Soixante-quinzième prix de France à 3 384 euros par hectare, trente-six pour cent sous le repère national. La série annuelle est la plus régulière du lot : 3 276 euros en 2021, 3 542 en 2025, avec trois millésimes intermédiaires entre les deux.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 1 721 et 7 443 €/ha, sur une surface médiane de 2,01 hectares. Le troisième quartile, à 7 443 €/ha, est l’un des plus bas de nos travaux : l’Isère n’a pas de haut de marché.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Isère | Auvergne-Rhône-Alpes | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 3 384 | 3 636 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 721 | 1 626 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 7 443 | 9 331 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 434 | 15 739 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 5 923 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,1 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le marché progresse régulièrement : la médiane passe de 3 326 €/ha en 2021 à 3 692 €/ha en 2025, soit 11,0 % en euros courants, avec une stabilité remarquable d’une année à l’autre. C’est l’un des marchés les moins volatils que nous ayons documentés.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 273 | 3 276 | en attente | en attente |
| 2022 | 319 | 3 356 | en attente | en attente |
| 2023 | 295 | 3 469 | en attente | en attente |
| 2024 | 283 | 3 465 | en attente | en attente |
| 2025 | 264 | 3 542 | en attente | en attente |
La taille joue jusqu’à vingt-cinq hectares puis s’inverse : 3 470 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 5 767 €/ha de 10 à 25 hectares, 4 686 €/ha de 25 à 100 hectares, sur vingt-deux ventes. Aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Isère, la question posée par ce niveau de prix est celle de tous les départements alpins : la ressource est de qualité, l’exploitation coûte cher, et c’est le coût de sortie qui absorbe la valeur.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. En Chartreuse et sur Belledonne, la station à sapin et épicéa est excellente. La pente, elle, décide de ce qu’il en restera au propriétaire.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. En montagne, cette décote intègre un coût de débardage qui peut dépasser la moitié de la valeur bord de route.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. L’Isère se distingue ici : 1 746 chamois prélevés en 2024, de loin le premier tableau de chamois de tous les départements que nous avons documentés, avec également 166 mouflons, 1 199 cerfs élaphes et 7 654 sangliers.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Sapin, épicéa et pin, au pied du Vercors. Nos conseillers positionnent ce secteur nettement sous la valeur technique.
Sapin et épicéa, sur la Chartreuse et Belledonne, avec la Grande Chartreuse pour référence en sapin.
Nos conseillers rattachent ces deux secteurs, comme l’ensemble des régions alpines d’Auvergne-Rhône-Alpes, à une même appréciation : exploitation compliquée en zone de très forte pente, seules les entreprises de travaux forestiers locales peuvent exploiter. C’est la clé de lecture du département.
Le sapin pectiné et l’épicéa commun dominent la Chartreuse, Belledonne, le Vercors et l’Oisans, avec une destination de charpente, de sciage et de menuiserie. Le hêtre les accompagne en mélange, pour une valeur unitaire faible. Le chêne, le châtaignier et le robinier occupent les basses terres du Bas-Dauphiné et de la vallée du Rhône.
L’appareil local recensé est solide : 92 scieries, 230 établissements d’exploitation forestière, 95 unités de charpente et menuiserie et 184 entreprises de sylviculture, soit 1 186 établissements. Les unités structurées se situent au Cheylas, à Veurey-Voroize, aux Abrets-en-Dauphiné, à Marcilloles, à Viriville et à Varces-Allières-et-Risset. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Quatre-vingt-douze scieries placent l’Isère parmi les départements les mieux équipés de France. Le paradoxe iséroit tient là : une bonne ressource, un appareil de transformation dense, et le quatre-vingt-septième prix de France. Ce n’est ni la ressource ni le débouché qui manquent, c’est la capacité à faire descendre le bois à un coût acceptable.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés iséroises.
Le marché tourne autour de 288 ventes par an de plus d’un hectare, avec une remarquable stabilité de volume. Les communes les plus actives sont Saint-Pierre-de-Chartreuse avec trente et une mutations en cinq ans, Villard-de-Lans vingt-sept, Roybon vingt-cinq, Porte des Bonnevaux vingt et une, Saint-Antoine-l’Abbaye et Crêts-en-Belledonne dix-neuf, Autrans-Méaudre-en-Vercors dix-sept. Les massifs de Chartreuse et du Vercors concentrent l’essentiel de l’activité. Les plus grandes opérations restent modestes : Villeneuve-de-Marc, cent cinquante-sept hectares, Porte des Bonnevaux, cent trois, Roybon, cent deux.
Trois profils se le partagent. Les exploitants forestiers et les scieurs, nombreux, achètent du sapin et de l’épicéa à la valeur technique, en tenant compte du coût de sortie qu’ils connaissent mieux que le vendeur. Les propriétaires voisins achètent pour regrouper. Les acquéreurs d’agrément, attirés par les stations de Chartreuse et du Vercors, alimentent le troisième quartile.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est le coût de sortie, et il explique presque tout. Nos conseillers l’énoncent sans détour : en zone de très forte pente, seules les entreprises de travaux forestiers locales peuvent exploiter. Cela signifie une concurrence réduite à l’achat des coupes et un coût de débardage qui peut absorber la moitié de la valeur bord de route. Un sapin de Chartreuse et un sapin de plaine ne valent pas la même chose sur pied, quelle que soit leur qualité.
Le deuxième point est l’absence de haut de marché. Un troisième quartile à 7 443 €/ha, aucune vente de plus de cent hectares en cinq ans, vingt-deux ventes seulement entre vingt-cinq et cent hectares : l’Isère n’offre pas d’objet forestier de taille et de valeur suffisantes pour intéresser un investisseur institutionnel. Un propriétaire d’un ensemble de cette nature devra chercher son acquéreur hors du département.
Le troisième point est le paradoxe que nous relevons plus haut. Quatre-vingt-douze scieries, une station à sapin et épicéa excellente, et le quatre-vingt-septième prix de France. La valeur existe mais elle se réalise mal. Pour un acquéreur capable d’investir dans la desserte, cette situation constitue une opportunité réelle ; pour un propriétaire qui ne le peut pas, elle constitue une contrainte durable. Nous le disons dans les deux sens.
Le quatrième point est sanitaire et climatique. L’épicéa commun subit sur tout l’arc alpin les effets des sécheresses et des attaques de scolytes, et les basses altitudes sont les plus exposées. Un peuplement d’épicéa en dessous de mille mètres s’examine avant d’être payé au prix du sapin d’altitude.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le coût de sortie fait le prix, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, puis de chiffrer précisément le mode de débardage et son coût, faute de quoi le résultat est théorique.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Isère.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 3 384 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 434 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 36 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 721 et 7 443 €/ha.
Le département compte quatre-vingt-douze scieries et une station à sapin et épicéa excellente, mais se classe quatre-vingt-septième sur quatre-vingt-douze en prix. La cause est le coût de sortie : en zone de très forte pente, seules les entreprises locales peuvent exploiter, ce qui réduit la concurrence et renchérit le débardage.
Avec 1 746 chamois prélevés en 2024, l’Isère présente de loin le premier tableau de chamois de tous les départements que nous avons documentés, auxquels s’ajoutent 166 mouflons et 1 199 cerfs élaphes. La chasse de montagne y constitue une valeur d’usage réelle, qui se capitalise dans le bail.
Aucune mutation de plus de cent hectares n’a été recensée en cinq ans, et vingt-deux seulement entre vingt-cinq et cent hectares. Le département n’offre pas d’objet forestier de taille suffisante pour intéresser un investisseur institutionnel, et un propriétaire d’un tel ensemble devra chercher son acquéreur à l’extérieur.
Quatre vérifications s’imposent : le mode de débardage possible et son coût, qui peut absorber la moitié de la valeur bord de route, l’état sanitaire de l’épicéa en dessous de mille mètres d’altitude, l’existence d’une piste desservant la parcelle, et les servitudes attachées aux terrains de restauration en montagne et aux périmètres de risque naturel.
Le chiffre de 3 384 €/ha décrit un marché, non une propriété : c’est l’évaluation forestière qui fait passer de l’un à l’autre, en mesurant le capital sur pied et la station. Le repère national et le rang en Isère figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le document qui fixe le cap d’un massif sur la page du plan simple de gestion. Les conditions de milieu du Trièves et Grésivaudan se lisent dans notre panorama des massifs forestiers de France, le vocabulaire employé ici dans notre lexique forestier, et la marche à suivre pour vendre sa forêt sur sa page dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent