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Prix de la forêt dans le Gard

Dans le Gard, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 6 041 €/ha, sur 955 mutations de plus d'un hectare et 5 701 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 14 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 8 % celle d'Occitanie, 5 631 €/ha. Il occupe le quarante et unième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans le Gard ?

La moitié des ventes se règlent entre 1 691 et 25 401 €/ha, sur une surface médiane de 3,00 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025GardOccitanieFrance
Prix médian (€/ha)6 0415 6765 323
1er quartile (€/ha)1 6952 0022 303
3e quartile (€/ha)25 38122 40114 976
Nombre de mutations97311 17086 327
Surface échangée (ha)5 821non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)3,0non publié2,3

Le rapport entre les quartiles atteint 15,0, contre 6,6 au plan national. C’est la dispersion la plus large de tous les départements que nous avons documentés. Un même département contient des versants cévenols à 1 691 €/ha et des propriétés de garrigue à 25 401 €/ha.

La médiane recule de 49,2 % en euros courants sur cinq ans, de 8 325 à 4 227 €/ha, et le premier quartile de 39,4 %. C’est le repli le plus marqué de la série.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20212218 197en attenteen attente
20221996 897en attenteen attente
20231844 995en attenteen attente
20241587 467en attenteen attente
20252114 242en attenteen attente

L’effet de taille est franchement négatif : 6 713 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 816 mutations, 5 048 €/ha de 10 à 25 hectares sur 107 mutations, 3 900 €/ha de 25 à 100 hectares sur 31 mutations. Une seule mutation dépasse cent hectares.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans le Gard, ces deux composantes relèvent de deux mondes distincts, et les confondre conduit à des évaluations fausses dans les deux sens.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les garrigues nîmoises et uzégeoises, elle est portée par une attractivité résidentielle et par la concurrence de la vigne. Dans les Cévennes, sur des versants schisteux à forte pente, elle est très faible.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un taillis de chêne vert de garrigue, elle est proche de zéro. Sur les châtaigneraies cévenoles abandonnées, elle est nulle et le coût de remise en état se retranche de la valeur. Sur les résineux de l’Aigoual, issus de la restauration des terrains en montagne, elle existe mais l’exploitation est difficile.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 31 776 sangliers ont été prélevés dans le département, le tableau le plus élevé de France, ainsi que 3 515 chevreuils et 317 cerfs élaphes. Ce niveau décrit autant une charge de régulation et de dégâts agricoles qu’un actif cynégétique.

Régions naturelles et géographie de marché

Aucune région naturelle gardoise n’est documentée dans notre référentiel. Les Cévennes, les garrigues nîmoises, l’Uzège, la Camargue gardoise et la Costière ne figurent pas dans la grille de qualification que le cabinet tient à la maille du massif. Nous n’avons donc ni description de massif ni appréciation de terrain à publier, et nous préférons l’écrire plutôt que de reprendre par analogie la description d’un secteur voisin.

À défaut, nous publions la géographie mesurée du marché, qui relève de la donnée et non du jugement.

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le versant cévenol

Les dix communes les plus actives du département, Saint-André-de-Majencoules et Les Salles-du-Gardon avec vingt-trois mutations en cinq ans, Val-d’Aigoual vingt-deux, Sainte-Cécile-d’Andorge dix-neuf, Mialet dix-huit, Saint-Paul-la-Coste, Génolhac, Les Plantiers et Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille seize, Aujac quatorze, se situent toutes dans les Cévennes ou le bassin minier du Gardon. Elles totalisent 183 mutations, dont la médiane ressort à.

Le marché forestier gardois est donc un marché cévenol, et la médiane départementale, tirée par les garrigues du sud, ne le décrit pas.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le châtaignier occupe les versants schisteux cévenols, en taillis souvent abandonné depuis la fin de la sériciculture, avec un débouché limité au piquet et au bois énergie. Le chêne vert domine les garrigues, en taillis de faible valeur unitaire. Le pin maritime, le pin noir d’Autriche, le sapin et l’épicéa marquent les reboisements de l’Aigoual et du mont Lozère gardois, conduits par l’État à partir du dix-neuvième siècle. Le hêtre apparaît en versant nord de l’Aigoual.

L’appareil local recensé compte 578 établissements, dont 26 scieries, 77 entreprises d’exploitation forestière et 68 de sylviculture. Aucune unité ne dépasse quarante-neuf salariés : les plus importantes sont l’Union forestière viganaise à Molières-Cavaillac dans le sciage, Environnement Bois Énergie aux Salles-du-Gardon et Donnadieu Bois à Domazan. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés gardoises.

La desserte
Elle conditionne l’existence même d’une recette sur les versants cévenols, où les pistes sont rares et les dénivelés considérables.
Le morcellement
Avec 3,00 hectares de surface médiane, le département est moins morcelé que la moyenne, sans que cela crée de prime.
La pente
Déterminante sur l’ensemble du versant cévenol et de l’Aigoual.
La portance
Les schistes altérés se ravinent, les sols squelettiques de garrigue limitent l’accès des engins.
Le droit de chasse
Le sanglier écrase tout, avec 31 776 prélèvements en 2024, et la charge d’indemnisation des dégâts agricoles qui l’accompagne doit être déduite du revenu capitalisé.
Le risque incendie
Structurant sur l’ensemble du département, avec obligations légales de débroussaillement, servitudes DFCI et interdictions d’accès estivales.
Le statut réglementaire
Parc national des Cévennes, causses et Cévennes inscrits au patrimoine mondial, périmètres de restauration des terrains en montagne, zonages Natura 2000 étendus.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 191 mutations par an de plus d’un hectare, à volume à peu près stable mais à prix en chute libre. Les plus grandes opérations se situent à Salazac, cent seize hectares, à Puechredon, quatre-vingt-dix-sept, à Rousson, quatre-vingt-six, et à Saint-Félix-de-Pallières, quatre-vingt-trois.

Trois profils se partagent ce marché. Les propriétaires locaux et les éleveurs échangent le versant cévenol à bas prix. Les acquéreurs d’agrément, venus de Nîmes, de Montpellier et de plus loin, portent le troisième quartile sur les garrigues et l’Uzège. Les exploitants forestiers interviennent sur les résineux de l’Aigoual, seul segment où un calcul de rendement conserve un sens, mais leur nombre est très limité.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est l’ampleur du repli, sans équivalent dans nos travaux. La médiane perd 49,2 % en cinq ans, le premier quartile 39,4 %. Le mouvement touche le bas comme le milieu du marché, ce qui exclut l’artefact d’échantillon. Une évaluation calée sur des comparables de 2021 surestime aujourd’hui d’un facteur deux.

Le deuxième point est la scission du marché. Un rapport de 15,0 entre les quartiles signifie que la médiane départementale ne décrit aucune propriété réelle, et l’écart n’est pas de nature géographique seulement : entre un versant cévenol à 3 205 €/ha et une garrigue uzégeoise dans le troisième quartile, il n’y a ni les mêmes acheteurs, ni les mêmes déterminants, ni le même ordre de grandeur.

Le troisième point est la châtaigneraie cévenole. Elle occupe des surfaces considérables, elle est massivement abandonnée depuis un siècle, et elle n’a pas de valeur de consommation. Le coût de remise en état se retranche de la valeur : un versant de châtaigniers non entretenus est une charge, pas un actif.

Le quatrième point est le sanglier. Trente et un mille sept cent soixante-seize prélèvements en 2024 ne décrivent pas un actif cynégétique enviable, ils décrivent une population qui occasionne des dégâts agricoles considérables. L’indemnisation pèse sur les détenteurs du droit de chasse et le revenu doit être capitalisé net de cette charge, non brut.

Faire évaluer une forêt dans le Gard

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département dont le marché a perdu la moitié de sa valeur en cinq ans, la date et la localisation précise des comparables sont l’essentiel du travail.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans le Gard.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans le Gard ?

Le prix médian constaté s’établit à 6 041 €/ha entre 2021 et 2025, sur 955 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 14 % au dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 691 et 25 401 €/ha.

Le prix de la forêt baisse-t-il dans le Gard ?

La médiane recule de 8 325 €/ha en 2021 à 4 227 €/ha en 2025, soit 49,2 % en euros courants, et le premier quartile de 39,4 %. C’est le repli le plus marqué de tous les départements que nous avons documentés, et il touche le bas comme le milieu du marché.

Combien vaut une forêt en Cévennes ?

Les dix communes les plus actives du département, toutes cévenoles ou situées dans le bassin du Gardon, affichent une médiane mesurée de 3 205 €/ha sur 183 mutations, soit 47 % au dessous de la médiane départementale. Le marché forestier gardois est un marché cévenol que la médiane départementale, tirée par les garrigues du sud, ne décrit pas.

La châtaigneraie cévenole a-t-elle une valeur ?

Le taillis de châtaignier cévenol, massivement abandonné depuis la fin de la sériciculture, n’a de débouché que le piquet et le bois énergie. Sa valeur de consommation est nulle et le coût de remise en état se retranche de la valeur du bien : un versant non entretenu constitue une charge, pas un actif.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans le Gard ?

Cinq vérifications s’imposent : la date des comparables retenus, le marché ayant perdu la moitié de sa valeur depuis 2021, le secteur, Cévennes ou garrigue, dont les prix n’ont pas de rapport, l’accès et la pente sur les versants schisteux, les obligations légales de débroussaillement et servitudes DFCI, et la charge d’indemnisation des dégâts de sanglier attachée au droit de chasse.

Ces 6 041 €/ha portent le sol, les arbres et parfois le bâti sans les séparer : c’est l’évaluation forestière qui fait ce partage. Le rang dans le Gard sur les départements publiés figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le plan qui engage une propriété sur dix à vingt ans sur la page du plan simple de gestion. versant cévenol porte l’essentiel du marché. Notre panorama des massifs forestiers de France les replace à l’échelle nationale, notre lexique forestier en donne le vocabulaire, et la page vendre sa forêt la marche à suivre.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent