Clermont-Ferrand · Lyon · La Charité-sur-Loire · Vittel · Intervention sur toute la France
TerrAcademy La Revue Contact Espace client
Maison TerrAgree Forêt · Patrimoine · Terra Nobilis
Pôle Forêt de la Maison TerrAgree

Loire : un marché forestier où la propriété constituée ne se vend presque jamais

Douze ventes au-delà de vingt-cinq hectares en cinq ans, sur 1 479 mutations, soit 0,9 pour cent : soixante-quinzième taux sur quatre-vingts départements. La surface médiane de vente s'établit à 1,91 hectare. Le seuil du plan simple de gestion n'est, en pratique, jamais atteint à l'achat.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans la Loire ?

La surface médiane des ventes s’établit à 1,90 hectare, parmi les plus faibles de France. La Loire est un marché de très petites parcelles, et cette caractéristique commande tout le reste. La moitié des ventes se règlent entre 2 000 et 9 037 €/ha.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025LoireAuvergne-Rhône-AlpesFrance
Prix médian (€/ha)4 1183 6365 323
1er quartile (€/ha)1 9871 6262 303
3e quartile (€/ha)8 6499 33114 976
Nombre de mutations1 47915 73986 327
Surface échangée (ha)4 891non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)1,9non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

La progression est l’une des plus fortes du pays : la médiane passe de 3 394 €/ha en 2021 à 5 000 €/ha en 2025, soit 47,3 % en euros courants, quand le national gagne 5,5 %. Le

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20212563 294en attenteen attente
20223374 105en attenteen attente
20233034 520en attenteen attente
20243104 041en attenteen attente
20252734 667en attenteen attente

La taille joue peu, faute de matière : 4 134 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 5 973 €/ha de 10 à 25 hectares, 5 608 €/ha de 25 à 100 hectares sur onze ventes seulement. Aucune mutation de plus de cent hectares n’a été recensée en cinq ans. Dans la Loire, le segment de la grande propriété n’existe pas sur le marché.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Une évaluation les sépare, et dans la Loire le déséquilibre entre les deux est frappant.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur les monts du Forez et le Beaujolais vert, les stations à douglas comptent parmi les meilleures de France. Sur les versants secs du Roannais et les hautes chaumes, la production est bien moindre.

La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur une parcelle de deux hectares, cette valeur se heurte à un obstacle matériel : la mise en marché d’un lot aussi petit supporte des frais fixes qui grèvent le prix net vendeur.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée. Elle est ici plus modeste qu’ailleurs, avec 3 400 sangliers et 3 535 chevreuils prélevés en 2024, l’un des tableaux les plus faibles des départements étudiés.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Beaujolais

Douglas, chêne et sapin, sur le Beaujolais vert. Nos conseillers y voient l’une des meilleures stations forestières françaises pour le douglas, et positionnent le marché nettement au dessus de la valeur technique. Le débouché résineux est structuré, avec des opérateurs à La Roche-en-Brénil, Sougy-sur-Loire et dans le Rhône.

Le Forez

Douglas, sapin et épicéa, sur les monts du Forez et le Livradois-Forez. Nos conseillers résument : très bon pour le douglas et le sapin.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le douglas et le sapin pectiné constituent le capital de valeur, issus des reboisements de montagne du siècle dernier. Le chêne et les feuillus divers occupent les basses pentes et les fonds de vallée, avec une valeur unitaire nettement inférieure. Le châtaignier est présent sur les versants acides, sans débouché de valeur.

L’appareil local recensé compte 63 scieries, 19 unités d’imprégnation, 419 établissements d’exploitation forestière et 797 entreprises de sylviculture, soit 1 812 établissements. Les unités structurées se situent à Boisset-lès-Montrond, Savigneux, Belmont-de-la-Loire, Saint-Priest-la-Prugne, Chalmazel-Jeansagnière et Noirétable. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Le fait notable est la coïncidence entre les communes les plus actives du marché et l’implantation des scieries : Saint-Priest-la-Prugne, Chalmazel-Jeansagnière, Noirétable et Belmont-de-la-Loire figurent dans les deux listes. Le marché foncier ligérien se fait là où le bois se transforme.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés ligériennes.

La desserte
En montagne, elle commande tout. Une parcelle de deux hectares sans accès grumier ne trouve pas d’acquéreur professionnel, quelle que soit la qualité du peuplement.
Le morcellement
C’est le facteur structurel du département. Avec une surface médiane de 1,90 hectare, la plupart des propriétés ne permettent pas une exploitation économique isolée, et la valeur en dépend directement.
La pente
Sur les monts du Forez et les versants du Pilat, elle décide du mode d’exploitation et de son coût.
La portance
Les sols granitiques et hydromorphes des hautes chaumes restreignent les fenêtres de chantier.
Le droit de chasse
En 2024, 3 400 sangliers et 3 535 chevreuils ont été prélevés dans le département, un tableau modeste. Le bail se capitalise, mais il pèse moins que dans les départements de plaine.
Le document de gestion
Un plan simple de gestion approuvé sécurise l’acquéreur et ouvre certains régimes fiscaux. Il est rare ici, la plupart des propriétés étant en dessous du seuil d’obligation.
Le statut réglementaire
Zonages, servitudes, indivision, et l’appartenance au parc naturel régional du Pilat ou du Livradois-Forez selon la localisation.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 299 ventes par an de plus d’un hectare. Les communes les plus actives sont Chalmazel-Jeansagnière avec quarante-huit mutations en cinq ans, Saint-Priest-la-Prugne quarante-quatre, La Valla-en-Gier trente-sept, Noirétable trente-deux, Belmont-de-la-Loire trente, Sauvain vingt-sept, Usson-en-Forez vingt-six. Les plus grandes opérations restent rares : Chausseterre, deux cent dix-sept hectares, Colombier, soixante-treize, Saint-Romain-d’Urfé, cinquante-sept.

Trois profils se le partagent. Les propriétaires voisins et les agriculteurs sylviculteurs constituent le premier acquéreur : ils achètent pour regrouper et rendre exploitable ce qui ne l’était pas. Les professionnels du bois et les coopératives achètent du capital sur pied de douglas près des scieries. Les investisseurs institutionnels sont absents, faute d’ensembles de taille suffisante : aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est le morcellement, et il n’est pas une nuance mais le sujet central. Une surface médiane de 1,90 hectare signifie qu’une majorité des propriétés vendues ne peuvent pas supporter seules le coût d’un chantier d’exploitation. La valeur de consommation théorique d’un douglas mûr y est réelle, mais elle se réalise mal. Un acquéreur qui applique une mercuriale sans intégrer les frais fixes de mise en marché surestime son achat.

Le deuxième point concerne la hausse. Les 47,3 % de progression en cinq ans portent sur un compartiment résineux dans un contexte de dépérissement généralisé en France. Le douglas du Forez et du Beaujolais vert est mieux tenu que l’épicéa, mais il n’est pas indemne, et les stations limites se comportent mal en épisode de sécheresse. La qualité de la station se vérifie parcelle par parcelle, jamais au niveau de la région naturelle.

Le troisième point est l’absence de marché haut. Aucune vente de plus de cent hectares en cinq ans, onze ventes seulement entre vingt-cinq et cent hectares. Un propriétaire qui détiendrait un ensemble de cette taille dans la Loire ne trouverait pas de comparable local : sa mise en marché devrait s’adresser à des acquéreurs extérieurs au département, et le délai s’en ressentirait.

Le quatrième point tient à la donnée. Les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti. Deux mutations recensées, à Saint-Romain-d’Urfé et à Renaison, affichent des prix supérieurs à 60 000 €/ha sur plusieurs dizaines d’hectares : ces montants ne sont pas des prix de forêt et ne se transposent à aucune propriété.

Faire évaluer une forêt dans la Loire

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où la parcelle médiane fait moins de deux hectares, l’évaluation suppose de mesurer le capital sur pied, de qualifier la station et surtout d’apprécier honnêtement ce que la mise en marché d’un petit lot coûtera au vendeur.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans la Loire.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans la Loire ?

Le prix médian constaté s’établit à 4 118 €/ha entre 2021 et 2025, sur 1 479 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 25 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 2 000 et 9 037 €/ha.

Le prix de la forêt monte-t-il dans la Loire ?

La médiane départementale passe de 3 394 €/ha en 2021 à 5 000 €/ha en 2025, soit 47,3 % en euros courants, l’une des plus fortes progressions de France. Le premier quartile gagne 58,7 % sur la même période, ce qui indique un mouvement qui touche l’ensemble du marché.

Le Forez est-il un bon secteur pour le douglas ?

Nos conseillers tiennent le Forez et le Beaujolais vert pour deux des meilleures stations françaises du douglas, avec un débouché résineux structuré. Les cotes s’établissent à 3 759 €/ha pour le Forez et 4 506 €/ha pour le Beaujolais, toutes deux en progression sur cinq ans. La station se vérifie néanmoins parcelle par parcelle.

Pourquoi les forêts vendues dans la Loire sont-elles si petites ?

La surface médiane des ventes atteint 1,90 hectare, parmi les plus faibles des départements étudiés, et aucune mutation de plus de cent hectares n’a été recensée en cinq ans. Le morcellement hérité du parcellaire agricole de montagne explique cette structure, et il limite la possibilité d’exploiter économiquement une propriété isolée.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans la Loire ?

Quatre vérifications s’imposent : l’accès grumier effectif, déterminant en montagne, la contiguïté de la parcelle avec d’autres propriétés susceptibles d’être regroupées, la station réelle sous la plantation de douglas, et le coût de mise en marché d’un lot de faible contenance, qui se retranche du prix net vendeur.

De ces 1 479 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. Beaujolais et Forez ne se paient pas au même prix. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent