Le prix à l'hectare monte régulièrement avec la taille : 3 588 euros sous dix hectares, 6 234 de dix à vingt-cinq, 9 632 de vingt-cinq à cent. Et 5,8 pour cent des ventes dépassent vingt-cinq hectares, ce qui rend cette échelle lisible plutôt que théorique.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Douze mille hectares échangés en cinq ans pour 1 313 ventes : l’Yonne est un département de grandes propriétés, et sa médiane, calculée sur des transactions dont la moitié font moins de 2,36 hectares, décrit mal le marché qui compte. La moitié des ventes se règlent entre 1 962 et 12 770 €/ha.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Yonne | Bourgogne-Franche-Comté | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 4 005 | 4 286 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 809 | 2 088 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 11 753 | 10 309 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 294 | 8 059 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 12 168 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,4 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le prix par tranche de surface est l’indicateur utile : 3 910 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 7 047 €/ha de 10 à 25 hectares, 11 522 €/ha de 25 à 100 hectares, 15 616 €/ha au dessus de cent hectares, sur dix-neuf ventes. Un grand ensemble se paie quatre fois le prix unitaire d’une petite parcelle.
L’Yonne est par ailleurs l’un des rares départements en recul : la médiane passe de 4 236 €/ha en 2021 à 3 979 €/ha en 2025, soit une baisse de 6,1 % en euros courants, et d’environ vingt points en euros constants.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 266 | 3 900 | en attente | en attente |
| 2022 | 278 | 4 204 | en attente | en attente |
| 2023 | 270 | 3 974 | en attente | en attente |
| 2024 | 224 | 4 317 | en attente | en attente |
| 2025 | 256 | 3 974 | en attente | en attente |
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et dans l’Yonne elle sépare aussi ce qui relève du bois et ce qui relève de la chasse.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Elle distingue les sols humides et profonds de la Puisaye, favorables au chêne, des plateaux calcaires du Tonnerrois, où nos conseillers relèvent des sols tantôt superficiels, tantôt bons dans les combes.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un chêne de merrain, le capital est considérable mais immobilisé pour longtemps.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. Avec 18 245 sangliers prélevés en 2024, l’un des tout premiers tableaux de Bourgogne, cette composante est déterminante sur les grandes propriétés.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne et feuillus de sols humides, autour de Saint-Fargeau. Nos conseillers y voient un très bon secteur, notamment pour le chêne, avec une chasse prisée parce que le foncier est structuré par de grandes propriétés. Les acheteurs de chêne y sont de premier plan.
Chêne sessile de qualité, au nord-est du département. Secteur prisé pour sa proximité avec Troyes et Reims, bien desservi, avec une station favorable à la production et des merrandiers à courte distance.
Chêne et feuillus, au nord. Nos conseillers y relèvent de belles forêts de feuillus.
Chêne et feuillus de plateau calcaire. Nos conseillers en font un secteur délicat : des sols tantôt superficiels, tantôt bons dans les combes, de bons endroits et des moins bons, avec des dépérissements notables.
Le chêne domine la valeur, avec deux qualités distinctes : le chêne de Puisaye et du Pays d’Othe, destiné au merrain et à la tonnellerie, et le chêne de plateau du Tonnerrois, plus irrégulier. Le hêtre, le charme et les feuillus divers accompagnent, avec une valeur unitaire faible. Les résineux sont marginaux, sauf sur la bordure morvandelle du sud du département.
L’appareil local recensé est parmi les plus légers des départements que nous avons traités : 22 scieries, 153 établissements d’exploitation forestière et 262 entreprises de sylviculture, soit 696 établissements. Les unités structurées se situent à Saint-Florentin, Cerisiers, Toucy, Pont-sur-Yonne et Saint-Maurice-Thizouaille, avec une merranderie et une parqueterie. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Cette faiblesse relative de l’appareil local est un point à peser : le chêne icaunais est de qualité, mais une partie des acheteurs vient de l’extérieur du département, notamment de l’Aube et de la Nièvre voisines. Le coût de transport se retranche du prix net vendeur.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés icaunaises.
Le marché tourne autour de 263 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Charny Orée de Puisaye avec quarante mutations en cinq ans, Appoigny, Seignelay et Charbuy dix-sept chacune, Saints-en-Puisaye, Quarré-les-Tombes, Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe et Mézilles seize. Les plus grandes opérations se situent à Mézilles, six cent quarante-cinq hectares, à Aisy-sur-Armançon, quatre cent dix-sept, à Perrigny-sur-Armançon, trois cent quarante-trois.
Trois profils se le partagent. Les investisseurs, les groupements forestiers et les acquéreurs de propriétés de chasse absorbent le segment haut et expliquent les 15 616 €/ha au dessus de cent hectares. Les professionnels du bois, souvent extérieurs au département, achètent du chêne à la valeur technique. Les particuliers et les voisins alimentent le premier quartile, à 1 962 €/ha, l’un des plus bas des départements de plaine.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est que le marché icaunais baisse pendant que ses régions naturelles montent, et l’inverse. La médiane départementale recule de 6,1 % en cinq ans, alors que le Tonnerrois progresse de 62,4 % et le Pays d’Othe de 52,3 %, tandis que la Puisaye recule de 9,6 % et le Sénonais de 20,0 %. Ces mouvements contradictoires, mesurés sur des échantillons de trois cents à six cents ventes, invitent à la prudence : aucun de ces chiffres ne constitue à lui seul une cote opposable, et un vendeur qui choisirait celui qui l’arrange se ferait contredire.
Le deuxième point est sanitaire. Nos conseillers relèvent des dépérissements notables dans le Tonnerrois, sur des plateaux calcaires où les sols superficiels exposent le chêne au stress hydrique. La progression de la cote de ce secteur, la plus forte du département, ne doit pas faire oublier que la ressource y est fragilisée.
Le troisième point tient à la structure du marché. Dix-neuf ventes de plus de cent hectares en cinq ans, à 15 616 €/ha, coexistent avec plus d’un millier de petites parcelles à 3 910 €/ha. Ces deux marchés ne communiquent pas, et la médiane départementale n’a de sens pour aucun des deux.
Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. La plus grande mutation recensée, six cent quarante-cinq hectares à Mézilles, affiche un prix à l’hectare qui n’a aucun sens forestier : il s’agit manifestement d’un ensemble bâti. Aucune valeur ne se déduit d’une ligne DVF sans en connaître la composition.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le prix unitaire varie du simple au quadruple selon la surface et où les régions naturelles évoluent en sens contraire, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, de qualifier la station et de positionner la propriété sur le bon segment.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans l’Yonne.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 4 005 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 313 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP. Ce chiffre est peu représentatif : le prix médian va de 3 910 €/ha en dessous de dix hectares à 15 616 €/ha au dessus de cent hectares.
La médiane départementale recule de 4 236 €/ha en 2021 à 3 979 €/ha en 2025, soit 6,1 % en euros courants et environ vingt points en euros constants. Ce recul global masque des mouvements contraires entre régions naturelles, le Tonnerrois et le Pays d’Othe progressant fortement tandis que la Puisaye et le Sénonais reculent.
La Puisaye affiche la cote la plus élevée avec 5 329 €/ha, devant le Pays d’Othe à 5 118 €/ha, le Sénonais à 3 913 €/ha et le Tonnerrois à 3 636 €/ha. La qualité du chêne et la structure du foncier en grandes propriétés de chasse expliquent la position de la Puisaye.
Dix-neuf ventes de plus de cent hectares ont été recensées en cinq ans, à 15 616 €/ha médians. Ces ensembles réunissent une chasse constituée, avec 18 245 sangliers prélevés dans le département en 2024, un chêne de qualité et un document de gestion. Ils s’adressent à des investisseurs et à des acquéreurs de propriétés de chasse.
Quatre vérifications s’imposent : la profondeur réelle du sol sur les plateaux calcaires du Tonnerrois, où les dépérissements sont notables, la qualité du chêne au regard des débouchés de merranderie, la distance aux acheteurs, l’appareil local étant léger, et le bail de chasse en cours, déterminant sur les grands ensembles de Puisaye.
Le chiffre de 4 005 €/ha décrit un marché, non une propriété : c’est l’évaluation forestière qui fait passer de l’un à l’autre, en mesurant le capital sur pied et la station. Le repère national et le rang dans l’Yonne figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le document qui fixe le cap d’un massif sur la page du plan simple de gestion. Les conditions de milieu du Puisaye, Pays d’Othe ou Sénonais se lisent dans notre panorama des massifs forestiers de France, le vocabulaire employé ici dans notre lexique forestier, et la marche à suivre pour vendre sa forêt sur sa page dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent