Cet article a été publié en septembre 2021 et repose sur les chiffres de 2019. Les prix et les volumes de transaction actuels figurent dans notre Observatoire du prix de la forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 29 septembre 2021
La forêt non bâtie est une valeur refuge au même titre que l’or, un placement durable dont la valeur repose sur le sol et sur le capital sur pied.
La forêt bâtie s’adresse davantage à des exploitants ou à des particuliers. Elle autorise plusieurs usages selon l’objectif poursuivi, résidence secondaire, activité d’accueil, hébergement.
Au-delà de cette première distinction, c’est la surface qui détermine la valeur. Les grandes forêts sont rares, et peu se vendent chaque année. Un effet de rareté s’exerce au-delà de cinquante hectares, où le nombre de vendeurs est si faible que le marché se resserre autour de quelques biens.
Une petite surface convient à qui veut investir près de chez soi. Ces forêts restent financièrement accessibles et se prêtent aux usages de loisir, la chasse notamment. Le prix varie selon la localisation et les essences, et peut fortement monter dès qu’un volume de bois d’œuvre est présent.
En France, ce segment concentre 88 % des transactions, avec 17 860 ventes en 2019, en hausse de 6,2 %.
À partir de dix hectares, la forêt gagne en volume et permet des coupes d’éclaircie plus régulières. C’est le premier seuil où la propriété commence à produire, et où la diversification prend un sens patrimonial ou de croissance.
L’acquisition constitue l’investissement initial, rentabilisé ensuite par la vente de bois et, le cas échéant, par la location de la chasse.
Ce segment représentait 1 550 transactions en 2019, pour 23 700 hectares, soit moins d’un dixième du segment précédent.
Les biens de cette taille sont difficiles à trouver, les vendeurs y étant peu nombreux. Ils s’adressent à qui place son argent dans une logique de croissance et de transmission, et cherche à conserver la valeur de son actif sur le long terme.
En 2019, ce segment a compté 520 transactions pour 18 300 hectares. La rareté y crée à elle seule un effet de demande.
À partir de ce seuil, la surface classe le bien parmi les investissements élevés. Il s’adresse à des budgets conséquents, et l’accompagnement par un gestionnaire de patrimoine y devient la règle, notamment sur les questions fiscales.
Ce segment est aussi celui où la valeur d’attachement compte : le bien est choisi pour ce qu’il représente autant que pour ce qu’il rapporte.
En 2019, 210 forêts se sont vendues sur ce segment, pour 15 000 hectares, soit sept fois moins que sur le segment des 10 à 25 hectares.
Ce sont les biens les plus recherchés et les plus rares. Fonds d’investissement comme particuliers s’y intéressent, pour la diversification autant que pour le rendement.
Le très faible volume mis en vente d’une année sur l’autre en fait un produit incontournable dans une phase de diversification, la diversification étant l’un des principes majeurs de la sécurisation d’un patrimoine.
En 2019, ce segment n’a compté que 140 transactions, pour 31 500 hectares.
L’ensemble des segments au-delà de dix hectares représente 12,6 % des transactions du segment des 1 à 10 hectares. Le déséquilibre est considérable, et il s’explique par la rareté : les grandes propriétés, seules capables de produire un revenu significatif, sont les plus recherchées et les moins disponibles.
Une précision s’impose sur la lecture de ces nombres. Ils ne mesurent pas le nombre d’acheteurs, mais le nombre de vendeurs. Le marché n’est pas étroit faute de demande, il l’est faute d’offre.
Pour un acquéreur non aguerri, l’accompagnement par un forestier et par un gestionnaire de patrimoine reste vivement recommandé.
Source : Safer, rapport annuel, chiffres 2019, marchés A et B.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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