En Charente, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 3 310 €/ha, sur 1 494 transactions de plus d'un hectare et 6 543 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se situe 35 % au dessous de la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 22 % au dessous de celle de Nouvelle-Aquitaine, 4 682 €/ha. Il occupe le quatre-vingt-cinquième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 1 576 et 14 610 €/ha, sur une surface médiane de 2,12 hectares.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Charente | Nouvelle-Aquitaine | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 3 310 | 4 504 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 576 | 2 004 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 14 610 | 14 428 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 494 | 23 045 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 6 634 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,2 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le rapport entre le troisième et le premier quartile atteint 9,0 en Charente, contre 6,5 au plan national. Le département ne porte pas un marché mais deux, et la médiane ne décrit correctement ni l’un ni l’autre.
La médiane recule de 16,0 % en euros courants sur cinq ans, de 4 350 à 3 655 €/ha. Le premier quartile suit le même mouvement.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 316 | 4 226 | en attente | en attente |
| 2022 | 315 | 2 857 | en attente | en attente |
| 2023 | 312 | 3 404 | en attente | en attente |
| 2024 | 264 | 3 017 | en attente | en attente |
| 2025 | 287 | 3 201 | en attente | en attente |
La taille joue fortement : 3 502 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 1 417 ventes, 5 470 €/ha de 10 à 25 hectares sur 79 ventes, 8 944 €/ha de 25 à 100 hectares sur 25 ventes. Au dessus de cent hectares, trois ventes seulement, effectif insuffisant pour publier une médiane.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Charente, cette confusion est trompeuse, le département mélangeant taillis de faible valeur et pineraies de production dans un même chiffre.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : potentiel de production, desserte, situation. Sur les groies et les terres de champagne charentaises, elle reste voisine de la valeur agricole. Sur les sables du sud du département, elle en diverge nettement.
La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Un taillis de châtaignier et un pin maritime de quarante ans ne relèvent pas du même ordre de grandeur : le premier quartile charentais à 1 576 €/ha décrit des peuplements dont la valeur de consommation est proche de zéro.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 8 324 sangliers, 9 042 chevreuils, 334 cerfs élaphes et 10 daims ont été prélevés dans le département.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Peuplements hétérogènes, mélange de pins et de feuillus. Nos conseillers y relèvent Alliance Forêts Bois et Piveteau parmi les acteurs de la filière. L’hétérogénéité est ici la donnée centrale : deux parcelles voisines peuvent porter l’une un taillis dégradé, l’autre une pineraie conduite, sans que le cadastre ni la photographie aérienne ne les distinguent.
. C’est le secteur des tonnelleries, mais le référentiel TerrAgree y porte une appréciation mutualisée avec l’Entre-deux-Mers girondin, sans analyse propre au Cognaçais. Nous publions la qualification, l’explication de terrain reste à écrire.
Le pin maritime fait le volume au sud, le chêne pédonculé et le châtaignier le nord et l’est. Le premier relève d’une économie de production, avec des prix de bois sur pied connus. Les seconds relèvent souvent du bois énergie, où la valeur de consommation est faible et le coût d’exploitation élevé au regard de la recette.
L’appareil local recensé compte 553 établissements, dont 37 scieries, 94 entreprises d’exploitation forestière et 149 de sylviculture. La Charente porte surtout une concentration industrielle de transformation fine : la tonnellerie Taransaud à Merpins, de 250 à 499 salariés, Seguin Moreau à Merpins et la tonnellerie Vicard à Cognac, de 100 à 199 salariés chacune, auxquelles s’ajoutent Joubert Les Éliots à Val-d’Auge et Toubois à Chasseneuil-sur-Bonnieure dans le placage et le panneau. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés charentaises.
Le marché tourne autour de 305 ventes par an de plus d’un hectare, en repli sensible depuis 2023. Les communes les plus actives sont Nanteuil-en-Vallée avec vingt-neuf mutations en cinq ans, Terres-de-Haute-Charente vingt-sept, Montmoreau vingt-six, Écuras vingt-quatre, Montbron vingt-deux, Brigueuil vingt, Cellefrouin dix-neuf, Roussines et Grassac dix-huit. Les plus grandes opérations se situent à Grassac, cent quatre-vingt-trois hectares en décembre 2025, à Boisbreteau, cent soixante-dix, à Cellefrouin, cent cinquante-trois.
Trois profils se partagent ce marché. Les exploitants et coopératives achètent le pin de production au sud, à la valeur technique et sans prime. Les voisins et les particuliers alimentent le premier quartile, à 1 576 €/ha. Les chasseurs portent le troisième quartile à 14 610 €/ha, sur les ensembles constitués du Confolentais et de la Haute-Charente.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est le plus contre-intuitif, et il est décisif. La Charente porte trois tonnelleries de plus de cent salariés, et ce n’est pas du chêne charentais qu’elles achètent. Le merrain de qualité tonnellerie vient de l’Allier, de la Nièvre, de la Côte-d’Or et des forêts domaniales du Centre. La densité industrielle du Cognaçais ne se transmet donc pas au prix du foncier forestier local, et la cote du Cognaçais, 3 447 €/ha, en apporte la démonstration. Un vendeur qui espère une prime au motif que les tonneliers sont à vingt kilomètres se trompe de raisonnement.
Le deuxième point est la dispersion. Un rapport de 9,0 entre les quartiles signifie qu’aucune moyenne départementale n’est utilisable en négociation.
Le troisième point est le recul du marché : la médiane perd 16,0 % en cinq ans et le premier quartile recule avec elle. Une baisse qui touche simultanément le bas et le milieu du marché n’est pas un artefact d’échantillon, c’est une érosion de fond, à mettre en regard de la faiblesse des cours du bois énergie feuillu.
Le quatrième point tient à l’état sanitaire. Le châtaignier charentais est affecté et le taillis vieilli n’a plus de débouché rémunérateur : sur ces peuplements, le coût de reconstitution doit être retranché de la valeur, et non ajouté à une espérance.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise. Dans un département dont le marché est scindé en deux, la seule démarche sérieuse est de qualifier la station et le peuplement sur le terrain, puis de séparer la valeur du fonds de celle de la superficie.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Charente.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 3 310 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 494 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 35 % au dessous de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 576 et 14 610 €/ha.
Le département associe des taillis de châtaignier et de chêne à faible valeur de consommation, souvent orientés vers le bois énergie, et une surface médiane de vente de 2,12 hectares qui interdit l’économie d’échelle. La médiane recule en outre de 16,0 % sur cinq ans, ce qui traduit une érosion de fond du bas et du milieu du marché.
Les trois tonnelleries de plus de cent salariés implantées à Merpins et à Cognac s’approvisionnent en merrain dans les forêts du Centre et de Bourgogne, principalement l’Allier, la Nièvre et la Côte-d’Or. La cote du Cognaçais, 3 447 €/ha, confirme que cette densité industrielle ne se répercute pas sur le foncier forestier local.
Une parcelle de 1 à 10 hectares se négocie 3 502 €/ha médians, un ensemble de 25 à 100 hectares 8 944 €/ha, soit un rapport de 2,6. Le nombre d’ensembles supérieurs à cent hectares mis en vente reste trop faible, trois en cinq ans, pour établir une référence à ce niveau.
Quatre vérifications s’imposent : l’état sanitaire du châtaignier, l’encre et le chancre étant largement présents dans le nord du département, la réalité du débouché pour un taillis feuillu vieilli, la portance des terres argileuses qui restreint les périodes de chantier, et l’écart entre la parcelle examinée et la médiane départementale, dont la dispersion rend l’usage trompeur.
Une médiane de 3 310 €/ha ne remplace pas une visite : la méthode qui chiffre un massif est exposée sur la page de l’évaluation forestière, celle qui fixe son cap sur la page du plan simple de gestion. Le repère national auquel elle se compare figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France. Les stations du Angoumois et Cognaçais sont décrites dans notre panorama des massifs forestiers de France, les termes employés ici dans notre lexique forestier, et la conduite d’une cession sur la page vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent