Dans la Creuse, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 3 619 €/ha, sur 1 830 transactions de plus d'un hectare et 7 674 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département se tient 34 % sous la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et 21 % sous celle de Nouvelle-Aquitaine. Il occupe le quatre-vingt-quatrième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Le fait marquant n’est pas le niveau, c’est le volume. Avec 1 830 ventes en cinq ans pour un département de 570 000 hectares, la Creuse est l’un des marchés forestiers les plus actifs de France rapporté à sa taille. La moitié des ventes se règlent entre 1 453 et 11 887 €/ha : le premier quartile est parmi les plus bas du pays.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Creuse | Nouvelle-Aquitaine | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 3 619 | 4 504 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 453 | 2 004 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 11 887 | 14 428 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 1 830 | 23 045 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 7 700 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,3 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
La progression est forte et régulière : la médiane passe de 2 792 €/ha en 2021 à 4 404 €/ha en 2025, soit 57,7 % en euros courants, quand le national gagne 5,5 %. C’est l’une des trois plus fortes hausses relevées sur la période.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 379 | 2 675 | en attente | en attente |
| 2022 | 348 | 3 384 | en attente | en attente |
| 2023 | 398 | 4 099 | en attente | en attente |
| 2024 | 352 | 3 910 | en attente | en attente |
| 2025 | 353 | 4 054 | en attente | en attente |
La taille joue : 3 496 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 6 485 €/ha de 10 à 25 hectares, 10 195 €/ha de 25 à 100 hectares, sur dix-neuf ventes dans cette dernière tranche.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et dans la Creuse cette séparation explique à elle seule l’écart entre le premier et le troisième quartile.
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur le plateau de Millevaches et les hauteurs du Limousin, la pluviométrie et la profondeur du sol donnent des stations à douglas parmi les meilleures d’Europe. Sur les versants de bocage à châtaignier, la même surface ne produit rien de comparable.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Une plantation de douglas de trente ans est une valeur actuelle d’avenir, pas un produit : la décote y est forte, et c’est normal.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée.
Cette décomposition dit pourquoi un quart des ventes creusoises se conclut sous 1 453 €/ha : ce sont des taillis de châtaignier et des landes boisées sans capital sur pied mobilisable. Le prix payé y correspond au fonds seul.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Chêne, châtaignier et douglas. Nos conseillers y voient un très bon secteur pour le douglas et l’épicéa, avec une production élevée, une bonne pluviométrie, une exploitation relativement aisée et une filière active.
Douglas, épicéa et pin sylvestre, sur le cœur du grand bassin résineux limousin. La pluviométrie y est encore meilleure, la production également, mais l’altitude et l’éloignement pèsent sur le foncier.
La Creuse porte deux gammes que tout oppose. Le douglas et l’épicéa de plantation, issus des reboisements du Fonds forestier national, constituent le capital de valeur et alimentent une filière structurée à Felletin, Bourganeuf, Faux-la-Montagne et Blessac. Le châtaignier et le chêne de taillis, hérités du bocage et de l’abandon agricole, occupent des surfaces considérables sans porter de valeur commerciale significative.
L’appareil local recensé compte 42 scieries, 440 établissements d’exploitation forestière et 1 039 entreprises de sylviculture, soit 1 770 établissements. Ce chiffre de 440 exploitants pour un département de 116 000 habitants est le plus élevé du lot en proportion : la Creuse est un territoire de production, pas un territoire d’agrément. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés creusoises.
Le marché tourne autour de 369 ventes par an de plus d’un hectare, un rythme élevé. Les communes les plus actives sont Saint-Dizier-Masbaraud avec quarante mutations en cinq ans, Vallière trente-huit, Sardent trente-sept, Gentioux-Pigerolles trente-cinq, Fursac trente-quatre, Janaillat trente et un, Royère-de-Vassivière et Saint-Moreil vingt-huit chacune. Les plus grandes opérations restent modestes : Saint-Priest-Palus, cent cinquante-quatre hectares, Gentioux-Pigerolles, cent trente-sept, Faux-la-Montagne, quatre-vingt-six.
Trois profils se le partagent. Les professionnels du bois et les coopératives achètent du capital sur pied de douglas et paient à la valeur technique. Les investisseurs et les groupements forestiers se positionnent sur les plantations arrivant à maturité, ce qui explique la hausse de 57,7 %. Les particuliers, très majoritaires en nombre, achètent de petites surfaces de taillis et alimentent le premier quartile à 1 453 €/ha.
Il faut dire ce que le prix médian dissimule.
Le premier point est que la médiane creusoise recouvre deux actifs sans rapport. Un quart des ventes se conclut sous 1 453 €/ha : ce sont des taillis de châtaignier, des landes et des délaissés agricoles boisés, sans produit commercialisable. Un quart se conclut au dessus de 11 887 €/ha : ce sont des douglas de belle venue, proches de la récolte. Confondre les deux est l’erreur d’évaluation la plus fréquente dans ce département.
Le deuxième point concerne la hausse. Les 57,7 % de progression en cinq ans portent sur un compartiment résineux dont la valeur dépend d’une demande industrielle et d’un cours du douglas qui a fortement varié. Une acquisition faite au haut du cycle, sur une plantation encore éloignée de sa récolte, expose à un rendement décevant. L’horizon se compte en décennies.
Le troisième point est celui de l’acceptabilité. Le modèle de plantation résineuse en coupe rase, dominant sur le plateau de Millevaches, fait l’objet d’une contestation locale documentée et de débats sur les documents d’urbanisme et de gestion. Ce n’est pas un point d’opinion, c’est un facteur de risque opérationnel : il peut peser sur les autorisations, sur les délais et sur les conditions d’exploitation. Un acquéreur institutionnel doit l’intégrer.
Le quatrième point est sanitaire. L’épicéa commun a été touché par les scolytes et par les sécheresses sur toute la région. Un peuplement d’épicéa acheté aujourd’hui dans la Creuse s’achète avec un risque de dépréciation rapide, à la différence du douglas, mieux tenu mais non indemne.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le prix va de 1 453 à plus de 12 000 €/ha selon le peuplement, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, de dater précisément la plantation et de qualifier la station sous le peuplement.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans la Creuse.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 3 619 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 830 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 34 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 453 et 11 887 €/ha, un écart considérable.
La médiane passe de 2 792 €/ha en 2021 à 4 404 €/ha en 2025, soit 57,7 % en euros courants. La demande porte sur les plantations de douglas issues des reboisements du siècle dernier, qui arrivent à maturité et attirent investisseurs et professionnels du bois dans un bassin de production reconnu.
Un quart des transactions se conclut sous 1 453 €/ha. Il s’agit de taillis de châtaignier, de landes boisées et de délaissés agricoles sans capital sur pied mobilisable : le prix payé correspond alors à la valeur du sol seul, sans valeur de peuplement.
Le plateau de Millevaches et les hauteurs du Limousin offrent des stations à douglas parmi les meilleures d’Europe, avec une pluviométrie favorable et une filière active. Le risque tient à l’horizon, plusieurs décennies avant récolte, à l’état sanitaire de l’épicéa associé et à l’acceptabilité locale du modèle de coupe rase.
Quatre vérifications s’imposent : l’âge exact et la densité de la plantation résineuse, la station réelle sous le peuplement, la part d’épicéa exposée aux scolytes, et l’accès pour un grumier jusqu’à une place de dépôt. S’y ajoute le zonage du parc naturel régional lorsque la propriété s’y trouve.
Une médiane de 3 619 €/ha ne remplace pas une visite : la méthode qui chiffre un massif est exposée sur la page de l’évaluation forestière, celle qui fixe son cap sur la page du plan simple de gestion. Le repère national auquel elle se compare figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France. Les stations du Limousin et plateau de Millevaches sont décrites dans notre panorama des massifs forestiers de France, les termes employés ici dans notre lexique forestier, et la conduite d’une cession sur la page vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent