Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 3 810 €/ha, sur 595 mutations de plus d'un hectare et 6 332 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se situe 29 % au dessous de la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 49 % au dessous de celle de Provence-Alpes-Côte d'Azur, 7 425 €/ha. Il occupe le soixante-dix-huitième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 1 476 et 11 719 €/ha, sur une surface médiane de 4,06 hectares.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Alpes-de-Haute-Provence | Provence-Alpes-Côte d’Azur | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 3 810 | 7 444 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 517 | 2 663 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 11 809 | 22 029 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 595 | 3 636 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 6 549 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 4,0 | non publié | 2,3 |
Deux chiffres singularisent ce département. La surface médiane par mutation atteint 4,06 hectares, contre 2,3 au plan national, le deuxième niveau le plus élevé de nos pages derrière le Cher : on y vend de vrais massifs, pas des parcelles. Et le prix reste parmi les plus bas de la série : la surface n’y crée aucune prime.
La médiane recule de 30,5 % en euros courants sur cinq ans, de 5 014 à 3 486 €/ha, et le premier quartile de 27,6 %.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 107 | 5 069 | en attente | en attente |
| 2022 | 117 | 3 782 | en attente | en attente |
| 2023 | 129 | 2 954 | en attente | en attente |
| 2024 | 121 | 4 065 | en attente | en attente |
| 2025 | 121 | 4 122 | en attente | en attente |
L’effet de taille est franchement négatif : 3 810 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 454 mutations, 2 674 €/ha de 10 à 25 hectares sur 71 mutations, 4 876 €/ha de 25 à 100 hectares sur 48 mutations, et 1 662 €/ha au dessus de cent hectares sur 7 mutations. Le grand massif se paie moins de la moitié de la petite parcelle.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la valeur du peuplement est faible et celle du fonds l’est aussi.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. En montagne sèche, sur des stations à faible potentiel, il est modeste, sauf au sud du Luberon où l’agrément le porte.
La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur un pin noir d’Autriche de reboisement RTM ou un pin sylvestre de colonisation, elle est souvent nulle une fois le coût de mobilisation retranché. Le cubage indique un volume que le marché ne paiera pas.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 7 656 sangliers, 3 110 chevreuils, 1 339 chamois et 900 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département. Le chamois et le mouflon constituent un produit cynégétique spécifique.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Pin, chêne et garrigue, au sud-ouest, également sur le Vaucluse.
Pin sylvestre, chêne et garrigue, au sud-est. ., seul secteur en hausse nette alors que la médiane départementale recule.
Au centre-ouest.
Les trois secteurs sont qualifiés à la valeur technique inférieure, degré le plus bas de notre grille, et nos conseillers portent sur chacun la même appréciation, que nous reprenons telle quelle : des endroits plutôt destinés à des forêts de loisirs. Huit des neuf régions naturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur documentées dans notre référentiel portent cette même qualification.
L’inverse exact se lit dans l’Eure, où le prix à l’hectare double entre le petit lot et la grande propriété. Deux départements, deux logiques d’acquéreur, et la même donnée pour le montrer.
Le pin sylvestre domine, en peuplements de colonisation sur d’anciens parcours pastoraux, avec un débouché limité au bois énergie et à la palette. Le pin noir d’Autriche occupe les périmètres de restauration des terrains en montagne, dont la fonction est de protection avant d’être de production. Le chêne pubescent et le chêne vert tiennent les basses altitudes, le hêtre et le sapin les versants nord de la haute Bléone et de l’Ubaye.
L’appareil local recensé compte 224 établissements, l’un des deux totaux les plus bas de nos pages avec la Corse-du-Sud, dont 9 scieries seulement, 35 entreprises d’exploitation forestière et 21 de sylviculture. Les unités les plus importantes sont la Société alpine des bois à Salignac, Amexbois à Oraison et l’implantation de l’Office national des forêts à Digne-les-Bains, toutes trois de 20 à 49 salariés. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés bas-alpines.
Le marché tourne autour de 116 mutations par an de plus d’un hectare, à volume stable. Les communes les plus actives sont Simiane-la-Rotonde avec vingt-cinq mutations en cinq ans, Ubaye-Serre-Ponçon seize, Castellane et Valensole treize, Sisteron, Gréoux-les-Bains et Entrevaux douze, Banon onze. Les plus grandes opérations se situent à Tartonne, deux cent quatre-vingts hectares, à Mézel, deux mutations de cent soixante-douze hectares, et à Saint-Martin-lès-Seyne, deux mutations de cent soixante-six hectares.
Deux profils dominent, et aucun n’est sylvicole. Les acquéreurs d’agrément portent le troisième quartile sur les biens du Luberon et des abords du Verdon. Les éleveurs et les collectivités acquièrent les grands ensembles de parcours boisés, à des prix très bas. Les professionnels du bois sont absents : neuf scieries ne construisent pas un marché de production.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est que le grand massif bas-alpin ne vaut presque rien à l’hectare. Sept mutations de plus de cent hectares se sont réglées à 1 662 €/ha médians, 56 % en dessous de la médiane départementale. C’est l’inversion la plus marquée que nous ayons mesurée : un propriétaire de trois cents hectares de pinède qui se cale sur la médiane départementale surestime son bien d’un facteur deux.
Le deuxième point est le débouché. Le pin sylvestre de colonisation et le pin noir de reboisement n’ont pas de valeur de sciage significative, et neuf scieries ne suffisent pas à créer une mise en concurrence. La valeur de consommation y est fréquemment nulle une fois le débardage retranché, et celle du massif se réduit au fonds.
Le troisième point est le risque incendie, qui pèse sur toute la moitié sud. Il se traduit en évaluation par une décote sur la valeur de la superficie des peuplements résineux, la perte totale étant un événement possible et non couvert à sa valeur de reconstitution.
Le quatrième point tient à la donnée. La plus grande mutation recensée, deux cent quatre-vingts hectares à Tartonne, ressort à 714 €/ha. Ce niveau signale une cession entre parties liées ou une composition particulière du bien, mais il rappelle aussi l’ordre de grandeur réel du parcours boisé bas-alpin, que la médiane départementale masque.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où le prix unitaire décroît fortement avec la surface, la première question de l’évaluation est celle du marché adressable, agrément ou parcours, les deux ne se payant pas au même niveau.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 3 810 €/ha entre 2021 et 2025, sur 595 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 29 % au dessous de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 476 et 11 719 €/ha.
Le prix médian tombe de 3 810 €/ha entre un et dix hectares à 1 662 €/ha au dessus de cent hectares, soit moins de la moitié. C’est l’inversion la plus marquée que nous ayons mesurée : le grand massif y est valorisé comme un parcours, la petite parcelle comme un bien d’agrément.
Le pin sylvestre de colonisation et le pin noir d’Autriche de reboisement n’ont pas de valeur de sciage significative, et le département ne compte que neuf scieries. Sur ces peuplements, la valeur de consommation est fréquemment nulle une fois le coût de débardage retranché.
La médiane recule de 5 014 €/ha en 2021 à 3 486 €/ha en 2025, soit 30,5 % en euros courants, et le premier quartile de 27,6 %. Seul le Verdon progresse, de 27,6 % sur la même période, pour des raisons d’agrément et non de production.
Cinq vérifications s’imposent : le marché adressable, agrément ou parcours, l’accès direct au grumier, le débouché réel du peuplement, les obligations de débroussaillement et servitudes DFCI au sud, et les droits d’usage ou de pacage.
Ces 3 810 €/ha portent le sol, les arbres et parfois le bâti sans les séparer : c’est l’évaluation forestière qui fait ce partage. Le rang dans les Alpes-de-Haute-Provence sur les départements publiés figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le plan qui engage une propriété sur dix à vingt ans sur la page du plan simple de gestion. Luberon, Verdon ou pays de Forcalquier ne se paient pas au même prix. Notre panorama des massifs forestiers de France les replace à l’échelle nationale, notre lexique forestier en donne le vocabulaire, et la page vendre sa forêt la marche à suivre.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent