secteurs confondus, était excédentaire de 42 milliards d’euros, en hausse de 2,4 milliards sur l’année précédente. La balance agroalimentaire affichait un solde positif de 56 300 millions d’euros en 2014, contre 9 100 millions pour la France.
Les exportations françaises vers le Brésil ont atteint 2 milliards d’euros de janvier à septembre 2020, en recul de 29,2 % sur la même période de 2019. Le Brésil est ainsi passé du vingt-quatrième au trentième rang des clients de la France.
Les relations franco-brésiliennes demeurent solides, en recherche comme en enseignement technique et supérieur.
Le Brésil est devenu largement excédentaire sur le plan alimentaire et compte parmi les grands agro-exportateurs. Son agriculture reste pourtant contrainte par des infrastructures insuffisantes, des questions de régulation foncière et agraire non résolues, l’endettement du secteur et des enjeux de durabilité environnementale.
Le secteur agroalimentaire n’en est pas moins le principal moteur de la croissance, avec 27 à 30 % du produit intérieur brut, 37 % des emplois et jusqu’à 40 % des exportations totales. Il devance le bâtiment, et il a porté le redressement économique du pays depuis 1990.
Source : ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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