Gérer une forêt demande une réelle connaissance des essences, du sol et de l'écosystème tout entier.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 6 octobre 2021
La forêt française compte 67 % de feuillus, principalement en plaine et à moyenne altitude. Les résineux occupent les montagnes, les Landes et l’ouest du pays.
Le chêne, l’acacia, le frêne et le châtaignier sont des feuillus. L’épicéa, le sapin, le cèdre et le mélèze sont des résineux. Les premiers perdent leurs feuilles en hiver, les seconds conservent leurs aiguilles, à quelques exceptions près.
Chaque essence se conduit selon son tempérament. Certaines demandent beaucoup de lumière et d’eau, d’autres beaucoup de lumière et peu d’eau. C’est ce tempérament, autant que la station, qui commande le régime.
Le taillis désigne les essences feuillues capables de rejeter après une coupe. Des brins repoussent sur les souches existantes et ouvrent un nouveau cycle.
Le taillis simple procède par coupe à blanc. Le peuplement se renouvelle intégralement, sans reproduction sexuée, en conservant le même patrimoine génétique. On appelle révolution ce début de cycle.
Le taillis fureté est plus irrégulier. Il ne prélève que les brins commercialisables et laisse les autres. Le cycle ne se renouvelle qu’au terme de plusieurs coupes.
Ce que ce régime apporte : aucun travail sylvicole n’est nécessaire.
Ce qu’il coûte : les bois récoltés sont de petit diamètre et de faible valeur, les souches finissent par s’épuiser, et toutes les essences ne sont pas aptes à rejeter.
Une futaie est un ensemble d’arbres de plein pied, issus de semis et non de rejets.
Tous les arbres d’une parcelle ont sensiblement le même âge. Le cycle se referme par une coupe totale, ou coupe rase, après laquelle le peuplement se régénère naturellement ou par plantation. Au cours de sa vie, il fait l’objet de plusieurs éclaircies qui favorisent la croissance des plus beaux sujets.
Ce que ce régime apporte : une production de bois d’œuvre, une qualité homogène, une gestion facile à planifier.
Ce qu’il coûte : un cycle long, de quatre-vingts à cent cinquante ans, un investissement de départ important, et un risque concentré, sanitaire comme climatique, puisque tout le peuplement a le même âge.
Aussi appelée futaie jardinée. Chaque arbre y a sa hauteur, son âge et son diamètre. Sur une même parcelle coexistent semis, perches, petits bois, bois moyens et gros bois.
Ce que ce régime apporte : une plus grande diversité de peuplements et de produits, des modifications moins brutales pour le milieu, et un revenu régulier pour le propriétaire.
Ce qu’il coûte : une concurrence horizontale qui pénalise les jeunes tiges à l’ombre des grandes, et une exigence technique nettement supérieure au moment du martelage et des travaux.
La difficulté principale du gestionnaire est d’assurer, au fil des coupes jardinatoires, le renouvellement permanent du peuplement.
Aussi appelé taillis avec réserves. Ce régime hybride conserve les arbres de franc-pied, qui constituent la réserve, et coupe entièrement le taillis pour laisser passer la lumière. Un plan de balivage détermine le nombre d’arbres à conserver par catégorie de diamètre et par essence.
Ce que ce régime apporte : un faible investissement, puisqu’il ne demande pas de travaux sylvicoles.
Ce qu’il coûte : un équilibre difficile à tenir, qui suppose une attention constante du gestionnaire, et des lots de bois hétérogènes.
Le choix du régime ne précède jamais l’analyse du peuplement, il en découle. Le gestionnaire, ou le propriétaire, adapte sa méthode aux données recueillies sur le terrain.
Il n’existe donc pas de bonne ou de mauvaise méthode de gestion, seulement des méthodes adaptées aux peuplements. La planification porte sur dix à trente ans, et un régime peut être modifié en cours de route si l’évolution du peuplement l’impose. Ces choix se consignent dans un document de gestion.
Les gestionnaires sont aujourd’hui encouragés par l’opinion et par les pouvoirs publics à pratiquer une sylviculture irrégulière, plus douce pour le milieu. Il reste des cas où elle n’est pas praticable : après un dommage sanitaire majeur, ou sur un peuplement trop âgé, la conduite en régulier demeure la seule voie.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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