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Prix de la forêt dans les Hautes-Pyrénées

Dans les Hautes-Pyrénées, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 6 431 €/ha, sur 380 mutations de plus d'un hectare et 1 660 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 25 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 19 % celle d'Occitanie, 5 631 €/ha. Il occupe le trente-quatrième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans les Hautes-Pyrénées ?

La moitié des ventes se règlent entre 2 191 et 25 064 €/ha, sur une surface médiane de 1,83 hectare.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025Hautes-PyrénéesOccitanieFrance
Prix médian (€/ha)6 4315 6765 323
1er quartile (€/ha)2 2122 0022 303
3e quartile (€/ha)24 73522 40114 976
Nombre de mutations38911 17086 327
Surface échangée (ha)1 711non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)1,9non publié2,3

Un fait domine ce département et commande la lecture de tout ce qui suit. Une seule mutation, six cent quinze hectares à Gazost, en vallée d’Argelès, représente 37 % de toute la surface forestière échangée dans le département en cinq ans. Retirée du calcul, la surface échangée tombe à mille quarante-cinq hectares, soit deux cent neuf hectares par an.

La médiane recule de 3,6 % en euros courants sur cinq ans, de 6 836 à 6 589 €/ha, sans tendance nette.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
2021725 658en attenteen attente
2022764 283en attenteen attente
2023837 563en attenteen attente
2024717 469en attenteen attente
2025876 812en attenteen attente

Sur les tranches de surface, une seule est solide : 6 952 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 370 mutations, soit 97 % du marché. La tranche de 10 à 25 hectares ne compte que sept mutations, à 5 602 €/ha, et les deux tranches supérieures deux et une mutations. Aucune analyse par taille n’est possible dans ce département.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans les Hautes-Pyrénées, la question décisive porte sur le coût de transformation d’un peuplement en recette.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. En montagne, il est bridé par l’inconstructibilité. Sur le piémont et dans le Magnoac, il est indexé sur des terres d’élevage.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur une hêtraie de versant exploitable par câble, elle peut devenir nulle une fois le coût de débardage retranché. Sur un chêne de piémont accessible, elle est réelle et trouve un débouché de merrain.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 5 651 sangliers, 2 699 chevreuils, 2 672 cerfs élaphes et 446 isards ont été prélevés dans le département. Ce tableau de cerf est considérable rapporté à la surface boisée et constitue un argument de valorisation sur les propriétés de vallée.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

La Bigorre

Hêtre, sapin et pin à crochets, sur la haute chaîne., ., sur des effectifs annuels de quarante-neuf à soixante-trois ventes. Une amplitude de cette ampleur sur de tels effectifs ne se manie pas comme un indice. Qualifiée à la valeur technique par nos conseillers, sans appréciation de terrain.

Le Comminges

Hêtre et sapin, à l’est du département et sur la Haute-Garonne. Également qualifié à la valeur technique et marqué « pas d’avis ».

Nous disposons donc pour ce département de deux cotes et de deux qualifications, sans aucune analyse de terrain qui les fonde. Le Magnoac, l’Astarac bigourdan et le piémont tarbais, où se concentre une part du marché, ne sont pas documentés.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le hêtre domine les versants, avec un débouché de palette et de bois énergie. Le sapin pectiné constitue le segment de production, sur les stations fraîches de la Barousse et de la vallée d’Aure. Le chêne pédonculé occupe le piémont et le Magnoac, où il trouve un débouché de merrain.

L’appareil local recensé compte 243 établissements, dont 14 scieries, 39 entreprises d’exploitation forestière et 26 de sylviculture. Le fait remarquable est la présence à Trie-sur-Baise, sur le piémont, de deux entreprises de merranderie, Merrain Fendu de France et Canadell, cette dernière étant le débouché que nos conseillers citent pour le chêne béarnais. S’y ajoutent Sanguinet à Argelès-Gazost et les implantations de l’Office national des forêts à Tarbes et à Lannemezan. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés bigourdanes.

La desserte
Premier critère. Entre une parcelle de piémont accessible au grumier et un versant exploitable par câble seulement, l’écart de coût dépasse souvent la recette attendue.
Le morcellement
Avec 1,83 hectare de surface médiane et 97 % des mutations sous dix hectares, le département est un marché de parcelle.
La pente
Elle commande la valeur sur toute la haute chaîne. Au delà de trente pour cent, le mode d’exploitation change de nature.
La portance
Les moraines et les éboulis imposent souvent l’exploitation sur sol gelé.
Le droit de chasse
Le cerf élaphe, avec 2 672 prélèvements en 2024, et l’isard, avec 446, constituent des produits spécifiques qui se capitalisent séparément.
Le document de gestion
Un plan simple de gestion approuvé sécurise l’acquéreur, en particulier sous droits d’usage.
Le statut réglementaire
Parc national des Pyrénées, zonages Natura 2000 d’altitude, droits d’usage et de pacage, statut des commissions syndicales de vallée.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 76 mutations par an de plus d’un hectare, l’un des rythmes les plus faibles de nos travaux. Aucune commune ne dépasse neuf mutations en cinq ans : Mauléon-Barousse neuf, Beaudéan huit, Monléon-Magnoac et Ferrère sept, puis Bonnefont, Thermes-Magnoac, Récurt et Arrens-Marsous six. La plus grande opération, hors norme, se situe à Gazost, six cent quinze hectares. Les suivantes tombent immédiatement à quarante-six hectares à Loudenvielle et vingt-sept à Beyrède-Jumet-Camous.

Deux profils dominent. Les propriétaires locaux, agriculteurs et familles, échangent de petites parcelles dans une logique de regroupement ou de succession. Les acquéreurs d’agrément et de chasse portent le troisième quartile, à 25 064 €/ha. Les investisseurs forestiers sont absents, faute d’offre de taille.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est l’étroitesse extrême du gisement. Retirée la mutation de Gazost, le département n’échange que deux cent neuf hectares de forêt par an, répartis sur soixante-seize opérations dont 97 % font moins de dix hectares. Un acquéreur cherchant un actif de production ne trouvera pas d’offre à sa mesure, et un vendeur d’ensemble constitué ne disposera d’aucun comparable local.

Le deuxième point est le coût de mobilisation. Sur les versants de la haute chaîne, l’exploitation par câble absorbe une part majeure de la recette, et la valeur de consommation d’une hêtraie peut devenir nulle une fois le débardage retranché. Quatorze scieries et trente-neuf entreprises d’exploitation ne permettent qu’une mise en concurrence limitée.

Le troisième point concerne la fiabilité des cotes de massif. La Bigorre affiche un recul de 37,3 % sur cinq ans, mesuré sur des échantillons annuels de quarante-neuf à soixante-trois ventes. Le sens du mouvement peut être réel, son amplitude ne l’est pas nécessairement. Nous publions le chiffre avec cette réserve, pas sans.

Le quatrième point est une lacune complète de notre référentiel. Les deux régions naturelles du département sont marquées « pas d’avis ». Nous disposons de leurs cotes et de leurs qualifications, non de l’analyse de terrain qui les fonde, et rien du tout sur le Magnoac et le piémont tarbais. Un chiffre inexpliqué ne fonde pas une négociation.

Faire évaluer une forêt dans les Hautes-Pyrénées

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où une seule vente représente plus du tiers de la surface échangée en cinq ans, aucun comparable statistique ne remplace la visite de terrain et le chiffrage du coût de mobilisation.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans les Hautes-Pyrénées.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans les Hautes-Pyrénées ?

Le prix médian constaté s’établit à 6 431 €/ha entre 2021 et 2025, sur 380 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 25 % au dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 191 et 25 064 €/ha.

Trouve-t-on de grandes propriétés forestières dans les Hautes-Pyrénées ?

Trois cent soixante-dix des trois cent quatre-vingts mutations recensées portent sur moins de dix hectares, soit 97 % du marché. Une seule opération sort du lot, six cent quinze hectares à Gazost, et elle représente à elle seule 37 % de la surface échangée dans le département en cinq ans.

Pourquoi la cote de la Bigorre recule-t-elle autant ?

La cote passe de 10 867 €/ha en 2021 à 6 812 en 2025, soit 37,3 %, mais sur des effectifs annuels de quarante-neuf à soixante-trois ventes seulement. Le sens du mouvement peut être réel, son amplitude ne l’est pas nécessairement, et nous publions ce chiffre avec cette réserve.

Le hêtre des Hautes-Pyrénées a-t-il une valeur de production ?

Le hêtre occupe la surface mais son débouché principal reste la palette et le bois énergie, à prix unitaires faibles. Sur un versant exploitable par câble, la valeur de consommation peut devenir nulle une fois le coût de débardage retranché. Le sapin de la Barousse et de la vallée d’Aure constitue le vrai segment de production.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans les Hautes-Pyrénées ?

Cinq vérifications s’imposent : la pente et le mode d’exploitation praticable, le coût de mobilisation jusqu’au premier point de chargement, les droits d’usage et de pacage historiques ainsi que le statut des commissions syndicales de vallée, le nombre d’opérateurs capables d’intervenir, et le montant du bail de chasse, le cerf et l’isard constituant ici des produits spécifiques.

Ces 380 mutations disent ce qui s’est payé, pas ce que vaut un bien précis : cette bascule est l’objet de l’évaluation forestière. Le classement des départements et la méthode de calcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion qui conditionne la garantie de gestion durable sur la page du plan simple de gestion. Pour situer Bigorre et Comminges parmi les grands ensembles français, voir notre panorama des massifs forestiers de France ; pour le vocabulaire, notre lexique forestier ; pour la marche à suivre, vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent