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Prix de la forêt en Dordogne

En Dordogne, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 3 412 €/ha, sur 4 820 transactions de plus d'un hectare et 23 128 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 36 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et occupe le quatre-vingt-huitième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Il est aussi, et de loin, le marché forestier le plus actif de France. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Dordogne ?

Presque mille ventes de plus d’un hectare par an, 23 128 hectares échangés en cinq ans : aucun autre département n’approche ce niveau d’activité. Cette liquidité est la caractéristique première du marché périgourdin, et elle va de pair avec un prix bas. La moitié des ventes se règlent entre 1 735 et 13 934 €/ha.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025DordogneNouvelle-AquitaineFrance
Prix médian (€/ha)3 4124 5045 323
1er quartile (€/ha)1 7352 0042 303
3e quartile (€/ha)13 93414 42814 976
Nombre de mutations4 82023 04586 327
Surface échangée (ha)23 233non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,6non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

La Dordogne est le seul département de cette série dont la médiane recule : de 3 734 €/ha en 2021 à 3 585 €/ha en 2025, soit 4,0 % de baisse en euros courants, et près de vingt points en euros constants.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20211 0083 611en attenteen attente
20221 0293 365en attenteen attente
20239733 419en attenteen attente
20248923 254en attenteen attente
20259183 472en attenteen attente

La taille joue modérément : 3 402 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 5 783 €/ha de 10 à 25 hectares, 6 775 €/ha de 25 à 100 hectares. Le rapport n’est que de 2,0 entre la petite parcelle et le grand ensemble, gradient contenu qui traduit l’absence d’un segment d’investisseurs venant tirer le haut du marché.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et en Dordogne c’est souvent le fonds qui porte l’essentiel de la valeur.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Dans un département où l’agrément, la chasse et la résidence pèsent lourd, elle intègre une composante de situation qui n’a rien de forestier.

La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un taillis de châtaignier périgourdin, cette valeur de consommation est faible : le produit va au piquet, au bois de chauffage ou à la trituration.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. Avec 23 122 sangliers et 2 876 cerfs élaphes prélevés en 2024, la Dordogne est l’un des premiers départements cynégétiques de France, et cette composante est déterminante.

C’est là le point central : en Dordogne, un prix élevé traduit rarement un capital sur pied élevé. Il traduit une situation, une chasse, parfois une perspective d’agrément. L’évaluateur qui le lit comme une valeur forestière se trompe.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Périgord

Chêne, châtaignier et pin, avec de vastes forêts de feuillus et de pins maritimes, de nombreux étangs et zones humides, et des propriétés de chasse. Nos conseillers relèvent que de bons crus de chêne s’y trouvent, mais assortissent la région d’une mise en garde explicite : ne pas y appliquer des prix de valeur vénale trop hauts.

La Double

Chêne, pin maritime et châtaignier, sur le plateau argilo-sableux de l’ouest du département. Secteur recherché pour la chasse, avec de jolies forêts de chêne.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Trois gammes coexistent. Le chêne pédonculé et sessile, qui porte la valeur haute lorsqu’il atteint la qualité de merrain, avec une tonnellerie bordelaise à portée de camion. Le châtaignier, très étendu, dont la destination est le piquet, le parquet et le bois de chauffage, avec une valeur unitaire faible. Le pin maritime, sur les sables de la Double et du Landais, en concurrence directe avec la ressource landaise.

L’appareil local recensé compte 73 scieries, le chiffre le plus élevé de cette série, 176 établissements d’exploitation forestière, 64 unités de charpente et menuiserie et 1 322 entreprises de sylviculture, soit 2 095 établissements. Les unités structurées se situent au Pays de Belvès, à Loubéjac, à Négrondes, à Brantôme-en-Périgord, à Champs-Romain et à Salles-de-Belvès. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés périgourdines.

La desserte
Le relief de causse et de vallée rend l’accès très variable d’une parcelle à l’autre, parfois à quelques centaines de mètres d’écart.
Le morcellement
La surface médiane des ventes est de 2,54 hectares, et le passage au dessus de dix hectares n’apporte qu’une prime modérée, la demande d’ensembles étant faible.
La pente
Structurante sur les versants des vallées de la Dordogne, de la Vézère et de l’Isle.
La portance
Les sols argilo-sableux de la Double et du Landais se déforment vite et imposent des fenêtres de chantier étroites.
Le droit de chasse
C’est le premier facteur de prix du département : 23 122 sangliers, 13 803 chevreuils et 2 876 cerfs élaphes prélevés en 2024. Le bail se capitalise et pèse souvent davantage que le capital sur pied.
Le document de gestion
101 mutations sur 4820 franchissent le seuil de vingt-cinq hectares, soit 2 % : un plan approuvé y est donc un argument distinctif.
Le statut réglementaire
Natura 2000 sur les vallées de la Dordogne et de la Vézère, sites classés du Périgord noir, zones humides de la Double, indivision et bail rural.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 980 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Brantôme-en-Périgord avec quatre-vingts mutations en cinq ans, Mareuil-en-Périgord soixante-neuf, Eyraud-Crempse-Maurens cinquante-six, La Roche-Chalais cinquante-cinq, Busserolles quarante-six, Les Eyzies quarante-trois, Jumilhac-le-Grand quarante-deux. Les plus grandes opérations restent contenues : Tocane-Saint-Apre, deux cent neuf hectares, Sceau-Saint-Angel, cent quatre-vingt-cinq, La Roche-Chalais, cent quarante-cinq.

Trois profils se le partagent. Les particuliers dominent très largement en nombre : voisins, agriculteurs, résidents, acquéreurs d’agrément. Les chasseurs constituent le segment qui paie le plus cher, sans référence à la production. Les professionnels du bois achètent du châtaignier et du pin à la valeur technique, à des niveaux bas. Les investisseurs institutionnels sont peu présents, faute d’ensembles de taille et de qualité suffisantes.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule, et en Dordogne nos propres conseillers ont posé la mise en garde.

Le premier point est celui qu’ils formulent eux-mêmes sur le Périgord : ne pas appliquer des prix de valeur vénale trop hauts. La combinaison d’un marché très liquide, d’une demande d’agrément et de la notoriété touristique du département pousse les vendeurs à des attentes que le capital sur pied ne justifie pas. Un taillis de châtaignier reste un taillis de châtaignier, quelle que soit la vue depuis la parcelle.

Le deuxième point est la tendance. La Dordogne est le seul département de cette série dont la médiane recule, de 4,0 % en euros courants et de près de vingt points en euros constants. Le segment haut, celui des propriétés d’agrément et de chasse, s’est nettement contracté depuis 2022.

Le troisième point tient à la nature du peuplement. Le châtaignier, très étendu, souffre de la maladie de l’encre et du chancre, et sa destination commerciale est limitée. Une propriété dont le capital repose sur le châtaignier ne vaut pas ce que le cubage laisse croire.

Le quatrième point est la liquidité elle-même, qui joue dans les deux sens. Un vendeur trouve preneur rapidement, c’est un avantage réel. Mais avec presque mille ventes par an, un acquéreur dispose de comparables abondants et négocie en position de force. La Dordogne est le département où un prix de présentation trop élevé se sanctionne le plus vite.

Faire évaluer une forêt en Dordogne

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Évaluer une propriété périgourdine suppose de mesurer le capital sur pied, d’apprécier l’état sanitaire du châtaignier, de lire le bail de chasse et de distinguer, dans le prix local, ce qui relève de la forêt et ce qui relève de l’agrément.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Dordogne.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt en Dordogne ?

Le prix médian constaté s’établit à 3 412 €/ha entre 2021 et 2025, sur 4 820 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 36 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 735 et 13 934 €/ha.

Le prix de la forêt baisse-t-il en Dordogne ?

La médiane départementale recule de 3 734 €/ha en 2021 à 3 585 €/ha en 2025, soit 4,0 % en euros courants et près de vingt points en euros constants. Le troisième quartile perd plus d’un tiers sur la même période, ce qui traduit un retrait du segment des propriétés d’agrément et de chasse.

Pourquoi la Dordogne est-elle le département où l’on vend le plus de forêts ?

Près de mille ventes de plus d’un hectare y sont enregistrées chaque année, soit le volume le plus élevé de France. Le morcellement de la propriété, l’étendue du châtaignier de faible valeur et une demande locale d’agrément et de chasse entretiennent une rotation permanente des petites parcelles.

Une forêt de châtaignier a-t-elle de la valeur en Dordogne ?

Le châtaignier occupe des surfaces considérables mais sa destination commerciale est limitée au piquet, au parquet et au bois de chauffage, avec une valeur unitaire faible. Il est en outre exposé à la maladie de l’encre et au chancre. Un cubage qui le compte au même titre que le chêne surestime le capital.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Dordogne ?

Quatre vérifications s’imposent : la part du châtaignier dans le capital sur pied et son état sanitaire, l’accès réel d’un grumier, très variable d’une parcelle à l’autre en pays de causses et de vallées, le bail de chasse en cours avec son montant, et la composition exacte de la mutation, le prix DVF mêlant le sol, les bois et, le cas échéant, le bâti.

Ces 3 412 €/ha portent le sol, les arbres et parfois le bâti sans les séparer : c’est l’évaluation forestière qui fait ce partage. Le rang en Dordogne sur les départements publiés figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le plan qui engage une propriété sur dix à vingt ans sur la page du plan simple de gestion. Périgord et Double ne se paient pas au même prix. Notre panorama des massifs forestiers de France les replace à l’échelle nationale, notre lexique forestier en donne le vocabulaire, et la page vendre sa forêt la marche à suivre.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent