Prix de la forêt en Haute-Saône
En Haute-Saône, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 3 803 €/ha, sur 1 203 transactions de plus d'un hectare et 4 896 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 28 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 12 % sous celle de Bourgogne-Franche-Comté. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Haute-Saône ?
La surface médiane des ventes s’établit à 1,88 hectare. La moitié des transactions se règlent entre 1 956 et 9 548 €/ha.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Haute-Saône | Bourgogne-Franche-Comté | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 3 803 | 4 286 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 956 | 2 088 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 9 548 | 10 309 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 203 | 8 059 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 4 952 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 1,9 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le marché est stable : la médiane passe de 3 960 €/ha en 2021 à 4 092 €/ha en 2025, soit 3,3 % en euros courants sur cinq ans, donc un recul en euros constants d’une douzaine de points.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 238 | 3 567 | en attente | en attente |
| 2022 | 226 | 3 882 | en attente | en attente |
| 2023 | 254 | 3 537 | en attente | en attente |
| 2024 | 225 | 4 337 | en attente | en attente |
| 2025 | 260 | 3 809 | en attente | en attente |
La taille ne joue qu’au delà de vingt-cinq hectares : 4 000 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 4 021 €/ha de 10 à 25 hectares, 10 379 €/ha de 25 à 100 hectares, sur vingt-sept ventes. Aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans. Le seuil de vingt-cinq hectares fait ici plus que doubler le prix unitaire, sans étape intermédiaire.
Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et en Haute-Saône elle sépare deux ensembles géographiques distincts.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Elle distingue les grès et granites des Vosges saônoises, productifs en résineux et en hêtre, des sols alluviaux du Val de Saône, favorables au chêne et au peuplier.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur une parcelle de moins de deux hectares, cette valeur se heurte au coût fixe de la mise en marché, qui grève le prix net vendeur.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 8 425 sangliers, 830 cerfs élaphes et 16 chamois prélevés en 2024.
Les régions naturelles de la Haute-Saône
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Le Val de Saône
Chêne, peupliers et feuillus, sur les alluvions du sud du département. Nos conseillers y voient un bon secteur, avec de très bons sols forestiers et une station intéressante pour le peuplier, ainsi que des débouchés structurés pour cette essence.
Les Vosges saônoises
Chêne, hêtre et résineux, sur la retombée occidentale des Vosges. Nos conseillers résument en trois mots : très beau spot, avec un scieur de feuillus à Aillevillers.
Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?
Deux gammes se partagent le territoire. Au nord-est, sur les Vosges saônoises, le sapin, l’épicéa, le douglas et le hêtre, avec une destination de charpente et de sciage. Au sud et à l’ouest, le chêne et le peuplier des alluvions de la Saône, avec des débouchés de sciage, de merrain et de déroulage.
L’appareil local recensé est dense pour la taille du département : 78 scieries, 283 établissements d’exploitation forestière et 298 entreprises de sylviculture, soit 982 établissements. Les unités structurées se situent à Demangevelle, Villersexel, Aillevillers-et-Lyaumont, Froideconche, Velesmes-Échevanne et Luxeuil-les-Bains. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Soixante-dix-huit scieries pour 1 203 ventes en cinq ans est un ratio élevé : la Haute-Saône transforme plus qu’elle ne s’échange, ce qui soutient la concurrence à l’achat de coupes.
Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés haut-saônoises.
- La desserte
- Correcte sur les plateaux et dans le Val de Saône, elle devient limitante sur les versants des Vosges saônoises.
- Le morcellement
- C’est le facteur structurel du département : avec une surface médiane de 1,88 hectare, la plupart des propriétés vendues ne supportent pas seules le coût d’un chantier. Le seuil de vingt-cinq hectares, qui double le prix unitaire, marque l’entrée dans un autre marché.
- La pente
- Déterminante sur la retombée vosgienne, marginale ailleurs.
- La portance
- Les sols hydromorphes des fonds de vallée et les alluvions du Val de Saône restreignent les chantiers aux périodes sèches ou gelées.
- Le droit de chasse
- En 2024, 8 425 sangliers, 6 927 chevreuils et 830 cerfs élaphes ont été prélevés. Le bail se capitalise.
- Le document de gestion
- 28 mutations sur 1203 franchissent le seuil de vingt-cinq hectares, soit 2 % : un plan approuvé y est donc un argument distinctif.
- Le statut réglementaire
- Zonages, servitudes, indivision, bail rural, et l’appartenance au parc naturel régional des Ballons des Vosges sur la frange nord-est.
Le marché local, volume et profils d’acquéreurs
Le marché tourne autour de 244 ventes par an de plus d’un hectare, et sa géographie est sans ambiguïté : les huit communes les plus actives sont toutes dans les Vosges saônoises. Servance-Miellin compte trente-deux mutations en cinq ans, Plancher-Bas vingt-six, Ternuay-Melay-et-Saint-Hilaire vingt-deux, Esmoulières, Amont-et-Effreney et Beulotte-Saint-Laurent dix-neuf chacune, Fresse dix-sept, Mélisey seize. Les plus grandes opérations se situent ailleurs, dans la moitié ouest : Germigney, cent un hectares, Mailleroncourt-Charette, quatre-vingt-dix, Velle-le-Châtel, soixante-dix-huit.
Trois profils se le partagent. Les exploitants forestiers et les scieurs, nombreux, achètent du capital sur pied à la valeur technique. Les propriétaires voisins achètent pour regrouper, ce qui explique la fermeté du prix des petites parcelles malgré leur faible intérêt économique isolé. Les investisseurs institutionnels sont absents, faute d’ensembles de taille suffisante.
Contreparties et points de vigilance
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est le morcellement, et il est le sujet central. Une surface médiane de 1,88 hectare, aucun palier de prix entre un hectare et vingt-cinq hectares, puis un doublement au delà : cette structure signifie qu’en dessous de vingt-cinq hectares, une propriété haut-saônoise ne bénéficie d’aucune prime, quelle que soit sa qualité. Le capital sur pied y est réel mais il se réalise mal, parce que le coût fixe d’un chantier ne se répartit pas.
Le deuxième point est sanitaire, et il vient du voisinage. Un acquéreur qui achète de l’épicéa dans ce département doit faire examiner son peuplement, quelle que soit la tendance affichée.
Le troisième point concerne le Val de Saône. Le marché y porte pour partie sur le peuplier, essence à cycle court dont les cours sont volatils. Nous la signalons sans la tenir pour une tendance acquise.
Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. Une mutation recensée à Mailleroncourt-Charette, quatre-vingt-dix hectares affichés à plus de 53 000 €/ha, n’est pas un prix de forêt : c’est un ensemble. Aucune valeur ne se déduit d’une ligne DVF sans en connaître la composition.
Faire évaluer une forêt en Haute-Saône
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où la parcelle médiane fait moins de deux hectares, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, de qualifier la station et d’apprécier honnêtement ce que la mise en marché d’un petit lot coûtera au vendeur.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Haute-Saône.
Questions fréquentes
Quel est le prix d’un hectare de forêt en Haute-Saône ?
Le prix médian constaté s’établit à 3 803 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 203 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 28 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 956 et 9 548 €/ha.
À partir de quelle surface le prix change-t-il en Haute-Saône ?
Le seuil se situe à vingt-cinq hectares. En dessous, la médiane est de 4 000 €/ha, sans progression notable entre un et vingt-cinq hectares. Au delà, elle atteint 10 379 €/ha, sur vingt-sept ventes en cinq ans. Aucune mutation de plus de cent hectares n’a été recensée.
Où la forêt se paie-t-elle le plus cher en Haute-Saône ?
Le Val de Saône, au sud, se paie un peu plus cher que les Vosges saônoises. L’écart est faible, mais les trajectoires diffèrent : le Val de Saône progresse plus vite que la retombée vosgienne, porté notamment par le peuplier.
Le peuplier est-il un bon investissement en Haute-Saône ?
Nos conseillers relèvent une station intéressante pour le peuplier dans le Val de Saône, avec des débouchés structurés. L’essence présente un cycle court, autour de vingt ans, mais des cours volatils. La forte progression du secteur repose pour partie sur ce compartiment, ce qui invite à la prudence.
Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Haute-Saône ?
Quatre vérifications s’imposent : l’état sanitaire de l’épicéa sur les Vosges saônoises, la contiguïté de la parcelle avec d’autres propriétés susceptibles d’être regroupées, le coût de mise en marché d’un lot de faible contenance, et la portance des sols alluviaux dans le Val de Saône.
Ces 3 803 €/ha portent le sol, les arbres et parfois le bâti sans les séparer : c’est l’évaluation forestière qui fait ce partage. Le rang en Haute-Saône sur les départements publiés figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le plan qui engage une propriété sur dix à vingt ans sur la page du plan simple de gestion. Val de Saône et les Vosges saônoises ne se paient pas au même prix. Notre panorama des massifs forestiers de France les replace à l’échelle nationale, notre lexique forestier en donne le vocabulaire, et la page vendre sa forêt la marche à suivre.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.