Prix de la forêt en Corse-du-Sud
Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Corse-du-Sud ?
La moitié des ventes se règlent entre 2 504 et 11 258 €/ha, sur une surface médiane de 3,08 hectares.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Corse-du-Sud | Corse | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 5 331 | 4 876 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 506 | 2 351 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 11 258 | 10 899 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 354 | 646 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 3 047 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 3,1 | non publié | 2,3 |
Le rapport entre les quartiles s’établit à 4,5, contre 6,6 au plan national : un marché resserré, sans le segment haut qui étire la distribution ailleurs. La médiane progresse de 6,1 % de 5 624 à 5 966 €/ha, sur des effectifs annuels de cinquante et un à quatre-vingt-quatre mutations.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 85 | 5 400 | en attente | en attente |
| 2022 | 53 | 5 371 | en attente | en attente |
| 2023 | 79 | 4 287 | en attente | en attente |
| 2024 | 70 | 5 124 | en attente | en attente |
| 2025 | 67 | 6 010 | en attente | en attente |
L’effet de taille est négatif et parfaitement régulier : 5 803 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 294 mutations, 3 494 €/ha de 10 à 25 hectares sur 37 mutations, 2 492 €/ha de 25 à 100 hectares sur 15 mutations. Plus la propriété est grande, moins l’hectare se paie, et le rapport atteint 2,3. Deux mutations dépassent cent hectares, effectif insuffisant pour publier une tranche.
Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements
Un prix DVF additionne le sol, les arbres et le bâti éventuel, sans les séparer, et il compte le maquis dans la surface au même titre que la futaie.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur la frange littorale de l’Extrême-Sud, autour de Porto-Vecchio, Figari et Bonifacio, elle est portée par une pression touristique sans rapport avec la production forestière. Dans l’intérieur, sur le Sartenais, le Taravo et l’Alta Rocca, elle est modeste.
La valeur de la superficie est celle du peuplement, établie à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait en récoltant aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote de maturité, de travaux et de risque. Sur une futaie de pin laricio de l’Ospedale ou de Bavella, elle se calcule à partir d’un cubage. Sur un maquis haut à arbousier et bruyère, elle est nulle et le coût de remise en état vient en déduction.
S’y ajoute la valeur des aménités. En 2024, 14 111 sangliers ont été prélevés, et aucune autre espèce de grand gibier : le cerf de Corse, réintroduit, ne fait pas l’objet d’un tableau et le chevreuil est absent de l’île. Un seul produit cynégétique, pratiqué en battue collective, limite la capitalisation d’un bail sur une propriété privée.
Régions naturelles et géographie de marché
Aucune région naturelle corse n’est documentée dans notre référentiel. Sur les cent trente-cinq régions naturelles que le cabinet tient à la maille du massif, aucune n’est corse. Le Sartenais, l’Alta Rocca, le Taravo, le Valinco et l’Extrême-Sud sont absents, et aucune région limitrophe n’est documentée par construction. C’est la lacune la plus complète de la série, et nous la déclarons plutôt que de la combler.
À défaut, nous publions la géographie mesurée du marché, qui relève de la donnée et non du jugement.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Les dix communes les plus actives
Sartène avec vingt-huit mutations en cinq ans, Porto-Vecchio vingt-sept, Figari dix-huit, Zonza treize, Bonifacio, Conca, Sotta et Carbuccia onze, San-Gavino-di-Carbini dix, Cauro sept, totalisent une part notable du marché départemental.
Le constat est l’inverse de celui de la plupart des départements de la série : ce sont ici les communes les plus actives qui portent les prix les plus élevés. Huit des dix se situent dans l’Extrême-Sud et le Sartenais, dans la zone d’attraction touristique du littoral. Le marché forestier corse-du-sud est adossé à un marché foncier littoral, pas à une économie de la récolte.
Cette géographie est une mesure de marché, pas une description de massif. Elle ne remplace pas l’appréciation de terrain qui nous manque.
Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?
Le pin laricio de Corse constitue la ressource de valeur, en futaie sur l’Ospedale, Bavella et les hauts du Taravo, avec une croissance lente et un bois de charpente recherché. Le pin maritime occupe les versants inférieurs. Le chêne vert domine la basse montagne et le Sartenais, en taillis. Le chêne-liège tient les stations siliceuses de l’Extrême-Sud, autour de Porto-Vecchio et de Sotta. Le maquis, à arbousier, bruyère et ciste, occupe des surfaces considérables sans valeur de consommation.
L’appareil local recensé compte 223 établissements, le total le plus bas de toutes nos pages, dont 7 scieries seulement, 55 entreprises d’exploitation forestière et 34 de sylviculture. Les deux seules unités de plus de dix-neuf salariés sont la Société industrielle et commerciale des applications du bois et l’Office national des forêts, toutes deux à Ajaccio. On relève aussi Sylvatica à Sartène, la scierie Legnu e Lignamu à Ucciani, la Société d’exploitation Tafani Lièges à Porto-Vecchio et une Société de démaquisage corse à San-Gavino-di-Carbini, dont l’objet dit la nature du travail sylvicole insulaire. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?
À essence et surface comparables, sept éléments distinguent deux propriétés corses.
- La desserte
- Premier facteur de l’intérieur, où les pistes sont rares et les distances de débardage longues.
- Le morcellement
- 3,08 hectares de surface médiane, deux mutations de plus de cent hectares : la propriété constituée est rare.
- La pente
- Déterminante sur l’ensemble de l’intérieur montagneux.
- La portance
- Sols granitiques peu profonds, sensibles à l’érosion dès qu’une piste est mal drainée.
- Le risque incendie
- Il commande une charge d’entretien du maquis et pèse sur la valeur du peuplement.
- Le titre de propriété
- L’héritage cadastral insulaire a produit une proportion élevée d’indivisions et de biens non délimités, traités depuis 2007 par un dispositif public de reconstitution des titres. C’est un facteur de prix à part entière.
- Le statut réglementaire
- Parc naturel régional de Corse, sites classés, loi Littoral, Natura 2000.
Le marché local, volume et profils d’acquéreurs
Le marché tourne autour de 70 mutations par an, sans tendance nette. Sartène porte quatre des six plus grandes mutations du département, dont cinq cent onze hectares à 3 271 €/ha en 2025, puis quatre-vingt-cinq hectares, quatre-vingts et soixante-dix-sept. S’y ajoutent Ajaccio, cent soixante-douze hectares à 1 724 €/ha, et Sari-Solenzara, quatre-vingt-huit hectares à 789 €/ha.
Trois profils se partagent ce marché. Les acquéreurs résidentiels et d’agrément dominent l’Extrême-Sud et portent la valeur unitaire. Les propriétaires et éleveurs locaux échangent les grands ensembles de l’intérieur, à des niveaux proches de la valeur du fonds nu. Les exploitants forestiers interviennent sur le pin laricio, mais l’appareil de première transformation se réduit à sept scieries.
Contreparties et points de vigilance
Ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est le titre de propriété. Une propriété corse s’évalue après vérification de la chaîne de titres et de l’état de l’indivision, jamais avant. Un massif dont les titres ne sont pas reconstitués n’est pas un actif liquide, quelle que soit sa qualité forestière.
Le deuxième point est l’inversion du gradient de taille. À 5 803 €/ha entre un et dix hectares et 2 492 €/ha entre vingt-cinq et cent, la grande propriété se paie moins de la moitié du prix unitaire de la petite. Un vendeur de quarante hectares qui se cale sur des comparables de trois hectares surestime son bien du double.
Le troisième point est le maquis. Des surfaces considérables en portent, sans valeur de consommation, dont l’entretien est une charge et le risque d’incendie une décote. Un peuplement de pin laricio adossé à cinquante hectares de maquis non entretenu ne se valorise pas comme un peuplement isolé.
Le quatrième point est la faiblesse de l’appareil de récolte. Sept scieries et deux unités de plus de dix-neuf salariés : la mise en concurrence est structurellement limitée et le prix net vendeur s’en ressent. Un cubage ne suffit pas à conclure, il faut vérifier qu’il existe un acheteur.
Faire évaluer une forêt en Corse-du-Sud
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, non une valeur d’expertise. Ici, l’évaluation commence par le titre et l’indivision, se poursuit par la part de maquis dans la surface annoncée, et ne s’achève qu’après avoir vérifié qu’un acheteur de bois existe à distance raisonnable.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Corse-du-Sud.
Faire évaluer une propriété forestièreQuestions fréquentes
Quel est le prix d’un hectare de forêt en Corse-du-Sud ?
Le prix médian constaté s’établit à 5 331 €/ha entre 2021 et 2025, sur 348 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières DGFiP, soit 2 % au dessous de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 504 et 11 258 €/ha.
Une grande propriété se paie-t-elle plus cher à l’hectare en Corse-du-Sud ?
Le prix médian passe de 5 803 €/ha entre un et dix hectares à 3 494 €/ha entre dix et vingt-cinq, puis à 2 492 €/ha entre vingt-cinq et cent. Le gradient est négatif et régulier, avec un rapport de 2,3 : le grand ensemble de l’intérieur s’adresse à un marché plus étroit que la petite parcelle littorale.
L’indivision pose-t-elle un problème particulier en Corse ?
L’héritage cadastral insulaire a produit une proportion élevée d’indivisions et de biens non délimités, traités depuis 2007 par un dispositif public de reconstitution des titres. Une propriété dont la chaîne de titres n’est pas établie ne se vend pas dans les délais ordinaires, et cette contrainte se traduit dans le prix.
Où se vendent les forêts en Corse-du-Sud ?
Dix communes concentrent 147 des 348 mutations, soit 42 % du marché, Sartène et Porto-Vecchio en tête. Les communes les plus actives sont ici les plus chères, ce qui traduit l’adossement du marché à la demande littorale.
Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Corse-du-Sud ?
Cinq vérifications s’imposent : la chaîne de titres et l’indivision, la part réelle de maquis dans la surface annoncée, la desserte et la distance de débardage, le risque d’incendie et la charge d’entretien associée, et l’existence d’un acheteur de bois à distance raisonnable.
De ces 348 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. s dix communes les plus actives porte l’essentiel du marché. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026