Le Périgord couvre la Dordogne et déborde sur ses marges du Lot, de la Charente et du Lot-et-Garonne. Deux sylvoécorégions le composent : la F15 Périgord, qui porte 288 000 hectares de forêt selon l'inventaire forestier national sur 2020-2024, et la F23 Bazadais, Double et Landais, qui en porte 161 000. Le paysage est celui de causses calcaires entaillés par la Dordogne, la Vézère et l'Isle, avec à l'ouest un pays de sables et d'argiles, la Double, couvert de bois et d'étangs.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Au nord-est, le Limousin commence avec les plateaux granitiques et l’arrivée du douglas, sur les sylvoécorégions G13 et G11, que nous avons déjà traitées. Au sud-ouest, les Landes de Gascogne commencent avec le sable landais et le pin maritime en peuplement pur, sur la F21. Entre les deux, la Double et le Landais forment la transition, et c’est précisément ce que traduit la composition de la F23, où le conifère pur occupe 40 000 hectares sur 161 000, contre 21 000 sur 288 000 dans le Périgord calcaire. La ligne de partage n’est pas administrative, elle est pédologique.
Sur la F15, l’IGN compte 113 000 hectares de feuillus purs, 83 000 en mélange de deux feuillus et 40 000 en mélange de conifères et de feuillus. Le chêne pubescent domine les causses secs, le sessile et le pédonculé les stations plus fraîches, et le châtaignier occupe les sols acides des franges limousines. Le pin maritime, planté depuis le dix-neuvième siècle, tient la Double et le Landais.
Le climat est le trait déterminant, et il est chaud. Nos quatorze stations de la Dordogne donnent un déficit hydrique estival moyen de 214 millimètres et 29,2 jours au-dessus de trente degrés, contre 205 et 20,4 au plan national. La station des Eyzies-de-Tayac enregistre 44,0 jours au-dessus de trente degrés et reçoit la note thermique maximale de notre échelle, Lamothe-Montravel 38,0 jours, Saint-Aulaye 32,4. À l’inverse, le gel tardif est négligeable, à 1,5 jour en avril et mai contre 3,7 en moyenne nationale.
La conséquence pour le propriétaire est double. D’abord, le chêne pubescent et le pin maritime supportent ce régime, quand le chêne pédonculé installé dans les vallées et sur les placages limoneux ne le supporte plus. Ensuite, la contrainte thermique se combine à des sols calcaires souvent superficiels sur les causses, où la réserve en eau se compte en dizaines de millimètres. Sur ces stations, la révolution du chêne s’allonge et le volume plafonne, quelle que soit la sylviculture appliquée.
L’appareil de transformation est nombreux mais petit. L’extrait Sirene recense 2 095 établissements de la filière en Dordogne, dont 1 322 relèvent de la sylviculture, et soixante-treize scieries. Une seule dépasse cinquante salariés, les Établissements Coste, sous l’enseigne Coste Bois, au Pays de Belvès. Trois autres tiennent la tranche de vingt à quarante-neuf : Castagne et Fils à Loubéjac, Sycopal Bois sous l’enseigne Scieries de Corgnac à Négrondes, et la scierie Delord à Tocane-Saint-Apre, qui dispose d’un second site à La Jemaye-Ponteyraud. Industrie Bois Rousseau opère à Dussac et Alliance Forêts Bois à Villamblard.
Aucune unité de panneaux, aucune trituration d’échelle, aucune tonnellerie. Le chêne de qualité part vers la Gironde et la Charente, le pin de la Double vers les unités landaises. Un propriétaire périgourdin vend donc dans un tissu dense de petits opérateurs, ce qui garantit une concurrence de proximité sur les lots courants mais prive les beaux bois d’un preneur spécialisé sur place.
La pression du grand gibier est la plus forte de nos deux lots, et elle porte sur les trois espèces à la fois. La saison 2024 place la Dordogne au deuxième rang national pour le chevreuil avec 13 803 prélèvements, au troisième pour le sanglier avec 23 122 et au quatrième pour le cerf élaphe avec 2 876. Aucun autre département traité ici ne figure dans les cinq premiers sur trois espèces. Sur des chênaies de causse à croissance lente, dont la régénération naturelle est déjà aléatoire, cette pression rend le renouvellement coûteux et incertain, et la protection y est la règle plutôt que l’exception.
Le châtaignier appelle la même réserve qu’en Limousin. Présent en taillis sur les sols acides, atteint par l’encre et le chancre, il ne se valorise qu’en piquet, bardage et bois énergie. Il ne doit pas être compté en bois d’œuvre dans une projection.
Enfin le morcellement. Avec 1 322 établissements de sylviculture pour un seul département, la propriété périgourdine est atomisée, et la surface médiane des mutations s’établit à 2,54 hectares. Reconstituer un ensemble exploitable y demande du temps et plusieurs acquisitions.
Nous ne publions pas de prix médian à l’échelle du Périgord. Une médiane de massif suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les prix qui suivent sont donc départementaux et se lisent comme tels : le Périgord ne couvre qu’une part de la Dordogne.
La Dordogne est le département le plus échangé de France en matière forestière. Sur les mutations d’un hectare et plus enregistrées à la DVF entre 2021 et 2025, retraitement TerrAgree, elle compte 4 820 mutations, soit le premier rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains, devant le Puy-de-Dôme et ses 2 678. Sa médiane s’établit à 3 412 euros par hectare, huitième plus basse de France, en recul de 5,8 pour cent depuis 2021 quand le repère national progresse de 5,0.
L’effet de surface s’arrête tôt. Le prix passe de 3 299 euros pour les mutations de un à dix hectares à 6 199 de dix à vingt-cinq, puis n’évolue plus, à 6 186 au-delà de vingt-cinq hectares. Le grand domaine ne se paie pas plus cher à l’hectare que le massif moyen.
La structure de ce marché est celle d’un marché profond de très petits lots : 4 820 mutations d’un hectare et plus sur cinq ans, premier département de France et presque le double du deuxième, pour une surface médiane de 2,58 hectares et 2,2 pour cent de ventes au delà de vingt-cinq hectares. La Sologne, traitée au premier lot, présente la structure inverse : 1 194, 946 et 516 mutations dans ses trois départements, des surfaces médianes de trois à quatre hectares et demi, et de onze à seize pour cent de ventes au delà de vingt-cinq hectares. Marché profond de très petits lots d’un côté, marché mince de grandes unités de l’autre. Nos conseillers en tirent d’ailleurs la conclusion juste, en qualifiant le Périgord à la valeur technique et en avertissant expressément de ne pas y appliquer des valeurs vénales trop hautes.
Biens disponiblesCette sélection reprend les biens de la page Forêts à vendre, filtrés sur la Dordogne et ses marges. Aucune propriété périgourdine n’est actuellement présentée à la vente par le cabinet. Les biens paraissent ici dès leur mise en ligne.
Le cabinet intervient en Périgord en gestion forestière comme en transaction, depuis Clermont-Ferrand.
Voir toutes les forêts à vendre Faire évaluer ma forêt en Périgord Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Sub tegmine fagi.
Homo et arbor radices habent