Dans le Cher, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 9 836 €/ha, sur 516 transactions de plus d'un hectare et 12 600 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 79 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 15 % celle du Centre-Val de Loire. Il occupe le dix-huitième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Deux chiffres commandent la lecture de ce département. La surface médiane des ventes atteint 4,80 hectares, la deuxième plus élevée de France, et le troisième quartile s’établit à 26 093 €/ha. Le Cher n’est pas un marché de parcelles, c’est un marché de propriétés, et elles se paient à des niveaux que la production de bois ne justifie pas.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Cher | Centre-Val de Loire | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 9 836 | 8 464 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 4 144 | 3 922 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 26 093 | 21 834 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 516 | 5 105 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 12 605 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 4,7 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le marché recule : la médiane passe de 12 006 €/ha en 2021 à 11 249 €/ha en 2025, soit une baisse de 6,3 % en euros courants, et d’environ vingt points en euros constants. Le creux de 2024, à 8 923 €/ha, a été partiellement effacé.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 124 | 12 054 | en attente | en attente |
| 2022 | 99 | 9 507 | en attente | en attente |
| 2023 | 109 | 8 593 | en attente | en attente |
| 2024 | 91 | 8 310 | en attente | en attente |
| 2025 | 93 | 11 494 | en attente | en attente |
La taille joue fortement jusqu’à cent hectares, puis le prix plafonne : 7 973 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 12 096 €/ha de 10 à 25 hectares, 17 725 €/ha de 25 à 100 hectares, 17 755 €/ha au dessus de cent hectares, sur vingt-trois ventes.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans le Cher, cette confusion est le sujet central, parce que la part du peuplement dans le prix payé y est plus faible que dans presque tout autre département.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. En Sologne, elle intègre les étangs, les allées, les layons et les aménagements cynégétiques, qui sont des investissements incorporés au fonds et qui n’ont rien de forestier.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un pin sylvestre solognot ou un taillis de chêne sur sable, cette valeur est modeste.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. Avec 17 987 sangliers et 1 877 cerfs élaphes prélevés en 2024, le Cher est un département cynégétique de premier plan, et cette composante domine souvent les deux autres réunies.
Un hectare vendu 27 000 € dans le Cher ne porte pas six fois plus de bois qu’un hectare vendu 4 500 €. Il porte une chasse.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne, pin sylvestre et chasse, avec les chênaies de Russy et de Vierzon pour référence. Nos conseillers sont explicites : la demande se fait sur la chasse, même si de jolis massifs de douglas et de pin sylvestre existent, et le pin maritime pourrait être l’essence d’avenir.
Chêne, feuillus et peupliers. Nos conseillers y voient un très bon secteur de chêne, sur de bons sols forestiers, avec le cerf présent.
Chêne et feuillus, avec de jolis massifs feuillus et une réserve de nos conseillers sur les dépérissements.
Chêne et feuillus de bocage, dans le prolongement de Tronçais et des Abbayes. Nos conseillers en font l’un des plus beaux secteurs de chêne d’Europe, avec une réserve nette sur les dépérissements du chêne pédonculé.
Deux mondes coexistent. Au nord, la Sologne du Cher, sur sables et argiles, avec le pin sylvestre, le chêne de qualité moyenne et les étangs. Au sud et à l’ouest, le chêne de Boischaut, du Berry et de la Champagne berrichonne, qui touche à la veine de Tronçais et alimente merrandiers et tonneliers.
L’appareil local recensé est léger : 25 scieries, 142 établissements d’exploitation forestière et 366 entreprises de sylviculture, soit 792 établissements. Les unités structurées se situent à Saint-Pierre-les-Étieux, Méry-ès-Bois, Charly et Saint-Amand-Montrond, dont un merrandier. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Cette légèreté est cohérente avec la nature du marché : dans un département où la chasse fait le prix, l’appareil de transformation n’a pas la même importance qu’en Bourgogne ou dans les Vosges.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés berrichonnes.
Le marché tourne autour de 105 ventes par an de plus d’un hectare, un volume faible pour un département de cette taille, qui explique la fermeté des prix. Les communes les plus actives sont Neuvy-sur-Barangeon avec vingt mutations en cinq ans, Nançay dix-sept, Clémont quinze, Brinon-sur-Sauldre quatorze, Vierzon treize, Presly dix : toutes en Sologne. Les plus grandes opérations se situent ailleurs : Arpheuilles, avec deux mutations de neuf cent quatre-vingt-onze et neuf cent soixante-douze hectares, Plou, cinq cent soixante-treize, Neuvy-sur-Barangeon, trois cent quarante-trois, Meillant, trois cent quinze.
Trois profils se le partagent. Les acquéreurs de propriétés de chasse, souvent parisiens, sont déterminants et fixent le haut du marché. Les investisseurs et les groupements forestiers se positionnent sur les massifs de chêne du sud du département. Les professionnels du bois et les merrandiers achètent du capital sur pied à la valeur technique, à des niveaux sans rapport avec les prix du foncier solognot.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule, et dans le Cher il dissimule la nature même de l’actif.
Le premier point est que le Cher n’est pas un département cher en forêt, c’est un département cher en chasse. Un troisième quartile à 26 093 €/ha est incompatible avec la valeur d’un peuplement solognot, où le pin sylvestre et le chêne sur sable produisent peu. Un propriétaire qui invoque ces niveaux pour une propriété sans territoire de chasse constitué se prépare une déconvenue, en succession comme en cession.
Le deuxième point est le recul. La médiane départementale perd 6,3 % en euros courants et près de vingt points en euros constants, et le Gâtinais voisin, dans le Loiret, recule plus encore. Le marché de la chasse d’agrément, qui a porté ces niveaux, s’est contracté depuis 2022. Un vendeur qui se réfère au prix de 2021 se réfère à un marché qui n’existe plus au même niveau.
Le troisième point est sanitaire, et il touche précisément ce que le département a de meilleur. Nos conseillers tiennent le Boischaut pour l’un des plus beaux secteurs de chêne d’Europe et signalent dans le même mouvement des dépérissements sur le chêne pédonculé. La cote du secteur recule de 20,3 % en cinq ans. La réputation d’un terroir ne protège ni le peuplement ni le prix.
Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. Les deux mutations d’Arpheuilles, près de mille hectares chacune, affichent des prix de 38 128 et 48 371 €/ha : ce sont des domaines, pas des forêts, et ces montants ne se transposent à aucune propriété forestière.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où la chasse fait le prix, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, d’apprécier séparément la valeur du territoire cynégétique, et de dire au client ce qui, dans le prix qu’on lui propose, relève de la forêt.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans le Cher.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 9 836 €/ha entre 2021 et 2025, sur 516 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 79 % au-dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 4 144 et 26 093 €/ha.
La cote de la Sologne s’établit à 14 344 €/ha, la plus élevée que nous ayons documentée. Nos conseillers l’expliquent sans détour : la demande se fait sur la chasse. Les étangs, les aménagements cynégétiques et la proximité de Paris fixent le prix, tandis que le pin sylvestre et le chêne sur sable produisent peu.
La médiane départementale recule de 12 006 €/ha en 2021 à 11 249 €/ha en 2025, soit 6,3 % en euros courants et près de vingt points en euros constants. Le marché de la chasse d’agrément, qui portait ces niveaux, s’est contracté depuis 2022.
Le Boischaut affiche la cote la plus basse du département, à 7 023 €/ha, contre 14 344 €/ha en Sologne, alors que nos conseillers le tiennent pour l’un des plus beaux secteurs de chêne d’Europe. La qualité du bois et le prix du foncier suivent ici des logiques opposées : le premier dépend de la station, le second de la demande cynégétique.
Quatre vérifications s’imposent : la consistance réelle du territoire de chasse, clôture, étangs et aménagements compris, l’état sanitaire du chêne pédonculé dans le Boischaut et le Berry, la portance des sables et argiles solognots, et la composition exacte de la mutation, le prix DVF mêlant le sol, les bois et le bâti.
Ce que dans le Cher on paie et ce qu’une propriété vaut sont deux questions distinctes : la seconde relève de l’évaluation forestière, qui mesure les peuplements avant de conclure. Notre rapport sur le prix de la forêt en France donne le repère national et le rang du département ; la page du plan simple de gestion donne le document qui l’accompagne sur dix à vingt ans. Le panorama des massifs forestiers de France situe Sologne, Champagne berrichonne ou Berry, le lexique forestier définit les termes, et vendre sa forêt décrit la cession.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent