Dans l'Orne, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 10 627 €/ha, sur 504 mutations de plus d'un hectare et 2 943 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département vaut 2,0 fois la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et se situe 11 % au dessous de celle de Normandie, 11 875 €/ha. Il occupe le onzième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 6 503 et 22 882 €/ha, sur une surface médiane de 2,36 hectares.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Orne | Normandie | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 10 627 | 11 842 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 6 503 | 7 362 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 22 882 | 20 221 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 504 | 2 451 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 3 059 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,4 | non publié | 2,3 |
La médiane progresse de 20,2 % en euros courants sur cinq ans, de 9 901 à 11 905 €/ha, avec un premier quartile qui suit, de 6 349 à 7 407 €/ha. C’est le seul des trois départements normands que nous avons traités à progresser : le Calvados recule et l’Eure est étale.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 119 | 9 901 | en attente | en attente |
| 2022 | 101 | 9 664 | en attente | en attente |
| 2023 | 109 | 11 950 | en attente | en attente |
| 2024 | 75 | 11 655 | en attente | en attente |
| 2025 | 100 | 12 041 | en attente | en attente |
L’effet de taille est net et régulier : 9 988 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 429 mutations, 12 585 €/ha de 10 à 25 hectares sur 43 mutations, 13 276 €/ha de 25 à 100 hectares sur 15 mutations. Une seule mutation de plus de cent hectares a été recensée, à Chaumont.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans l’Orne, les deux composantes pèsent réellement.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les argiles à silex du Perche et les schistes du bocage, il est indexé sur des terres d’élevage recherchées, et la proximité relative de l’Île-de-France ajoute une composante d’agrément.
La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur les hêtraies et chênaies d’Écouves, de Bellême, de Perseigne et de Réno-Valdieu, conduites en futaie sur de bonnes stations, elle est substantielle et se calcule à partir d’un cubage.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 7 215 chevreuils, 6 038 sangliers et 1 582 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département. Ce tableau de cerf est le plus fourni de Normandie et il porte une part réelle de la valeur.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne, hêtre et feuillus, à l’ouest du département et sur la Manche et le Calvados. Qualifié au marché vénal par nos conseillers, sans appréciation de terrain, la mention étant « pas d’avis ».
Chêne et hêtre, à l’est, également sur l’Eure-et-Loir et la Sarthe. Nos conseillers y voient un secteur recherché pour la chasse, dont la proximité de Paris fait le dynamisme, mais cette appréciation est mutualisée avec le Gâtinais et décrit un dynamisme que la série de prix ne confirme pas.
Le bocage monte, le Perche recule, et le département.
Le hêtre et le chêne sessile font la valeur, en futaie régulière sur les stations profondes du Perche et des collines de Normandie, avec Écouves, Bellême, Réno-Valdieu et Andaine pour références. Le châtaignier occupe les sols acides du bocage. Le frêne, très présent en bocage, est fortement affecté par la chalarose. Le peuplier tient les fonds de l’Orne et de l’Huisne.
L’appareil local recensé compte 728 établissements, dont 32 scieries, 110 entreprises d’exploitation forestière et 331 de sylviculture. Les unités les plus importantes sont Mahérault à Rives d’Andaine et Lacroix Emballages à La Ferté-Macé, de 50 à 99 salariés, suivies de Tertu à Villedieu-lès-Bailleul et de Raison Bois et Débits à Perrou dans le sciage. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés ornaises.
Le marché tourne autour de 98 mutations par an de plus d’un hectare, avec un creux marqué en 2024. Les communes les plus actives sont La Ferté-en-Ouche avec vingt-quatre mutations en cinq ans, Longny-les-Villages dix-sept, Tourouvre-au-Perche et Putanges-le-Lac quinze, Val-au-Perche et Bretoncelles onze, puis Sap-en-Auge, Crulai et Joué-du-Bois sept. Il s’agit pour l’essentiel de communes nouvelles de vaste étendue, ce qui relativise la concentration apparente. La plus grande opération, de loin, se situe à Chaumont, trois cent quinze hectares en 2022, devant Beaufai, quatre-vingt-six, et Écouché-les-Vallées, quatre-vingt-quatre.
Trois profils se partagent ce marché. Les groupes de chasse et les acquéreurs d’agrément portent le troisième quartile sur les ensembles du Perche et des abords d’Écouves. Les éleveurs et les voisins acquièrent le boisement de bocage en concurrence d’usage. Les professionnels du bois interviennent sur les grands massifs, avec un appareil local limité.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est une contradiction que nous préférons publier. Le Perche, secteur emblématique du département, recule de 7,9 % en cinq ans alors que notre référentiel le décrit encore comme un secteur dynamique porté par la proximité parisienne. Cette appréciation est de surcroît mutualisée avec le Gâtinais et n’a pas été établie pour le Perche lui-même. Le même constat vaut en Eure-et-Loir et en Seine-et-Marne : le segment d’agrément cynégétique du bassin parisien s’est retourné, et nos notes de terrain n’en ont pas encore pris acte.
Le deuxième point est que la progression ornaise, elle, est solide. Médiane en hausse de 20,2 %, premier quartile en hausse de 16,7 %, troisième quartile stable : le mouvement touche le cœur et le bas du marché, ce qui exclut l’artefact. C’est le bocage, non le Perche, qui porte la dynamique.
Le troisième point est l’état sanitaire du frêne. La chalarose a durement touché le bocage ornais. Sur ces stations, le coût de reconstitution se retranche de la valeur, et une haie dépérissante constitue une charge, pas un actif.
Le quatrième point est l’appareil de transformation. Trente-deux scieries, aucune unité de plus de quarante-neuf salariés en première transformation : le bois ornais part en Sarthe, en Mayenne ou plus loin, et le coût de transport se retranche du prix net vendeur.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où le bocage monte et où le Perche recule, la première question de l’évaluation est celle du secteur, et la seconde celle du bail de chasse, qui porte ici une part réelle de la valeur.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans l’Orne.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 10 627 €/ha entre 2021 et 2025, sur 504 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 2,0 fois la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 6 503 et 22 882 €/ha.
La médiane progresse de 9 901 €/ha en 2021 à 11 905 €/ha en 2025, soit 20,2 % en euros courants, et le premier quartile suit, de 6 349 à 7 407 €/ha. Le mouvement touchant le cœur et le bas du marché, il exclut l’effet de quelques transactions exceptionnelles.
La cote du Perche recule de 8 704 €/ha en 2021 à 8 017 en 2025, soit 7,9 %, alors que notre référentiel le décrit encore comme dynamique. Cette appréciation est mutualisée avec le Gâtinais et n’a pas été établie pour le Perche seul : c’est le bocage normand, en hausse de 23,3 %, qui porte la dynamique ornaise.
Avec 1 582 cerfs élaphes prélevés en 2024, l’Orne présente le tableau de cerf le plus fourni de Normandie, et le bail capitalisé porte une part réelle de la valeur sur les propriétés constituées du Perche et des abords d’Écouves.
Quatre vérifications s’imposent : le secteur, bocage ou Perche, dont les trajectoires divergent de trente et un points sur cinq ans, le montant du bail de chasse, l’état sanitaire du frêne en bocage, et la distance à l’acheteur de bois effectif, aucune scierie ornaise ne dépassant quarante-neuf salariés.
De ces 504 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. Bocage normand et Perche ne se paient pas au même prix. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent