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Prix de la forêt dans le Gers

Dans le Gers, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 8 333 €/ha, sur 1 001 mutations de plus d'un hectare et 3 781 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 56 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 48 % celle d'Occitanie, 5 631 €/ha. Il occupe le vingt-troisième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans le Gers ?

La moitié des ventes se règlent entre 3 132 et 36 402 €/ha, sur une surface médiane de 2,27 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025GersOccitanieFrance
Prix médian (€/ha)8 3335 6765 323
1er quartile (€/ha)3 1252 0022 303
3e quartile (€/ha)36 04722 40114 976
Nombre de mutations1 01711 17086 327
Surface échangée (ha)3 859non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,3non publié2,3

Le troisième quartile gersois, 36 402 €/ha, dépasse de 141 % le troisième quartile national, et le rapport entre les quartiles atteint 11,6 contre 6,6 au plan national. Dans un département dont le taux de boisement est faible, ce niveau ne se lit pas comme un prix de bois.

La médiane recule de 10,2 % en euros courants de 10 913 à 9 804 €/ha, avec un creux marqué en 2023 et 2024.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
202122710 548en attenteen attente
202221610 111en attenteen attente
20232086 326en attenteen attente
20241686 434en attenteen attente
20251988 550en attenteen attente

L’effet de taille est franchement négatif : 8 464 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 943 mutations, 5 862 €/ha de 10 à 25 hectares sur 49 mutations, 4 252 €/ha de 25 à 100 hectares sur 9 mutations. Aucune mutation de plus de cent hectares n’est recensée en cinq ans. La petite parcelle vaut le double du bloc constitué.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans le Gers, la part du peuplement est marginale et le prix mesure presque exclusivement le fonds.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les coteaux molassiques gersois, elle est indexée sur des terres de polyculture et de viticulture d’appellation, et sur les prix pratiqués pour l’agrandissement d’exploitation. Aucun de ces deux facteurs n’est forestier.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait en récoltant aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote de maturité, de travaux et de risque. Sur un taillis de chêne pubescent de coteau, essence dominante du département, elle est proche de zéro. Sur les rares peupleraies de la vallée de l’Adour, elle se calcule à partir d’un volume connu.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 10 504 sangliers et 7 622 chevreuils ont été prélevés dans le département. Le cerf, à vingt-cinq prélèvements, y est pratiquement absent, ce qui interdit tout segment cynégétique haut de gamme.

Les régions naturelles du département

Une seule région naturelle gersoise est documentée dans notre référentiel, et nous préférons l’écrire plutôt que de laisser croire à une couverture complète.

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

L’Armagnac

Chêne, feuillus et pin, à l’ouest du département et sur les Landes., . Qualifié à la valeur technique par nos conseillers, degré inférieur de notre grille, sans appréciation de terrain, la mention étant « pas d’avis ».

L’Astarac, la Lomagne, le Fezensac et le Savès, qui couvrent les trois quarts de la surface départementale, ne sont pas documentés par notre référentiel. Nous ne disposons donc d’aucune description de massif hors Armagnac.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le chêne pubescent domine les coteaux, en taillis et taillis sous futaie de faible valeur unitaire, avec un débouché de bois de chauffage. Le chêne pédonculé occupe les fonds de vallée et les stations fraîches, avec un débouché de merrain pour les meilleures billes. Le pin maritime remonte de l’Armagnac landais sur la frange ouest. Le peuplier tient les vallées de l’Adour, du Gers et de la Baïse.

L’appareil recensé compte 306 établissements, dont 24 scieries, 35 entreprises d’exploitation forestière et 100 de sylviculture. L’unité la plus importante, Jeld-Wen France à Eauze, de 200 à 249 salariés, relève de la menuiserie industrielle. Figurent également Gers Sciage Palettes à Seissan et la Tonnellerie de l’Adour à Plaisance, cette dernière tournée vers la production de fûts d’armagnac. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu, son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

Sept éléments séparent deux propriétés gersoises.

La desserte
Relief modéré, réseau dense. La question porte sur la place de dépôt et la traversée de parcelles cultivées.
Le morcellement
Avec 2,27 hectares de surface médiane et aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans, le département n’offre pas de gisement de propriétés constituées.
La pente
Marginale, hormis les versants des vallées orientées nord-sud qui structurent le département.
La portance
Les molasses argileuses se déforment vite après épisode pluvieux et restreignent fortement les fenêtres de chantier.
Le droit de chasse
Le sanglier et le chevreuil portent seuls la demande. L’absence de cerf limite la valeur du bail.
Le document de gestion
Un plan de gestion approuvé sécurise l’acquéreur et ouvre certains régimes fiscaux. 9 mutations sur 1001 seulement atteignent vingt-cinq hectares en cinq ans, soit 0.9 % : la quasi-totalité du marché se traite sans document de gestion opposable.
Le statut réglementaire
Zonages Natura 2000 sur les coteaux secs, servitudes, indivision, bail rural, appellations viticoles à l’ouest.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 200 mutations par an de plus d’un hectare. Sa géographie est d’une netteté remarquable : les huit communes les plus actives, Castelnau-d’Auzan-Labarrère avec vingt-sept mutations en cinq ans, Cazaubon dix-neuf, Manciet dix-huit, Mauléon-d’Armagnac dix-sept, Éauze et Montréal seize, Riscle quinze et Condom treize, se situent toutes en Armagnac, à l’ouest du département. Les plus grandes opérations restent modestes : Lupiac, soixante et onze hectares, Larée, soixante-deux, Auch, cinquante-deux.

Deux profils dominent, et aucun n’est sylvicole. Les agriculteurs et les viticulteurs acquièrent le boisement de coteau en concurrence d’usage, pour l’agrandissement, l’accès ou la réserve foncière. Les acquéreurs d’agrément et de chasse portent le troisième quartile, à 36 402 €/ha, sur des biens dont la composante forestière est souvent secondaire.

Contreparties et points de vigilance

Ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est décisif. À 8 333 €/ha, le prix gersois ne rémunère pas un peuplement. Le chêne pubescent de coteau, essence dominante, a une valeur de consommation proche de zéro, et nos conseillers classent l’Armagnac au degré inférieur de notre grille, celui de la vente à la valeur technique. Ce qui se paie ici, c’est un sol agricole boisé, dans un département où la terre est disputée. Un propriétaire qui présente la médiane départementale comme une valeur forestière sera contredit.

Le deuxième point le confirme par les chiffres. Le prix décroît de moitié quand la surface augmente, de 8 464 €/ha en petite parcelle à 4 252 €/ha entre vingt-cinq et cent hectares. Si le bois faisait la valeur, le rapport serait inverse. La petite parcelle porte une prime d’usage agricole que le bloc constitué n’a pas.

Le troisième point est la volatilité. La médiane est passée de 10 913 €/ha en 2021 à 5 989 en 2024, puis remontée à 9 804 en 2025. Sur un marché où le prix ne repose sur aucun plancher technique, ces mouvements de grande amplitude sont normaux et rendent la date des comparables déterminante.

Le quatrième point est une lacune de notre référentiel. Seul l’Armagnac est documenté, et il est marqué « pas d’avis ». L’Astarac, la Lomagne, le Fezensac et le Savès, qui couvrent les trois quarts du département, ne le sont pas du tout. Nous publions une cote pour le secteur où se fait le marché, nous n’en publions pas l’explication, et rien pour le reste.

Faire évaluer une forêt dans le Gers

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, non une valeur d’expertise. Dans un département où le peuplement ne porte presque aucune valeur, l’évaluation consiste à établir la valeur technique, très faible, puis à motiver au dossier l’écart avec le prix de marché, sans présenter ce dernier comme une valeur intrinsèque.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans le Gers.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans le Gers ?

Le prix médian constaté s’établit à 8 333 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 001 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 56 % au dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 3 132 et 36 402 €/ha.

Pourquoi la forêt y est-elle chère dans un département peu boisé ?

C’est précisément la rareté du bois dans un paysage de polyculture et de viticulture qui porte le prix, avec une concurrence d’usage agricole vive. Le chêne pubescent de coteau, essence dominante, a une valeur de consommation proche de zéro, et nos conseillers classent l’Armagnac au degré inférieur de notre grille de marché.

Une grande propriété se paie-t-elle plus cher à l’hectare dans le Gers ?

Le prix médian tombe de 8 464 €/ha entre un et dix hectares à 4 252 €/ha entre vingt-cinq et cent hectares, soit la moitié. Cette inversion signale que la petite parcelle porte une prime d’usage agricole que le bloc constitué n’a pas, et qu’aucune mutation de plus de cent hectares n’a été recensée en cinq ans.

Où se vendent les forêts dans le Gers ?

Les huit communes les plus actives, de Castelnau-d’Auzan-Labarrère à Condom en passant par Cazaubon, Manciet, Mauléon-d’Armagnac, Éauze, Montréal et Riscle, se situent toutes en Armagnac, à l’ouest du département. C’est le seul secteur documenté par notre référentiel, à 8 614 €/ha.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans le Gers ?

Quatre vérifications s’imposent : la part du prix qui rémunère effectivement un peuplement, très minoritaire, la date des comparables retenus, le marché ayant varié de près de moitié entre 2021 et 2024, la portance des molasses argileuses qui restreint les fenêtres de chantier, et l’usage agricole concurrent, qui détermine souvent le prix réel.

De ces 1 001 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. Armagnac porte l’essentiel du marché. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent