En Haute-Vienne, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 5 680 €/ha, sur 1 910 transactions de plus d'un hectare et 8 762 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 2 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 22 % celle de Nouvelle-Aquitaine, 4 682 €/ha. Il occupe le quarante-neuvième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Un chiffre commande la lecture de ce département : le troisième quartile s’établit à 22 387 €/ha, un niveau que l’on ne rencontre ailleurs que dans les départements de chasse d’agrément, Loiret, Cher ou Indre. Un quart des ventes de plus d’un hectare s’y conclut au dessus de ce niveau, alors que le premier quartile reste à 2 250 €/ha. Le marché haut-viennois est l’un des plus dispersés de France, avec un rapport de dix du premier au troisième quartile.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Haute-Vienne | Nouvelle-Aquitaine | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 5 680 | 4 504 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 232 | 2 004 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 22 028 | 14 428 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 900 | 23 045 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 8 770 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,2 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
C’est également le seul département du Limousin en recul : la médiane passe de 6 289 €/ha en 2021 à 5 663 €/ha en 2025, soit une baisse de 10,0 % en euros courants, et de l’ordre de vingt-cinq points en euros constants.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 391 | 6 160 | en attente | en attente |
| 2022 | 406 | 5 084 | en attente | en attente |
| 2023 | 434 | 5 778 | en attente | en attente |
| 2024 | 354 | 5 594 | en attente | en attente |
| 2025 | 315 | 5 666 | en attente | en attente |
La taille joue peu : 5 416 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 7 445 €/ha de 10 à 25 hectares, 7 898 €/ha de 25 à 100 hectares, 8 940 €/ha au dessus de cent hectares, sur cinq ventes. La dispersion ne vient donc pas de la surface : elle vient de la nature des biens vendus.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Haute-Vienne, cette confusion est particulièrement trompeuse, parce que le département mêle des parcelles boisées à usage résidentiel ou agricole, très chères à l’hectare, et de véritables forêts de production, bien moins chères.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur les monts d’Ambazac et la bordure de Millevaches, la pluviométrie et la profondeur du sol donnent des stations à douglas de premier ordre. Sur les versants de bocage à châtaignier, la production est sans commune mesure.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Une plantation de douglas de trente ans est une valeur actuelle d’avenir, pas un produit.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 9 093 sangliers et 1 039 cerfs élaphes prélevés en 2024.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne, châtaignier et douglas sur la bordure haut-viennoise du plateau. Nos conseillers y voient un très bon secteur pour le douglas et l’épicéa, avec une production élevée, une bonne pluviométrie, une exploitation relativement aisée et une filière active.
Douglas, épicéa et pin sylvestre, sur le cœur du grand bassin résineux limousin, dont la Haute-Vienne occupe la bordure occidentale. Pluviométrie encore meilleure, production également, mais altitude et éloignement pèsent sur le foncier.
Trois gammes coexistent. Le douglas et l’épicéa de plantation, issus des reboisements du Fonds forestier national, constituent le capital de valeur. Le châtaignier, très étendu, alimente une filière de piquet et de clôture propre au Limousin. Le chêne de bocage occupe le reste, avec une valeur unitaire modeste.
L’appareil local recensé compte 104 scieries, 222 établissements d’exploitation forestière et 556 entreprises de sylviculture, soit 1 320 établissements. Sa physionomie est singulière : plusieurs des unités les plus structurées du département fabriquent des clôtures et des piquets, à Saint-Yrieix-la-Perche, à Glandon et à Coussac-Bonneval, ce qui traduit l’importance du châtaignier. D’autres travaillent le résineux, à Sauviat-sur-Vige, à La Chapelle-Montbrandeix et à Chamboret. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Cette filière piquet est un débouché réel pour le châtaignier, mais elle ne transforme pas un taillis en actif de rendement : la valeur unitaire du produit reste faible.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés haut-viennoises.
Le marché tourne autour de 382 ventes par an de plus d’un hectare, un rythme élevé. Les communes les plus actives sont Marval avec cinquante mutations en cinq ans, Ambazac et Châteauponsac quarante-trois chacune, Saint-Yrieix-la-Perche et Saint-Pardoux-le-Lac trente-huit, Saint-Sylvestre trente-cinq, Jabreilles-les-Bordes trente et un, Saint-Mathieu trente. Les plus grandes opérations se situent à Beaumont-du-Lac, deux cent vingt-cinq hectares, à Saint-Bonnet-Briance, cent quatre-vingts, à La Croisille-sur-Briance, cent soixante et un.
Trois profils se le partagent. Les particuliers et les riverains, très majoritaires en nombre, achètent de petites parcelles, parfois attenantes à une habitation, et forment le segment qui produit le troisième quartile élevé. Les professionnels du bois et les coopératives achètent du douglas à la valeur technique. Les investisseurs sont peu présents, faute d’ensembles de taille suffisante : cinq ventes seulement de plus de cent hectares en cinq ans.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule, et en Haute-Vienne il dissimule une confusion.
Le premier point est que le troisième quartile de 22 387 €/ha n’est pas un prix de forêt. Un quart des ventes de plus d’un hectare se conclut au dessus de ce niveau, ce qui est incompatible avec la valeur d’un peuplement forestier limousin, fût-il du meilleur douglas. Ces montants correspondent à des parcelles boisées vendues pour d’autres raisons : attenance à une habitation, agrément, périphérie de Limoges, constructibilité espérée. Un propriétaire qui s’en réclame pour évaluer une forêt de production se trompe d’actif, et un notaire ou un expert contradicteur le relèvera.
Le deuxième point est la baisse. La Haute-Vienne est le seul département du Limousin dont la médiane recule, de 10,0 % en euros courants et d’environ vingt-cinq points en euros constants, alors que la Creuse voisine progresse de 57,7 % sur la même période. Cet écart entre deux départements du même bassin de production mérite d’être expliqué avant d’être commenté : nous l’attribuons à la structure du marché haut-viennois, plus résidentiel et moins forestier, mais nous le donnons comme hypothèse.
Le troisième point est le châtaignier. Il occupe des surfaces considérables, il alimente une filière piquet réelle, et il ne constitue pas pour autant un actif de rendement. Il est en outre exposé à la maladie de l’encre et au chancre. Un cubage qui le compte au même titre que le douglas surestime le capital.
Le quatrième point est sanitaire. L’épicéa commun associé au douglas dans les reboisements a été touché par les scolytes et les sécheresses. Un peuplement d’épicéa acheté aujourd’hui dans ce département s’achète avec un risque de dépréciation rapide.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le prix va de 2 250 à plus de 22 000 €/ha selon la nature du bien, l’évaluation suppose d’abord de qualifier ce que l’on évalue : une forêt de production ou une parcelle boisée à usage résidentiel.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Haute-Vienne.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 5 680 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 910 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 2 % au-dessus de la médiane nationale. La moitié des transactions se situent entre 2 250 et 22 387 €/ha, soit un rapport de dix entre les deux quartiles.
Un quart des ventes de plus d’un hectare dépasse ce niveau, qui est incompatible avec la valeur d’un peuplement forestier de production. Ces montants correspondent à des parcelles vendues pour leur attenance à une habitation, leur agrément ou leur situation en périphérie de Limoges, non pour leur capital sur pied.
La médiane départementale recule de 6 289 €/ha en 2021 à 5 663 €/ha en 2025, soit 10,0 % en euros courants, alors que la Creuse voisine progresse de 57,7 % sur la même période. Cet écart entre deux départements du même bassin de production tient probablement à la structure plus résidentielle du marché haut-viennois.
Le châtaignier alimente une filière de piquet et de clôture bien implantée, avec des unités à Saint-Yrieix-la-Perche, Glandon et Coussac-Bonneval. Cette filière constitue un débouché réel mais la valeur unitaire du produit reste faible, et le châtaignier est exposé à la maladie de l’encre et au chancre.
Quatre vérifications s’imposent : la nature réelle du bien, forêt de production ou parcelle d’agrément, l’âge et la densité de la plantation résineuse, la part d’épicéa exposée aux scolytes, et l’accès grumier dans les vallées encaissées. S’y ajoute le zonage du parc naturel régional sur la frange orientale.
Le chiffre de 5 680 €/ha décrit un marché, non une propriété : c’est l’évaluation forestière qui fait passer de l’un à l’autre, en mesurant le capital sur pied et la station. Le repère national et le rang en Haute-Vienne figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le document qui fixe le cap d’un massif sur la page du plan simple de gestion. Les conditions de milieu du Limousin et plateau de Millevaches se lisent dans notre panorama des massifs forestiers de France, le vocabulaire employé ici dans notre lexique forestier, et la marche à suivre pour vendre sa forêt sur sa page dédiée.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent