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La forêt du Nivernais

Le Nivernais occupe la Nièvre hors Morvan, avec ses prolongements sur les marges du Cher et de l'Yonne. La sylvoécorégion B53, Pays-Fort, Nivernais et plaines prémorvandelles, y couvre 153 000 hectares de forêt selon l'inventaire forestier national sur la période 2020-2024. Le paysage est celui d'un bocage de plateaux et de vaux, ouvert, entrecoupé de massifs compacts dont les Bertranges forment le centre de gravité avec 7 600 hectares domaniaux au sein d'un ensemble de dix mille. C'est un pays de chêne, et il faut le prendre au sens strict.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Les essences et la station

La composition est d’une netteté rare. Sur les 153 000 hectares de la B53, l’IGN dénombre 65 000 hectares de feuillus purs, 49 000 en mélange de deux feuillus et 28 000 en mélange de feuillus variés, contre 7 000 seulement de conifères purs. Le feuillu tient 92 pour cent de la surface. Le contraste avec le Morvan voisin, où les conifères purs occupent 34 000 hectares sur 141 000, se lit à quelques kilomètres de distance et tient à la roche mère : les marnes et argiles du Jurassique et du Crétacé du Nivernais donnent des sols profonds à bonne réserve utile, quand le granite morvandiau porte des sols acides et froids.

Le chêne sessile domine et se comporte ici comme dans les grandes chênaies de futaie régulière. Aux Bertranges, l’ONF décrit un peuplement à 80 pour cent de sessile, d’un âge moyen de quatre-vingt-dix ans, et note un profil géologique proche de ceux de Tronçais et de Bercé. Le sessile y grandit avant de grossir, et c’est la lenteur de la croissance qui fait la finesse du grain recherchée par la tonnellerie. Les hauteurs atteintes appellent une précaution technique que nous rappelons à chaque dossier nivernais : les plus beaux sujets dépassent trente-cinq mètres, et les barèmes de cubage Adrian et Chaudé s’arrêtent à vingt-huit mètres. Employés au-delà, ils sous-estiment le volume. Sur ces peuplements, seuls les tarifs Schaeffer conviennent.

Le climat mérite d’être lu à l’échelle du département et non de la région. Nos relevés sur les stations Météo-France de la Nièvre, sur trente ans jusqu’en 2024, donnent un déficit hydrique estival de 211 millimètres à Clamecy et de 209 à Saint-Pierre-le-Moûtier, contre 82 à Château-Chinon et 69 à Larochemillay. D’un bout à l’autre du même département, le déficit varie du simple au triple. La chênaie nivernaise est du côté sec, et cette contrainte croîtra.

La filière et les débouchés

Le Nivernais possède ce qui manque à presque tous les autres massifs français : la chaîne de valeur du chêne est implantée sur place. La Maison Charlois est à Murlin, en lisière des Bertranges, avec sa scierie et sa branche foresterie. Nièvre Merrain fend à Varzy. La tonnellerie Berthomieu, avec les marques Ermitage et Oenosylva, est à La Charité-sur-Loire, et les Ateliers du Chêne travaillent à Saint-Martin-du-Puy. La scierie Petitrenaud, à Dirol, complète le dispositif merrandier. Le parquet a ses unités à Myennes. Le résineux, minoritaire, trouve son débouché à Sougy-sur-Loire, où Bois et Sciages de Sougy, enseigne MS Bois du groupe Monnet-Sève, est la plus grosse unité du département avec cent à cent quatre-vingt-dix-neuf salariés.

Cette densité a une conséquence directe sur le prix payé au propriétaire. Le merrandier achète debout, dans un rayon court, et la concurrence entre Murlin, Varzy et Dirol se joue sur les mêmes lots. Un propriétaire nivernais qui vend son chêne en gré à gré sans mise en concurrence renonce à un avantage que peu de régions offrent. L’extrait Sirene recense pour l’ensemble du département 1 150 établissements de la filière, dont trente scieries.

Les contraintes

La première n’est pas cynégétique. La saison 2024 place la Nièvre au quarante-sixième rang national pour le cerf élaphe avec 785 prélèvements, au quarante-huitième pour le chevreuil et au trente-septième pour le sanglier. La pression existe, elle n’est pas déterminante, et le renouvellement ne s’y joue pas d’abord sur la clôture.

La contrainte réelle est sanitaire. Sur la Bourgogne-Franche-Comté, l’IGN mesure pour la période officielle 2014-2022 une production brute de feuillus de 6,6 millions de mètres cubes par an et une mortalité de 1,6 million, soit un quart de la production annulé. Sur 2005-2012, le rapport était de 6 pour cent. La mortalité feuillue a quadruplé en dix ans. Le chêne sessile résiste mieux que le pédonculé et le hêtre, mais aucun peuplement nivernais ne doit être valorisé aujourd’hui sans un examen sanitaire porté au dossier.

Le marché forestier en Nivernais

Sur les mutations forestières d’un hectare et plus enregistrées à la DVF entre 2021 et 2025, retraitement TerrAgree, la médiane de la Nièvre s’établit à 4 479 euros par hectare, en progression de 26,5 pour cent depuis 2021 quand le repère national n’avance que de 5,0. Mais la médiane départementale dit peu, car l’effet de surface y est plus violent qu’ailleurs : 3 557 euros pour les mutations de un à dix hectares, 8 499 de dix à vingt-cinq, 12 929 au-delà de vingt-cinq. Un rapport de trois et demi, contre deux et demi au plan national.

Cette pente est la signature d’un marché de production. On n’achète pas ici un morceau de bois pour la promenade, on achète une chênaie constituée, et le prix suit le capital sur pied. Nos conseillers qualifient d’ailleurs le Nivernais à la valeur technique, non au-dessus : le prix payé s’explique par le peuplement, il n’a pas besoin d’une prime de rareté ou d’agrément pour se justifier.

Le repère amont est celui du chêne sur pied. Aux ventes groupées des Experts Forestiers de France, France entière, le gros bois de plus de 1,5 mètre cube a culminé au second semestre 2022 à 292,84 euros le mètre cube, puis est revenu à 246,89 au second semestre 2024. À classe et à semestre comparables, le premier semestre 2025 s’inscrit à 221,25 euros contre 244,35 un an plus tôt, soit un repli de 9,5 pour cent. Le second semestre 2025 a changé de nomenclature et nous ne le chaînons pas à la série précédente.

Biens disponibles

Les forêts disponibles dans le Nivernais

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Le bureau se tient à l’intérieur du massif, à quinze kilomètres des Bertranges. Il suit la Nièvre et ses marges en gestion forestière comme en transaction, et connaît les acheteurs de chêne sur pied du secteur.

Faire évaluer ma forêt dans le Nivernais Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Sub tegmine fagi.

Homo et arbor radices habent