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Le merisier (Prunus avium)

Le merisier est une essence forestière feuillue précieuse, à croissance rapide, dont le bois clair et fin atteint sa plus grande valeur en placage et en ébénisterie. C'est une essence fragile et exigeante, peu longévive, dont la réussite dépend étroitement de la station, de la protection contre le gibier et d'une sylviculture dynamique. Elle se conduit en faible densité, en mélange, et se récolte tôt, avant que le tronc ne se dégrade.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 9 août 2026

Qu’est-ce que le merisier et comment le reconnaître ?

Avant de gérer une essence, il faut savoir la reconnaître et connaître ses ordres de grandeur.

Le merisier (Prunus avium) appartient à la famille des rosacées. Il se distribue en Europe, en Asie de l’ouest et au nord-ouest de l’Afrique, sous climats tempérés et humides. En France, il est présent un peu partout, à l’état disséminé ou en petits bouquets, en mélange avec le chêne, le frêne, le charme, le noisetier ou l’érable, et fréquent dans les lisières ensoleillées, les haies et les bosquets. C’est une essence peu longévive.

Merisier élagué conduit pour le bois d’œuvre.

Reconnaissance

Caractères de reconnaissance
OrganeCaractère
PortArbre élancé de 15 à 30 m, tronc droit, houppier pyramidal et peu dense
ÉcorceBrun-rouge, lisse chez le jeune, se détachant en lanières horizontales avec l’âge, en empilement de cercles
FeuillesAlternes, dentées, portant deux glandes rougeâtres à la base du limbe ; coloration rouge à l’automne
FleursBlanches, groupées en bouquets, précoces, apparaissant avant les feuilles
FruitsMerises, petites cerises à long pédoncule, comestibles, disséminées par les oiseaux
Écorce de merisier se détachant en lanières horizontales.
Planche botanique du merisier, rameau feuillé, merises à long pédoncule, coupe du fruit et bourgeons
Feuille dentée, merises groupées à long pédoncule et bourgeons du merisier.

Repères chiffrés

Repères chiffrés
RepèreOrdre de grandeurSource
Hauteur adulte15 à 30 mCRPF Midi-Pyrénées, CRPF Bretagne-Pays de la Loire
Longévitérarement au-delà de 100 ans, dégradation du tronc dès 70 à 80 ansCRPF Midi-Pyrénées
Diamètre des grumes35 à 60 cmCIRAD TROPIX
Croissance en diamètre sur bonne stationde l’ordre de 1 cm par anCRPF Normandie
Âge de récolte40 à 60 ansCRPF Midi-Pyrénées, CRPF Lorraine-Alsace
Diamètre d’exploitabilité50 à 65 cmCRPF Lorraine-Alsace, CRPF Bretagne-Pays de la Loire
Densité du peuplement final70 à 90 tiges par hectareCRPF Lorraine-Alsace
pH optimal5 à 7,5CRPF Midi-Pyrénées
Pluviométrie minimale700 mm par anCRPF Midi-Pyrénées, CRPF Bretagne-Pays de la Loire

Quelle station convient au merisier ?

Le merisier s’adapte à des conditions variées, mais ne produit un bois de qualité que sur les stations optimales.

Climat. Le merisier résiste bien au froid en plaine et en collines ; c’est une essence asociale. Les gelées de printemps détruisent ses fleurs, ce qui affecte la fructification et la régénération naturelle, sans nuire à la production de bois. Il est en revanche sensible aux brusques variations de température et aux coups de soleil, qui provoquent des nécroses de l’écorce. Il est très sensible à la sécheresse : les zones à étés chauds et secs, où les précipitations estivales tombent sous 110 mm, sont à éviter. Il lui faut au minimum 700 mm par an, bien répartis, les sécheresses estivales devant être compensées par les réserves en eau du sol. Une température moyenne annuelle inférieure à 9 °C limite sa croissance.

Lumière. Le merisier est un arbre de demi-lumière à l’état juvénile, où un léger ombrage latéral l’éduque, puis devient très exigeant en lumière à l’âge adulte. Il est phototrope, se courbant vers la lumière, et supporte mal la concurrence.

Sol. Son optimum se situe sur des sols profonds, frais, aérés, à bonne rétention en eau mais sans excès, chimiquement riches en bases et en azote, limoneux ou argilo-limoneux bien structurés, à pH compris entre 5 et 7,5. Il ne supporte pas l’hydromorphie, même temporaire, dès qu’elle affecte les 40 premiers centimètres du sol. Son enracinement est traçant.

Stations
RechercherÉviter
Fonds de vallée, pentes exposées au nord ou à l’ouestSols superficiels et séchants l’été
Sols profonds, frais, aérés, bien pourvus en eauSols mouilleux ou asphyxiants, hydromorphes
Sols riches, limoneux ou argilo-limoneux, pH de 5 à 7,5Sols trop argileux (engorgement) ou trop sableux (rétention insuffisante)
Situations abritées du vent et de la sécheresseObstacle à l’enracinement avant 45 cm (plancher argileux, charge en cailloux)

Enracinement et stabilité. L’enracinement du merisier est traçant et exige un sol profond et aéré sur au moins 45 cm. L’hydromorphie et les obstacles souterrains asphyxient les racines et compromettent la croissance. Les situations abritées, par la topographie, l’exposition ou un abri latéral, le protègent des variations de température et du vent.

Où le merisier est présent. Disséminé plutôt que grégaire, il occupe les lisières ensoleillées, les haies et les fonds de vallée frais, un peu partout en France. Nos monographies le décrivent en accompagnement dans le Perche, le Morvan et le Berry.

Quelle provenance et quels plants pour le merisier ?

Sur une essence aussi fragile, la provenance et l’état sanitaire des plants engagent la réussite de la plantation.

Une seule région de provenance nationale est retenue : PAV 901-France, qui regroupe les anciennes provenances France neutrophile (01) et France acidiphile (02). Il faut exiger une provenance française.

Deux voies sont possibles : des plants issus de graines récoltées sur des peuplements sélectionnés (étiquette verte, catégorie sélectionnée), ou des clones homologués sélectionnés par l’INRA pour leur résistance aux maladies, leur forme et leur croissance (étiquette bleue, catégorie testée). Les clones coûtent plus cher, de deux à deux fois et demie le prix des plants de graines, et ne sont pas toujours plus performants ; en voie clonale, il faut planter au moins cinq clones différents en mélange pour limiter le risque sanitaire.

Les catégories de plants sont les racines nues d’un an (1-0), de 55 à 80 cm et 1 cm de diamètre basal, et les plants de deux ans repiqués (1+1) ou soulevés (1S1), de 125 cm et plus. Les plants doivent être sains, à bourgeon terminal vif, à tige unique et à racines bien développées, livrés frais en sacs anti-transpirants. Le matériel doit être adapté à la station, notamment à la sécheresse estivale.

Comment conduire un merisier, de la taille à la récolte ?

Le merisier se conduit en faible densité, en mélange, avec un entretien intensif dans le jeune âge et une récolte précoce.

Traitement et densité. Le merisier se conduit en futaie, presque toujours en mélange. Les plantations pures sont réservées aux petites surfaces, toujours inférieures à 1 hectare, en raison de sa sensibilité aux ravageurs et aux maladies ; au-delà, il se mélange à des essences autres que rosacées, comme l’érable sycomore, le frêne ou le chêne. Les densités sont de 300 à 600 plants par hectare en milieu forestier, de 800 sur terrain agricole ; avec un peuplement d’accompagnement, on descend à 400 tiges par hectare, contre 500 à 800 sans accompagnement. Un espacement de 4 à 5 m est prévu toutes les deux lignes pour la mécanisation. L’accompagnement, essences auxiliaires ou recrû ligneux, crée un ombrage latéral qui éduque le merisier vers une tige droite, réduit sa ramification et le protège du gibier, du vent et du soleil.

Régénération. Par voie naturelle, le merisier se régénère surtout par drageons, plus rarement par semis ; il faut le mettre en lumière rapidement, deux à trois ans après son installation, car il supporte mal la concurrence. Par plantation, la préparation est soignée : élimination de la végétation concurrente, sous-solage sur les lignes à une profondeur d’au moins 50 cm, sans labour, qui favoriserait les graminées. La mise en terre a lieu de novembre à fin février, le merisier débourrant tôt, sans enterrer le collet et en étalant bien les racines.

Protection et dégagements. Le merisier est très sensible à la concurrence herbacée pendant les 5 à 10 premières années : les dégagements, mécaniques ou chimiques localisés, sont indispensables, avec au moins trois passages pour affranchir les plants du recrû. La protection contre le gibier est indispensable, par grillage individuel à mailles fines et protections aérées de type manchon grillagé ; les tubes abri-serre sont à éviter, car ils favorisent la pourriture du collet, et l’écorce fragile ne doit pas être blessée.

Tailles et élagage. C’est une opération annuelle et décisive. Le merisier fourche et s’élague mal naturellement, ses branches mortes formant des chicots à l’origine de nœuds noirs. La taille de formation intervient dès la deuxième année : elle élimine les fourches et les branches redressées qui ombragent la cime. L’élagage supprime progressivement les branches de plus de 2,5 à 3 cm de diamètre à la base, pour éviter les gros nœuds ; le merisier produisant un étage de branches par an, on élimine chaque année l’étage inférieur et 25 à 50 % des branches des autres étages. Tailles et élagage se réalisent ensemble, de fin juin à mi-août, période où la bactériose est moins active, en désinfectant les outils à l’alcool entre chaque arbre. Les tiges désignées sont élaguées sur 5 à 6 m.

Désignation et éclaircies. Les plus belles tiges, destinées à la coupe finale, sont désignées tôt, et l’élagage ne porte que sur elles. Il faut éclaircir tôt et souvent : dès que le tronc est formé, des éclaircies modérées, retirant environ un tiers des arbres, et régulières, tous les 5 à 10 ans, maintiennent une croissance de l’ordre de 1 cm de diamètre par an. La dernière éclaircie intervient 10 à 12 ans avant la coupe finale. Les éclaircies tardives sur des bouquets âgés, de diamètre supérieur à 20 à 25 cm et aux houppiers déséquilibrés, sont à éviter, car elles exposent au chablis et aux gourmands : mieux vaut alors conduire le groupe jusqu’au diamètre d’exploitabilité.

Repères d’éclaircie (guide CRPF Normandie, en bonne station)
Âge (ans)Tiges par hectareHauteur dominante (m)Diamètre moyen (cm)Surface terrière (m²/ha)
156009,9149,2
2039512,51911,3
2528115,12413,2
3120317,93115,1
3715720,13716,9
4412322,04418,7
529623,35220,7
607824,16122,6

La coupe finale est visée vers un diamètre moyen de 69 cm, pour une surface terrière de l’ordre de 29,2 m²/ha.

Récolte. Elle intervient vers 50 à 60 ans, parfois dès 40 à 50 ans sur bonne station, à un diamètre de 50 à 65 cm, avant que le tronc ne se dégrade au-delà de 70 à 80 ans. Les cavités et les pourritures rouges ou blanches qui apparaissent alors font perdre à l’arbre toute valeur d’œuvre. La densité finale est de 70 à 90 tiges par hectare.

Quelles sont les propriétés du bois de merisier ?

Le merisier est un bois fin, coloré et facile à travailler, à l’aubier bien distinct.

Aspect. Le bois est jaune orangé à brun rougeâtre, parfois veiné, et fonce avec le temps pour prendre une teinte dorée. Le grain est fin chez les arbres sauvages, moyen chez les arbres de verger ; le fil est droit, parfois un peu ondulé. L’aubier est bien distinct, blanc à pâle, d’une épaisseur de 2 à 6 cm, et se sépare nettement du duramen coloré, ce qui compte dans la valorisation. Le bois se polit et se teinte bien.

Propriétés physiques
Propriété physiqueValeur (CIRAD TROPIX)
Densité (à 12 % d’humidité)0,60
Dureté Monnin4,3
Coefficient de retrait volumique0,55 %
Retrait tangentiel total8,4 %
Retrait radial total5,1 %
Point de saturation des fibres25 %
Ratio retrait tangentiel sur radial1,6
Stabilité en serviceMoyennement stable
Propriétés mécaniques
Propriété mécanique (à 12 % d’humidité)Valeur (CIRAD TROPIX)
Contrainte de rupture en compression50 MPa
Contrainte de rupture en flexion statique95 MPa
Module d’élasticité longitudinal10 200 MPa
Durabilité et imprégnabilité (classes NF EN 350, CIRAD)
CritèreClassement
Résistance aux champignonsNon durable (classe 5)
Résistance aux insectes de bois secSensible
Résistance aux termitesSensible
ImprégnabilitéNon renseignée par la source
Classe d’emploi couverte sans traitementClasse 1 (intérieur sec)

Le merisier est peu durable à l’extérieur et sensible à la vrillette. Il est réservé aux emplois intérieurs à l’abri de l’humidité ; l’usage en milieu humidifié est déconseillé.

Séchage. Le séchage est de vitesse normale. Le risque de déformation est élevé, celui de gerces peu élevé : il doit être conduit avec soin.

Usinage et mise en œuvre. Le merisier présente une bonne aptitude au déroulage, au tranchage et au cintrage ; il se scie, s’usine et se ponce facilement, avec des outils ordinaires. Le clouage et le vissage tiennent bien, avec avant-trous ; le collage est correct, mais les colles acides peuvent tacher durablement le bois. En réaction au feu, il se classe en euroclasse D-s2,d0.

Que vaut le bois de merisier et à quoi sert-il ?

La valeur du merisier est élevée mais concentrée : elle tient à la seule bille de pied de qualité.

La valeur mobilière traitée ici est celle du bois sur pied. Elle ne se confond pas avec la valeur immobilière du foncier forestier, qui relève d’une autre analyse.

Chaîne produit. La valeur se concentre sur la bille de pied, droite et cylindrique, sans nœud ni picot, d’au moins 3 m et si possible 7 m, d’un diamètre de 45 à 65 cm. Les meilleures pièces vont au placage tranché, pour le revêtement de meubles de haut de gamme, et à l’ébénisterie de luxe, ainsi qu’à la lutherie, à la tournerie et à la sculpture. Les qualités moyennes se dirigent vers le sciage, la menuiserie intérieure et le parquet. L’aubier distinct, les nœuds et les surbilles alimentent des emplois secondaires.

Bille de merisier destinée au placage tranché.

Distinction bille de pied et surbille, aubier et duramen. La stratégie de valorisation repose sur ces distinctions. La valeur d’œuvre tient à la bille de pied de duramen coloré, sain et sans défaut ; l’aubier distinct, les nœuds et les défauts déclassent. C’est un bois à haute valeur unitaire, mais dont la valeur repose sur une qualité exigeante et un volume limité par arbre.

Références de prix. Le dossier ne fournit aucune valeur chiffrée pour le merisier. Toute valeur devra être qualifiée selon l’essence, la classe de produit, la localisation et le moment de marché, et rapportée aux résultats d’adjudication publics plutôt qu’à un barème. Nos propres relevés figurent dans notre étude sur le prix du bois.

Bactériose, gibier et coups de soleil : les risques du merisier

Le merisier est une essence fragile, exposée au gibier comme aux maladies, dont la prévention commence à la plantation.

Gibier

Dégâts de gibier
DégâtAuteurRéponse
Abroutissement des bourgeons, tiges et feuilles ; frottis sur l’écorce fragileCervidésProtection individuelle indispensable, à mailles fines et aérée, sans blesser l’écorce

Pathologies et ravageurs

Pathologies et ravageurs
AgentNatureEffetConduite
Chancre bactérienBactérieDéformations du tronc et dépréciation du boisMatériel sain, éviter les blessures
BactérioseBactérieFlétrissement, dessèchement des feuilles, dépérissement des pousses, favorisée par les plaies d’hiver et de printempsTailler et élaguer de fin juin à mi-août, désinfecter les outils
CylindrosporioseChampignon foliaireJaunissement et chute prématurée des feuilles, mortalité juvénile ou perte de production les années humidesSurveillance
Pourriture du collet et des racinesChampignonMort du plant, favorisée par un collet enterré ou blessé et par les tubes abri-serreNe pas enterrer le collet, protections aérées
Puceron noirInsecteChute des feuilles au printemps, dessèchement des pousses, pouvant anéantir une jeune plantationTraitement si nécessaire au printemps
Coup de soleil, variation de températureStress thermiqueNécroses de l’écorce ; une cime brisée est souvent fatale sans taille immédiateAccompagnement latéral, situation abritée

Prévention. La première prévention est stationnelle, par le choix d’un sol adapté et d’une situation abritée, et génétique, par une provenance française, des clones résistants et un mélange d’au moins cinq clones. Viennent ensuite les précautions de conduite : ne pas blesser le collet ni l’écorce, protéger contre le gibier, tailler et élaguer à la bonne période avec des outils désinfectés, maîtriser la concurrence herbacée, et conduire une sylviculture dynamique pour récolter avant la dégradation du tronc. Le mélange avec des essences autres que rosacées limite la pression sanitaire.

Quelles sont les limites du merisier ?

Le merisier réunit une valeur unitaire élevée et des contraintes nombreuses, qui en font une essence de spécialiste.

Ce que le merisier représente pour un propriétaire

Traduit dans la langue de l’épargne, le merisier est un placement à échéance courte et à date de péremption.

Quarante à soixante ans jusqu’à la récolte, soixante-dix à quatre-vingt-dix tiges à l’hectare au terme : c’est la duration la plus courte des feuillus précieux, et la valeur repose sur un très petit nombre d’arbres.

Trois conséquences pour un patrimoine, et la première n’a d’équivalent nulle part ailleurs dans cette série.

L’actif se périme. Au-delà de soixante-dix à quatre-vingts ans, le tronc se dégrade, cavités et pourritures apparaissent, et l’arbre perd toute valeur d’œuvre. Attendre ne coûte pas un manque à gagner, cela détruit la totalité de la valeur. Aucune autre essence de cette série ne présente une échéance aussi impérative, et c’est le premier point à dire à un propriétaire qui hérite d’un beau merisier ancien : la question n’est pas de savoir s’il faut le vendre, mais quand, et la fenêtre se referme.

La valeur se construit par des heures de travail, pas par le temps qui passe. Taille de formation dès la deuxième année, élagage annuel de fin juin à mi-août, outils désinfectés, éclaircies tous les cinq à dix ans, protection individuelle contre le gibier. Le coût de conduite rapporté au nombre d’arbres est le plus élevé de la série. Le merisier ne s’achète pas, il se fabrique, et un propriétaire qui n’a pas le temps ou le gestionnaire pour cela n’en tirera rien.

La concentration du risque est extrême. Peu d’arbres, une seule bille par arbre, un aubier distinct qui déclasse, une essence fragile exposée au gibier, à la bactériose et aux coups de soleil. C’est une ligne à haute valeur unitaire et à forte variance, qui relève de l’appoint dans un massif, jamais du socle. À ce titre, il se raisonne comme l’érable sycomore, avec lequel il se mélange bien.

Nous développons cette lecture du capital sur pied dans le Livret Arbre.

Questions fréquentes sur le merisier

Le merisier est-il une essence rentable ?

Sa valeur unitaire est élevée, parmi les plus recherchées des feuillus, mais elle ne se réalise que sur station optimale et au prix d’une conduite intensive. La faible longévité impose une récolte précoce, et la valeur se concentre sur la seule bille de pied de qualité.

Sur quelles stations réserver le merisier ?

Le merisier demande des sols profonds, frais, aérés, riches et non hydromorphes, à pH compris entre 5 et 7,5, et des situations abritées. Les fonds de vallée, les pentes exposées au nord ou à l’ouest et les zones de montagne humides lui conviennent ; les sols superficiels séchants, engorgés ou à obstacle souterrain sont à écarter.

Pourquoi le merisier doit-il être récolté tôt ?

Le merisier est peu longévif. Au-delà de 70 à 80 ans, son tronc se dégrade, avec des cavités et des pourritures, et l’arbre perd toute valeur d’œuvre. La récolte se programme vers 50 à 60 ans, avant cette dégradation.

Peut-on le conduire en plantation pure ?

La plantation pure ne se justifie que sur de très petites surfaces, toujours inférieures à un hectare, en raison de la sensibilité du merisier aux ravageurs et aux maladies. Au-delà, il se mélange à des essences autres que rosacées.

Pourquoi tailler et élaguer le merisier en été ?

Le merisier est sensible à une bactériose favorisée par les plaies faites en hiver et au printemps. Les tailles et élagages se réalisent de fin juin à mi-août, outils désinfectés, pour limiter les contaminations.

Comment se valorise le bois de merisier ?

Les meilleures billes de pied, droites et sans défaut, alimentent le placage tranché et l’ébénisterie de luxe, à haute valeur. Les qualités moyennes vont au sciage, à la menuiserie et au parquet. Les prix, absents des sources réunies ici, se vérifient aux adjudications publiques.

Sources

Pour évaluer un peuplement de merisier ou arbitrer la conduite d’une plantation, demandez une évaluation de votre propriété ou confiez-nous sa gestion. Écrivez-nous.

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Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 9 août 2026

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