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Prix de la forêt dans le Lot

Dans le Lot, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 3 856 €/ha, sur 1 938 transactions de plus d'un hectare et 9 681 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 27 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 30 % sous celle d'Occitanie. Il occupe le soixante-dix-huitième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans le Lot ?

La moitié des ventes se règlent entre 1 515 et 15 839 €/ha, sur une surface médiane de 2,38 hectares. L’écart entre les deux quartiles atteint un rapport de dix : deux marchés cohabitent sous une même médiane.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025LotOccitanieFrance
Prix médian (€/ha)3 8565 6765 323
1er quartile (€/ha)1 5152 0022 303
3e quartile (€/ha)15 83922 40114 976
Nombre de mutations1 93811 17086 327
Surface échangée (ha)9 731non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,4non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

La médiane recule de 31,5 % en euros courants sur cinq ans, de 5 869 à 4 022 €/ha. Ce chiffre demande une lecture précise plutôt qu’un commentaire dramatique : l’année 2021 constitue un point haut isolé, et le marché est stabilisé entre 3 367 et 4 022 €/ha depuis 2022, avec une remontée régulière sur les trois dernières années. Il s’agit d’une correction après un pic, suivie d’une reprise lente.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20213815 504en attenteen attente
20223843 089en attenteen attente
20233693 523en attenteen attente
20243883 552en attenteen attente
20254163 854en attenteen attente

La taille joue modérément : 3 968 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 4 834 €/ha de 10 à 25 hectares, 7 312 €/ha de 25 à 100 hectares, sur trente-trois ventes, et 5 818 €/ha au dessus de cent hectares, sur huit ventes, effectif trop réduit pour être interprété.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans le Lot, la part du peuplement est faible sur la majeure partie du territoire, et le dire est le premier service à rendre à un client.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur les causses de Gramat, de Limogne et de Martel, elle est faible : nos conseillers qualifient ces plateaux calcaires de peu productifs. Dans les vallées du Lot, de la Dordogne et du Célé, et sur le Ségala au nord-est, elle est nettement supérieure, autant pour des raisons paysagères que forestières.

La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un taillis de chêne pubescent de causse, cette valeur est proche de zéro. Sur un châtaignier du Ségala destiné au piquet, elle est modeste mais réelle.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 11 440 sangliers et 9 714 chevreuils prélevés en 2024, mais seulement 330 cerfs élaphes.

Un quart des ventes se conclut sous 1 515 €/ha : ce sont des taillis de causse et des landes sans capital mobilisable. Un quart au dessus de 15 839 €/ha : ce sont des parcelles vendues pour leur situation, dans les vallées ou aux abords des villages, non pour leur bois.

Les régions naturelles du département

Le référentiel TerrAgree documente une région naturelle pour le Lot. Le Ségala lotois, la Bouriane et les vallées ne sont pas documentés par notre référentiel, et nous le signalons plutôt que de combler ce vide par une approximation.

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Quercy

Chêne pubescent et feuillus, sur les causses. Nos conseillers le rattachent au même ensemble que le Rouergue et le Causse du Larzac, avec une appréciation commune aux trois et sans détour : plateau calcaire, peu productif. Ils positionnent le marché sous la valeur technique. L’échantillon est solide, et là encore 2021 constitue un point haut isolé.

Ce niveau provient du référentiel des régions naturelles TerrAgree. Le Quercy déborde sur le Tarn-et-Garonne, la Dordogne et la Corrèze.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le chêne pubescent domine les causses, en taillis, avec un débouché limité au bois de chauffage. Le châtaignier occupe le Ségala et la Bouriane, avec une filière de piquet dont on trouve la trace dans le tissu local. Le pin noir d’Autriche et le pin sylvestre, issus des reboisements de causse, complètent, avec une valeur unitaire faible. Le chêne sessile et le hêtre des vallées et des versants nord portent la seule valeur d’œuvre significative.

L’appareil local recensé est léger : 23 scieries, 47 établissements d’exploitation forestière et 143 entreprises de sylviculture, soit 371 établissements. Les unités structurées se situent à Payrignac, Gagnac-sur-Cère, Cressensac-Sarrazac, Béduer, Goujounac et Bellefont-la Rauze, où l’on relève une coopérative spécialisée dans le piquet d’acacia et de châtaignier. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Quarante-sept exploitants forestiers pour un département de cette étendue traduisent une capacité de mobilisation très faible, comparable à celle de l’Aveyron voisin.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés lotoises.

La desserte
Sur les causses, le relief est peu marqué mais le parcellaire est enclavé et les chemins souvent en indivision de fait. Dans les vallées et les cirques, la pente devient limitante.
Le morcellement
Le passage au dessus de vingt-cinq hectares augmente le prix unitaire de 84 %, mais ce segment reste étroit avec trente-trois ventes en cinq ans.
La pente
Déterminante sur les versants des vallées du Lot, du Célé et de la Dordogne.
La portance et la réserve en eau
Les sols de causse sont superficiels et caillouteux, la réserve utile est faible, et la croissance s’en ressent autant que la résistance à la sécheresse.
Le droit de chasse
En 2024, 11 440 sangliers, 9 714 chevreuils et 330 cerfs élaphes ont été prélevés. C’est une chasse de sanglier et de chevreuil, sans grand cervidé, ce qui limite la valeur du bail par rapport aux départements du Bassin parisien.
Le document de gestion
41 mutations sur 1938 franchissent le seuil de vingt-cinq hectares, soit 2 % : un plan approuvé y est donc un argument distinctif.
Le statut réglementaire
Zonages, servitudes, indivision, bail rural, et l’appartenance au parc naturel régional des Causses du Quercy sur une large part du département.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 394 ventes par an de plus d’un hectare, un rythme élevé pour un département de cette population, et le seul de ce lot dont le nombre de ventes progresse, de 382 en 2021 à 422 en 2025. Les communes les plus actives sont Sousceyrac-en-Quercy avec quarante-six mutations en cinq ans, Gourdon trente-deux, Limogne-en-Quercy vingt-huit, Cardaillac et Marminiac vingt-trois, Concots vingt-deux, Frayssinet-le-Gélat vingt et une. Les plus grandes opérations restent modestes : Varaire, cent soixante-huit hectares, Cœur de Causse, cent soixante, Gramat, cent trente-huit.

Trois profils se le partagent. Les propriétaires voisins et les agriculteurs achètent des parcelles attenantes et constituent le premier acquéreur. Les acquéreurs d’agrément, attirés par les vallées et les villages du Quercy, alimentent le troisième quartile sur des biens dont la valeur n’est pas forestière. Les professionnels du bois, très peu nombreux, achètent le châtaignier de piquet et le bois de chauffage.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est la productivité réelle, et nos conseillers l’énoncent sans ménagement : plateau calcaire, peu productif. Cette appréciation vaut pour la majeure partie du département. Un acquéreur qui paie une surface boisée de causse au prix d’une forêt de production commet une erreur que le paysage encourage et que le prix médian départemental ne corrige pas.

Le deuxième point est la lecture du recul. Moins 31,5 % en cinq ans est un chiffre spectaculaire, mais il tient d’abord au niveau exceptionnel de 2021, année où le troisième quartile atteignait 26 935 €/ha contre 16 637 €/ha en 2025. Depuis 2022, le marché remonte lentement et régulièrement. Nous lisons donc une correction après un pic, non un effondrement, et nous invitons à ne pas citer le chiffre brut sans cette précision.

Le troisième point est la capacité de mobilisation. Quarante-sept établissements d’exploitation forestière recensés dans un département de cette étendue. Un propriétaire lotois qui souhaite vendre une coupe dispose de très peu d’interlocuteurs, et cette faiblesse structurelle pèse sur le prix net vendeur indépendamment de la qualité du peuplement.

Le quatrième point est la sécheresse. Les sols de causse ont une réserve en eau faible, et les épisodes de sécheresse répétés affectent directement la croissance et la survie du chêne pubescent comme des pins de reboisement. Ce risque n’est pas conjoncturel : il est inscrit dans la station.

Faire évaluer une forêt dans le Lot

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le prix va de moins de 1 600 à plus de 16 000 €/ha, l’évaluation suppose d’abord de qualifier la nature du bien, taillis de causse ou peuplement de vallée, puis de mesurer ce qui est réellement mobilisable.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans le Lot.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans le Lot ?

Le prix médian constaté s’établit à 3 856 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 938 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 27 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 515 et 15 839 €/ha.

Le prix de la forêt s’est-il effondré dans le Lot ?

La médiane recule de 31,5 % entre 2021 et 2025, mais ce chiffre tient d’abord au niveau exceptionnel de 2021. Depuis 2022, le marché remonte régulièrement, de 3 367 à 4 022 €/ha, et le nombre de ventes progresse. Il s’agit d’une correction après un pic, suivie d’une reprise lente.

Une forêt de causse a-t-elle de la valeur dans le Lot ?

Nos conseillers qualifient les plateaux calcaires du Quercy de peu productifs. Le chêne pubescent en taillis qui les couvre n’offre qu’un débouché de bois de chauffage. Un quart des transactions départementales se conclut d’ailleurs sous 1 515 €/ha, ce qui correspond à ce type de bien.

Le châtaignier lotois a-t-il un débouché ?

Le châtaignier du Ségala et de la Bouriane alimente une filière de piquet, dont on trouve la trace dans le tissu local avec une coopérative spécialisée à Bellefont-la Rauze. Ce débouché est réel mais la valeur unitaire du produit reste faible, et le châtaignier est exposé à la maladie de l’encre et au chancre.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans le Lot ?

Quatre vérifications s’imposent : la nature réelle du bien, taillis de causse ou peuplement de vallée, la réserve en eau du sol et la sensibilité à la sécheresse, le nombre d’opérateurs susceptibles d’acheter une coupe, le département n’en comptant que quarante-sept, et l’accès effectif à la parcelle, souvent enclavée sur les causses.

Une médiane de 3 856 €/ha ne remplace pas une visite : la méthode qui chiffre un massif est exposée sur la page de l’évaluation forestière, celle qui fixe son cap sur la page du plan simple de gestion. Le repère national auquel elle se compare figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France. Les stations du Quercy sont décrites dans notre panorama des massifs forestiers de France, les termes employés ici dans notre lexique forestier, et la conduite d’une cession sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent