En Côte-d'Or, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 4 074 €/ha, sur 837 transactions de plus d'un hectare et 11 200 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 22 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 5 % sous celle de Bourgogne-Franche-Comté. Il occupe le soixante-et-onzième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Ce chiffre est le moins représentatif de la série, et il faut le dire d’emblée. La Côte-d’Or a échangé 11 200 hectares en cinq ans, plus du double de l’Aube ou des Ardennes pour un nombre de ventes comparable. C’est un département de grandes propriétés, et sa médiane, calculée sur des transactions dont la moitié font moins de 2,67 hectares, ne décrit pas le marché qui compte.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Côte-d’Or | Bourgogne-Franche-Comté | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 4 074 | 4 286 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 066 | 2 088 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 10 382 | 10 309 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 821 | 8 059 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 11 221 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,6 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le prix par tranche de surface est ici l’indicateur utile : 3 688 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 4 329 €/ha de 10 à 25 hectares, 8 720 €/ha de 25 à 100 hectares, et 14 850 €/ha au dessus de cent hectares, sur vingt-cinq ventes. Un grand ensemble se paie donc quatre fois le prix unitaire d’une petite parcelle, l’un des gradients les plus marqués de nos travaux, et vingt-cinq ventes de plus de cent hectares en cinq ans constituent un échantillon exploitable, pas une anecdote.
Sur la période, la médiane progresse de 16,4 %, de 3 568 à 4 154 €/ha, avec un pic à 5 430 €/ha en 2024.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 176 | 3 405 | en attente | en attente |
| 2022 | 166 | 4 128 | en attente | en attente |
| 2023 | 165 | 4 118 | en attente | en attente |
| 2024 | 171 | 5 426 | en attente | en attente |
| 2025 | 143 | 3 704 | en attente | en attente |
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et en Côte-d’Or l’écart entre les deux composantes est plus large qu’ailleurs.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Elle distingue les stations à douglas du Morvan et de l’Auxois, parmi les meilleures de France, des plateaux calcaires du Châtillonnais, à chêne de qualité mais à croissance lente.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un douglas morvandiau de quarante ans, cette décote est modérée : le peuplement est proche du produit. Sur un taillis sous futaie de plateau, elle est forte.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. Avec 20 310 sangliers et 1 720 cerfs élaphes prélevés en 2024, la Côte-d’Or est un département cynégétique de premier plan.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne, peuplier et feuillus, sur de très bons sols forestiers. La station est favorable au peuplier, avec des débouchés structurés.
Chêne, feuillus et douglas, au nord du Morvan. Bonne région recherchée, avec la forêt domaniale de Saulieu et ses huit cents hectares comme référence pour le douglas, une station de qualité aussi bien feuillue que résineuse et une chasse dynamique. Nos conseillers y positionnent le marché à la valeur technique et signalent une vigilance sur les dépérissements.
Chêne de plateau, avec le massif d’Arc-en-Barrois pour référence. La chasse y est prisée, mais le massif est éloigné des grands axes routiers et nos conseillers y signalent des dépérissements.
Douglas, épicéa et chêne. Nos conseillers le tiennent pour le meilleur secteur français pour le douglas, avec un débouché résineux structuré à La Roche-en-Brénil.
La Côte-d’Or réunit trois gammes distinctes. Le douglas et l’épicéa du Morvan et de l’Auxois, qui alimentent une industrie résineuse de dimension nationale à La Roche-en-Brénil. Le chêne de plateau du Châtillonnais, à grain fin et à destination de sciage et de merrain. Le chêne et le peuplier du Val de Saône, sur les meilleures stations feuillues du département.
L’appareil local recensé compte 48 scieries, 218 établissements d’exploitation forestière et 319 entreprises de sylviculture, soit 1 005 établissements. C’est le tissu le plus industriel du lot : La Roche-en-Brénil concentre deux unités de plus de cinquante salariés, avec des sites également à Villaines-en-Duesmois, Beire-le-Châtel, Ladoix-Serrigny, Laignes et Recey-sur-Ource. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés côte-d’oriennes.
Le marché tourne autour de 167 ventes par an de plus d’un hectare, mais il se distingue par le volume échangé plutôt que par le nombre. Les communes les plus actives sont Blanot, Champeau-en-Morvan, Saint-Didier, Flavigny-sur-Ozerain, Selongey, Bagnot et Bussy-le-Grand. Les grandes opérations sont nombreuses et régulières : Asnières-en-Montagne, quatre cent quarante-deux hectares, Rougemont, quatre cent vingt et un, Lucenay-le-Duc, trois cent quarante-quatre, Nesle-et-Massoult, trois cent trente-huit, Aubaine, trois cent trois.
Trois profils se le partagent. Les investisseurs institutionnels et les groupements forestiers sont ici pleinement présents, ce qui est rare : ils absorbent les grands ensembles et expliquent la prime de 14 850 €/ha au dessus de cent hectares. Les professionnels du bois et les industriels du résineux achètent du capital sur pied dans le Morvan et l’Auxois. Les particuliers alimentent le premier quartile, très bas à 2 153 €/ha.
Il faut dire ce que la médiane départementale dissimule, et en Côte-d’Or elle dissimule presque tout.
Le premier point est que la médiane de 4 074 €/ha ne décrit aucun marché réel. Elle est la moyenne arithmétique de deux univers : celui des petites parcelles à 3 688 €/ha et celui des grands ensembles à 14 850 €/ha. Un propriétaire de trois hectares et un propriétaire de deux cents hectares n’ont aucun intérêt commun à la citer.
Le deuxième point est le Châtillonnais. Seule région du département en recul, de 20,8 % en cinq ans, il cumule trois handicaps que nos conseillers relèvent : l’éloignement des grands axes, qui renchérit le transport de grumes, les dépérissements de chêne liés aux sécheresses, et une station de plateau calcaire à croissance lente. La notoriété du massif d’Arc-en-Barrois ne compense pas ces trois points.
Le troisième point concerne le douglas. Le Morvan est tenu pour le meilleur bassin français, et cette réputation soutient la demande. Elle ne met pas le peuplement à l’abri : les dépérissements signalés en Auxois par nos conseillers concernent aussi le résineux, et une plantation de douglas sur station limite se comportera mal dans les décennies qui viennent. La qualité de la station se vérifie parcelle par parcelle, pas au niveau de la région naturelle.
Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. Plusieurs des grandes mutations recensées affichent des prix supérieurs à 14 000 €/ha sur plus de trois cents hectares : ces montants incluent probablement du bâti et des terres, et ne se transposent pas.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le prix unitaire varie du simple au quadruple selon la surface, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, de qualifier la station et de positionner la propriété sur le bon segment de marché.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Côte-d’Or.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 4 074 €/ha entre 2021 et 2025, sur 837 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP. Ce chiffre est peu représentatif : le prix médian va de 3 688 €/ha en dessous de dix hectares à 14 850 €/ha au dessus de cent hectares.
Vingt-cinq ventes de plus de cent hectares ont été recensées en cinq ans, à 14 850 €/ha médians. Les investisseurs institutionnels et les groupements forestiers se positionnent sur ce segment, qui offre des ensembles d’un seul tenant, expertisés, avec une chasse constituée. Cette demande n’existe pas sur les petites parcelles.
Nos conseillers tiennent le Morvan pour le meilleur bassin français du douglas, avec une industrie résineuse structurée à La Roche-en-Brénil. Sa cote foncière reste pourtant la plus basse du département, à 3 612 €/ha, en progression de 32,0 % sur cinq ans. La qualité de la station se vérifie néanmoins parcelle par parcelle.
La cote du Châtillonnais recule de 20,8 % entre 2021 et 2025, de 3 903 à 3 090 €/ha. Trois causes se cumulent : l’éloignement des grands axes routiers, qui renchérit le transport des grumes, les dépérissements de chêne liés aux sécheresses, et une station de plateau calcaire à croissance lente.
Quatre vérifications s’imposent : la station réelle sous une plantation de douglas, l’état sanitaire des chênes sur plateau calcaire, la distance aux unités de transformation, particulièrement dans le Châtillonnais, et le bail de chasse en cours, dont le poids est significatif sur les grands ensembles.
Le chiffre de 4 074 €/ha décrit un marché, non une propriété : c’est l’évaluation forestière qui fait passer de l’un à l’autre, en mesurant le capital sur pied et la station. Le repère national et le rang en Côte-d’Or figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le document qui fixe le cap d’un massif sur la page du plan simple de gestion. Les conditions de milieu du Val de Saône, Auxois ou Châtillonnais se lisent dans notre panorama des massifs forestiers de France, le vocabulaire employé ici dans notre lexique forestier, et la marche à suivre pour vendre sa forêt sur sa page dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent