En Charente-Maritime, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 2 662 €/ha, sur 1 133 transactions de plus d'un hectare et 4 382 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se situe 49 % au dessous de la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 39 % au dessous de celle de Nouvelle-Aquitaine, 4 682 €/ha. Il occupe l'avant-dernier rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 1 498 et 7 165 €/ha, sur une surface médiane de 2,01 hectares.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Charente-Maritime | Nouvelle-Aquitaine | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 2 662 | 4 504 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 498 | 2 004 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 7 165 | 14 428 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 133 | 23 045 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 4 480 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,0 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le troisième quartile départemental, 7 165 €/ha, est inférieur de 46 % au troisième quartile national. Ce n’est donc pas seulement le bas du marché qui est bas.
La médiane progresse de 4,6 % en euros courants sur cinq ans, de 2 692 à 2 816 €/ha. Le mouvement significatif est ailleurs : le troisième quartile perd 39,3 %, de 10 794 à 6 547 €/ha.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 246 | 2 523 | en attente | en attente |
| 2022 | 216 | 2 368 | en attente | en attente |
| 2023 | 231 | 2 731 | en attente | en attente |
| 2024 | 240 | 2 769 | en attente | en attente |
| 2025 | 200 | 2 595 | en attente | en attente |
L’effet de taille est faible : 2 814 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 1 072 ventes, 3 331 €/ha de 10 à 25 hectares sur 43 ventes, 4 466 €/ha de 25 à 100 hectares sur 18 ventes, soit un rapport de 1,6 seulement entre les extrêmes. Aucune vente de plus de cent hectares n’est recensée sur la période.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Charente-Maritime, la séparation est plus lisible qu’ailleurs, le marché portant majoritairement du pin maritime dont la valeur de consommation est calculable.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les sables et les argiles de la Double saintongeaise, elle est modeste et fortement dépendante de la desserte et du réseau de défense contre l’incendie.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité et du risque. Sur un pin maritime, elle se calcule à partir d’un volume et d’un prix au mètre cube connus : un peuplement de dix ans et un peuplement de quarante ans se vendent au même hectare, pas au même prix.
Sur les peuplements non encore exploitables, c’est la valeur actuelle d’avenir qui s’applique, et non la valeur de consommation.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 6 028 sangliers, 8 059 chevreuils et 230 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
. Nos conseillers y relèvent une bonne production de pins et une filière très développée, tout en signalant le risque incendie malgré des réseaux DFCI qu’ils jugent très bons. C’est le seul secteur du département dont la dynamique de prix est nettement positive.
. Nos conseillers la décrivent comme un secteur recherché pour la chasse, où l’on trouve également de jolies forêts de chêne. Son périmètre déborde largement sur la Dordogne et la Gironde : le recul mesuré ne se rapporte pas à la seule Charente-Maritime.
Le pin maritime domine le marché en nombre de transactions. Le chêne pédonculé et le chêne vert accompagnent, en peuplements hétérogènes de faible valeur unitaire. Le peuplier occupe les vallées de la Charente, de la Boutonne et de la Seudre, avec un débouché de déroulage à cycle court.
L’appareil local recensé compte 694 établissements, dont 41 scieries, 61 entreprises d’exploitation forestière et 210 de sylviculture. Le fait notable est la présence de 17 établissements d’imprégnation et de traitement, cohérente avec une économie de pin. Parmi les unités les plus importantes figurent Joubert à Saint-Jean-d’Angély, de 100 à 199 salariés, Sotrinbois à Villiers-Couture et Malvaux Origin à Loulay, de 50 à 99 salariés, ainsi que les tonnelleries Radoux à Jonzac et Baron aux Gonds. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés de Charente-Maritime.
Le marché tourne autour de 227 ventes par an de plus d’un hectare, avec un repli marqué en 2025. La concentration géographique est le trait le plus frappant du département : neuf communes de Haute-Saintonge, Clérac avec soixante et onze mutations en cinq ans, Bussac-Forêt trente-cinq, Cercoux trente-quatre, La Genétouze trente-deux, Bédenac trente et une, Le Fouilloux trente, Saint-Aigulin vingt-sept, Saint-Martin-de-Coux vingt-six et La Clotte vingt-trois, concentrent 27 % de toutes les transactions forestières du département. Le marché forestier de la Charente-Maritime est, pour l’essentiel, celui d’un seul canton.
Deux profils dominent. Les acteurs de la filière pin achètent la ressource à la valeur technique, sans prime d’agrément. Les chasseurs et les particuliers alimentent le troisième quartile sur les propriétés feuillues de la Double. Les institutionnels sont absents, faute de taille : aucune vente de plus de cent hectares en cinq ans.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est le risque incendie, et nos conseillers le posent sans détour : la production de pin est bonne, la filière développée, les réseaux DFCI très bons, et le risque demeure. Un massif de pin maritime en Haute-Saintonge est assurable mais non assuré à sa valeur de reconstitution : la perte totale d’un peuplement de trente ans est un événement possible, pas théorique.
Le deuxième point est la baisse du haut du marché. Le troisième quartile perd 39,3 % en quatre ans quand la médiane progresse de 4,6 %. La ressource de production tient, l’agrément décroche. Un vendeur qui a fait évaluer sa propriété en 2021 sur des comparables d’agrément doit refaire l’exercice.
Le troisième point est la dépendance à un débouché unique. Plus du quart du marché se concentre sur neuf communes de Haute-Saintonge, où le prix est déterminé par un petit nombre d’acheteurs professionnels. La mise en concurrence y est la première source de valeur, avant toute considération sylvicole.
Le quatrième point tient à la donnée. Une même emprise de 81,6 hectares à Bussac-Forêt figure deux fois dans les relevés, en avril 2021 pour 66 200 € et en juin 2025 pour 540 000 €. Un tel écart ne se lit pas comme une évolution de marché : il signale une mutation partielle ou une composition différente du bien. Les prix DVF sont tout compris.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise. Sur un massif de pin, la valeur se calcule à partir d’un cubage, d’un âge et d’un prix au mètre cube, pas d’une médiane qui mêle des peuplements de tous âges.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Charente-Maritime.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 2 662 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 133 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 49 % au dessous de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 498 et 7 165 €/ha.
Le marché porte majoritairement du pin maritime valorisé sur sa seule ressource, sans prime d’agrément, dans un département où la surface médiane de vente atteint 2,01 hectares et où aucune propriété de plus de cent hectares n’a changé de mains en cinq ans. Le troisième quartile départemental, 7 165 €/ha, se situe 46 % au dessous du troisième quartile national.
La médiane progresse faiblement, de 2 692 €/ha en 2021 à 2 816 €/ha en 2025, soit 4,6 % en euros courants. Le troisième quartile recule en revanche de 39,3 % sur la même période, ce qui traduit un décrochage du segment d’agrément pendant que le segment de production se maintient.
Nos conseillers relèvent un risque incendie réel malgré des réseaux DFCI qu’ils jugent très bons. Ce risque se traduit en évaluation par une décote sur la valeur de la superficie des peuplements résineux non encore exploitables, la perte totale d’un peuplement de trente ans étant un événement possible et non couvert à sa valeur de reconstitution.
Quatre vérifications s’imposent : l’âge réel du peuplement de pin et le volume sur pied, qui font l’essentiel de la valeur, l’état du réseau DFCI et des obligations de débroussaillement, la portance des sables en période humide, et le nombre d’acheteurs réellement mis en concurrence, le marché de Haute-Saintonge étant tenu par un petit nombre de professionnels.
Ces 1 133 mutations disent ce qui s’est payé, pas ce que vaut un bien précis : cette bascule est l’objet de l’évaluation forestière. Le classement des départements et la méthode de calcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion qui conditionne la garantie de gestion durable sur la page du plan simple de gestion. Pour situer Saintonge et Double parmi les grands ensembles français, voir notre panorama des massifs forestiers de France ; pour le vocabulaire, notre lexique forestier ; pour la marche à suivre, vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent