Dans les Vosges, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 4 690 €/ha, sur 1 200 transactions de plus d'un hectare et 5 174 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 9 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 4 % sous celle du Grand Est. Il occupe le cinquante-sixième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La surface médiane des ventes s’établit à 1,72 hectare, la plus faible de tous les départements que nous avons traités. Nos conseillers le formulent en une phrase : marché très concurrentiel, foncier forestier morcelé. La moitié des ventes se règlent entre 2 517 et 11 112 €/ha.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Vosges | Grand Est | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 4 690 | 4 878 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 2 469 | 2 612 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 10 166 | 10 405 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 203 | 5 729 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 5 260 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 1,7 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le marché est stable en apparence : la médiane passe de 5 136 €/ha en 2021 à 5 267 €/ha en 2025, soit 2,6 % en euros courants sur cinq ans, donc un recul en euros constants d’une douzaine de points.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 269 | 4 690 | en attente | en attente |
| 2022 | 254 | 5 176 | en attente | en attente |
| 2023 | 252 | 4 232 | en attente | en attente |
| 2024 | 225 | 5 019 | en attente | en attente |
| 2025 | 203 | 4 842 | en attente | en attente |
La taille joue : 4 952 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 7 306 €/ha de 10 à 25 hectares, 10 859 €/ha de 25 à 100 hectares, sur dix-sept ventes. Aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans les Vosges, cette séparation est décisive parce que le département porte deux capitaux de nature opposée : un résineux abondant et sinistré, et un chêne rare et exceptionnel.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Elle distingue les grès et les granites des Hautes-Vosges, très productifs en résineux, des sols de la Vôge et du plateau lorrain, qui portent le chêne à grain fin.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un épicéa vosgien en 2026, cette décote doit intégrer un risque sanitaire majeur, que le cubage ne dit pas.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 11 632 sangliers, 1 965 cerfs élaphes et 39 chamois prélevés en 2024.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Sapin, épicéa, douglas et hêtre, sur les Hautes-Vosges. Nos conseillers y voient un très bon secteur pour le résineux, avec une demande en bois très dynamique et une industrie de premier plan à Urmatt et dans les vallées. Ils relèvent aussi un marché très concurrentiel et un foncier très morcelé.
Chêne, hêtre et feuillus, avec la forêt de Haye pour référence. Nos conseillers signalent un secteur touché par le dépérissement du hêtre et un itinéraire sylvicole compliqué.
Chêne, hêtre et résineux, avec la forêt de Darney pour référence. Nos conseillers en font un secteur d’exception : chêne à grain ultra fin, prisé par les scieurs de feuillus et par la merranderie, avec de très bons sols forestiers. Ils assortissent cette appréciation de deux réserves, l’épicéa sinistré par les scolytes et le risque de dépérissement des chênes sous stress hydrique.
Le sapin pectiné, l’épicéa commun et le douglas dominent les Hautes-Vosges et constituent l’essentiel du volume. Leur destination est la charpente, le sciage et l’emballage, avec une industrie très intégrée. Le hêtre accompagne partout, avec une valeur unitaire faible et un dépérissement signalé sur le plateau lorrain. Le chêne de la Vôge et de Darney, à grain ultra fin, porte la valeur unitaire la plus élevée du département, avec une destination de merranderie et de tranchage.
Le département compte le plus grand nombre de scieries de France, 130 unités recensées, 10 unités d’imprégnation, 6 usines de panneaux, 3 parqueteries, 500 établissements d’exploitation forestière et 743 entreprises de sylviculture, soit 1 952 établissements. Les unités structurées se situent à Champ-le-Duc, Moussey, Saulxures-sur-Moselotte, Xonrupt-Longemer, Taintrux, Malaincourt, Docelles et Corcieux. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Cette densité industrielle est l’argument de valorisation du département, et elle explique la concurrence à l’achat que nos conseillers relèvent : un propriétaire vosgien vend dans un marché où plusieurs opérateurs se disputent la ressource à courte distance.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés vosgiennes.
Le marché tourne autour de 240 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Le Val-d’Ajol avec quarante mutations en cinq ans, Granges-Aumontzey vingt-sept, Rupt-sur-Moselle vingt-trois, Ban-de-Sapt vingt, Le Tholy dix-neuf, Moyenmoutier dix-huit, La Chapelle-devant-Bruyères dix-sept. Les plus grandes opérations se situent à l’ouest du département, sur le plateau : Pargny-sous-Mureau, quatre cent sept hectares, Frebécourt, trois cent vingt-six, Sionne, deux cent six.
Trois profils se le partagent. Les exploitants forestiers et les scieurs, très nombreux, achètent du capital sur pied à la valeur technique dans un marché qu’ils connaissent mieux que les vendeurs. Les propriétaires voisins achètent pour regrouper, ce qui soutient le prix des petites parcelles. Les investisseurs institutionnels sont absents du massif, faute d’ensembles de taille suffisante, et présents seulement à l’ouest, sur le plateau.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est sanitaire, et il explique le reste. L’épicéa commun vosgien a été frappé par les crises de scolytes consécutives aux sécheresses, et nos conseillers relèvent en outre un dépérissement du hêtre sur le plateau lorrain et un risque avéré sur les chênes de la Vôge sous stress hydrique. La cote des Hautes-Vosges recule de 20,8 % en cinq ans, l’un des reculs les plus nets relevés sur un massif de production. Ce chiffre n’est pas conjoncturel : il traduit un actif dont une partie du capital a disparu.
Le deuxième point est le morcellement, que nos conseillers qualifient eux-mêmes de très marqué. Une surface médiane de 1,72 hectare signifie qu’une majorité des propriétés vendues ne supportent pas seules le coût d’un chantier d’exploitation. La valeur de consommation théorique d’un sapin mûr y est réelle mais elle se réalise mal.
Le troisième point est une opportunité mal comprise. Le chêne de la Vôge et de Darney, à grain ultra fin, est un produit rare, recherché par la merranderie et le tranchage. Sa cote régionale, à 4 330 €/ha, est pourtant la plus basse du département. Cet écart entre la qualité du produit et le prix du foncier mérite examen : il peut signaler une sous-évaluation locale, ou simplement le fait que la qualité du chêne ne concerne qu’une fraction des parcelles vendues. Nous ne tranchons pas, mais un acquéreur averti y regardera.
Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. Trois mutations recensées à l’ouest du département, à Pargny-sous-Mureau, Frebécourt et Sionne, affichent des prix compris entre 28 000 et 56 000 €/ha sur plus de deux cents hectares : ces montants comportent du bâti et ne se transposent à aucune propriété forestière.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le résineux est sinistré et le chêne exceptionnel, l’évaluation suppose un examen sanitaire sérieux, un inventaire du capital réellement mobilisable et une appréciation honnête de ce que coûtera la mise en marché d’un lot de faible contenance.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans les Vosges.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 4 690 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 200 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 9 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 517 et 11 112 €/ha.
La cote de la région naturelle des Hautes-Vosges recule de 20,8 % entre 2021 et 2025, de 5 392 à 4 269 €/ha, l’un des reculs les plus nets relevés sur un massif de production. Les crises de scolytes sur l’épicéa commun, consécutives aux sécheresses, en sont la cause principale, avec un dépérissement du hêtre signalé sur le plateau lorrain.
La forêt de Darney, dans la Vôge, porte un chêne à grain ultra fin recherché par la merranderie et le tranchage. La cote foncière de la Vôge s’établit pourtant à 4 330 €/ha, la plus basse du département : la qualité exceptionnelle du produit ne concerne qu’une fraction des parcelles et ne se transmet pas mécaniquement au prix du foncier.
La surface médiane des ventes atteint 1,72 hectare, la plus faible des départements étudiés, et aucune mutation de plus de cent hectares n’a été recensée en cinq ans. Nos conseillers qualifient le foncier forestier vosgien de très morcelé, ce qui limite la possibilité d’exploiter économiquement une propriété isolée.
Quatre vérifications s’imposent : l’état sanitaire de l’épicéa et du hêtre, la part du capital réellement mobilisable après les crises de scolytes, l’accès grumier et la pente dans les vallées des Hautes-Vosges, et le coût de mise en marché d’un lot de faible contenance, qui se retranche du prix net vendeur.
De ces 1 200 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. S Vosges, Plateau lorrain ou Vôge ne se paient pas au même prix. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent