Dans le Var, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 8 297 €/ha, sur 1 626 transactions de plus d'un hectare et 14 109 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 48 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et de 10 % celle de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il occupe le vingt-huitième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 3 043 et 23 764 €/ha, sur une surface médiane de 2,77 hectares. Le troisième quartile est parmi les plus élevés de France, et il ne mesure pas de la production de bois.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Var | Provence-Alpes-Côte d’Azur | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 8 297 | 7 444 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 3 044 | 2 663 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 23 704 | 22 029 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 626 | 3 636 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 14 110 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,8 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
Le marché est stable : la médiane passe de 7 699 €/ha en 2021 à 8 112 €/ha en 2025, soit 5,4 % en euros courants, ce qui reste inférieur à l’inflation cumulée. Le nombre de ventes recule en revanche nettement, de 386 à 287 par an.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 386 | 7 707 | en attente | en attente |
| 2022 | 347 | 9 524 | en attente | en attente |
| 2023 | 324 | 8 015 | en attente | en attente |
| 2024 | 282 | 8 592 | en attente | en attente |
| 2025 | 287 | 8 108 | en attente | en attente |
Le fait le plus significatif tient à la taille. Le prix unitaire décroît régulièrement avec la surface : 8 553 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 6 377 €/ha de 10 à 25 hectares, 7 403 €/ha de 25 à 100 hectares, et 4 975 €/ha au dessus de cent hectares, sur quinze ventes. C’est l’inverse de la règle observée dans les départements de production, et cela suffit à qualifier ce marché.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans le Var, la part du peuplement dans le prix payé est faible, et le dire honnêtement est le premier service à rendre à un client.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Ici la situation domine : littoral, arrière-pays, vue, accessibilité depuis les agglomérations. Une parcelle boisée du Var se paie d’abord pour l’endroit où elle se trouve.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur du chêne-liège, du pin maritime ou du pin parasol méditerranéen, cette valeur est modeste, et le liège constitue une production à part, à cycle long et à main-d’œuvre spécialisée.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 12 875 sangliers prélevés en 2024 mais seulement vingt-neuf cerfs élaphes.
La décroissance du prix avec la surface s’explique entièrement par cette décomposition : plus la surface augmente, plus la part du fonds d’agrément se dilue, et plus le prix converge vers la valeur d’un boisement méditerranéen de faible production.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Pin maritime et chêne-liège.
Chêne-liège, pin maritime et pin parasol.
Nos conseillers rattachent ces deux massifs, comme l’ensemble des régions naturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, à une même appréciation : des endroits plutôt destinés à des forêts de loisirs, avec un positionnement sous la valeur technique. Cette formule, brève, dit l’essentiel : la valeur ne vient pas du bois.
Le chêne-liège constitue la particularité varoise. Sa production, le liège, relève d’une filière spécifique, à récolte espacée de neuf à douze ans, exigeante en main-d’œuvre qualifiée, et sa valeur ne se lit dans aucune mercuriale de bois d’œuvre. Le pin maritime et le pin d’Alep fournissent du bois de trituration et de palette, à faible valeur unitaire. Le pin parasol relève davantage du paysage que de la production. Le chêne vert et le chêne pubescent alimentent le bois de chauffage.
L’appareil local recensé est léger : 21 scieries, 83 établissements d’exploitation forestière, 56 unités de charpente et menuiserie et 58 entreprises de sylviculture, soit 662 établissements. Une seule unité de plus de dix salariés apparaît au recensement départemental, aux Arcs. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Vingt et une scieries pour un département dont la surface boisée est parmi les plus étendues de France dit la même chose que la décroissance du prix avec la surface : la forêt varoise n’est pas d’abord un actif de production.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés varoises.
Le marché tourne autour de 325 ventes par an de plus d’un hectare, en décroissance nette depuis 2021. Les communes les plus actives sont Lorgues avec quarante et une mutations en cinq ans, La Garde-Freinet et Collobrières trente-huit, Tourves trente-six, Le Thoronet trente-quatre, Flayosc trente-deux, Pignans vingt-neuf. La plus grande opération recensée, à Toulon, porte sur 1 164 hectares à 29 210 €/ha : un montant et une localisation qui excluent toute lecture forestière, et que nous écartons de nos comparaisons.
Trois profils se le partagent. Les acquéreurs d’agrément et les riverains, très majoritaires, achètent de petites surfaces pour la vue, l’isolement ou la protection de leur voisinage. Les propriétaires de domaines viticoles achètent les boisements attenants à leurs vignes. Les professionnels du bois sont peu présents, faute de ressource valorisable en quantité, à l’exception des opérateurs du liège.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule, et dans le Var il dissimule la nature même de l’actif.
Le premier point est celui que nos conseillers formulent en une phrase : ces massifs sont plutôt destinés à des forêts de loisirs. Un prix de 8 297 €/ha ne se justifie par aucune production de bois. Un propriétaire qui invoque ce niveau dans une succession, un partage ou une déclaration d’impôt sur la fortune immobilière doit savoir qu’il ne s’agit pas d’une valeur forestière et que la motivation devra porter sur l’agrément, la situation et la constructibilité éventuelle.
Le deuxième point est la décroissance du prix avec la surface, unique parmi les départements que nous avons documentés à ce degré. Un ensemble de plus de cent hectares se paie 4 975 €/ha médians, contre 8 553 €/ha pour une parcelle de moins de dix hectares. Autrement dit, plus la propriété est grande, moins elle vaut à l’hectare, parce qu’elle cesse d’intéresser l’acquéreur d’agrément sans intéresser pour autant un exploitant.
Le troisième point est le risque incendie, et il est structurel. Il ne se traduit pas seulement en probabilité de sinistre : il emporte des obligations légales de débroussaillement, des servitudes, des restrictions d’usage et une charge d’entretien permanente. Une évaluation varoise qui ne chiffre pas cette charge est incomplète.
Le quatrième point tient au liège. Le chêne-liège est la seule production de valeur du département, mais elle suppose une main-d’œuvre qualifiée et rare, une rotation de récolte de neuf à douze ans, et des peuplements conduits pour cela. Un chêne-liège non écorcé depuis vingt ans n’est pas un capital, c’est un chantier de reprise.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où la forêt s’échange pour son emplacement plus que pour sa production, l’évaluation suppose de séparer clairement ce qui relève du fonds d’agrément, du peuplement et des charges réglementaires attachées au risque incendie.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans le Var.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 8 297 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 626 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 48 % au-dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 3 043 et 23 764 €/ha.
Les ventes de plus de cent hectares se règlent à 4 975 €/ha médians, contre 8 553 €/ha pour les parcelles de moins de dix hectares. La valeur varoise tient à l’agrément et à la situation, non à la production : au delà d’une certaine surface, la propriété n’intéresse plus l’acquéreur d’agrément et le prix converge vers celui d’un boisement méditerranéen peu productif.
Le chêne-liège constitue la seule production de valeur du département, mais elle relève d’une filière spécifique : récolte espacée de neuf à douze ans, main-d’œuvre qualifiée et rare, peuplements conduits pour cet usage. Un chêne-liège non écorcé depuis longtemps ne représente pas un capital immédiatement mobilisable.
Le risque incendie emporte des obligations légales de débroussaillement, des servitudes et une charge d’entretien permanente, indépendamment de la probabilité de sinistre. Ces contraintes se chiffrent et doivent figurer dans toute évaluation sérieuse dans ce département.
Quatre vérifications s’imposent : les obligations légales de débroussaillement attachées à la parcelle et leur coût annuel, l’état d’écorçage et la conduite des chênes-lièges le cas échéant, les zonages littoraux et paysagers ainsi que le plan de prévention du risque incendie, et la part réelle du prix qui relève de l’agrément plutôt que de la production.
Ces 1 626 mutations disent ce qui s’est payé, pas ce que vaut un bien précis : cette bascule est l’objet de l’évaluation forestière. Le classement des départements et la méthode de calcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion qui conditionne la garantie de gestion durable sur la page du plan simple de gestion. Pour situer Esterel et s Maures parmi les grands ensembles français, voir notre panorama des massifs forestiers de France ; pour le vocabulaire, notre lexique forestier ; pour la marche à suivre, vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent