Le pin maritime, ou pin des Landes, est une essence forestière résineuse pionnière de pleine lumière, à croissance juvénile rapide, qui donne son plein potentiel sur les sols acides, filtrants et profonds. Il est calcifuge : le calcaire actif l'exclut. Souvent présenté comme candidat au changement climatique en substitution du pin sylvestre en climat doux, son adaptation dépend étroitement de la provenance et de la station. Son bois, très résineux et de durabilité moyenne, alimente une gamme d'usages large, du bois d'industrie au bois d'œuvre de structure.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 9 août 2026
Une essence se reconnaît d’abord de loin, à son port et à son écorce. Le pin maritime se lit à son fût souvent flexueux, à son écorce épaisse rouge sombre profondément crevassée, et à ses longues aiguilles groupées par deux.
Nomenclature et origine. Pin maritime, Pinus pinaster, famille des Pinacées. L’essence est spontanée dans l’ouest du bassin méditerranéen et largement cultivée, le massif landais en constituant le principal ensemble. En Occitanie, le pin maritime a été introduit à la fin du 19e siècle par les compagnies minières, à partir de graines d’origine landaise, pour la production d’étais, puis s’est développé après 1945 à la faveur des incendies et de l’abandon de la châtaigneraie.
Place en France. Les données du dossier sont régionales. En Occitanie, le pin maritime couvre environ 20 000 hectares dans les Basses-Cévennes gardoises et lozériennes (chiffres de l’Inventaire forestier national, 1990 à 1993), auxquels s’ajoutent près de 4 000 hectares dans l’Aude, les Corbières et le Lauragais, et quelques centaines d’hectares dans les Pyrénées-Orientales. La surface nationale et sa répartition par massif ne figurent pas au dossier et restent à établir sur les données actuelles de l’IGN.
| Organe | Caractère |
|---|---|
| Port et tronc | Grande taille, jusqu’à 30 m ; tronc souvent flexueux à la base ; cime conique dans le jeune âge, puis irrégulière et étalée |
| Écorce | Rouge sombre à brun rougeâtre, épaisse, profondément crevassée dès l’âge de 15 ans (taux d’écorce pouvant atteindre 25 %) |
| Aiguilles | Groupées par deux, très longues (10 à 22 cm), vert foncé, rigides et peu piquantes |
| Bourgeons | Gros, ovoïdes, non résineux |
| Fruits | Cônes de 10 à 20 cm, groupés par deux ou trois, presque sessiles, s’ouvrant à maturité |
À la différence du pin d’Alep, dont les cônes sérotineux restent fermés plusieurs années, les cônes du pin maritime s’ouvrent à maturité.
| Repère | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Hauteur adulte | Jusqu’à 30 m | CNPF Occitanie 2016 |
| Longévité | Faible à moyenne | CNPF Occitanie 2016 |
| Croissance | Rapide, surtout juvénile, ralentissement vers 40 ans | CNPF Occitanie 2016, AURA 2021-2023 |
| Production moyenne | 6 à 10 m³/ha/an | CNPF Occitanie 2016 |
| Révolution | 60 à 80 ans (objectif bois d’œuvre) ou 35 à 60 ans (itinéraire dynamique national) | CNPF Occitanie 2016, Itinéraires CNPF 2020 |
| Diamètre d’exploitabilité | 45 à 50 cm, ou 40 à 60 cm en contexte dynamique | CNPF Occitanie 2016, Itinéraires CNPF 2020 |
| Densité de plantation | 1 000 à 1 500 plants/ha selon la source | Occitanie, IFC, Itinéraires |
| Diamètre de grume valorisable | 20 à 60 cm | CIRAD TROPIX |
| Épaisseur d’aubier | 6 à 12 cm | CIRAD TROPIX |
Écarts de sources signalés. Le dossier réunit quatre documents CNPF de dates et de régions différentes (Occitanie 2016, Auvergne-Rhône-Alpes 2021-2023, Île-de-France Centre-Val de Loire 2023, itinéraires nationaux 2020) et une fiche technologique CIRAD. Plusieurs repères varient selon la région et l’objectif de production : la révolution est donnée à 60 à 80 ans en Occitanie pour un objectif bois d’œuvre, contre 35 à 60 ans dans l’itinéraire national dynamique (contexte A) ; le diamètre d’exploitabilité à 45 à 50 cm en Occitanie, contre 40 à 60 cm dans l’itinéraire A et un objectif de petits sciages supérieur à 25 cm en contexte B. Ces écarts reflètent des contextes de gestion distincts et sont conservés sans être arbitrés.
Avant de raisonner l’essence, on lit la station. Pour le pin maritime, une contrainte prime sur toutes les autres : le sol. Une seule ligne suffit à trancher de nombreux cas.
Le sol, contrainte structurante. Le pin maritime est calcifuge : il ne supporte pas les sols carbonatés, c’est-à-dire le calcaire actif. Cette exclusion est la première décision de station. Sur les sols favorables, il apprécie les terres acides, filtrantes et profondes. Essence frugale, il tolère aussi les sols pauvres, peu profonds, secs ou humides, du sableux à l’argileux. Il faut éviter de reboiser les milieux compacts et très humides, où le risque de chablis est élevé, ainsi que les stations de fort intérêt patrimonial. L’optimum stationnel mesuré en Auvergne-Rhône-Alpes est un sol limono-sableux d’au moins 45 cm de profondeur, acide et filtrant.
Climat et lumière. Essence héliophile, le pin maritime doit être planté en pleine lumière ; pionnière, elle colonise les terrains nus et redoute la concurrence des herbacées très recouvrantes (fougère aigle, molinie). Sa croissance juvénile est forte, suivie d’un net ralentissement en hauteur vers 40 ans. Il apprécie une légère humidité atmosphérique et supporte bien la sécheresse estivale ; l’optimum de pluviométrie mesuré en Auvergne-Rhône-Alpes est d’au moins 800 mm par an.
Le froid, seconde contrainte. Le pin maritime est sensible aux grands froids, et sa résistance varie selon la provenance. Le seuil de dégâts est situé à -15 °C en Occitanie ; la vigilance porte aussi sur les froids durables et les gelées tardives. L’essence est à réserver aux zones de plaines et de piémonts, jusqu’à 600 à 700 mètres en contexte méditerranéen, et en deçà de 800 mètres selon l’exposition.
| Rechercher | Éviter |
|---|---|
| Sols acides, filtrants, profonds (limono-sableux d’au moins 45 cm) | Sols carbonatés, calcaire actif (exclusion absolue, essence calcifuge) |
| Plaines et piémonts, jusqu’à 600 à 800 m selon la région | Milieux compacts, très humides (risque de chablis) |
| Climats doux à influence océanique, pluviométrie d’au moins 800 mm | Stations à froids durables et gelées tardives, altitudes élevées |
| Sols pauvres et peu profonds, s’ils ne sont pas carbonatés | Compensation d’un mauvais sol par le climat (mauvais calcul) |
Un principe de gestion, formulé par l’étude Auvergne-Rhône-Alpes, mérite d’être retenu : espérer compenser un mauvais sol par le climat est un mauvais calcul, la météorologie devenant plus aléatoire et ne fournissant pas les compensations espérées.
Enracinement et stabilité. La stabilité du pin maritime dépend de la préparation du sol et de la conduite. Le labour en billons est défavorable au bon enracinement et augmente le risque d’instabilité ; le labour en bandes larges lui est préféré. Sur les milieux compacts et très humides, le risque de chablis est marqué. Sur les sols fragiles, limoneux notamment, les exploitations doivent être conduites hors période humide pour préserver la portance et l’ancrage.
Où le pin maritime fait la ressource. Le massif landais en constitue le principal ensemble, mais l’essence est aussi présente en Occitanie, dans les Basses-Cévennes et les Corbières, et sur le pourtour méditerranéen. Nos monographies décrivent ces territoires, notamment les Landes de Gascogne et le Périgord.
Le matériel de reproduction conditionne l’adaptation au froid et la rectitude du fût. Pour le pin maritime, le choix de la provenance est un acte technique à part entière, et un piège classique guette : viser la seule croissance.
Catégories et étiquettes. Les plants doivent provenir de peuplements classés ou de vergers à graines, dans le cadre réglementaire du matériel forestier de reproduction (catégories identifiée, sélectionnée, qualifiée, testée). Les sources du dossier associent les peuplements classés et les vergers à des étiquettes de couleur, avec des correspondances qui ne sont pas homogènes entre elles. La correspondance exacte des catégories et des étiquettes, ainsi que la liste des matériels éligibles, doit être vérifiée auprès du CNPF et sur l’arrêté relatif au matériel forestier de reproduction avant toute commande.
Le choix de la provenance vise d’abord l’adaptation au climat local, en particulier la résistance au froid.
Règle de choix. La provenance ne peut viser la seule vitesse de croissance : un matériel trop poussant expose à la verse, et l’adaptation au froid comme la rectitude du fût priment sur le gain de croissance à court terme.
Essence de pleine lumière, le pin maritime se conduit d’abord en futaie régulière. L’itinéraire national distingue deux contextes : un contexte dynamique, à deux ou quatre éclaircies, visant la charpente, le déroulage et les petits sciages, et un contexte d’investissement réduit, sans éclaircie ou avec une seule, visant les petits sciages, présenté comme un itinéraire de rattrapage après un événement climatique ou sanitaire de grande ampleur.
Trois voies sont possibles : la plantation, à 1 100 à 1 400 tiges/ha (1 000 plants/ha en Occitanie) ; le semis en ligne, à 2 à 5 kg de graines/ha, suivi d’un à deux dépressages ; la régénération naturelle, avec ouverture de cloisonnements et un à deux dépressages. La densité initiale se tient entre 900 et 2 000 tiges/ha.
Le pin maritime se régénère bien naturellement. La régénération s’appuie sur un crochetage du sol avant la coupe rase, puis une coupe d’ensemencement préservant 100 à 150 beaux arbres/ha en Occitanie, ou 50 à 80 semenciers/ha maintenus deux à quatre ans selon l’itinéraire national ; on vise 3 000 à 4 000 semis/ha en plein. En plantation, les plants en motte (godet de 100 à 200 cm³) sont préférés aux racines nues, qui reprennent plus difficilement ; sur terre agricole, la plantation est préférée au semis. Après une coupe rase de résineux, il faut attendre deux étés avant de planter, pour limiter les dégâts d’hylobe.
À l’installation, la priorité est la maîtrise de la végétation concurrente, la concurrence sur l’eau étant forte. Les entretiens réguliers des accès, interlignes, cloisonnements et bordures de parcelles participent aussi à la limitation du risque incendie. Les dégâts de gibier, chevreuils et cerfs, sont à surveiller et à signaler pour rétablir l’équilibre sylvo-cynégétique.
Cette phase d’attente et de surveillance vise à conserver 800 à 1 300 tiges/ha en plantation, ou 1 200 à 1 800 semis/ha. Sur semis, les dépressages sont nécessaires, en deux passages : vers 3 à 5 ans, à 1,5 à 3 mètres de hauteur, en ne conservant qu’un pin tous les 50 à 80 centimètres ; puis, au delà de 4 à 5 mètres, en ramenant la densité à environ 1 500 tiges/ha, ce second passage jouant déjà un rôle de sélection en éliminant les sujets mal conformés. Les cloisonnements, culturaux puis d’exploitation, facilitent l’accès et les interventions.
La désignation des arbres d’avenir, environ 250 à 300 tiges/ha, se fait juste avant la première éclaircie, lorsque les houppiers se gênent, vers 15 à 20 ans et 15 mètres de hauteur. La première éclaircie élimine environ 25 % des tiges hors cloisonnement, soit deux à trois tiges par arbre d’avenir ; ses produits sont commercialisables en bois de trituration et de palette. Les éclaircies suivantes interviennent tous les 5 à 8 ans (jusqu’à 6 à 10 ans selon la région) et prélèvent 15 à 25 % du nombre de tiges, en évitant de dépasser 40 % du nombre de tiges à chaque passage. La densité finale s’établit autour de 300 tiges/ha vers 50 à 60 ans.
Le marquage des éclaircies se fait par le haut, sauf en Nouvelle-Aquitaine où il est généralement pratiqué par le bas. Les feuillus présents sur la ligne et dans les bandes boisées sont conservés ; dans la partie nord de la France, le sous-étage feuillu, quand il existe, est conservé pour limiter le risque incendie. Le pin maritime s’élague assez correctement de lui-même lorsqu’il est conduit en peuplement ; un élagage artificiel peut néanmoins être pratiqué pour viser un bois de première qualité, sa rentabilité restant discutée au regard des prix de vente.
En contexte dynamique, la récolte vise un diamètre de 40 à 60 cm et un volume unitaire de 1 à 2,5 m³ ; en contexte réduit, un diamètre supérieur à 25 cm et un volume unitaire de 0,3 à 0,8 m³. Le renouvellement se fait par coupe de renouvellement, ou en laissant 50 à 80 semenciers/ha pendant deux à quatre ans pour obtenir une régénération naturelle ; les coupes progressives se conduisent en dix ans au maximum. Deux étés sont laissés entre la récolte et le reboisement, contre l’hylobe. Pour préserver la durabilité de sols souvent pauvres, il est recommandé d’éviter de sortir la totalité de l’arbre, tronc, houppier et souche, et de conduire les exploitations hors période humide sur les sols fragiles.
Le pin maritime étant une essence de pleine lumière, la futaie irrégulière reste rare : elle résulte le plus souvent de l’irrégularisation volontaire d’un peuplement régulier, à envisager tant que le peuplement est jeune. Les coupes sont marquées sur des critères de qualité, à rotation courte de 6 à 8 ans, et prélèvent 50 à 70 m³/ha. Le volume d’équilibre est de 200 à 250 m³/ha, la surface terrière d’équilibre de 18 à 22 m²/ha, pour un prélèvement de 20 à 25 % du volume tous les 6 à 8 ans. Un cloisonnement d’exploitation (layons de 4 mètres tous les 15 à 20 mètres) canalise les engins. Ce traitement présente l’avantage d’éviter les coupes à blanc et de procurer des revenus plus réguliers.
Le mélange se pratique en plein, par bouquets ou par placeaux, en enrichissement de trouées, en diversification d’une régénération naturelle, ou en regarni de plantations en échec partiel. L’investissement dans une plantation mono-spécifique est d’autant plus risqué qu’il porte sur de grandes surfaces. Les lisières et îlots feuillus sont conservés et entretenus. Planté en essence principale ou en mélange avec le pin sylvestre, le pin laricio ou le douglas, essences que des étés trop secs pourraient limiter, le pin maritime peut présenter une moindre prise de risque en plaine et piémont.
Les propriétés du bois déterminent ses débouchés. Le dossier comporte cette fois une fiche technologique de référence, et les valeurs qui suivent en sont directement issues.
Aspect. Le bois de pin maritime est rougeâtre : l’aubier, abondant, est jaune pâle et nettement distinct ; le duramen est jaune veiné de brun rougeâtre. L’odeur de résine et de térébenthine est forte sur les bois frais. Le fil est droit, le grain grossier, le contrefil absent. La densité est faible et la résistance mécanique moyenne.
| Propriété | Valeur |
|---|---|
| Densité | 0,55 (bois gemmés jusqu’à 0,75) |
| Dureté Monnin | 2,3 (tendre) |
| Coefficient de retrait volumique | 0,45 % (moyen) |
| Retrait tangentiel total | 9,0 % |
| Retrait radial total | 4,5 % |
| Ratio retrait tangentiel sur radial | 2,0 |
| Point de saturation des fibres | 32 % |
| Stabilité en service | Moyennement stable à peu stable |
| Propriété | Valeur |
|---|---|
| Contrainte de rupture en compression | 39 MPa |
| Contrainte de rupture en flexion statique | 80 MPa |
| Module d’élasticité longitudinal | 8 800 MPa |
Le classement visuel de structure autorise, selon la norme, les classes de résistance C14, C18, C24 ou C30. Ces valeurs peuvent varier de façon notable selon la provenance et les conditions de croissance.
| Agent ou paramètre | Classe |
|---|---|
| Champignons | Classe 3-4, moyennement à faiblement durable |
| Insectes de bois sec | Durable, aubier distinct (risque limité à l’aubier) |
| Termites | Classe S, sensible |
| Imprégnabilité du duramen | Classe 4, non imprégnable (l’aubier est imprégnable) |
| Classe d’emploi | Classe 3, hors contact du sol, à l’extérieur (pièces purgées d’aubier) |
Le pin maritime ne couvre pas la classe d’emploi 5. En classe d’emploi 3, les pièces doivent être purgées d’aubier, ce dernier étant toujours à considérer comme non durable.
Séchage et usinage. Le séchage est rapide à normal, avec un risque de déformation élevé, un risque de cémentation, un risque de gerces peu élevé et pas de collapse. L’effet désaffûtant est normal, en acier ordinaire ou allié ; le déroulage et le tranchage sont bons. Le clouage et le vissage tiennent bien ; le collage est correct, difficile pour les bois à forte teneur en résine, difficulté que le séchage au dessus de 70 °C supprime pratiquement. La réaction au feu conventionnelle est M.3 au dessus de 18 mm et M.4 en deçà, soit l’euroclasse D-s2,d0 par défaut pour les bois de structure.
La valorisation du pin maritime se lit stade par stade, en gardant distinctes la valeur du bois sur pied, mobilière, et la valeur du foncier, immobilière, qui relèvent de deux marchés différents.
| Stade | Produits | Débouchés |
|---|---|---|
| Dépressages et premières éclaircies | Petits bois, diamètre inférieur à 20 cm | Trituration (pâte à papier, panneaux, fibres), plaquettes pour bois énergie |
| Éclaircies | Bois moyens | Palette, caisserie, coffrage, petits sciages |
| Récolte | Belles grumes, gros bois | Bois d’œuvre : menuiserie, charpente légère, lamellé-collé, ossature, contreplaqué, parquet, lambris ; aménagement et revêtement extérieurs (bardage et lames de terrasse après traitement) |
Les petits bois alimentent la trituration et le déchiquetage en plaquettes. Les bois moyens fournissent la palette, la caisserie et le coffrage. Les belles grumes se valorisent en bois d’œuvre : la fiche technologique retient un large éventail d’emplois, de la menuiserie à la charpente et au lamellé-collé, et l’étude Auvergne-Rhône-Alpes précise que les plus belles grumes vont à la construction, avec une réserve sur la charpente traditionnelle. Les traitements par rétification ouvrent le bardage et les lames de terrasse.
Bille de pied et surbille. La bille de pied, à vocation de bois d’œuvre, se distingue des surbilles orientées vers l’industrie, l’énergie et la palette. Le fût du pin maritime étant souvent flexueux à la base, la qualité de la bille de pied dépend fortement de la rectitude, elle-même liée à la provenance et à la densité de conduite. Le dossier ne fournit pas de valeurs propres à cette répartition.
Références de prix. Le dossier ne contient aucune donnée de prix. Toute référence doit être qualifiée par essence, classe de produit, localisation et moment de marché, et renvoyée aux résultats d’adjudication publics. Aucune valeur n’est publiée ici. Nos propres relevés figurent dans notre étude sur le prix du bois.
Valeur mobilière et valeur immobilière. La valeur du bois sur pied relève d’un marché distinct de celui du foncier. La valeur immobilière d’une propriété de pin maritime dépend du marché foncier local, indépendamment de la valeur d’inventaire des peuplements. Nos repères départementaux figurent dans notre observatoire du prix de la forêt.
Le pin maritime concentre une pression sanitaire plus large que la plupart des pins : plusieurs insectes, plusieurs champignons, et une pourriture racinaire à surveiller à l’éclaircie. La surveillance est ici une composante à part entière de la gestion.
Les dégâts de chevreuils et de cerfs sont à surveiller et à signaler pour rétablir l’équilibre sylvo-cynégétique. Le semis, par la densité obtenue, supporte mieux les dégâts de gibier que la plantation, et le recru ligneux assure un gainage protecteur des jeunes plants, à contrôler sans le supprimer. L’hylobe, charançon des souches de résineux, écorce les jeunes plants : après une coupe rase de résineux, il faut attendre deux étés avant de reboiser, ou broyer les souches.
| Agent | Type | Effets |
|---|---|---|
| Chenille processionnaire (Thaumetopoea pityocampa) | Insecte | Défoliation, surtout hivernale ; baisse de production, mortalité rare ; poils urticants dangereux pour l’homme et les animaux (enjeu de santé publique) |
| Pyrale du tronc (Dioryctria sylvestrella) | Insecte | Galeries dans le tronc, écoulement de résine ; casse du tronc ou de la cime en cas d’attaques répétées |
| Hylésine (Tomicus destruens) | Insecte, scolyte | Ponte sous l’écorce de la base du tronc, galeries perturbant la circulation de la sève ; consommation de la moelle des rameaux, mortalités |
| Scolytes (Ips, hylésine) | Insectes | S’installent dans le bois récemment coupé puis attaquent les arbres voisins ; sortir les bois avant la fin mars, ou dans les quinze jours pour les coupes réalisées d’avril à octobre |
| Sphaeropsis (Sphaeropsis sapinea) | Champignon | Dessèchement des jeunes pousses en huit à dix jours ; favorisé par la chaleur et l’humidité estivales et par les peuplements ayant subi un stress (grêle, gel, sécheresse) |
| Maladie des bandes rouges (Dothistroma septospora, Dothistroma pini) | Champignons | Taches jaunes puis annélation rougeâtre des aiguilles, chute et réduction de la photosynthèse ; aggravée en peuplement confiné |
| Fomès (Heterobasidion annosum) | Champignon | Pourriture racinaire et dépérissement ; risque de contamination des souches à l’éclaircie, traitement préventif conseillé notamment en Nouvelle-Aquitaine |
| Rouille courbeuse | Champignon | Manchons orangés sur les jeunes pousses et déformation de l’axe du tronc ; liée à la proximité du peuplier tremble, hôte alternant, jusqu’à environ 2 mètres de hauteur des plants |
| Matsucoccus | Insecte, cochenille | Dépérissement, à surveiller notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur |
La chenille processionnaire pond en fin d’été et défolie en hiver ; au delà de l’enjeu pour l’arbre, l’enjeu de santé publique lié aux poils urticants est réel sur les propriétés fréquentées. L’armillaire figure également parmi les agents de dépérissement signalés au Département de la santé des forêts.
Prévention par la station, la provenance et la sylviculture. La prévention passe par le respect de la station : exclusion du calcaire, et vigilance sur les milieux confinés, propices à la maladie des bandes rouges, comme sur les stations stressantes, propices au sphaeropsis. Le choix d’une provenance adaptée limite les stress, et l’éloignement du peuplier tremble prévient la rouille courbeuse. Côté sylviculture, la sortie rapide des bois coupés limite les scolytes, le broyage ou le traitement des souches limite l’hylobe et le fomès, et le délai de deux étés après coupe rase reste la règle. Le traitement préventif du fomès à l’éclaircie est conseillé dans les régions concernées. Le Département de la santé des forêts est l’interlocuteur pour le diagnostic et pour les parasites émergents.
Une essence honnête se juge à ses contraintes autant qu’à ses qualités. Celles du pin maritime sont réelles et doivent être posées sans détour.
Traduit dans la langue de l’épargne, le pin maritime est le placement industriel de la forêt française : une duration courte, des flux réguliers, une filière profonde, et une valeur unitaire modeste.
Trente-cinq à quatre-vingts ans selon l’itinéraire retenu, avec des éclaircies commercialisables dès la première intervention. Aucune essence de cette série n’offre un tel étalement des revenus, ni un débouché aussi assuré : la trituration, la palette et l’énergie prennent tout ce qui sort de la parcelle. C’est le contraire exact du merisier, où la valeur tient à quelques arbres et à une échéance unique.
Trois conséquences pour un patrimoine.
Le choix de l’itinéraire est un choix de duration, et il vous appartient. Les sources donnent trente-cinq à soixante ans en conduite dynamique, soixante à quatre-vingts ans pour un objectif de bois d’œuvre. Ce n’est pas une contradiction, ce sont deux placements différents sur la même parcelle, l’un plus court et plus liquide, l’autre plus long et mieux valorisé. Peu d’actifs forestiers laissent au détenteur une telle latitude, et elle doit être arbitrée avec lui plutôt que subie.
La régénération naturelle change l’équation économique. Contrairement au pin laricio, le pin maritime se régénère bien, ce qui supprime le coût de reconstitution après chaque cycle. À rendement affiché comparable, le rendement net est supérieur, et cette différence ne se voit pas dans les tableaux de production.
La contrepartie est la charge de surveillance. Processionnaire, pyrale, hylésine, scolytes, sphaeropsis, bandes rouges, fomès, rouille courbeuse liée au tremble : la pression sanitaire est la plus large de la série. Ce n’est pas un risque de destruction du capital, c’est un coût de gestion permanent, et il plaide pour un mandat suivi plutôt que pour une détention passive. Le corollaire tient en une ligne : plus la surface monospécifique est grande, plus ce risque se concentre.
Nous développons cette lecture du capital sur pied dans le Livret Arbre.
Le pin maritime est une essence calcifuge : il ne supporte pas le calcaire actif et dépérit sur les sols carbonatés. Ces stations appellent d’autres essences. Le pin maritime donne son plein potentiel sur les sols acides, filtrants et profonds.
Le pin maritime présente un potentiel réel en climat doux à influence océanique, en substitution du pin sylvestre, avec une bonne tolérance à la sécheresse estivale. Sa résistance au froid dépend de la provenance, et la compensation d’un mauvais sol par le climat reste un mauvais calcul : le bénéfice ne vaut que sur une station adaptée et avec un matériel génétique choisi.
Le choix de la provenance conditionne l’adaptation au froid et la rectitude du fût. Les provenances landaises offrent une forte croissance, au prix d’un risque de verse pour certains vergers améliorés ; les provenances corses apportent la rectitude, les espagnoles conviennent aux Pyrénées-Orientales. Les provenances PPA-VG-009 (Atlas marocain) et PPA 100 Nord-Ouest sont à écarter. La correspondance des étiquettes et la liste éligible doivent être vérifiées auprès du CNPF avant commande.
Conduit en peuplement, le pin maritime s’élague assez correctement de lui-même. Un élagage artificiel peut néanmoins être pratiqué pour viser un bois d’œuvre de première qualité, sa rentabilité restant discutée au regard des prix de vente. La rectitude de la bille de pied dépend d’abord de la provenance et de la densité de conduite.
La surveillance porte sur plusieurs foyers : la chenille processionnaire, dont les poils urticants posent un enjeu de santé publique ; les scolytes et l’hylobe, liés aux bois et souches récemment coupés ; le sphaeropsis et la maladie des bandes rouges, favorisés par le stress et le confinement ; le fomès, à traiter préventivement à l’éclaircie dans les régions concernées ; et la rouille courbeuse, liée à la proximité du peuplier tremble.
La production s’échelonne du bois d’industrie et du bois énergie, issus des dépressages et des premières éclaircies, jusqu’au bois d’œuvre des belles grumes de fin de révolution : menuiserie, construction, lamellé-collé, ossature, contreplaqué, avec des usages extérieurs après traitement. Très résineux et de durabilité moyenne, ce bois relève de la classe d’emploi 3, hors contact du sol.
Sources primaires et institutionnelles :
Sources à consulter avant publication, pour les points signalés :
Nous accompagnons les propriétaires dans le choix de l’essence, de la provenance et de l’itinéraire adaptés à leur station, et dans la valorisation de leurs peuplements. Demandez une évaluation de votre propriété ou confiez-nous sa gestion. Écrivez-nous.
Homo et arbor radices habent