Le Perche s'étend sur l'Orne, l'Eure-et-Loir, la Sarthe et le nord du Loir-et-Cher, entre la Beauce et le bocage normand. La sylvoécorégion B33 y porte 136 000 hectares de forêt selon l'inventaire forestier national sur 2020-2024. C'est un pays de collines, le seul relief marqué de cette partie du Bassin parisien, sillonné de vallées étroites, où le bocage forme un cloisonnement presque continu et où les massifs boisés alternent avec les prairies d'élevage. Le parc naturel régional du Perche, créé en 1998, en couvre une large part. Le hêtre, essence marquante du massif, fait l'objet d'une fiche dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Le Loir-et-Cher réunit deux pays que nous traitons séparément : la Grande Sologne au sud de la Loire, sur la sylvoécorégion B70, et le Perche vendômois au nord, sur la B33. Les sables tertiaires et le pin sylvestre d’un côté, les argiles à silex et le chêne sessile de l’autre. La médiane départementale de 9 983 euros par hectare, publiée sur la page Sologne, agrège les deux et ne décrit ni l’un ni l’autre.
La composition est nettement feuillue. Sur les 136 000 hectares de la B33, l’IGN compte 57 000 hectares de feuillus purs, 46 000 en mélange de deux feuillus et 21 000 en mélange de feuillus variés, pour 4 000 hectares seulement de conifères purs. Le chêne sessile domine, plus fréquent que le pédonculé, accompagné du charme, du bouleau, du frêne et de merisiers épars. Le hêtre apparaît ponctuellement.
Le substrat est homogène : le schéma régional de gestion sylvicole du CNPF, publié en 2005 sur inventaire IFN 1992-1998, indique que neuf dixièmes du Perche vendômois reposent sur les argiles à silex, souvent recouvertes de limon des plateaux, avec des lentilles de sable localisées. Les sols sont bruns à lessivés, l’hydromorphie temporaire y est très fréquente sous forme de pseudogley, et le document conclut que ces terrains lourds conviennent mieux aux feuillus qu’aux résineux. C’est la raison structurelle de la faible part conifère relevée par l’IGN vingt-cinq ans plus tard.
Le climat distingue nettement le Perche de tous les massifs traités dans nos deux lots. Nos quarante-huit stations donnent 12,0 jours par an au-dessus de trente degrés, contre 20,4 en moyenne nationale et 44,0 à la station des Eyzies, en Périgord. C’est le massif le plus frais de la série, et le seul où la chaleur estivale ne constitue pas un facteur de dépérissement. Le déficit hydrique estival y est exactement au niveau national, à 205 millimètres.
La contrainte est le gel de printemps. Rueil enregistre 11,8 jours de gel en avril et mai, Beaulieu 8,0, Houx 7,0, Longny-au-Perche 6,7, La Fresnaye 6,5, contre 3,7 en moyenne nationale. Le schéma régional relevait déjà quatre-vingt-quatre jours de gelées par an, jusqu’à fin mai, valeur la plus élevée des six régions forestières du Centre qu’il décrit. Sur un sol lourd et froid, cette contrainte retarde le démarrage de végétation et pénalise les essences à débourrement précoce.
C’est le point qui doit retenir l’attention, et il est sans équivalent dans nos deux lots. L’extrait Sirene recense 2 051 établissements de la filière sur l’Orne, l’Eure-et-Loir et la Sarthe, dont soixante-huit scieries, trente-deux dans l’Orne, vingt dans la Sarthe et seize en Eure-et-Loir. Cinq établissements seulement dépassent cinquante salariés, et aucun n’est une scierie. Ce sont AGEM à Cherré-au, dans la charpente, avec deux cents à deux cent quarante-neuf salariés, Drouin à Mézières-sur-Ponthouin et Lacroix Emballages à La Ferté-Macé dans l’emballage, l’Adapei de la Sarthe au Bailleul, et Mahérault à Rives-d’Andaine dans le tournage.
Aucun massif traité dans cette série, pas même les Combrailles, ne présente une absence aussi complète d’outil de première transformation d’échelle. Le Périgord dispose d’au moins une unité de cinquante à quatre-vingt-dix-neuf salariés, le Livradois-Forez de trois. Le Perche n’en a aucune. Le chêne percheron de qualité part vers la Sarthe aval, la Normandie et le Bassin parisien, et le propriétaire supporte le transport dans le prix qui lui est offert.
La pression du grand gibier est modérée et inégale. La saison 2024 place l’Orne au vingt-cinquième rang national pour le cerf élaphe avec 1 582 prélèvements et la Sarthe au quatorzième pour le chevreuil avec 9 398, tandis que l’Eure-et-Loir figure au quatre-vingt-septième rang sur quatre-vingt-quinze pour le sanglier. Le schéma régional signalait déjà l’abroutissement des semis de chêne et des rejets dans les grands massifs de Marchenoir et de Fréteval, et une colonisation progressive par le cerf. Le sujet est local et se traite au dossier, non à l’échelle du massif.
La portance est la contrainte permanente. Sur argile à silex avec pseudogley, la fenêtre d’exploitation est courte et le tassement irréversible. Le Perche est par ailleurs le pays du taillis avec réserves, qui occupait cinquante-six pour cent de la forêt privée du Perche vendômois selon le schéma régional. Une part importante de ces peuplements est vieillie et engagée en conversion vers la futaie, opération qui demande du temps et des travaux avant tout retour financier. Cette structure doit être identifiée avant de retenir une hypothèse de revenu.
Sur les mutations forestières d’un hectare et plus enregistrées à la DVF entre 2021 et 2025, retraitement TerrAgree, la médiane s’établit à 10 627 euros par hectare dans l’Orne sur 488 mutations, à 9 983 dans le Loir-et-Cher, à 8 024 en Eure-et-Loir et à 6 190 dans la Sarthe. L’Orne se place au douzième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains, le Loir-et-Cher au seizième, l’Eure-et-Loir au vingt-deuxième. Les trajectoires divergent : l’Orne progresse de 18,4 pour cent depuis 2021 et la Sarthe de 33,2, tandis que l’Eure-et-Loir recule de 8,9.
Le rapprochement de ces deux séries est l’enseignement de la page. Le Perche réunit des prix fonciers parmi les plus élevés de France et l’absence totale d’industrie de première transformation. Ce n’est pas une contradiction, c’est la confirmation locale du résultat que nous avons établi au niveau national : la médiane départementale mesure d’abord la rareté du bois dans le paysage et la nature de la demande, non la valeur du bois sur pied. Ici, le foncier boisé se paie en concurrence d’usage avec l’herbage, le cheval et la résidence, à moins de deux heures de Paris. Nos conseillers ne disent pas autre chose lorsqu’ils qualifient le Perche au-dessus de la valeur technique en invoquant la chasse et la proximité de la capitale.
L’effet de surface le confirme. Dans l’Orne, le prix passe de 9 927 euros pour les mutations de un à dix hectares à 13 370 de dix à vingt-cinq, puis se stabilise à 13 104 au-delà. En Eure-et-Loir, les deux premières tranches sont pratiquement identiques, à 8 110 et 8 704 euros. Le petit lot boisé s’y paie presque au prix du massif : signature d’un marché où l’acquéreur n’achète pas d’abord un capital sur pied.
Biens disponiblesCette sélection reprend les biens de la page Forêts à vendre, filtrés sur l’Orne, l’Eure-et-Loir, la Sarthe et le Loir-et-Cher. Aucune propriété percheronne n’est actuellement présentée à la vente par le cabinet. Les biens paraissent ici dès leur mise en ligne.
Le cabinet intervient dans le Perche en gestion forestière comme en transaction, depuis Clermont-Ferrand.
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Homo et arbor radices habent