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Landes : beaucoup de grandes propriétés, et un prix qui varie peu avec la taille

Neuvième taux de grandes propriétés de France, 7,6 pour cent des ventes au-delà de vingt-cinq hectares, et 2 368 mutations en cinq ans. Fait rare, la taille n'y change presque rien au prix : 6 254 euros par hectare sous dix hectares, 8 989 au-delà de cent, moins de moitié d'écart quand ailleurs le rapport va du simple au double.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans les Landes ?

Un chiffre distingue les Landes de tous les départements de cette série : la surface médiane des ventes y atteint 3,53 hectares, contre 2,3 au national. On n’y achète pas des parcelles, on y achète des unités de gestion. La moitié des transactions se règlent entre 3 797 et 15 880 €/ha, et le premier quartile, à 3 797 €/ha, dépasse la médiane de neuf départements français.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025LandesNouvelle-AquitaineFrance
Prix médian (€/ha)6 6034 5045 323
1er quartile (€/ha)3 7682 0042 303
3e quartile (€/ha)15 15314 42814 976
Nombre de mutations2 36823 04586 327
Surface échangée (ha)22 250non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)3,6non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

La médiane progresse de 10,8 % en euros courants sur cinq ans, avec un pic à 7 514 €/ha en 2024. La progression du premier quartile est plus forte, de 3 198 à 4 272 €/ha, soit 33,6 % : c’est le bas du marché qui se resserre le plus.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20214965 827en attenteen attente
20224776 597en attenteen attente
20234816 548en attenteen attente
20244777 353en attenteen attente
20254376 612en attenteen attente

La taille joue très peu : 6 425 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 6 718 €/ha de 10 à 25 hectares, 7 775 €/ha de 25 à 100 hectares, 8 868 €/ha au dessus de cent hectares. Le prix ne varie que d’un facteur 1,4 entre la petite parcelle et le grand ensemble, l’un des écarts les plus resserrés de nos travaux, et il dit quelque chose d’essentiel : ici, la surface ne crée pas de rareté, c’est le peuplement qui fait le prix.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans les Landes, cette séparation est presque un exercice comptable, et c’est ce qui rend le département lisible.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur les sables landais, elle intègre le réseau de fossés, les pistes et l’appartenance au dispositif de défense contre l’incendie, autant d’investissements incorporés qui ne se voient pas sur une photographie aérienne.

La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un pin maritime, l’âge, la densité et la hauteur suffisent presque à établir cette valeur, ce qui rend l’évaluation landaise plus reproductible qu’ailleurs, et donc plus discutable si elle est bâclée.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 17 139 sangliers prélevés en 2024.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

La Chalosse

Chêne, feuillus et pin, au sud du département, sous le Marensin. Bons sols forestiers, pin maritime majoritaire, sols à fougère, secteur également demandé pour la chasse.

Les Landes

Pin maritime. Premier massif de production d’Europe pour l’essence, meilleure station française, filière très représentée, réseau de défense contre l’incendie remarquable. Nos conseillers y positionnent le marché nettement au dessus de la valeur technique et relèvent une augmentation des incendies.

La Grande Lande

Pin maritime, au cœur du massif. Mêmes qualités de station.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le pin maritime est l’essence unique du marché landais, à quelques bosquets feuillus près en Chalosse et le long des cours d’eau. Sa destination couvre toute la gamme : sciage et charpente pour les gros bois, emballage et palette pour les moyens, panneau et trituration pour les petits et les produits d’éclaircie. Aucun compartiment n’est perdu, ce qui explique la fermeté des prix.

L’appareil local recensé compte 57 scieries, 18 unités d’imprégnation, 8 usines de panneaux, 583 établissements d’exploitation forestière et 4 596 entreprises de sylviculture, soit 5 914 établissements, le total le plus élevé de France. Les unités structurées se situent à Mimizan, Escource, Ygos-Saint-Saturnin, Léon, Saint-Perdon et Labouheyre, plusieurs employant plus de cinquante salariés. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Cette intégration industrielle est l’argument de valorisation du département : un propriétaire landais vend dans un marché concurrentiel, coté, avec des acheteurs multiples à courte distance. C’est la principale raison pour laquelle le pin maritime landais se paie plus cher que la même essence ailleurs.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés landaises.

La desserte
Le maillage de pistes est dense et entretenu par les associations syndicales. Une parcelle mal reliée perd de la valeur immédiatement.
Le morcellement
Facteur secondaire ici, l’écart entre petites et grandes surfaces étant l’un des plus faibles de France.
La pente
Sans objet sur la quasi-totalité du département.
La portance
Les sols hydromorphes et l’état du réseau de fossés commandent la praticabilité des chantiers et la croissance du peuplement. Un assainissement dégradé est une moins-value directe.
Le droit de chasse
En 2024, 17 139 sangliers, 10 356 chevreuils et 1 503 cerfs élaphes ont été prélevés. La chasse à la palombe et à la bécasse ajoute une valeur d’usage propre au département.
Le document de gestion
Un plan simple de gestion approuvé sécurise l’acquéreur et ouvre certains régimes fiscaux. Il est la norme sur les propriétés de production.
Le statut réglementaire
Zonages, servitudes, indivision, appartenance à une association syndicale de défense contre l’incendie, dont les obligations et les cotisations se transmettent avec le fonds.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 479 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Parentis-en-Born avec trente-six mutations en cinq ans, Rion-des-Landes trente-cinq, Sanguinet trente-trois, Soustons trente-deux, Morcenx-la-Nouvelle trente, Pouillon vingt-neuf, Saugnac-et-Muret vingt-huit, Biscarrosse vingt-sept. Les plus grandes opérations se situent à Labrit, cinq cent trente-quatre hectares, à Rimbez-et-Baudiets, trois cent quatre-vingt-sept, à Sore, trois cent soixante-et-un, à Lubbon, deux cent soixante-trois.

Trois profils se le partagent. Les sylviculteurs landais eux-mêmes constituent le premier acquéreur : ils agrandissent, échangent, restructurent, et connaissent la valeur du peuplement mieux que quiconque. Les investisseurs et les groupements forestiers sont attirés par la lisibilité du modèle et par un cycle court, quarante à cinquante ans, rare en forêt française. Les industriels et les coopératives sécurisent leur approvisionnement.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est le risque, et il est double. L’incendie, que nos conseillers signalent en augmentation malgré un réseau de défense qu’ils qualifient de remarquable, et la tempête, qui a frappé le massif en 1999 puis en 2009 avec des conséquences durables sur les cours. Un actif à cycle court est un actif renouvelable, mais c’est aussi un actif dont la totalité du capital peut disparaître en une nuit. Une propriété landaise s’achète assurée, ou elle s’achète avec une décote.

Le deuxième point est que le prix médian de 6 603 €/ha ne s’applique à aucune parcelle en particulier. Il mélange des plantations de trois ans, qui ne valent que leur fonds et leurs frais engagés, et des peuplements de cinquante ans prêts à récolter. Sur un même hectare de sable, l’écart entre ces deux situations dépasse dix mille euros. C’est l’erreur d’évaluation caractéristique du département, et elle se commet dans les deux sens.

Le troisième point est la dépendance industrielle. La valeur du pin maritime landais tient à la présence des usines. Cette intégration est une force en marché normal, elle devient une exposition quand un grand opérateur réduit ses achats. Un propriétaire dont la propriété est éloignée des unités de première transformation supporte un coût de transport qui se retranche du prix net vendeur.

Le quatrième point est réglementaire. L’appartenance à une association syndicale autorisée de défense contre l’incendie emporte des obligations d’entretien et des cotisations. Elles se transmettent à l’acquéreur, et elles ne figurent jamais dans le prix affiché.

Faire évaluer une forêt dans les Landes

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise. Dans un département où l’évaluation est plus reproductible qu’ailleurs, elle est aussi plus facilement contestable : dater le peuplement, mesurer sa densité et sa hauteur, vérifier l’assainissement, la desserte et la couverture assurantielle est le minimum exigible.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans les Landes.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans les Landes ?

Le prix médian constaté s’établit à 6 603 €/ha entre 2021 et 2025, sur 2 368 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 19 % au-dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 3 797 et 15 880 €/ha.

Pourquoi le pin maritime se paie-t-il plus cher dans les Landes qu’ailleurs ?

Trois raisons se combinent : la station landaise est la meilleure de France pour l’essence, la filière de transformation est intégrée et présente à courte distance, avec 57 scieries et 8 usines de panneaux recensées, et le cycle de production est court, quarante à cinquante ans, ce qui rend le rendement plus lisible pour un investisseur.

Une grande propriété se paie-t-elle plus cher à l’hectare dans les Landes ?

L’écart est l’un des plus faibles de France : 6 425 €/ha médians en dessous de dix hectares, 8 868 €/ha au dessus de cent hectares. La surface ne crée pas de rareté dans ce département, où le marché achète du peuplement daté plutôt que de la contenance.

Quels risques pèsent sur une forêt landaise ?

L’incendie et la tempête concentrent l’essentiel du risque. Le massif a été traversé par les tempêtes de 1999 et 2009, et nos conseillers relèvent une augmentation des incendies malgré un réseau de défense remarquable. La totalité du capital sur pied d’une parcelle peut disparaître en une nuit, ce qui rend la couverture assurantielle déterminante.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans les Landes ?

Quatre vérifications s’imposent : l’âge exact et la densité du peuplement, qui déterminent la valeur à eux seuls, l’état du réseau de fossés d’assainissement, le raccordement au maillage de pistes de défense contre l’incendie, et les obligations attachées à l’association syndicale dont la propriété dépend. S’y ajoute l’existence d’une assurance tempête et incendie.

Une médiane de 6 603 €/ha ne remplace pas une visite : la méthode qui chiffre un massif est exposée sur la page de l’évaluation forestière, celle qui fixe son cap sur la page du plan simple de gestion. Le repère national auquel elle se compare figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France. Les stations du Chalosse, s Landes ou Grande Lande sont décrites dans notre panorama des massifs forestiers de France, les termes employés ici dans notre lexique forestier, et la conduite d’une cession sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent