Une valeur refuge est un actif qui conserve sa valeur quand les marchés se retournent. La définition est simple, elle recouvre pourtant des comportements très différents.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 25 mars 2023
La stabilité en période de crise, d’abord. Ces actifs sont moins sensibles aux facteurs conjoncturels que les marchés cotés, donc moins exposés aux pertes brutales.
La résistance à l’inflation, ensuite. Un actif tangible conserve une valeur d’usage quand la monnaie en perd.
La faible corrélation aux marchés financiers, enfin. C’est elle qui justifie la place de ces actifs dans une allocation : ils ne baissent pas au même moment que le reste.
Elles conservent, elles ne produisent pas.
Un lingot d’or détenu trente ans reste un lingot d’or. Sa valeur peut monter, il n’aura rien créé. Une devise stable protège, elle ne rapporte rien. Une obligation d’État verse un intérêt, mais son capital ne croît pas. Nous avons exposé ailleurs la fiscalité de l’or.
Seuls l’immobilier et la forêt produisent pendant qu’ils protègent. L’un par les loyers, l’autre par la croissance du bois. C’est le principe du Livret Arbre.
Deux comportements lui sont propres, et ils ne se retrouvent nulle part ailleurs.
C’est la différence décisive avec toute autre production. Un céréalier récolte quand la moisson est mûre, quel que soit le cours du blé. Un propriétaire d’immeuble locatif subit la vacance quand le marché se retourne.
Un propriétaire forestier, lui, décide. Si le prix du bois est mauvais, il ne coupe pas. Le capital reste sur pied, il continue de croître, et il attend une période plus favorable.
L’arbre est le seul stock qui prend de la valeur pendant qu’on le conserve.
Après une crise immobilière, quand la construction repart, la demande en bois d’œuvre repart avec elle. Le capital sur pied accumulé pendant la crise se valorise alors sur un marché qui remonte.
La forêt ne se contente donc pas de traverser le cycle. Elle est positionnée pour en tirer parti à la sortie. Sur la comparaison avec un autre actif tangible, voyez la forêt et le diamant.
Les deux relèvent de la même famille et partagent une propriété simple : on ne les multiplie pas.
La terre agricole répond à un besoin essentiel, celui de la souveraineté alimentaire. L’étang abrite la ressource la plus disputée qui soit.
L’un et l’autre sont limités par nature, et cette rareté ne se corrige par aucune décision.
Aucune ne protège de tout.
La forêt est illiquide, une cession se compte en mois. Elle est exposée à la tempête, au scolyte et à la sécheresse, et cette exposition ne se mutualise que par la diversification.
L’or ne produit rien et son cours dépend entièrement de la perception qu’en ont les marchés. L’immobilier subit les cycles et la fiscalité.
Une valeur refuge réduit un risque, elle ne l’annule pas. C’est pourquoi la diversification reste le principe de base de la protection d’un patrimoine, et non le choix d’un actif unique, si sûr paraisse-t-il. La méthode des 7V en donne le cadre.
L’auteurLe monde rural et l’environnement sont des secteurs où les enjeux sont immenses. Entre préservation des espèces, besoins alimentaires, productivité, rentabilité et attentes écologiques, les acteurs ancestraux peinent à trouver leur place. Dans ces domaines où rien n’est tout noir ou tout blanc, tout reste à faire et les possibilités sont infinies.
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