En Meurthe-et-Moselle, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 4 662 €/ha, sur 593 transactions de plus d'un hectare et 3 797 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 10 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 5 % sous celle du Grand Est. Il occupe le cinquante-septième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 2 857 et 9 456 €/ha, sur une surface médiane de 2,00 hectares. Avec 593 transactions en cinq ans, soit environ cent dix-neuf par an, le marché est étroit.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Meurthe-et-Moselle | Grand Est | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 4 662 | 4 878 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 688 | 2 612 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 8 732 | 10 405 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 590 | 5 729 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 3 833 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,0 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le marché recule : la médiane passe de 5 489 €/ha en 2021 à 4 534 €/ha en 2025, soit une baisse de 17,4 % en euros courants. Sur un effectif annuel de quatre-vingt-dix-neuf à cent quarante-deux ventes, ce mouvement demande à être confirmé sur un millésime supplémentaire, mais il est régulier.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 96 | 4 960 | en attente | en attente |
| 2022 | 115 | 3 934 | en attente | en attente |
| 2023 | 120 | 4 588 | en attente | en attente |
| 2024 | 144 | 5 071 | en attente | en attente |
| 2025 | 115 | 4 286 | en attente | en attente |
La taille joue jusqu’à dix hectares puis plafonne : 4 687 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 7 574 €/ha de 10 à 25 hectares, 7 600 €/ha de 25 à 100 hectares, sur vingt-six ventes. Aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Meurthe-et-Moselle, la part du peuplement est élevée : c’est un département de production feuillue, où le chêne et le hêtre de plateau constituent l’essentiel de la valeur.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur le plateau lorrain et la Woëvre, les sols sont bons et la desserte correcte. La proximité du Luxembourg soutient le fonds sur la frange nord.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un hêtre lorrain en 2026, cette décote doit intégrer un risque sanitaire que le cubage ne dit pas.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 11 729 sangliers, 7 823 chevreuils et 751 cerfs élaphes prélevés en 2024.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne et hêtre, sur la frange nord, en limite du Luxembourg et de la Belgique. Nos conseillers y voient un secteur favorable sur les produits bois, avec une réserve nette sur le renouvellement des peuplements. Cet échantillon est trop mince pour publier une tendance, et nous nous en tenons au niveau consolidé.
Chêne, hêtre et feuillus, avec la forêt de Haye pour référence. Nos conseillers signalent deux points : un secteur touché par le dépérissement du hêtre et un itinéraire sylvicole compliqué.
Chêne et feuillus de sols humides. Nos conseillers en font une belle forêt de production, sur de bons sols forestiers, valorisée par la frontière luxembourgeoise.
Le chêne domine la valeur, sur le plateau lorrain comme en Woëvre, avec une destination de sciage, de merrain et de tranchage pour les meilleures billes. Le hêtre accompagne partout, en volume important, et c’est précisément là que se situe le problème du département. Les résineux sont marginaux, à l’exception de la frange vosgienne au sud-est.
L’appareil local recensé compte 18 scieries, 232 établissements d’exploitation forestière, 28 unités de charpente et menuiserie et 214 entreprises de sylviculture, soit 767 établissements. Les unités structurées se situent à Bayonville-sur-Mad, Bertrambois, Blainville-sur-l’Eau et Toul. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Dix-huit scieries pour deux cent trente-deux exploitants forestiers dessine le même profil que la Haute-Marne : un département qui mobilise beaucoup et transforme peu sur place. Le bois part vers les Vosges, l’Alsace, le Luxembourg ou l’Allemagne, et le transport se retranche du prix payé au propriétaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés meurthe-et-mosellanes.
Le marché tourne autour de 119 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Neufmaisons avec dix-huit mutations en cinq ans, Bertrichamps quatorze, Moyen et Vacqueville onze, Bionville et Badonviller dix, Cirey-sur-Vezouze neuf. Toutes se situent au sud-est du département, sur la bordure vosgienne, et non sur les grands massifs feuillus du plateau. Les plus grandes opérations se situent à Gerbéviller, deux cent soixante-cinq hectares, à Deneuvre, deux cent cinquante-sept, à Val-et-Châtillon, cent trente et un.
Trois profils se le partagent. Les professionnels du bois et les exploitants, nombreux, achètent du chêne et du hêtre à la valeur technique. Les acquéreurs transfrontaliers, luxembourgeois et belges, sont présents sur la frange nord, où nos conseillers relèvent explicitement cet effet. Les investisseurs institutionnels sont absents, faute d’ensembles de taille suffisante.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est sanitaire, et il vient de nos conseillers : le plateau lorrain est touché par le dépérissement du hêtre, avec un itinéraire sylvicole compliqué. Le hêtre occupe des volumes importants dans ce département, souvent en mélange avec le chêne. Un cubage qui le compte au même titre que le chêne surestime le capital, et un peuplement à forte proportion de hêtre s’achète aujourd’hui avec un risque de dépréciation rapide. C’est le point d’évaluation le plus important de la Meurthe-et-Moselle.
Le deuxième point est le renouvellement, signalé sur le Pays Haut. Sur les plateaux calcaires du nord du département, la régénération naturelle du chêne devient difficile en contexte de sécheresses répétées, et le coût de reconstitution après coupe est un poste que beaucoup d’acquéreurs omettent.
Le troisième point est le recul, de 17,4 % en cinq ans, alors que les trois régions naturelles du département sont stables ou en hausse. Cet écart suggère que la baisse départementale tient à la composition des ventes plutôt qu’à un effondrement des cotes locales. Nous le signalons sans le trancher, et nous invitons à ne pas surinterpréter une médiane calculée sur cent dix-neuf ventes annuelles.
Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. La plus grande mutation recensée, à Gerbéviller, deux cent soixante-cinq hectares affichés à près de 54 000 €/ha, n’est pas un prix de forêt : c’est un ensemble. Aucune valeur ne se déduit d’une ligne DVF sans en connaître la composition.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le hêtre dépérit et où le renouvellement du chêne devient coûteux, l’évaluation suppose de distinguer les essences dans le cubage et de chiffrer la reconstitution après récolte.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Meurthe-et-Moselle.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 4 662 €/ha entre 2021 et 2025, sur 593 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 10 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 857 et 9 456 €/ha.
Nos conseillers signalent que le plateau lorrain, qui porte la forêt de Haye, est touché par le dépérissement du hêtre, avec un itinéraire sylvicole compliqué. Le hêtre occupant des volumes importants dans ce département, un cubage qui ne le distingue pas du chêne surestime nettement le capital mobilisable.
Nos conseillers relèvent que la Woëvre est valorisée par la proximité du Luxembourg, et le Pays Haut, en limite du Grand-Duché et de la Belgique, affiche la cote la plus élevée du département à 5 560 €/ha. Les acquéreurs transfrontaliers élargissent le marché des preneurs, pour la chasse comme pour la ressource.
La médiane départementale recule de 5 489 €/ha en 2021 à 4 534 €/ha en 2025, soit 17,4 % en euros courants. Les trois régions naturelles du département sont pourtant stables ou en hausse sur la même période, ce qui suggère que la baisse tient à la composition des ventes plutôt qu’à un recul général des cotes.
Quatre vérifications s’imposent : la part du hêtre dans le capital sur pied et son état sanitaire, le coût de reconstitution après récolte sur les plateaux calcaires, la portance des argiles de la Woëvre et le calendrier d’exploitation qu’elle impose, et les servitudes attachées aux zones de séquelles de guerre sur certains massifs.
Le chiffre de 4 662 €/ha décrit un marché, non une propriété : c’est l’évaluation forestière qui fait passer de l’un à l’autre, en mesurant le capital sur pied et la station. Le repère national et le rang en Meurthe-et-Moselle figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le document qui fixe le cap d’un massif sur la page du plan simple de gestion. Les conditions de milieu du Pays Haut, Plateau lorrain ou Woëvre se lisent dans notre panorama des massifs forestiers de France, le vocabulaire employé ici dans notre lexique forestier, et la marche à suivre pour vendre sa forêt sur sa page dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent