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Eure : le marché forestier le plus lisible de France, où la taille se paie au lieu de décoter

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans l’Eure ?

La moitié des ventes se règlent entre 7 121 et 16 888 €/ha, sur une surface médiane de 2,26 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025EureNormandieFrance
Prix médian (€/ha)10 00411 8425 323
1er quartile (€/ha)7 0637 3622 303
3e quartile (€/ha)16 84320 22114 976
Nombre de mutations7192 45186 327
Surface échangée (ha)5 347non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,3non publié2,3

Le marché eurois est resserré, 2,4 entre les quartiles contre 6,5 au plan national, et son premier quartile, 7 121 €/ha, dépasse la médiane de cinquante-neuf départements métropolitains.

La médiane progresse de 6,4 % en euros courants de 9 655 à 10 277 €/ha, sans tendance nette.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20211539 655en attenteen attente
202216011 161en attenteen attente
20231278 889en attenteen attente
202411510 435en attenteen attente
202516410 273en attenteen attente

L’effet de taille culmine dans la tranche intermédiaire : 9 707 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 595 mutations, 13 960 €/ha de 10 à 25 hectares sur 62 mutations, 12 663 €/ha de 25 à 100 hectares sur 34 mutations, 18 120 €/ha au dessus de cent hectares sur 6 mutations, effectif faible à interpréter avec prudence. Les quatre tranches de surface sont ici documentées, ce qui n’est le cas que de vingt-huit départements métropolitains sur quatre-vingt-neuf.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans l’Eure, les deux composantes pèsent réellement.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les plateaux limoneux, il reste indexé sur des terres céréalières élevées, et la proximité de l’Île-de-France y ajoute une composante étrangère à la sylviculture.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur les hêtraies et chênaies de Lyons, de Breteuil et du pays d’Ouche, conduites en futaie sur des stations profondes, cette valeur est substantielle et se calcule à partir d’un cubage.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 8 485 sangliers, 6 163 chevreuils et 1 119 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département. Ce tableau de cerf est élevé et constitue un argument de valorisation sur les propriétés constituées.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Lieuvin

Chêne, hêtre et résineux, à l’ouest du département et sur le Calvados., . Qualifié au marché vénal supérieur par nos conseillers, qui citent la scierie Norsilk à Boulleville parmi les acteurs de la filière résineuse.

Le Roumois

Chêne, hêtre et résineux, au nord, entre Seine et Risle. Également qualifié au marché vénal supérieur.

Le Vexin normand

Chêne, hêtre et feuillus, à l’est, en limite du Vexin français. Qualifié au marché vénal, un degré en dessous des deux précédents.

Une lacune vaut pour les trois secteurs : le référentiel TerrAgree ne porte aucune appréciation de terrain sur les régions naturelles normandes, la mention étant « pas d’avis » pour chacune. Nous disposons de leur qualification, non de l’analyse qui la fonde.

Cette progression n’a rien d’universel. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la même lecture par tranches donne l’inverse : le prix à l’hectare y baisse quand la surface augmente. Ce que les deux pages établissent ensemble, c’est qu’il n’existe pas de règle nationale de l’effet de taille.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le hêtre et le chêne sessile font la valeur, en futaie régulière sur les plateaux, avec Lyons, Breteuil, Conches et Évreux pour références. Le pin sylvestre et le douglas occupent des surfaces limitées mais réelles dans le Lieuvin et le Roumois, seul secteur normand où le résineux figure dans les essences dominantes du référentiel. Le frêne des vallées est affecté par la chalarose, le peuplier tient les fonds de la Risle et de l’Iton.

L’appareil local recensé compte 835 établissements, dont 39 scieries, 145 entreprises d’exploitation forestière et 360 de sylviculture. Aucune unité ne dépasse quarante-neuf salariés dans le recensement départemental : les plus importantes sont la Scierie et exploitation forestière boullevillaise et les établissements Gastebois, tous deux à Saint-Maclou, ainsi qu’Alliance Forêts Bois à Évreux. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés euroises.

La desserte
Le réseau est excellent et l’axe Seine dessert le département. La question porte sur l’accès indépendant depuis la voirie publique.
Le morcellement
Avec 2,26 hectares de surface médiane, le département est morcelé, mais il conserve un gisement de grandes propriétés, six mutations de plus de cent hectares.
La pente
Marginale sur les plateaux, sensible sur les versants de la Seine, de l’Eure et de la Risle.
La portance
Les limons de plateau battent après épisode pluvieux et les argiles à silex se déforment, ce qui restreint les fenêtres de chantier.
Le droit de chasse
Premier facteur de valeur sur les propriétés constituées, avec 1 119 cerfs élaphes prélevés en 2024. La charge d’indemnisation des dégâts de sanglier doit être déduite du revenu capitalisé.
Le document de gestion
40 mutations sur 719 franchissent le seuil de vingt-cinq hectares, soit 6 % : au dessous, aucun plan opposable n’est exigible.
Le statut réglementaire
Sites classés des boucles de la Seine, servitudes, indivision, bail rural.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 139 mutations par an de plus d’un hectare. Trois communes nouvelles dominent : Vexin-sur-Epte avec vingt-six mutations en cinq ans, Mesnil-en-Ouche vingt-cinq, Mesnils-sur-Iton dix-sept, puis Sainte-Marie-d’Attez, Le Bosc du Theil, Marcilly-la-Campagne et Grosley-sur-Risle avec huit chacune. Ces communes couvrant de vastes territoires, la concentration apparente doit être relativisée. Les plus grandes opérations se situent à Bouafles, cent quatre-vingt-un hectares, au Fidelaire, cent soixante-dix-huit, et à La Madeleine-de-Nonancourt, cent neuf.

Trois profils se partagent ce marché. Les groupes de chasse et les acquéreurs d’agrément franciliens portent le haut du marché sur le pays d’Ouche et les abords de Lyons, les investisseurs patrimoniaux visent les mêmes biens, les agriculteurs et les voisins alimentent le premier quartile.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point tient à la donnée, et il est sévère ici. Deux des cinq plus grandes mutations affichent des prix hors de portée d’un raisonnement forestier : Le Fidelaire, cent soixante-dix-huit hectares à 58 236 €/ha, et Clef Vallée d’Eure, cent six hectares à 50 443 €/ha. À ces niveaux, sur de telles surfaces, la présence de bâti est certaine. Les prix DVF étant tout compris, ces deux lignes doivent être écartées de tout raisonnement de comparaison, y compris de la lecture de la tranche supérieure à cent hectares.

Le deuxième point est l’absence de tendance. La médiane oscille entre 9 529 et 10 736 €/ha sur cinq ans, sans direction. Le troisième quartile, lui, recule de 24 340 €/ha en 2022 à 15 119 en 2025, soit 38 %. Comme en Eure-et-Loir et dans le Loiret, c’est le segment d’agrément du bassin parisien qui se contracte pendant que le cœur du marché tient.

Le troisième point est la faiblesse de la première transformation. Trente-neuf scieries, aucune unité de plus de quarante-neuf salariés : le bois eurois part en Seine-Maritime, dans la Sarthe ou en Bourgogne, et le coût de transport se retranche du prix net vendeur.

Le quatrième point est une lacune de notre référentiel. Les trois régions naturelles du département sont marquées « pas d’avis » : nous publions leurs cotes, non l’explication qui les fonde.

Faire évaluer une forêt dans l’Eure

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où deux comparables sur cinq comportent du bâti et où le segment d’agrément se contracte, l’évaluation suppose de reconstituer chaque référence avant de l’employer et de dater précisément ses comparables.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans l’Eure.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans l’Eure ?

Le prix médian constaté s’établit à 10 004 €/ha entre 2021 et 2025, sur 719 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 1,9 fois la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 7 121 et 16 888 €/ha.

Le prix de la forêt monte-t-il dans l’Eure ?

La médiane oscille entre 9 529 et 10 736 €/ha sur cinq ans, sans direction nette, à 6,4 % de progression entre 2021 et 2025. Le mouvement réel concerne le troisième quartile, qui recule de 24 340 €/ha en 2022 à 15 119 en 2025, soit 38 %.

Une grande propriété se paie-t-elle plus cher à l’hectare dans l’Eure ?

Le prix médian passe de 9 707 €/ha entre un et dix hectares à 13 960 €/ha entre dix et vingt-cinq hectares, puis redescend à 12 663 €/ha entre vingt-cinq et cent hectares. La tranche supérieure à cent hectares, à 18 120 €/ha sur six mutations seulement, est tirée par des biens comportant du bâti.

Peut-on se fier aux plus grandes ventes recensées dans l’Eure ?

Deux des cinq plus grandes mutations, au Fidelaire à 58 236 €/ha sur cent soixante-dix-huit hectares et à Clef Vallée d’Eure à 50 443 €/ha sur cent six hectares, comportent nécessairement du bâti. Les données de valeurs foncières étant publiées tout compris, ces lignes ne se transposent à aucune propriété exclusivement forestière.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans l’Eure ?

Quatre vérifications s’imposent : la composition exacte des comparables retenus, bâti compris, la date de ces comparables, le segment d’agrément s’étant contracté depuis 2022, le montant du bail de chasse net de la charge de dégâts, et la distance à l’acheteur de bois effectif, aucune scierie euroise ne dépassant quarante-neuf salariés.

Une médiane de 10 004 €/ha ne remplace pas une visite : la méthode qui chiffre un massif est exposée sur la page de l’évaluation forestière, celle qui fixe son cap sur la page du plan simple de gestion. Le repère national auquel elle se compare figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France. Les stations du Lieuvin, Roumois ou Vexin normand sont décrites dans notre panorama des massifs forestiers de France, les termes employés ici dans notre lexique forestier, et la conduite d’une cession sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Prix de la forêt dans la Manche

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans la Manche ?

La médiane départementale ressort à 10 435 euros par hectare. La moitié des mutations se règlent entre 5 411 et 26 669 euros, un écart de un à cinq qui traduit la coexistence de deux marchés : le petit bois de bocage d’un côté, la propriété d’agrément proche du littoral de l’autre.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025MancheFrance
Prix médian (€/ha)10 4355 323
1er quartile (€/ha)5 4112 303
3e quartile (€/ha)26 66914 976
Nombre de mutations30386 327
Surface médiane par mutation (ha)2,02,3

La Manche se paie donc près du double du repère national. L’écart entre le premier et le troisième quartile, de un à cinq, est l’un des plus ouverts de France : il n’y a pas un marché dans ce département, il y en a plusieurs.

La série annuelle. Mutations de plus de 1 hectare, retraitement TerrAgree au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsPrix médian (€/ha)
20216710 815
20225911 765
2023599 349
2024629 244
20255610 511

Aucune tendance. La série oscille de 9 244 à 11 765 euros sans direction, sur des effectifs annuels d’une soixantaine de mutations où deux ou trois ventes atypiques déplacent la médiane. Nous ne tirons de ces cinq points aucune progression et nous recommandons de n’en tirer aucune.

Le prix par tranche de surface. Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025, retraitement TerrAgree au seuil de 4,5 kilomètres.
TrancheMutationsPrix médian (€/ha)
1 à 10 hectares2769 444
10 à 25 hectares2216 496
25 à 100 hectares4effectif insuffisant
Plus de 100 hectares1effectif insuffisant

Quatre-vingt-onze pour cent des mutations portent sur moins de dix hectares, et cinq mutations en cinq ans dépassent vingt-cinq hectares, seuil du plan simple de gestion. La forêt manchoise ne se vend pas en propriétés, elle se vend en parcelles. Et la seule tranche qui compte assez d’observations pour être lue au-dessus de dix hectares se paie soixante-quinze pour cent plus cher que la tranche courante : ici, la rareté n’est pas le bois, c’est la surface d’un seul tenant.

Le prix DVF est un prix tout compris, sol et bois confondus. Il constitue un plafond de discussion, non une valeur de fonds : la part du capital sur pied ne s’en déduit pas, elle se mesure au cubage.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Bocage normand, l’Avranchin et le Mortainais se lisent donc ici à travers les indicateurs départementaux, et non par des valeurs qui leur seraient propres.

Les essences et les peuplements

Le département se partage entre deux sylvoécorégions. Au nord, la A11, Ouest-Bretagne et Nord-Cotentin, 228 000 hectares boisés, catégorie dominante le mélange de deux feuillus. Au sud, la A13, Bocage normand et Pays de Fougères, 145 000 hectares boisés, catégorie dominante les feuillus purs, 56 000 hectares contre 23 000 de conifères purs (IGN, 2020-2024). La Manche n’occupe qu’une fraction de chacune et aucun de nos fichiers ne porte sa surface boisée propre.

Chêne et hêtre de bocage dominent, accompagnés de frêne, de châtaignier et d’érable. Le résineux existe mais reste minoritaire et se concentre en boisements de reconquête sur landes.

La contrainte de station n’est pas celle qu’on rencontre ailleurs. Le déficit hydrique estival est négatif sur les douze stations Météo-France du département, de moins 70 à moins 180 millimètres sur la moyenne 1995-2024 : il pleut plus qu’il n’évapore, et la note hydrique ressort à 1 ou 2 sur 5. Le gel tardif est quasi absent, le nombre de jours au-delà de trente degrés se compte sur les doigts d’une main. La seule contrainte forte est le vent. À la pointe de la Hague, la rafale de référence atteint 32,6 mètres par seconde, note de chablis 5 sur 5, la valeur la plus élevée de nos référentiels ; Gouville 31,0 et Gonneville 29,1 suivent, notes 4 sur 5. Un peuplement conduit ici sans réflexion sur la stabilité paie sa densité au premier coup de vent d’ouest.

Les facteurs de prix locaux

Le prix médian de la Manche n’est pas un prix de bois, et le dire est la première honnêteté due au lecteur.

Le premier facteur est la taille. Sur un marché où la mutation médiane pèse deux hectares, le prix à l’hectare intègre un coût fixe d’accès, de bornage et d’acte qui ne se dilue jamais. Le rapport de un à soixante-quinze pour cent entre la tranche courante et la tranche supérieure mesure exactement cela.

Le deuxième est la nature de l’objet vendu. Dans un département de bocage, une parcelle boisée est souvent un complément d’herbage, un abri, une haie épaisse, une réserve de bois de chauffage ou une limite de propriété. L’acquéreur achète un usage, parfois une continuité foncière, rarement un capital sur pied.

Le troisième est la pression foncière générale. La Manche est un département agricole à foncier tendu et à façade littorale continue. La forêt y subit la concurrence de tous les autres usages du sol, et son prix s’y aligne davantage sur celui de la terre que sur celui du bois qu’elle porte.

Le quatrième est la filière, et il joue à la baisse sur la valeur du bois. Le département compte 387 établissements de la filière, dont 30 scieries : deux seulement dépassent vingt salariés, Kunkel au Teilleul, 50 à 99 salariés, et l’Établissement de travail protégé de Saint-James, 20 à 49. L’aval est mieux pourvu que l’amont, avec Laudescher à Carentan-les-Marais, les Ateliers Aubert Labansat à Coutances et la Menuiserie Meslin à La Haye, chacun de 50 à 99 salariés, et Lacroix Emballages à Juvigny les Vallées (Sirene, 25 juillet 2026 ; le code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et le géocodage reste partiel, ces listes sont un plancher). Un propriétaire manchois vend donc son bois d’œuvre feuillu à peu d’acheteurs de première transformation, et le prix bord de route en tient compte.

Les profils d’acquéreurs

Le professionnel du bois est ici marginal. Il cherche du capital sur pied mobilisable et des lots d’un tenant ; la structure foncière ne les lui donne pas.

L’institutionnel et le grand compte sont absents du département. Cinq mutations en cinq ans au-delà de vingt-cinq hectares ne constituent pas un marché adressable pour un groupement forestier d’investissement.

Le particulier fait le marché, et c’est lui qui fixe le prix. Voisin agricole qui arrondit son parcellaire, résident qui achète l’arrière de sa maison, chasseur, acquéreur de transmission. Aucun de ces trois profils ne raisonne en euros par mètre cube, et c’est la raison pour laquelle la médiane manchoise se tient à près du double du repère national dans un département sans économie forestière.

Les contreparties

Un acquéreur qui entre ici sur la foi du seul prix médian doit avoir trois choses en tête.

La liquidité à la revente est celle d’un marché de proximité. Ce qui se vend cher à un voisin ne se vend pas au même prix à un tiers, et le cercle des acquéreurs d’une parcelle de deux hectares enclavée est court.

Le rendement forestier est faible et il n’est pas le motif d’achat. Le prix payé n’a pas de contrepartie en production de bois : la valeur technique d’un peuplement de bocage manchois se situe très en dessous des niveaux constatés à la transaction.

La charge de gibier progresse. Le département a réalisé 2 781 sangliers en 2024 contre 1 722 dix ans plus tôt, et 7 904 chevreuils contre 3 538, soit un plan de chasse chevreuil exécuté à 91 pour cent sur des attributions qui ont doublé (tableaux de chasse départementaux, 2024). La protection des régénérations n’est plus une option.

Questions fréquentes

Pourquoi la Manche est-elle huitième de France alors qu’elle n’a presque pas de forêt ?

Parce que le classement porte sur le prix à l’hectare, pas sur la valeur forestière. Un département de très petites parcelles à forte pression foncière produit mécaniquement un prix à l’hectare élevé.

Le prix médian s’applique-t-il à ma parcelle ?

Seulement si elle ressemble à la mutation médiane, deux hectares, en bocage, avec un voisin intéressé. Au-delà de dix hectares, la référence utile est 16 496 euros ; en dessous, la dispersion entre 5 411 et 26 669 euros interdit toute extrapolation directe.

Le prix a-t-il monté depuis 2021 ?

Non, et nous ne publions pas de tendance. La série annuelle oscille sans direction sur des effectifs trop courts pour être lus.

Que vaut le bois sur pied dans la Manche ?

C’est une autre question que celle du foncier, et elle relève de la mercuriale, pas de la DVF. Le prix DVF est un prix tout compris, sol et bois confondus : c’est un plafond, pas une valeur de fonds.

Puis-je faire un plan simple de gestion ?

Le seuil est de vingt-cinq hectares d’un seul tenant. Cinq mutations en cinq ans l’ont dépassé dans le département : la question ne se pose, en pratique, que pour des propriétés déjà constituées.

Évaluation

Faire évaluer une forêt dans la Manche

Une médiane départementale ne vaut pas expertise. Le cabinet intervient dans la Manche en gestion forestière comme en transaction, et conduit l’évaluation forestière sur pièces et sur le terrain.

Faire évaluer ma forêt dans la Manche Voir les forêts à vendre Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 8 août 2026

Prix de la forêt dans l’Orne

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans l’Orne ?

La moitié des ventes se règlent entre 6 503 et 22 882 €/ha, sur une surface médiane de 2,36 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025OrneNormandieFrance
Prix médian (€/ha)10 62711 8425 323
1er quartile (€/ha)6 5037 3622 303
3e quartile (€/ha)22 88220 22114 976
Nombre de mutations5042 45186 327
Surface échangée (ha)3 059non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,4non publié2,3

La médiane progresse de 20,2 % en euros courants sur cinq ans, de 9 901 à 11 905 €/ha, avec un premier quartile qui suit, de 6 349 à 7 407 €/ha. C’est le seul des trois départements normands que nous avons traités à progresser : le Calvados recule et l’Eure est étale.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20211199 901en attenteen attente
20221019 664en attenteen attente
202310911 950en attenteen attente
20247511 655en attenteen attente
202510012 041en attenteen attente

L’effet de taille est net et régulier : 9 988 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 429 mutations, 12 585 €/ha de 10 à 25 hectares sur 43 mutations, 13 276 €/ha de 25 à 100 hectares sur 15 mutations. Une seule mutation de plus de cent hectares a été recensée, à Chaumont.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans l’Orne, les deux composantes pèsent réellement.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les argiles à silex du Perche et les schistes du bocage, il est indexé sur des terres d’élevage recherchées, et la proximité relative de l’Île-de-France ajoute une composante d’agrément.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur les hêtraies et chênaies d’Écouves, de Bellême, de Perseigne et de Réno-Valdieu, conduites en futaie sur de bonnes stations, elle est substantielle et se calcule à partir d’un cubage.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 7 215 chevreuils, 6 038 sangliers et 1 582 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département. Ce tableau de cerf est le plus fourni de Normandie et il porte une part réelle de la valeur.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le bocage normand

Chêne, hêtre et feuillus, à l’ouest du département et sur la Manche et le Calvados. Qualifié au marché vénal par nos conseillers, sans appréciation de terrain, la mention étant « pas d’avis ».

Le Perche

Chêne et hêtre, à l’est, également sur l’Eure-et-Loir et la Sarthe. Nos conseillers y voient un secteur recherché pour la chasse, dont la proximité de Paris fait le dynamisme, mais cette appréciation est mutualisée avec le Gâtinais et décrit un dynamisme que la série de prix ne confirme pas.

Le bocage monte, le Perche recule, et le département.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le hêtre et le chêne sessile font la valeur, en futaie régulière sur les stations profondes du Perche et des collines de Normandie, avec Écouves, Bellême, Réno-Valdieu et Andaine pour références. Le châtaignier occupe les sols acides du bocage. Le frêne, très présent en bocage, est fortement affecté par la chalarose. Le peuplier tient les fonds de l’Orne et de l’Huisne.

L’appareil local recensé compte 728 établissements, dont 32 scieries, 110 entreprises d’exploitation forestière et 331 de sylviculture. Les unités les plus importantes sont Mahérault à Rives d’Andaine et Lacroix Emballages à La Ferté-Macé, de 50 à 99 salariés, suivies de Tertu à Villedieu-lès-Bailleul et de Raison Bois et Débits à Perrou dans le sciage. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés ornaises.

La desserte
Le relief est modéré et le réseau dense. La contrainte porte sur la traversée de parcelles d’élevage et sur la place de dépôt.
Le morcellement
Avec 2,36 hectares de surface médiane, le département est morcelé, et une seule mutation de plus de cent hectares a été recensée en cinq ans.
La pente
Marginale dans le Perche, réelle sur les collines de Normandie, autour d’Écouves et des gorges de la Rouvre.
La portance
Les argiles à silex du Perche et les fonds de bocage se déforment vite : le chantier se restreint aux périodes sèches ou gelées.
Le droit de chasse
Premier facteur de valeur sur les propriétés constituées, avec 1 582 cerfs élaphes prélevés en 2024, tableau le plus fourni de Normandie.
Le document de gestion
Un plan simple de gestion approuvé sécurise l’acquéreur et ouvre des régimes fiscaux recherchés.
Le statut réglementaire
Parc naturel régional du Perche, parc Normandie-Maine, sites classés, servitudes, indivision, bail rural.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 98 mutations par an de plus d’un hectare, avec un creux marqué en 2024. Les communes les plus actives sont La Ferté-en-Ouche avec vingt-quatre mutations en cinq ans, Longny-les-Villages dix-sept, Tourouvre-au-Perche et Putanges-le-Lac quinze, Val-au-Perche et Bretoncelles onze, puis Sap-en-Auge, Crulai et Joué-du-Bois sept. Il s’agit pour l’essentiel de communes nouvelles de vaste étendue, ce qui relativise la concentration apparente. La plus grande opération, de loin, se situe à Chaumont, trois cent quinze hectares en 2022, devant Beaufai, quatre-vingt-six, et Écouché-les-Vallées, quatre-vingt-quatre.

Trois profils se partagent ce marché. Les groupes de chasse et les acquéreurs d’agrément portent le troisième quartile sur les ensembles du Perche et des abords d’Écouves. Les éleveurs et les voisins acquièrent le boisement de bocage en concurrence d’usage. Les professionnels du bois interviennent sur les grands massifs, avec un appareil local limité.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est une contradiction que nous préférons publier. Le Perche, secteur emblématique du département, recule de 7,9 % en cinq ans alors que notre référentiel le décrit encore comme un secteur dynamique porté par la proximité parisienne. Cette appréciation est de surcroît mutualisée avec le Gâtinais et n’a pas été établie pour le Perche lui-même. Le même constat vaut en Eure-et-Loir et en Seine-et-Marne : le segment d’agrément cynégétique du bassin parisien s’est retourné, et nos notes de terrain n’en ont pas encore pris acte.

Le deuxième point est que la progression ornaise, elle, est solide. Médiane en hausse de 20,2 %, premier quartile en hausse de 16,7 %, troisième quartile stable : le mouvement touche le cœur et le bas du marché, ce qui exclut l’artefact. C’est le bocage, non le Perche, qui porte la dynamique.

Le troisième point est l’état sanitaire du frêne. La chalarose a durement touché le bocage ornais. Sur ces stations, le coût de reconstitution se retranche de la valeur, et une haie dépérissante constitue une charge, pas un actif.

Le quatrième point est l’appareil de transformation. Trente-deux scieries, aucune unité de plus de quarante-neuf salariés en première transformation : le bois ornais part en Sarthe, en Mayenne ou plus loin, et le coût de transport se retranche du prix net vendeur.

Faire évaluer une forêt dans l’Orne

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où le bocage monte et où le Perche recule, la première question de l’évaluation est celle du secteur, et la seconde celle du bail de chasse, qui porte ici une part réelle de la valeur.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans l’Orne.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans l’Orne ?

Le prix médian constaté s’établit à 10 627 €/ha entre 2021 et 2025, sur 504 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 2,0 fois la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 6 503 et 22 882 €/ha.

Le prix de la forêt monte-t-il dans l’Orne ?

La médiane progresse de 9 901 €/ha en 2021 à 11 905 €/ha en 2025, soit 20,2 % en euros courants, et le premier quartile suit, de 6 349 à 7 407 €/ha. Le mouvement touchant le cœur et le bas du marché, il exclut l’effet de quelques transactions exceptionnelles.

Le Perche est-il toujours un secteur porteur ?

La cote du Perche recule de 8 704 €/ha en 2021 à 8 017 en 2025, soit 7,9 %, alors que notre référentiel le décrit encore comme dynamique. Cette appréciation est mutualisée avec le Gâtinais et n’a pas été établie pour le Perche seul : c’est le bocage normand, en hausse de 23,3 %, qui porte la dynamique ornaise.

La chasse fait-elle le prix des forêts ornaises ?

Avec 1 582 cerfs élaphes prélevés en 2024, l’Orne présente le tableau de cerf le plus fourni de Normandie, et le bail capitalisé porte une part réelle de la valeur sur les propriétés constituées du Perche et des abords d’Écouves.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans l’Orne ?

Quatre vérifications s’imposent : le secteur, bocage ou Perche, dont les trajectoires divergent de trente et un points sur cinq ans, le montant du bail de chasse, l’état sanitaire du frêne en bocage, et la distance à l’acheteur de bois effectif, aucune scierie ornaise ne dépassant quarante-neuf salariés.

De ces 504 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. Bocage normand et Perche ne se paient pas au même prix. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Prix de la forêt en Seine-Maritime

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Seine-Maritime ?

La moitié des ventes se règlent entre 11 633 et 20 592 €/ha, sur une surface médiane de 3,28 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025Seine-MaritimeNormandieFrance
Prix médian (€/ha)15 29111 8425 323
1er quartile (€/ha)11 6337 3622 303
3e quartile (€/ha)20 59220 22114 976
Nombre de mutations5232 45186 327
Surface échangée (ha)5 137non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)3,3non publié2,3

Deux traits distinguent la Seine-Maritime du reste du haut de classement. Le marché est resserré, 1,9 entre les quartiles contre 6,5 au plan national. Et les propriétés vendues sont grandes, 3,28 hectares de surface médiane contre 2,3, avec huit mutations de plus de cent hectares.

La médiane progresse de 21,1 % en euros courants de 14 030 à 16 985 €/ha, sans à-coup.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
202111713 863en attenteen attente
202210916 178en attenteen attente
20239415 781en attenteen attente
202410315 152en attenteen attente
202510016 563en attenteen attente

L’effet de taille est décroissant, et c’est le fait notable du département : 15 508 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 420 mutations, 15 631 €/ha de 10 à 25 hectares sur 61 mutations, 14 118 €/ha de 25 à 100 hectares sur 29 mutations, 13 981 €/ha au dessus de cent hectares sur 8 mutations. La grande propriété se paie moins cher à l’hectare que la petite : l’acquéreur de grande surface raisonne en actif de production, celui de petite surface en agrément.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Seine-Maritime, la part du peuplement est plus substantielle que chez les voisins picards, le département portant une vraie ressource et une vraie filière.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Sur les limons profonds du pays de Caux, il reste indexé sur des terres agricoles très productives, et cette concurrence d’usage le tire vers le haut.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur les hêtraies et chênaies cauchoises, conduites en futaie sur de bonnes stations, cette valeur est réelle et se calcule. C’est ce qui distingue ce département du Pas-de-Calais ou de la Somme.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 11 119 sangliers, 5 113 chevreuils et 563 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département. Le tableau de sanglier est élevé et emporte une charge d’indemnisation des dégâts agricoles à apprécier au bail.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le pays de Caux

Hêtre et chêne, sur les plateaux limoneux à l’ouest., . Le référentiel TerrAgree ne porte pas d’appréciation de terrain sur ce secteur, la mention étant explicitement « pas d’avis ». Nous disposons donc de la qualification de marché, pas de l’analyse qui la fonde.

Le pays de Bray, versant normand

Chêne et hêtre, à l’est, sur la boutonnière. également qualifié au marché vénal supérieur, également sans appréciation de terrain.

Un point de méthode mérite d’être écrit. Le pays de Bray figure deux fois dans notre référentiel, une fois par versant, parce qu’il chevauche la Normandie et les Hauts-de-France. Le versant normand adresse la demande rouennaise et havraise, le versant picard une demande différente.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le hêtre fait la ressource, en futaie régulière sur les plateaux cauchois, avec un débouché de déroulage, de sciage et de panneau. Le chêne porte la valeur haute, le frêne des vallées est fortement affecté par la chalarose, le peuplier occupe les fonds de la Bresle et de la Béthune.

L’appareil local recensé compte 868 établissements, dont 30 scieries, 134 entreprises d’exploitation forestière et 324 de sylviculture. Il est ici substantiel, ce qui n’est pas le cas des départements picards voisins : Linex Panneaux à Allouville-Bellefosse, de 200 à 249 salariés, la Scierie Lefebvre et Manubois aux Grandes-Ventes, de 50 à 99 salariés chacune, Guidez à Saint-Martin-de-Boscherville. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés seinomarines.

La desserte
Le réseau est excellent, les ports de Rouen et du Havre à portée. La question porte sur les versants de valleuses et la place de dépôt.
Le morcellement
Avec 3,28 hectares de surface médiane, la Seine-Maritime est nettement moins morcelée que la moyenne de la série.
La pente
Marginale sur les plateaux, sensible sur les versants de la Seine, de la Bresle et de la Durdent.
La portance
Les limons de plateau battent et les fonds de vallée sont hydromorphes, ce qui restreint les fenêtres de chantier.
Le droit de chasse
Avec 11 119 sangliers et 563 cerfs élaphes prélevés en 2024, la demande est forte, et la charge d’indemnisation des dégâts doit être appréciée.
Le document de gestion
Un plan simple de gestion approuvé sécurise l’acquéreur, et davantage de propriétés atteignent ici le seuil obligatoire.
Le statut réglementaire
Zonages littoraux sur la Côte d’Albâtre, parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, servitudes, indivision, bail rural.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 104 mutations par an de plus d’un hectare, sans commune dominante : Héricourt-en-Caux, Canteleu, Saint-Eustache-la-Forêt, Bailly-en-Rivière et Gruchet-le-Valasse comptent six mutations en cinq ans, puis Bec-de-Mortagne, Haudricourt, Elbeuf et Longroy cinq. Les plus grandes opérations se situent à Vieux-Rouen-sur-Bresle, trois cent cinq hectares, à Elbeuf, cent soixante-quinze, et à Saint-Jacques-sur-Darnétal, cent quarante-six.

Trois profils se partagent ce marché, et ils se distinguent ici nettement. Les professionnels du bois et les investisseurs patrimoniaux achètent les grands ensembles, à 13 981 €/ha médians au dessus de cent hectares. Les acquéreurs d’agrément et de chasse, venus de Rouen, du Havre et de Paris, portent les petites surfaces. Les agriculteurs et les voisins alimentent le premier quartile, à 11 633 €/ha.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est le niveau absolu. À 15 291 €/ha, même avec une ressource et une filière réelles, la part du prix rémunérant le peuplement reste minoritaire. Une hêtraie mûre de bonne station ne justifie pas à elle seule un tel prix : le complément rémunère la rareté du bois et la proximité de deux agglomérations.

Le deuxième point est ce que révèle la décroissance du prix avec la surface. Qui achète cent hectares paie 13 981 €/ha, qui achète trois hectares paie 15 508 €/ha : le marché de l’agrément fixe ici un prix plus élevé que le marché de la production. Un propriétaire de grande propriété qui se cale sur la médiane départementale surestime son bien, un propriétaire de petite parcelle qui se cale sur les grandes ventes le sous-estime.

Le troisième point est une lacune de notre référentiel. Le pays de Caux et le pays de Bray normand sont marqués « pas d’avis » : nous disposons de leur qualification et de leur cote, non de l’analyse de terrain qui les fonde.

Le quatrième point tient à la donnée. Une mutation de cent trente-six hectares à La Cerlangue ressort à 1 834 €/ha, un sixième du premier quartile départemental. Un tel écart signale une composition particulière du bien ou une cession de droits, non un prix de marché.

Faire évaluer une forêt en Seine-Maritime

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département où le prix décroît avec la surface, la première question de l’évaluation est celle du marché adressable : production ou agrément ne se paient pas au même niveau.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Seine-Maritime.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt en Seine-Maritime ?

Le prix médian constaté s’établit à 15 291 €/ha entre 2021 et 2025, sur 523 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 2,9 fois la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 11 633 et 20 592 €/ha.

Une grande propriété se paie-t-elle plus cher à l’hectare en Seine-Maritime ?

Le prix médian décroît avec la surface, de 15 508 €/ha entre un et dix hectares à 13 981 €/ha au dessus de cent hectares. L’acquéreur de grande surface raisonne en actif de production, l’acquéreur de petite surface en agrément, et le second paie davantage à l’hectare.

Pourquoi le pays de Bray n’a-t-il pas la même cote des deux côtés de la limite régionale ?

Le versant normand ressort à 15 798 €/ha sur 244 ventes, le versant picard, en Oise, à 11 194 €/ha sur 420 ventes, soit 41 % d’écart sur la même boutonnière géologique et les mêmes essences. Le versant normand adresse la demande rouennaise et havraise, le versant picard une demande différente.

Le prix de la forêt monte-t-il en Seine-Maritime ?

La médiane départementale progresse de 14 030 €/ha en 2021 à 16 985 €/ha en 2025, soit 21,1 % en euros courants, sans à-coup, et le pays de Caux progresse pour sa part de 26,8 % sur la même période.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Seine-Maritime ?

Quatre vérifications s’imposent : le marché adressable visé, production ou agrément, qui ne se paient pas au même niveau, la charge d’indemnisation des dégâts de sanglier attachée au droit de chasse, l’état sanitaire du frêne en vallée, et la composition exacte des comparables retenus, une mutation de cent trente-six hectares à La Cerlangue ressortant à 1 834 €/ha.

Une médiane de 15 291 €/ha ne remplace pas une visite : la méthode qui chiffre un massif est exposée sur la page de l’évaluation forestière, celle qui fixe son cap sur la page du plan simple de gestion. Le repère national auquel elle se compare figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France. Les stations du pays de Caux et pays de Bray sont décrites dans notre panorama des massifs forestiers de France, les termes employés ici dans notre lexique forestier, et la conduite d’une cession sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

La forêt du Perche

Où s’arrête le Perche

Le bureau de La Charité-sur-Loire

Le Loir-et-Cher réunit deux pays que nous traitons séparément : la Grande Sologne au sud de la Loire, sur la sylvoécorégion B70, et le Perche vendômois au nord, sur la B33. Les sables tertiaires et le pin sylvestre d’un côté, les argiles à silex et le chêne sessile de l’autre. La médiane départementale de 9 983 euros par hectare, publiée sur la page Sologne, agrège les deux et ne décrit ni l’un ni l’autre.

Les essences et la station

La composition est nettement feuillue. Sur les 136 000 hectares de la B33, l’IGN compte 57 000 hectares de feuillus purs, 46 000 en mélange de deux feuillus et 21 000 en mélange de feuillus variés, pour 4 000 hectares seulement de conifères purs. Le chêne sessile domine, plus fréquent que le pédonculé, accompagné du charme, du bouleau, du frêne et de merisiers épars. Le hêtre apparaît ponctuellement.

Le substrat est homogène : le schéma régional de gestion sylvicole du CNPF, publié en 2005 sur inventaire IFN 1992-1998, indique que neuf dixièmes du Perche vendômois reposent sur les argiles à silex, souvent recouvertes de limon des plateaux, avec des lentilles de sable localisées. Les sols sont bruns à lessivés, l’hydromorphie temporaire y est très fréquente sous forme de pseudogley, et le document conclut que ces terrains lourds conviennent mieux aux feuillus qu’aux résineux. C’est la raison structurelle de la faible part conifère relevée par l’IGN vingt-cinq ans plus tard.

Le climat distingue nettement le Perche de tous les massifs traités dans nos deux lots. Nos quarante-huit stations donnent 12,0 jours par an au-dessus de trente degrés, contre 20,4 en moyenne nationale et 44,0 à la station des Eyzies, en Périgord. C’est le massif le plus frais de la série, et le seul où la chaleur estivale ne constitue pas un facteur de dépérissement. Le déficit hydrique estival y est exactement au niveau national, à 205 millimètres.

La contrainte est le gel de printemps. Rueil enregistre 11,8 jours de gel en avril et mai, Beaulieu 8,0, Houx 7,0, Longny-au-Perche 6,7, La Fresnaye 6,5, contre 3,7 en moyenne nationale. Le schéma régional relevait déjà quatre-vingt-quatre jours de gelées par an, jusqu’à fin mai, valeur la plus élevée des six régions forestières du Centre qu’il décrit. Sur un sol lourd et froid, cette contrainte retarde le démarrage de végétation et pénalise les essences à débourrement précoce.

La filière et les débouchés

C’est le point qui doit retenir l’attention, et il est sans équivalent dans nos deux lots. L’extrait Sirene recense 2 051 établissements de la filière sur l’Orne, l’Eure-et-Loir et la Sarthe, dont soixante-huit scieries, trente-deux dans l’Orne, vingt dans la Sarthe et seize en Eure-et-Loir. Cinq établissements seulement dépassent cinquante salariés, et aucun n’est une scierie. Ce sont AGEM à Cherré-au, dans la charpente, avec deux cents à deux cent quarante-neuf salariés, Drouin à Mézières-sur-Ponthouin et Lacroix Emballages à La Ferté-Macé dans l’emballage, l’Adapei de la Sarthe au Bailleul, et Mahérault à Rives-d’Andaine dans le tournage.

Aucun massif traité dans cette série, pas même les Combrailles, ne présente une absence aussi complète d’outil de première transformation d’échelle. Le Périgord dispose d’au moins une unité de cinquante à quatre-vingt-dix-neuf salariés, le Livradois-Forez de trois. Le Perche n’en a aucune. Le chêne percheron de qualité part vers la Sarthe aval, la Normandie et le Bassin parisien, et le propriétaire supporte le transport dans le prix qui lui est offert.

Les contraintes

La pression du grand gibier est modérée et inégale. La saison 2024 place l’Orne au vingt-cinquième rang national pour le cerf élaphe avec 1 582 prélèvements et la Sarthe au quatorzième pour le chevreuil avec 9 398, tandis que l’Eure-et-Loir figure au quatre-vingt-septième rang sur quatre-vingt-quinze pour le sanglier. Le schéma régional signalait déjà l’abroutissement des semis de chêne et des rejets dans les grands massifs de Marchenoir et de Fréteval, et une colonisation progressive par le cerf. Le sujet est local et se traite au dossier, non à l’échelle du massif.

La portance est la contrainte permanente. Sur argile à silex avec pseudogley, la fenêtre d’exploitation est courte et le tassement irréversible. Le Perche est par ailleurs le pays du taillis avec réserves, qui occupait cinquante-six pour cent de la forêt privée du Perche vendômois selon le schéma régional. Une part importante de ces peuplements est vieillie et engagée en conversion vers la futaie, opération qui demande du temps et des travaux avant tout retour financier. Cette structure doit être identifiée avant de retenir une hypothèse de revenu.

Le marché forestier dans le Perche

Sur les mutations forestières d’un hectare et plus enregistrées à la DVF entre 2021 et 2025, retraitement TerrAgree, la médiane s’établit à 10 627 euros par hectare dans l’Orne sur 488 mutations, à 9 983 dans le Loir-et-Cher, à 8 024 en Eure-et-Loir et à 6 190 dans la Sarthe. L’Orne se place au douzième rang des quatre-vingt-neuf départements métropolitains, le Loir-et-Cher au seizième, l’Eure-et-Loir au vingt-deuxième. Les trajectoires divergent : l’Orne progresse de 18,4 pour cent depuis 2021 et la Sarthe de 33,2, tandis que l’Eure-et-Loir recule de 8,9.

Le rapprochement de ces deux séries est l’enseignement de la page. Le Perche réunit des prix fonciers parmi les plus élevés de France et l’absence totale d’industrie de première transformation. Ce n’est pas une contradiction, c’est la confirmation locale du résultat que nous avons établi au niveau national : la médiane départementale mesure d’abord la rareté du bois dans le paysage et la nature de la demande, non la valeur du bois sur pied. Ici, le foncier boisé se paie en concurrence d’usage avec l’herbage, le cheval et la résidence, à moins de deux heures de Paris. Nos conseillers ne disent pas autre chose lorsqu’ils qualifient le Perche au-dessus de la valeur technique en invoquant la chasse et la proximité de la capitale.

L’effet de surface le confirme. Dans l’Orne, le prix passe de 9 927 euros pour les mutations de un à dix hectares à 13 370 de dix à vingt-cinq, puis se stabilise à 13 104 au-delà. En Eure-et-Loir, les deux premières tranches sont pratiquement identiques, à 8 110 et 8 704 euros. Le petit lot boisé s’y paie presque au prix du massif : signature d’un marché où l’acquéreur n’achète pas d’abord un capital sur pied.

Biens disponibles

Les forêts disponibles dans le Perche

Cette sélection reprend les biens de la page Forêts à vendre, filtrés sur l’Orne, l’Eure-et-Loir, la Sarthe et le Loir-et-Cher. Aucune propriété percheronne n’est actuellement présentée à la vente par le cabinet. Les biens paraissent ici dès leur mise en ligne.

Le cabinet intervient dans le Perche en gestion forestière comme en transaction, depuis Clermont-Ferrand.

Voir toutes les forêts à vendre Faire évaluer ma forêt dans le Perche Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Calvados : cinquième prix de France, et l’un des repères médians les plus fiables

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt dans le Calvados ?

La moitié des ventes se règlent entre 6 993 et 22 249 €/ha, sur une surface médiane de 2,41 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, mutations de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree août 2026.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025CalvadosNormandieFrance
Prix médian (€/ha)11 11111 8425 323
1er quartile (€/ha)6 9507 3622 303
3e quartile (€/ha)20 47720 22114 976
Nombre de mutations4022 45186 327
Surface échangée (ha)2 147non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,4non publié2,3

Le premier quartile, 6 993 €/ha, dépasse la médiane de cinquante-neuf des quatre-vingt-neuf départements métropolitains classés. Le rapport entre les quartiles s’établit à 2,9, contre 6,5 au plan national.

Le Calvados est le seul département du haut de classement dont la médiane recule, de 4,7 % en euros courants sur cinq ans, de 11 438 à 10 897 €/ha, après un pic à 12 769 en 2023.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20218311 364en attenteen attente
20229010 228en attenteen attente
20238612 769en attenteen attente
20247711 695en attenteen attente
20256610 897en attenteen attente

Le nombre de mutations baisse également, de 81 à 66. Ce sont trois signaux concordants.

L’effet de taille est croissant : 10 870 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 355 mutations, 12 105 €/ha de 10 à 25 hectares sur 34 mutations, 18 009 €/ha de 25 à 100 hectares sur 9 mutations, effectif faible à interpréter avec prudence. Une seule mutation de plus de cent hectares a été recensée, à Saint-Pierre-en-Auge.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. Dans le Calvados, la part du fonds domine, portée par une concurrence d’usage agricole et résidentielle vive.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Dans le pays d’Auge et le Bessin, il est indexé sur des terres d’élevage recherchées, et sur la Côte Fleurie il intègre une composante résidentielle étrangère à la sylviculture.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur les hêtraies et chênaies du bocage et de la Suisse normande, elle est réelle mais modeste, les peuplements étant souvent de petite surface et de conduite irrégulière.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 5 212 chevreuils, 4 947 sangliers et 134 cerfs élaphes ont été prélevés dans le département. Le cerf reste marginal et ne constitue pas un segment de valeur distinct.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Bessin

Feuillus de bocage, au nord-ouest. Qualifié au marché vénal supérieur par nos conseillers.

Le pays d’Auge

Chêne, hêtre et bocage, à l’est. Également qualifié au marché vénal supérieur.

Le bocage normand

Chêne, hêtre et feuillus, au sud-ouest et sur la Manche et l’Orne. Qualifié au marché vénal, un degré en dessous des deux précédents.

Nous devons signaler une lacune qui vaut pour les trois secteurs : le référentiel TerrAgree ne porte aucune appréciation de terrain sur les régions naturelles normandes, la mention étant explicitement « pas d’avis » pour chacune. Nous disposons de leur qualification, non de l’analyse qui la fonde.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le chêne pédonculé et le hêtre dominent, en futaie sur les stations profondes du Cinglais et de la Suisse normande, en taillis sous futaie ailleurs. Le frêne, très présent dans le bocage augeron, est fortement affecté par la chalarose et constitue davantage une charge de renouvellement qu’un actif. Le peuplier tient les fonds de la Dives, de l’Orne et de la Touques.

L’appareil local recensé compte 519 établissements, dont 19 scieries seulement, 91 entreprises d’exploitation forestière et 152 de sylviculture. Les unités structurées sont la Société nouvelle CIBEM à Saint-Pierre-en-Auge, de 100 à 199 salariés dans l’emballage, ISB France à Honfleur et à Moult-Chicheboville dans le sciage, et Bioforest à Fleury-sur-Orne. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés calvadosiennes.

La desserte
Le relief est modéré et le réseau dense. La contrainte porte sur la traversée de parcelles d’élevage.
Le morcellement
Avec une surface médiane de 2,41 hectares, le département est morcelé, et une seule mutation de plus de cent hectares a été recensée en cinq ans.
La pente
Marginale dans le pays d’Auge et le Bessin, réelle en Suisse normande, sur les gorges de l’Orne et autour de Clécy.
La portance
Les argiles augeronnes et les fonds de vallée se déforment vite : le chantier se restreint aux périodes sèches ou gelées.
Le droit de chasse
Le chevreuil et le sanglier portent la demande, à 5 212 et 4 947 prélèvements en 2024. Le bail se capitalise sans dominer la valeur.
Le document de gestion
Peu de propriétés atteignent le seuil rendant obligatoire un plan simple de gestion, ce qui limite la lisibilité de l’actif.
Le statut réglementaire
Loi Littoral sur la Côte Fleurie, sites classés, parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, servitudes, indivision, bail rural.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 80 mutations par an de plus d’un hectare, en repli depuis 2023. Les communes les plus actives sont Souleuvre en Bocage et Livarot-Pays-d’Auge avec dix-neuf mutations en cinq ans, Thury-Harcourt-le-Hom seize, Les Monts d’Aunay douze, Saint-Pierre-en-Auge onze, Épaney et Noues de Sienne neuf. Il s’agit de communes nouvelles, de vaste étendue, ce qui relativise la concentration apparente. Les plus grandes opérations se situent à Saint-Pierre-en-Auge, deux cent seize hectares, et à Saint-Laurent-de-Condel, quatre-vingt-trois.

Trois profils se partagent ce marché. Les acquéreurs d’agrément, venus de Paris et de la côte, portent le troisième quartile sur le pays d’Auge et les abords de Honfleur. Les éleveurs acquièrent le boisement de bocage en concurrence d’usage. Les professionnels du bois interviennent peu : dix-neuf scieries ne construisent pas un marché de production.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est le retournement, seul du haut de classement. Médiane en recul de 4,7 %, troisième quartile en recul de 25,3 %, mutations en baisse de 81 à 66 par an : trois signaux concordants. Le segment d’agrément augeron s’est contracté, et une évaluation calée sur des comparables de 2021 ou 2023 surestime aujourd’hui une propriété de cette catégorie.

Le deuxième point est l’état sanitaire du frêne. La chalarose a durement touché le bocage augeron et les fonds de vallée : le coût de reconstitution se retranche de la valeur, et une haie dépérissante constitue une charge, pas un actif. Le prix payé n’intègre pas encore systématiquement cette correction.

Le troisième point est l’absence d’appareil de première transformation. Dix-neuf scieries, une seule unité de plus de cent salariés et celle-ci dans l’emballage : le bois calvadosien part hors du département et le coût de transport se retranche du prix net vendeur.

Le quatrième point est une lacune de notre référentiel. Les trois régions naturelles du département sont marquées « pas d’avis » : nous publions leurs cotes, non l’explication qui les fonde, et un chiffre inexpliqué ne fonde pas une négociation.

Faire évaluer une forêt dans le Calvados

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs, et non une valeur d’expertise. Dans un département dont le haut de marché se contracte et dont le frêne dépérit, l’évaluation suppose des comparables récents et un examen sanitaire station par station.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière dans le Calvados.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt dans le Calvados ?

Le prix médian constaté s’établit à 11 111 €/ha entre 2021 et 2025, sur 402 mutations de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 2,1 fois la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 6 993 et 22 249 €/ha.

Le prix de la forêt baisse-t-il dans le Calvados ?

La médiane départementale recule de 11 438 €/ha en 2021 à 10 897 €/ha en 2025, soit 4,7 % en euros courants, le troisième quartile perd 25,3 % et le nombre de mutations annuelles passe de 81 à 66. Ces trois signaux concordants traduisent une contraction du segment d’agrément.

Le pays d’Auge et le bocage normand évoluent-ils de la même façon ?

Le pays d’Auge recule de 8,1 % en cinq ans, à 11 010 €/ha, quand le bocage normand progresse de 23,3 %, à 9 779 €/ha. Le premier est un marché d’agrément exposé au retournement parisien, le second un marché plus ordinaire porté par une demande locale.

La chalarose du frêne affecte-t-elle la valeur des bois calvadosiens ?

Le frêne est très présent dans le bocage augeron et les fonds de vallée, et la chalarose y est installée. Sur ces stations, le coût de reconstitution se retranche de la valeur du peuplement, une haie ou un alignement dépérissant constituant une charge et non un actif.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt dans le Calvados ?

Quatre vérifications s’imposent : la date des comparables retenus, le marché s’étant retourné depuis 2023, l’état sanitaire du frêne, la distance à l’acheteur de bois effectif, l’appareil local ne comptant que dix-neuf scieries, et la portance des argiles augeronnes qui restreint les fenêtres d’exploitation.

De ces 402 mutations à la valeur d’un bien donné, il y a la distance d’une visite : c’est l’objet de l’évaluation forestière. Le repère national et la méthode de recalcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion sur la page du plan simple de gestion. Bessin, pays d’Auge ou bocage normand ne se paient pas au même prix. Elles sont replacées dans notre panorama des massifs forestiers de France, expliquées dans notre lexique forestier, et la cession est décrite sur la page vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Homo et arbor radices habent