Évaluer, c'est déterminer la valeur d'un objet, d'un bien ou d'un service en vue d'un arbitrage.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 27 octobre 2021
Dans un supermarché comme en forêt, l’inventaire définit l’état des stocks. Il permet de réguler les quantités et d’établir un plan de gestion pour les années à venir.
Il subsiste toujours un taux d’erreur, plus ou moins important selon la méthode, parce que l’homme n’est pas infaillible et que la qualité d’un peuplement varie avec les aléas naturels. Ce taux se connaît, il s’annonce, et il fait partie du résultat.
Aussi appelé inventaire en plein. Chaque arbre de la parcelle est mesuré et qualifié individuellement. C’est la méthode la plus rigoureuse et la plus précise, et donc la plus coûteuse en main-d’œuvre.
Selon la densité du peuplement et les contraintes du terrain, une équipe de trois personnes progresse d’environ deux hectares par heure. Le relief, la visibilité et la facilité de cheminement font varier ce rythme dans des proportions considérables.
Ce qu’elle apporte : un taux d’erreur minimal, et la possibilité de comparer deux inventaires successifs sur la même base.
Ce qu’elle coûte : un processus long, et un coût qui devient dissuasif dès que la surface s’accroît. Au-delà d’une certaine étendue, l’inventaire statistique s’impose.
Il repose sur des placettes d’échantillonnage, réparties de manière aléatoire ou systématique. L’échantillonnage aléatoire tire les placettes au hasard, l’échantillonnage systématique les répartit uniformément sur la parcelle.
Deux types de placettes coexistent. Les placettes temporaires se mettent en place rapidement mais ne permettent pas un suivi détaillé dans la durée. Les placettes permanentes autorisent une gestion rigoureuse et un suivi comparé d’un passage à l’autre, ce qui les rend précieuses en futaie.
Ce qu’elle apporte : un coût nettement inférieur et une mise en œuvre plus rapide.
Ce qu’elle coûte : une information moins détaillée pour le gestionnaire, et une erreur statistique qui s’ajoute à l’erreur de mesure.
Cette méthode se passe de placettes matérialisées et procède par points d’arrêt. À chacun, l’opérateur effectue une évaluation rapide à partir de variables préétablies.
Elle suppose une étude préalable du secteur géographique, destinée à établir des typologies de peuplement.
Ce qu’elle apporte : une exécution rapide, qui permet de couvrir de grandes surfaces.
Ce qu’elle coûte : une fiabilité entièrement suspendue à la qualité de l’étude préalable et à l’expérience de l’opérateur. Le taux d’erreur y est très variable.
Le gestionnaire choisit la méthode selon la surface, la densité du peuplement, les moyens du propriétaire et l’objectif poursuivi.
L’enjeu dépasse la mesure. Le volume de bois à l’hectare est le facteur déterminant de la valeur d’une propriété et de la gestion qu’on peut lui appliquer.
Sur une forêt à faible capital sur pied, les revenus de coupe ne couvriront pas les frais d’entretien : le bien devra faire l’objet d’un programme d’investissement avant de rapporter quoi que ce soit. Sur une forêt bien capitalisée, les coupes financent les travaux. Ce sont deux économies différentes, et c’est l’inventaire qui dit dans laquelle on se trouve.
L’évaluation forestière n’est pas une science exacte.
Elle établit d’abord un état des lieux à un instant donné, sur lequel le propriétaire et le gestionnaire s’accordent pour définir les moyens et les actions à conduire.
Elle mesure ensuite une performance, en comparant deux évaluations réalisées au début et à la fin d’une période. Elle permet alors de juger si l’actif répond aux attentes et, le cas échéant, d’arbitrer sur son avenir.
Une évaluation peut ainsi s’imposer dans trois circonstances : lors d’un achat ou d’une vente, pour situer le prix demandé par rapport à la valeur du bien et servir de point de départ à la négociation ; lors d’une donation, d’un partage ou d’une succession, pour fixer une valeur de référence ; ou simplement pour établir un état des lieux et engager un suivi de propriété.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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