Le prix médian passe de 4 023 euros par hectare en 2021 à 5 207 en 2025, soit plus vingt-neuf pour cent, dixième progression des quatre-vingts départements publiés. La hausse est continue sur les cinq millésimes, et elle repose sur 2 781 mutations, l'un des échantillons les plus solides de la série.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 2 478 et 11 515 €/ha, sur une surface médiane de 2,63 hectares. Vingt mille hectares échangés en cinq ans placent la Gironde parmi les trois marchés forestiers les plus importants de France en volume.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Gironde | Nouvelle-Aquitaine | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 4 661 | 4 504 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 427 | 2 004 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 10 871 | 14 428 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 2 781 | 23 045 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 20 059 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,7 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
La progression est régulière et solide : la médiane passe de 4 160 €/ha en 2021 à 5 391 €/ha en 2025, soit 29,6 % en euros courants, avec une hausse chaque année sans exception. Le premier quartile suit le même mouvement, de 2 000 à 2 698 €/ha, ce qui écarte l’hypothèse d’un effet de composition.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 614 | 4 023 | en attente | en attente |
| 2022 | 496 | 4 370 | en attente | en attente |
| 2023 | 547 | 4 796 | en attente | en attente |
| 2024 | 561 | 5 010 | en attente | en attente |
| 2025 | 563 | 5 207 | en attente | en attente |
La taille joue modérément : 4 594 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 5 284 €/ha de 10 à 25 hectares, 8 594 €/ha de 25 à 100 hectares, 8 819 €/ha au dessus de cent hectares. L’écart est bien plus faible qu’en Bourgogne : ici, la valeur tient au peuplement et à sa conduite, pas à la constitution d’un ensemble.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Gironde, cette séparation est plus lisible qu’ailleurs, parce que le pin maritime se conduit comme une culture à cycle connu.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur les sables des Landes de Gascogne, elle intègre l’assainissement, le réseau de fossés et la desserte de défense contre l’incendie, qui sont des investissements incorporés au fonds.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur une pinède, cette valeur se calcule précisément : l’âge, la densité et la hauteur suffisent presque à la déterminer.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 19 800 sangliers prélevés en 2024.
L’écart entre les deux composantes est ici le nerf de l’évaluation. Une pinède de dix ans et une pinède de quarante-cinq ans occupent le même sol et ne valent pas le même prix : la première vaut son fonds plus la valeur actuelle d’avenir de sa récolte, la seconde vaut son fonds plus un produit immédiatement mobilisable.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne et feuillus en zone viticole, avec des tonneliers à Beychac-et-Caillau et à Saint-Caprais. Nos conseillers résument la mécanique sans détour : ce sont de jolis bosquets de chêne dans un pays de vigne, et la forêt s’y paie parce que les acquéreurs locaux en ont les moyens.
Pin maritime, au cœur du massif landais. Meilleure station française pour l’essence, filière très représentée, réseau de défense contre l’incendie remarquable, mais nos conseillers relèvent une augmentation des incendies.
Chêne et pin maritime, avec des tonneliers à Ludon-Médoc. Secteur recherché pour le pin maritime.
Le pin maritime domine très largement en surface et constitue l’essentiel du capital échangé. Sa destination est le sciage, l’emballage, le panneau et la trituration, avec une filière intégrée qui absorbe toute la gamme. Le chêne, présent en Entre-deux-Mers, en Médoc et dans les vallées, porte une valeur unitaire supérieure grâce à la tonnellerie bordelaise, mais sur des surfaces bien moindres.
L’appareil local recensé est l’un des plus denses de France : 67 scieries, 47 unités d’imprégnation, 7 usines de panneaux, 583 établissements d’exploitation forestière et 3 223 entreprises de sylviculture, soit 4 974 établissements. Les unités structurées se situent à Saint-Symphorien, Salles, Salaunes, Grignols, Giscos et Ambarès-et-Lagrave. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
La présence de quarante-sept unités d’imprégnation dit ce que la Gironde est : un bassin industriel où le bois sur pied a une valeur de matière première établie, cotée, et où un vendeur bien conseillé met plusieurs opérateurs en concurrence.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés girondines.
Le marché tourne autour de 563 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Salles avec quatre-vingt-quatorze mutations en cinq ans, Mios quatre-vingt-sept, Landiras quarante-huit, Belin-Béliet et Laruscade quarante-cinq, Donnezac quarante-trois, La Teste-de-Buch quarante, Naujac-sur-Mer trente-neuf. Les plus grandes opérations se situent au Teich, huit cent vingt-cinq hectares, à Mios, six cent dix-huit, à Cestas, trois cent sept, à Saint-Médard-en-Jalles, deux cent soixante-cinq.
Trois profils se le partagent. Les professionnels du bois et les coopératives sylvicoles achètent du peuplement à la valeur technique, avec une connaissance fine du cycle. Les investisseurs et les groupements forestiers sont présents sur les ensembles de production, attirés par un rendement plus lisible qu’ailleurs. Les particuliers et les riverains alimentent le premier quartile, souvent sur des parcelles jeunes ou récemment récoltées.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est l’incendie. Nos conseillers le signalent explicitement pour la Grande Lande : les incendies augmentent. Le constat le plus net apparaît à La Teste-de-Buch, où la médiane communale passe de 4 423 €/ha en 2021 à 1 651 €/ha en 2025. Les effectifs annuels y sont faibles, de cinq à douze ventes, ce qui interdit d’en faire une démonstration ; l’incendie de juillet 2022 en est l’explication la plus probable, mais nous la donnons pour ce qu’elle est, une hypothèse. Ce qui n’est pas une hypothèse, c’est qu’une pinède détruite ne vaut plus que son fonds, moins le coût de reconstitution.
Le deuxième point est que la valeur d’une pinède est datée. Elle dépend de l’âge du peuplement au jour de la vente, et un acquéreur qui paie le prix d’un peuplement mûr sur une plantation de quinze ans commet une erreur qui se chiffre en dizaines de milliers d’euros à l’hectare. C’est la faute la plus fréquente dans ce département, et le prix médian, qui mélange tous les âges, l’encourage.
Le troisième point est le risque de tempête. Le massif a été traversé par Martin en 1999 et Klaus en 2009, avec des dégâts qui ont durablement pesé sur les cours. Le pin maritime est un actif à cycle court, donc renouvelable, mais il est aussi exposé, et une assurance tempête n’est pas un luxe sur une propriété de production.
Le quatrième point tient à la pression foncière. Sur le bassin d’Arcachon et la couronne bordelaise, certains prix relevés en DVF n’ont plus rien de forestier : ils intègrent une attente de constructibilité. Une mutation à Mios affichant plus de 54 000 €/ha sur deux cent cinquante hectares ne se transpose à aucune propriété de production.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Évaluer une propriété girondine suppose de dater précisément le peuplement, de mesurer sa densité et sa hauteur, de vérifier l’état du réseau d’assainissement et de défense contre l’incendie, et de distinguer ce qui, dans le prix local, relève de la forêt et ce qui relève de la pression urbaine.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Gironde.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 4 661 €/ha entre 2021 et 2025, sur 2 815 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 13 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 478 et 11 515 €/ha.
La médiane départementale progresse chaque année depuis 2021, de 4 160 à 5 391 €/ha, soit 29,6 % en euros courants sur cinq ans. Le premier quartile suit le même mouvement, ce qui indique une hausse de fond du marché et non l’effet de quelques transactions exceptionnelles.
À La Teste-de-Buch, commune traversée par l’incendie de juillet 2022, la médiane communale passe de 4 423 €/ha en 2021 à 1 651 €/ha en 2025. Les effectifs annuels sont trop faibles pour établir une démonstration statistique, mais le mécanisme est mécanique : une pinède détruite ne vaut plus que son fonds, diminué du coût de reconstitution.
La valeur dépend avant tout de l’âge du peuplement. Une pinède de quinze ans vaut son fonds augmenté de la valeur actuelle d’avenir de sa récolte future ; une pinède de quarante-cinq ans vaut son fonds augmenté d’un produit mobilisable immédiatement. Le prix médian départemental mélange tous les âges et ne s’applique à aucune parcelle précise.
Quatre vérifications s’imposent : l’âge exact et la densité du peuplement, l’état du réseau de fossés d’assainissement, le raccordement au maillage de pistes de défense contre l’incendie, et l’existence d’une couverture assurantielle tempête et incendie. S’y ajoute, en couronne bordelaise et sur le bassin, la vérification que le prix de référence n’intègre pas une attente d’urbanisation.
Le chiffre de 4 661 €/ha décrit un marché, non une propriété : c’est l’évaluation forestière qui fait passer de l’un à l’autre, en mesurant le capital sur pied et la station. Le repère national et le rang en Gironde figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le document qui fixe le cap d’un massif sur la page du plan simple de gestion. Les conditions de milieu du Entre-deux-Mers, Grande Lande ou Médoc se lisent dans notre panorama des massifs forestiers de France, le vocabulaire employé ici dans notre lexique forestier, et la marche à suivre pour vendre sa forêt sur sa page dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent