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Prix de la forêt en Lozère

En Lozère, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 5 217 €/ha, sur 646 transactions de plus d'un hectare et 4 459 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 4 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 9 % sous celle d'Occitanie. Il occupe le cinquantième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Lozère ?

Avec 646 transactions en cinq ans, soit environ cent vingt-neuf par an, la Lozère compte parmi les marchés forestiers les plus étroits de France. La moitié des ventes se règlent entre 2 017 et 16 331 €/ha, sur une surface médiane de 2,51 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025LozèreOccitanieFrance
Prix médian (€/ha)5 2175 6765 323
1er quartile (€/ha)2 0132 0022 303
3e quartile (€/ha)15 36722 40114 976
Nombre de mutations64411 17086 327
Surface échangée (ha)4 464non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,5non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

Le marché est stable : la médiane passe de 5 391 €/ha en 2021 à 5 217 €/ha en 2025, soit 0,4 % de recul en euros courants. Cette stabilité tranche avec les départements voisins, qui reculent tous nettement sur la même période, l’Aveyron de 25,8 %, la Haute-Loire de 16,1 %, l’Ardèche de 13,9 %.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20211305 411en attenteen attente
20221186 009en attenteen attente
20231464 923en attenteen attente
20241264 515en attenteen attente
20251245 374en attenteen attente

La taille joue jusqu’à cent hectares puis s’inverse : 5 152 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 6 896 €/ha de 10 à 25 hectares, 7 752 €/ha de 25 à 100 hectares, puis 5 415 €/ha au dessus de cent hectares, sur six ventes seulement. Ce dernier chiffre repose sur un effectif trop réduit pour être interprété.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Lozère, le département le moins peuplé de France, cette séparation se complique d’une troisième dimension : la valeur d’usage résidentiel ou agricole d’une parcelle boisée y est souvent supérieure à sa valeur de production.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur la Margeride et le Gévaudan, elle porte une production résineuse réelle. Sur les causses et les serres cévenoles, elle est faible, et la desserte y coûte cher.

La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un pin sylvestre de Margeride ou un châtaignier cévenol, cette valeur est modeste ; sur un sapin pectiné ou un douglas de bonne station, elle est réelle.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 6 460 sangliers, 1 967 cerfs élaphes et 127 mouflons prélevés en 2024.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

L’Aubrac

Hêtre et résineux d’altitude, sur la frange nord-ouest. Nos conseillers y voient des peuplements de pin sylvestre, un secteur peu dynamique car les terres sont plutôt destinées à l’élevage, avec une desserte compliquée.

Le Causse du Larzac

Pin, chêne et garrigue, sur la frange sud. Nos conseillers le rattachent au même ensemble que le Quercy et le Rouergue, avec une appréciation commune aux trois : plateau calcaire, peu productif.

Le Gévaudan

Pin sylvestre, hêtre et résineux, au cœur du département. Nos conseillers résument : on peut trouver de très beaux peuplements résineux, attention à l’exploitation.

La Margeride, à, déborde également sur le nord du département, avec une bonne production de sapin pectiné et de douglas selon nos conseillers.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Trois ensembles coexistent. La Margeride et le Gévaudan portent le pin sylvestre, le sapin pectiné et le douglas, qui constituent le compartiment de valeur. Les Cévennes portent le châtaignier et le pin maritime, avec des débouchés limités et une exploitation difficile. Les causses portent le pin noir et le chêne pubescent, avec une production que nos conseillers jugent faible.

L’appareil local recensé est très léger au regard de l’étendue du département : 27 scieries, 95 établissements d’exploitation forestière et 171 entreprises de sylviculture, soit 456 établissements au total. Les unités structurées se situent à Mende, avec notamment une usine de granulés, à Peyre-en-Aubrac, Fontans, Saint-Chély-d’Apcher et Bédouès-Cocurès. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

La présence d’une unité de granulation à Mende mérite d’être notée : elle offre un débouché aux petits bois et aux produits de faible valeur, ce qui compte dans un département où le pin sylvestre domine.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés lozériennes.

La desserte
Nos conseillers la nomment explicitement pour le Gévaudan et pour l’Aubrac : attention à l’exploitation, desserte compliquée. C’est le premier facteur de prix du résineux lozérien.
Le morcellement
Avec une surface médiane de 2,51 hectares et six ventes seulement de plus de cent hectares en cinq ans, le marché offre peu d’objets de taille économique.
La pente
Déterminante dans les Cévennes, les gorges du Tarn et sur les versants du mont Lozère.
La portance
Les sols granitiques de la Margeride et les tourbières d’altitude restreignent les fenêtres de chantier.
Le droit de chasse
En 2024, 6 460 sangliers, 3 447 chevreuils, 1 967 cerfs élaphes et 127 mouflons ont été prélevés. Le bail se capitalise, avec une densité de cerf notable pour un département aussi peu peuplé.
Le document de gestion
25 mutations sur 646 franchissent le seuil de vingt-cinq hectares, soit 4 % : au dessous, aucun plan opposable n’est exigible.
Le statut réglementaire
Zonages, servitudes, indivision, et surtout l’appartenance au parc national des Cévennes, dont la réglementation en zone cœur encadre strictement les interventions sylvicoles, ainsi que le classement des Causses et Cévennes au patrimoine mondial.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 129 ventes par an de plus d’un hectare, l’un des rythmes les plus faibles de nos travaux. Les communes les plus actives sont Saint-Étienne-Vallée-Française et Le Collet-de-Dèze avec vingt-six mutations en cinq ans, Gorges du Tarn Causses et Mont Lozère et Goulet vingt, Peyre en Aubrac dix-neuf, Lachamp-Ribennes seize, Monts-de-Randon et Saint-Germain-du-Teil quinze. Les plus grandes opérations se situent à Cheylard-l’Évêque, cinq cent vingt-quatre hectares, très au dessus des suivantes, Moissac-Vallée-Française avec cent quatre-vingt-dix hectares et Grandrieu avec cent soixante-seize.

Trois profils se le partagent. Les agriculteurs et les éleveurs, dans un département où l’élevage domine l’usage du sol, achètent des parcelles boisées attenantes. Les professionnels du bois, peu nombreux, achètent le résineux de Margeride et du Gévaudan à la valeur technique. Les acquéreurs d’agrément, attirés par les Cévennes et les causses, alimentent le troisième quartile sur des biens dont la valeur n’est pas forestière.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est l’étroitesse du marché. Cent vingt-neuf ventes par an de plus d’un hectare, six seulement de plus de cent hectares en cinq ans : un vendeur lozérien s’adresse à un nombre très restreint d’acquéreurs, et un acquéreur dispose de peu de comparables. Cette illiquidité joue dans les deux sens et rend toute négociation dépendante du calendrier de chacun.

Le deuxième point est la capacité de mobilisation. Vingt-sept scieries et quatre-vingt-quinze exploitants forestiers, dans un département dont la surface est parmi les plus vastes de France. Nos conseillers ajoutent, pour le Gévaudan comme pour l’Aubrac, une réserve explicite sur l’exploitation. Un beau peuplement résineux qui ne se sort pas ne vaut pas ce que le cubage indique.

Le troisième point est le contraste entre la stabilité départementale et le recul des régions naturelles. La médiane du département est stable à 0,4 % près, tandis que le Gévaudan recule de 35,1 %, le Larzac de 25,9 % et l’Aubrac de 14,7 %. Ces mouvements ne se recoupent pas, et nous n’avons pas d’explication établie. Les échantillons annuels des régions naturelles sont réduits, ce qui peut suffire à produire cet écart. Nous publions les deux lectures en signalant leur divergence.

Le quatrième point est réglementaire, et il est spécifique à ce département. Le parc national des Cévennes couvre une part significative du territoire, et sa réglementation en zone cœur encadre strictement les interventions sylvicoles. Une propriété située dans ce périmètre ne se gère pas comme une autre, et cette contrainte doit être vérifiée avant tout engagement, parcelle par parcelle.

Faire évaluer une forêt en Lozère

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un marché aussi étroit, où l’exploitation est le facteur limitant, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, d’en retrancher le coût réel de sortie et de vérifier le zonage du parc national.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Lozère.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt en Lozère ?

Le prix médian constaté s’établit à 5 217 €/ha entre 2021 et 2025, sur 646 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 4 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 017 et 16 331 €/ha.

Pourquoi le marché forestier lozérien est-il si peu actif ?

Avec environ cent vingt-neuf ventes par an de plus d’un hectare, la Lozère figure parmi les marchés les plus étroits que nous ayons documentés, et six mutations seulement de plus de cent hectares y ont été recensées en cinq ans. La faible densité de population et la prédominance de l’élevage expliquent cette rareté des transactions.

Le prix de la forêt baisse-t-il en Lozère ?

La médiane départementale est stable, à 0,4 % de recul entre 2021 et 2025, alors que l’Aveyron perd 25,8 % et la Haute-Loire 16,1 % sur la même période. Les régions naturelles lozériennes reculent pourtant nettement, ce qui constitue une divergence que nos données n’expliquent pas et que nous signalons comme telle.

Où trouve-t-on le meilleur résineux en Lozère ?

Nos conseillers désignent le Gévaudan, où l’on peut trouver de très beaux peuplements résineux, et la Margeride, à bonne production de sapin pectiné et de douglas sur de bons sols forestiers. Dans les deux cas, ils assortissent leur appréciation d’une réserve explicite sur l’exploitation.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Lozère ?

Quatre vérifications s’imposent : le zonage au regard du parc national des Cévennes, dont la réglementation en zone cœur encadre les interventions sylvicoles, le coût réel de sortie des bois, le nombre d’opérateurs susceptibles d’acheter la coupe, le département n’en comptant que quatre-vingt-quinze, et la nature réelle du peuplement, résineux de production ou châtaignier cévenol.

Ce que en Lozère on paie et ce qu’une propriété vaut sont deux questions distinctes : la seconde relève de l’évaluation forestière, qui mesure les peuplements avant de conclure. Notre rapport sur le prix de la forêt en France donne le repère national et le rang du département ; la page du plan simple de gestion donne le document qui l’accompagne sur dix à vingt ans. Le panorama des massifs forestiers de France situe Aubrac, Causse du Larzac ou Gévaudan, le lexique forestier définit les termes, et vendre sa forêt décrit la cession.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent