Dans les Alpes-Maritimes, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 9 898 €/ha, sur 434 mutations de plus d'un hectare et 2 336 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 87 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 35 % celle de Provence-Alpes-Côte d'Azur, 7 425 €/ha. Il occupe le quatorzième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 3 182 et 24 852 €/ha, sur une surface médiane de 2,26 hectares.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Alpes-Maritimes | Provence-Alpes-Côte d’Azur | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 9 898 | 7 444 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 3 182 | 2 663 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 24 852 | 22 029 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 434 | 3 636 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 2 377 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,3 | non publié | 2,3 |
Un département cher et un marché minuscule : 2 336 hectares en cinq ans, moins d’un demi pour cent de la surface échangée en France. La médiane recule de 22,3 % sur la période, de 12 098 à 9 396 €/ha.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 100 | 12 098 | en attente | en attente |
| 2022 | 85 | 8 010 | en attente | en attente |
| 2023 | 111 | 10 274 | en attente | en attente |
| 2024 | 49 | 7 669 | en attente | en attente |
| 2025 | 89 | 9 396 | en attente | en attente |
L’effet de taille s’inverse brutalement au delà de vingt-cinq hectares : 9 898 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 391 mutations, 12 702 €/ha de 10 à 25 hectares sur 25 mutations, puis 4 628 €/ha de 25 à 100 hectares sur 13 mutations. Le prix unitaire est divisé par 2,7 entre la propriété moyenne et la grande. Deux mutations seulement dépassent cent hectares, effectif insuffisant pour publier une tranche.
Un prix DVF additionne le sol, les arbres et le bâti éventuel, sans les séparer. Une villa et sa pinède se cèdent souvent d’un même acte.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur le plateau de Grasse et les balcons du littoral, elle est portée par la pression résidentielle, par la vue et par la densité du réseau routier. Dans le haut pays, sur les versants du Mercantour, de la Tinée et de la Roya, elle est faible.
La valeur de la superficie est celle du peuplement, établie à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait en récoltant aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote de maturité, de travaux et de risque. Sur un taillis de chêne vert ou une pinède de pin d’Alep, elle est proche de zéro. Sur les mélézins de la haute Tinée et les sapinières du haut Var, elle existe, mais le coût de sortie l’absorbe en grande partie.
S’y ajoute la valeur des aménités. En 2024, 5 866 sangliers, 1 094 chevreuils, 871 cerfs élaphes, 699 chamois et 73 mouflons ont été prélevés. La chasse de montagne relève très majoritairement de l’association communale, ce qui neutralise ce revenu sur la plupart des propriétés privées.
Aucune région naturelle proprement azuréenne n’est documentée dans notre référentiel. Le plateau de Grasse, le Mercantour, la Tinée, la Vésubie et la Roya n’y figurent pas. L’Esterel, qui déborde sur l’ouest du département autour de Théoule et de Mandelieu, y figure et se trouve qualifié à la valeur technique. Sa note d’expert est cependant partagée mot pour mot avec huit autres régions de Provence-Alpes-Côte d’Azur : ce n’est pas une appréciation propre au massif, et nous n’en reprenons rien.
À défaut, nous publions la géographie mesurée du marché, qui relève de la donnée et non du jugement.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Douze communes de l’ouest, Saint-Vallier-de-Thiey avec vingt-huit mutations en cinq ans, Grasse vingt-deux, Saint-Cézaire-sur-Siagne quinze, Séranon dix, Saint-Auban neuf, puis Andon, Escragnolles, Caille, Cabris, Le Bar-sur-Loup, Le Tignet et Spéracèdes, totalisent 100 mutations. Leur médiane ressort à . Un quart du marché se traite sur ce seul plateau.
Quinze communes de montagne, Guillaumes et Breil-sur-Roya avec treize mutations chacune, Levens dix, puis Puget-Théniers, Sospel, Tende, Saorge, Valdeblore, Roquebillière, Belvédère, Saint-Martin-Vésubie, Isola, Saint-Étienne-de-Tinée, Beuil et Péone, totalisent 60 mutations, à . Un rapport de 1,9 sépare les deux ensembles, et le haut pays reste au dessus de la médiane nationale.
Cette géographie est une mesure de marché, pas une description de massif. Elle ne remplace pas l’appréciation de terrain qui nous manque.
Le pin d’Alep occupe le littoral et les basses collines, sans débouché de bois d’œuvre. Le chêne vert et le chêne pubescent tiennent les préalpes de Grasse et de Vence, en taillis. Le pin maritime et le chêne-liège marquent les massifs siliceux de l’Esterel et du Tanneron. Le hêtre et le sapin pectiné apparaissent en versant nord du haut Var et de la Roya. Le mélèze occupe l’étage supérieur de la Tinée, sur des volumes réduits.
L’appareil local recensé compte 345 établissements, dont 12 scieries seulement, 29 entreprises d’exploitation forestière et 29 de sylviculture, mais 173 ateliers d’objets en bois, qui relèvent de l’artisanat urbain et non de la récolte. La seule unité de plus de dix-neuf salariés est l’agence de l’Office national des forêts à Nice. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments distinguent deux propriétés azuréennes.
Le marché tourne autour de 86 mutations par an, avec un creux marqué à 48 en 2024. Les plus grandes opérations sont peu nombreuses : Saint-Vallier-de-Thiey, cent trente-sept hectares, échangés deux fois en cinq ans, en 2021 à 21 085 €/ha puis en 2023 à 22 066 €/ha, La Roque-en-Provence, quatre-vingt-seize hectares, et Gorbio, quarante-cinq.
Trois profils se partagent ce marché. Les acquéreurs résidentiels et d’agrément dominent, sur le plateau de Grasse et les balcons, et portent l’essentiel des volumes comme le troisième quartile. Les propriétaires de montagne échangent le haut pays à des niveaux plus modestes. Les exploitants forestiers sont marginaux : douze scieries, et le bois du haut pays part hors du département.
Ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est que ce prix n’est pas un prix forestier. Quatorzième rang de France à 9 898 €/ha, avec douze scieries et une seule unité de plus de dix-neuf salariés : ce qui se paie ici n’est presque jamais un capital sur pied, mais une situation, un accès, une vue, parfois une constructibilité espérée. L’évaluateur qui lit ces prix comme des valeurs forestières se trompe d’un ordre de grandeur.
Le deuxième point est l’inversion du gradient de taille. À 12 702 €/ha entre dix et vingt-cinq hectares et 4 628 €/ha entre vingt-cinq et cent, le marché change de nature : on quitte l’arrière-pays résidentiel pour la montagne, et la demande s’effondre. Une propriété de quarante hectares ne se valorise pas par extrapolation d’un comparable de dix.
Le troisième point est la desserte du haut pays. Les vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée ont subi en octobre 2020 des destructions d’infrastructures dont les effets se prolongent. L’accès réel à la parcelle se vérifie sur place, jamais sur une carte.
Le quatrième point est la lacune de notre référentiel. Aucune région naturelle du département n’y est documentée en propre, et la seule cote limitrophe porte une note partagée avec huit autres secteurs de la région.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, non une valeur d’expertise. Dans ce département, l’évaluation commence par une question que le cubage ne résout pas : ce bien s’adresse-t-il à un acquéreur d’agrément ou à un propriétaire forestier ? Les deux réponses conduisent à des valeurs séparées par un facteur trois.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans les Alpes-Maritimes.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 9 898 €/ha entre 2021 et 2025, sur 434 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières DGFiP, soit 87 % au dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 3 182 et 24 852 €/ha.
Le niveau tient à la pression résidentielle de l’arrière-pays, non à la ressource. Le département compte douze scieries et une seule unité de filière de plus de dix-neuf salariés. Ce qui se paie est une situation, un accès et une vue, rarement un capital sur pied exploitable.
Le prix médian passe de 9 898 €/ha entre un et dix hectares à 12 702 €/ha entre dix et vingt-cinq hectares, puis retombe à 4 628 €/ha entre vingt-cinq et cent hectares. Le gradient s’inverse parce que la grande propriété est en montagne et s’adresse à un marché beaucoup plus étroit.
Douze communes du plateau de Grasse, de Saint-Vallier-de-Thiey à Spéracèdes, concentrent 100 des 434 mutations et affichent une médiane mesurée de 11 727 €/ha. Quinze communes du haut pays, de Guillaumes à Saint-Étienne-de-Tinée, en totalisent 60, à 6 249 €/ha.
Cinq vérifications s’imposent : le marché adressable visé, agrément ou production, l’état réel de la desserte, notamment dans les vallées touchées en octobre 2020, la charge annuelle de débroussaillement, le statut du droit de chasse, souvent apporté à l’association communale, et les zonages du parc national et des sites classés.
Ce que dans les Alpes-Maritimes on paie et ce qu’une propriété vaut sont deux questions distinctes : la seconde relève de l’évaluation forestière, qui mesure les peuplements avant de conclure. Notre rapport sur le prix de la forêt en France donne le repère national et le rang du département ; la page du plan simple de gestion donne le document qui l’accompagne sur dix à vingt ans. Le panorama des massifs forestiers de France situe plateau de Grasse et ses abords et haut pays, le lexique forestier définit les termes, et vendre sa forêt décrit la cession.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent