Deux mille cinq cent seize euros par hectare : le prix médian le plus bas des quatre-vingts départements publiés, cinquante-trois pour cent sous le repère national. Sur 2 849 mutations, l'un des marchés les plus fournis de France, ce qui rend ce niveau d'autant plus solide.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
La moitié des ventes se règlent entre 1 131 et 6 608 €/ha, sur une surface médiane de 1,98 hectare. Le premier quartile, à 1 131 €/ha, est le plus bas que nous ayons relevé.
| Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025 | Puy-de-Dôme | Auvergne-Rhône-Alpes | France |
|---|---|---|---|
| Prix médian (€/ha) | 2 516 | 3 636 | 5 323 |
| 1er quartile (€/ha) | 1 131 | 1 626 | 2 303 |
| 3e quartile (€/ha) | 6 608 | 9 331 | 14 976 |
| Nombre de mutations | 2 849 | 15 739 | 86 327 |
| Surface échangée (ha) | 10 050 | non publié | 526 166 |
| Surface médiane par mutation (ha) | 2,0 | non publié | 2,3 |
Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.
La médiane progresse de 11,7 % en euros courants sur cinq ans, ce qui reste inférieur à l’inflation cumulée de la période : en euros constants, le marché est stable.
| Année | Mutations | Médiane (€/ha) | 1er quartile | 3e quartile |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 593 | 2 359 | en attente | en attente |
| 2022 | 584 | 2 554 | en attente | en attente |
| 2023 | 575 | 2 756 | en attente | en attente |
| 2024 | 513 | 2 331 | en attente | en attente |
| 2025 | 584 | 2 635 | en attente | en attente |
La taille joue : 2 548 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 4 526 €/ha de 10 à 25 hectares, 6 570 €/ha de 25 à 100 hectares, sur trente ventes. Aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans.
Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans le Puy-de-Dôme, la question posée par ce niveau de prix est simple : où passe la valeur d’une ressource que nos conseillers jugent excellente ?
La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur le Livradois et les contreforts du Forez, la station à douglas est de premier ordre. Mais nos conseillers relèvent que l’exploitation n’est pas toujours commode sur les contreforts, et cette contrainte se retranche directement du fonds.
La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Dans un département où la sapinière-hêtraie est majoritaire, cette valeur est plombée par le hêtre, dont la valeur unitaire est faible.
S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 5 677 sangliers, 595 cerfs élaphes, 132 chamois et 94 mouflons prélevés en 2024. Le tableau est modeste au regard de la surface boisée.
Un quart des ventes se conclut sous 1 131 €/ha : ce sont des hêtraies de pente, des taillis et des landes boisées sans capital mobilisable. Le prix payé y correspond au fonds, diminué de la difficulté d’accès.
Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.
Douglas, sapin et pin sylvestre. Nos conseillers y relèvent une bonne production de sapin et de douglas, mais peu d’acteurs de la filière.
Douglas, sapin et épicéa, sur les monts du Forez. Nos conseillers résument : très bon pour le douglas et le sapin.
Douglas, sapin et chêne, sur la frange nord. Très joli secteur selon nos conseillers, avec une réserve nette sur les mauvais versants.
Sapin, pin sylvestre, douglas et hêtre. Nos conseillers y voient un causse plat, à bonne production résineuse, avec une filière qui se dynamise lentement.
Sapinière-hêtraie, avec La Chaise-Dieu pour référence. Nos conseillers en font une très bonne station pour le douglas, tout en relevant que la sapinière-hêtraie reste majoritaire et que l’exploitation n’est pas toujours commode sur les contreforts, plus facile vers Ambert. , l’échantillon le plus large du département.
Le sapin pectiné et le hêtre en mélange dominent le Livradois et les contreforts, héritage d’une sylviculture ancienne. Le douglas, issu des reboisements, constitue le compartiment de valeur, en progression sur toutes les régions naturelles sauf le Livradois. Le pin sylvestre occupe les stations sèches de la Limagne et de la Margeride.
L’appareil local recensé est dense : 86 scieries, 448 établissements d’exploitation forestière et 1 906 entreprises de sylviculture, soit 3 028 établissements. Les unités structurées se situent à Doré-l’Église, Saint-Avit, Chaumont-le-Bourg, Arlanc, Cournon-d’Auvergne et La Goutelle. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.
Ce tissu contredit l’idée d’un département dépourvu de débouché : quatre-vingt-six scieries, c’est davantage que dans les Landes. Le problème du Puy-de-Dôme n’est pas l’absence d’acheteurs, c’est le coût pour leur amener le bois.
À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés puydômoises.
Le marché tourne autour de 576 ventes par an de plus d’un hectare, l’un des rythmes les plus élevés de France. Les communes les plus actives sont Saint-Victor-Montvianeix avec soixante mutations en cinq ans, Saint-Anthème cinquante-deux, Châteldon cinquante, Ambert quarante-huit, Auzelles quarante-sept, Fournols quarante-quatre, Fayet-Ronaye quarante et une, Saint-Germain-l’Herm trente-sept : toutes dans le Livradois-Forez. Les plus grandes opérations restent modestes : Le Brugeron, cent quatre-vingt-neuf hectares, Combronde, cent quarante-deux, Médeyrolles, cent six.
Trois profils se le partagent. Les exploitants forestiers et les scieurs locaux, très nombreux, achètent du capital sur pied à la valeur technique et connaissent parfaitement le coût de sortie. Les propriétaires voisins et les agriculteurs achètent pour regrouper. Les investisseurs institutionnels sont absents, faute d’ensembles de taille suffisante.
Il faut dire ce que le prix le plus bas de France signifie, et ce qu’il ne signifie pas.
Le premier point est que ce n’est pas un défaut de ressource. Nos conseillers jugent la station à douglas excellente sur le Livradois, très bonne sur le Forez et la Montagne bourbonnaise. Le département compte quatre-vingt-six scieries. Le prix bas ne traduit donc ni une mauvaise production ni une absence de débouché : il traduit un coût d’exploitation et un morcellement qui absorbent la valeur avant qu’elle n’atteigne le propriétaire.
Le deuxième point est la composition des peuplements. La sapinière-hêtraie reste majoritaire sur le Livradois, et le hêtre y pèse un volume important pour une valeur unitaire faible. Un cubage qui ne distingue pas le sapin et le douglas du hêtre surestime largement le capital.
Le troisième point est que le Livradois recule, seul secteur du département dans ce cas, de 6,9 % en cinq ans sur 2 576 ventes, l’échantillon le plus solide dont nous disposions. Cette baisse porte précisément sur la région où la station est la meilleure et l’accès le plus difficile. Le message est net : dans ce département, l’accessibilité fait le prix plus que la qualité de la station.
Le quatrième point est une opportunité, et il faut la dire aussi. Un prix d’entrée à 2 516 €/ha sur des stations à douglas de premier ordre constitue, pour un acquéreur capable de regrouper et de créer de la desserte, un rapport qualité-prix qu’aucun autre département ne présente. Cette opportunité est réelle, mais elle suppose un travail foncier long et un investissement en voirie qui ne se récupère pas à court terme.
Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où l’accessibilité pèse plus que la station, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, de distinguer le résineux du hêtre dans le cubage, et de chiffrer honnêtement le coût de sortie des bois.
Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans le Puy-de-Dôme.
Faire évaluer une propriété forestièreLe prix médian constaté s’établit à 2 516 €/ha entre 2021 et 2025, sur 2 849 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP. C’est le niveau le plus bas des quatre-vingt-douze départements exploitables, 52 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha.
Ce n’est pas un défaut de ressource : nos conseillers jugent la station à douglas excellente et le département compte quatre-vingt-six scieries. Trois facteurs expliquent ce niveau : la difficulté d’exploitation sur les contreforts du Livradois et du Forez, un morcellement extrême avec une parcelle médiane de moins de deux hectares, et la prédominance de la sapinière-hêtraie, dont le hêtre vaut peu.
Nos conseillers y voient une très bonne station pour le douglas, tout en relevant que la sapinière-hêtraie reste majoritaire et que l’exploitation n’est pas toujours commode sur les contreforts, plus facile vers Ambert. La cote du Livradois est la plus basse du département, à 2 639 €/ha, et la seule en recul.
Un prix d’entrée à 2 516 €/ha sur des stations à douglas de premier ordre constitue un rapport qualité-prix sans équivalent en France. L’opportunité suppose toutefois un travail de regroupement foncier long et un investissement en desserte qui ne se récupère pas à court terme.
Quatre vérifications s’imposent : le coût réel de sortie des bois depuis la parcelle jusqu’à une place de dépôt, la part du hêtre dans le cubage, souvent surévaluée, la contiguïté avec d’autres propriétés susceptibles d’être regroupées, et la pente, qui détermine le mode d’exploitation possible.
Ces 2 849 mutations disent ce qui s’est payé, pas ce que vaut un bien précis : cette bascule est l’objet de l’évaluation forestière. Le classement des départements et la méthode de calcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion qui conditionne la garantie de gestion durable sur la page du plan simple de gestion. Pour situer Velay oriental, Forez ou Montagne bourbonnaise parmi les grands ensembles français, voir notre panorama des massifs forestiers de France ; pour le vocabulaire, notre lexique forestier ; pour la marche à suivre, vendre sa forêt.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Pretium loci, non silvae.
Homo et arbor radices habent