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Corrèze : l’un des marchés forestiers les plus actifs de France, et l’un des plus morcelés

Un pour cent et demi des ventes dépassent vingt-cinq hectares, soixante-huitième taux sur quatre-vingts départements, et deux mutations seulement franchissent cent hectares en cinq ans. Avec 2 549 mutations, c'est pourtant l'un des marchés les plus fournis de France : beaucoup de transactions, presque aucune propriété constituée.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Corrèze ?

La moitié des ventes se règlent entre 1 617 et 11 538 €/ha, sur une surface médiane de 2,47 hectares. Avec 2 549 transactions en cinq ans, la Corrèze figure parmi les dix marchés forestiers les plus actifs de France en nombre.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025CorrèzeNouvelle-AquitaineFrance
Prix médian (€/ha)3 8154 5045 323
1er quartile (€/ha)1 6172 0042 303
3e quartile (€/ha)11 53814 42814 976
Nombre de mutations2 54923 04586 327
Surface échangée (ha)11 542non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,5non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

Le marché est atone : la médiane passe de 3 771 €/ha en 2021 à 3 894 €/ha en 2025, soit 3,3 % en euros courants sur cinq ans, donc un recul en euros constants d’une douzaine de points.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
20215223 675en attenteen attente
20224893 746en attenteen attente
20235154 268en attenteen attente
20244723 732en attenteen attente
20255513 741en attenteen attente

La taille joue peu : 3 882 €/ha médians de 1 à 10 hectares, 4 712 €/ha de 10 à 25 hectares, 8 217 €/ha de 25 à 100 hectares, sur trente-cinq ventes. Aucune mutation de plus de cent hectares en cinq ans.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Corrèze, cette séparation explique à elle seule l’écart entre le premier et le troisième quartile, dans un rapport de sept.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé : production, desserte, situation. Sur le plateau de Millevaches et les hauteurs corréziennes, la pluviométrie et la profondeur du sol donnent des stations à douglas parmi les meilleures d’Europe. Sur les versants de la Xaintrie et les pentes de la Dordogne, la station est bonne mais l’accès coûte cher.

La valeur de la superficie est celle du peuplement. Elle part de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Une plantation de douglas de trente ans est une valeur actuelle d’avenir, pas un produit : la décote y est forte, et elle est légitime.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée, avec 7 078 sangliers et 2 511 cerfs élaphes prélevés en 2024, l’un des premiers tableaux de cerf de Nouvelle-Aquitaine.

Un quart des ventes corréziennes se conclut sous 1 617 €/ha : ce sont des taillis de châtaignier, des landes et des délaissés agricoles boisés sans capital mobilisable. Le prix payé y correspond au fonds seul.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Limousin

Chêne, châtaignier et douglas. Nos conseillers y voient un très bon secteur pour le douglas et l’épicéa, avec une production élevée, une bonne pluviométrie, une exploitation relativement aisée et une filière active.

Le plateau de Millevaches

Douglas, épicéa et pin sylvestre, sur le cœur du grand bassin résineux limousin, dont la Corrèze occupe la partie méridionale. Pluviométrie encore meilleure, production également, mais altitude et éloignement pèsent sur le foncier.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le douglas et l’épicéa de plantation, issus des reboisements du Fonds forestier national, constituent le capital de valeur. Le châtaignier et le chêne de taillis, hérités du bocage et de la déprise agricole, occupent des surfaces considérables sans porter de valeur commerciale comparable.

L’appareil local recensé compte 82 scieries, 431 établissements d’exploitation forestière et 2 550 entreprises de sylviculture, soit 3 490 établissements. Il abrite surtout la plus grande unité de première transformation rencontrée dans nos travaux, à Égletons, avec un effectif compris entre 250 et 499 salariés. D’autres sites structurés se trouvent à Meymac, Saint-Geniez-ô-Merle, Chamberet et Allassac. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas le résineux du feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Cette concentration industrielle est l’argument de valorisation du département : un propriétaire corrézien vend son douglas à courte distance d’une usine de dimension nationale, ce qui réduit le coût de transport et se retrouve dans le prix net vendeur.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés corréziennes.

La desserte
Sur le plateau, le réseau issu des reboisements est correct. Dans les gorges de la Dordogne et la Xaintrie, l’accès devient le premier facteur de coût.
Le morcellement
Le passage au dessus de vingt-cinq hectares double le prix unitaire, mais ce segment reste étroit avec trente-cinq ventes en cinq ans.
La pente
Déterminante sur les versants de la Dordogne, de la Vézère et de la Maronne, où le débardage par câble reste parfois la seule option.
La portance
Les sols granitiques hydromorphes des plateaux de Millevaches imposent des fenêtres de chantier étroites.
Le droit de chasse
En 2024, 7 078 sangliers, 7 665 chevreuils et 2 511 cerfs élaphes ont été prélevés. La présence du cerf en nombre distingue la Corrèze et se capitalise dans le bail.
Le document de gestion
Un plan simple de gestion approuvé sécurise l’acquéreur et ouvre certains régimes fiscaux. 37 mutations sur 2549 seulement atteignent vingt-cinq hectares en cinq ans, soit 1.4 % : la quasi-totalité du marché se traite sans document de gestion opposable.
Le statut réglementaire
Zonages, servitudes, indivision, et l’appartenance au parc naturel régional de Millevaches sur une grande partie du département.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 515 ventes par an de plus d’un hectare, un rythme élevé. Les communes les plus actives sont Neuvic avec soixante-six mutations en cinq ans, Meymac quarante-six, Lamazière-Basse quarante et une, Tarnac trente-six, Argentat-sur-Dordogne trente-cinq, Monceaux-sur-Dordogne trente-deux, Pérols-sur-Vézère trente et une. Les plus grandes opérations restent modestes : Meilhards, cent seize hectares, Rilhac-Xaintrie, cent, Tarnac, quatre-vingt-onze.

Trois profils se le partagent. Les professionnels du bois, les coopératives et les industriels achètent du capital sur pied de douglas à la valeur technique et connaissent la ressource. Les particuliers et les voisins, très majoritaires en nombre, achètent de petites surfaces de taillis et alimentent le premier quartile. Les investisseurs et les groupements forestiers sont peu présents, faute d’ensembles de taille suffisante : aucune vente de plus de cent hectares en cinq ans.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est une comparaison qui mérite d’être posée franchement. Trois départements du même bassin de production, le Limousin, connaissent des trajectoires opposées : la Creuse progresse de 57,7 % en cinq ans, la Corrèze de 3,3 %, la Haute-Vienne recule de 10,0 %. Le douglas y pousse dans les mêmes conditions et se vend aux mêmes usines. Cet écart ne s’explique donc pas par la ressource, mais par la structure des marchés locaux et par la nature des biens échangés. Aucune généralisation sur « le prix de la forêt en Limousin » ne résiste à cette observation.

Le deuxième point est que la médiane corrézienne recouvre deux actifs sans rapport. Un quart des ventes se conclut sous 1 617 €/ha, sur des taillis sans produit mobilisable, un quart au dessus de 11 538 €/ha, sur des peuplements résineux proches de la récolte. Confondre les deux est l’erreur d’évaluation la plus fréquente du département.

Le troisième point est sanitaire. L’épicéa commun associé au douglas dans les reboisements a été durement touché par les scolytes et les sécheresses. Le douglas se tient mieux, mais il n’est pas indemne sur les stations superficielles ou les versants sud.

Le quatrième point est l’absence de segment haut. Aucune vente de plus de cent hectares en cinq ans. Un propriétaire d’un tel ensemble ne dispose d’aucun comparable local et devra s’adresser à des acquéreurs extérieurs au département, avec le délai que cela suppose.

Faire évaluer une forêt en Corrèze

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise et ignorent la qualité des peuplements. Dans un département où le prix va de 1 617 à près de 12 000 €/ha selon la nature du peuplement, l’évaluation suppose de dater précisément la plantation, de mesurer sa densité et de qualifier la station qui la porte.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Corrèze.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt en Corrèze ?

Le prix médian constaté s’établit à 3 815 €/ha entre 2021 et 2025, sur 2 549 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 29 % sous la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 1 617 et 11 538 €/ha.

Pourquoi le prix de la forêt monte-t-il en Creuse et pas en Corrèze ?

La Creuse progresse de 57,7 % entre 2021 et 2025, la Corrèze de 3,3 % seulement, et la Haute-Vienne recule de 10,0 %. Ces trois départements partagent le même bassin de production du douglas et les mêmes usines. L’écart tient donc à la structure des marchés locaux et à la nature des biens échangés, non à la ressource.

Où se vend le douglas corrézien ?

Le département abrite la plus grande unité de première transformation que nous ayons recensée, à Égletons, avec un effectif compris entre 250 et 499 salariés, ainsi que des sites à Meymac, Saint-Geniez-ô-Merle et Chamberet. Cette proximité réduit le coût de transport et améliore le prix net vendeur.

Pourquoi certaines forêts corréziennes se vendent-elles moins de 1 700 €/ha ?

Un quart des transactions se conclut sous 1 617 €/ha. Il s’agit de taillis de châtaignier, de landes et de délaissés agricoles boisés, sans capital sur pied mobilisable : le prix payé correspond alors à la valeur du sol seul, sans valeur de peuplement.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Corrèze ?

Quatre vérifications s’imposent : l’âge et la densité exacts de la plantation résineuse, la part d’épicéa exposée aux scolytes, l’accès grumier dans les gorges et sur les versants pentus, et la station réelle sous le peuplement. S’y ajoute le zonage du parc naturel régional de Millevaches, qui couvre une large part du département.

Ces 3 815 €/ha portent le sol, les arbres et parfois le bâti sans les séparer : c’est l’évaluation forestière qui fait ce partage. Le rang en Corrèze sur les départements publiés figure dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, et le plan qui engage une propriété sur dix à vingt ans sur la page du plan simple de gestion. Limousin et plateau de Millevaches ne se paient pas au même prix. Notre panorama des massifs forestiers de France les replace à l’échelle nationale, notre lexique forestier en donne le vocabulaire, et la page vendre sa forêt la marche à suivre.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent