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Prix de la forêt en Eure-et-Loir

En Eure-et-Loir, le prix médian constaté d'un hectare de forêt s'établit à 8 024 €/ha, sur 434 transactions de plus d'un hectare et 2 707 hectares échangés entre 2021 et 2025 (données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree). Le département dépasse de 52 % la médiane nationale de la même période, 5 323 €/ha, et se situe 3 % au dessous de celle du Centre-Val de Loire, 8 719 €/ha. Il occupe le vingt-septième rang des quatre-vingt-douze départements exploitables. Prix payé, indicatif, et non valeur d'expertise. Mise à jour : 13 août 2026.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Quel est le prix moyen d’un hectare de forêt en Eure-et-Loir ?

La moitié des ventes se règlent entre 5 000 et 17 565 €/ha, sur une surface médiane de 2,25 hectares.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, parcelles boisées, ventes de 1 hectare et plus, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
Indicateur, mutations de plus de 1 ha, 2021-2025Eure-et-LoirCentre-Val de LoireFrance
Prix médian (€/ha)8 0248 4645 323
1er quartile (€/ha)4 7783 9222 303
3e quartile (€/ha)16 84521 83414 976
Nombre de mutations4275 10586 327
Surface échangée (ha)2 726non publié526 166
Surface médiane par mutation (ha)2,3non publié2,3

Repère national issu du retraitement d’août 2026 antérieur à la correction des mutations multi-communes. Voir la méthode.

Le rapport entre le troisième et le premier quartile s’établit à 3,5, contre 6,6 au plan national. Le marché eurélien est donc resserré : le premier quartile, à 5 000 €/ha, dépasse la médiane de trente-cinq départements. Il n’existe pratiquement pas de forêt bon marché en Eure-et-Loir.

La médiane est stable de 7 892 à 7 871 €/ha, soit un recul de 0,3 % en euros courants. Les deux quartiles divergent : le premier progresse de 7,1 %, le troisième perd 36,3 %.

Mutations de plus de 1 hectare, 2021-2025. Source : données de valeurs foncières DGFiP, retraitement TerrAgree, agrégation des mutations multi-communes au seuil de 4,5 kilomètres.
AnnéeMutationsMédiane (€/ha)1er quartile3e quartile
2021987 905en attenteen attente
20221017 584en attenteen attente
2023758 386en attenteen attente
2024739 987en attenteen attente
2025807 496en attenteen attente

La taille joue : 8 023 €/ha médians de 1 à 10 hectares sur 395 ventes, 9 077 €/ha de 10 à 25 hectares sur 26 ventes, 18 114 €/ha de 25 à 100 hectares sur 9 ventes seulement, effectif faible à interpréter avec prudence. Quatre ventes de plus de cent hectares sont recensées, nombre insuffisant pour publier une médiane.

Ce que recouvre le prix, valeur du fonds et valeur des peuplements

Un prix DVF additionne le sol et les arbres sans les séparer. En Eure-et-Loir, la part du fonds est plus élevée qu’ailleurs, le sol y étant rare et convoité.

La valeur du fonds est celle du sol et de ce qui lui est incorporé. Dans un département céréalier, le fonds forestier est valorisé par sa rareté et par son usage cynégétique autant que par son potentiel de production. Il reste indexé sur la valeur des terres agricoles beauceronnes.

La valeur de la superficie est celle du peuplement, à partir de la valeur de consommation, ce que le propriétaire percevrait s’il récoltait aujourd’hui, à laquelle s’applique une décote tenant compte de la maturité, des travaux et du risque. Sur les chênaies du Perche et du Thymerais, elle peut être substantielle. Sur les bois de Beauce, souvent des bosquets de rapport cynégétique, elle est faible.

S’y ajoute la valeur des aménités, principalement la location de la chasse, capitalisée au taux retenu. En 2024, 2 852 sangliers, 5 912 chevreuils, 731 cerfs élaphes et 34 daims ont été prélevés dans le département. Ce chiffre de 731 cerfs, dans un département aussi peu boisé, indique la place réelle du grand gibier dans la formation du prix local.

Les régions naturelles du département

Nous ne publions pas de prix par région naturelle. Une médiane à cette maille suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les régions ci-dessous se décrivent donc par leurs essences, leurs stations et l’appréciation de nos conseillers, jamais par un prix.

Le Perche

Chênaies et bocage boisé, au nord-ouest. Nous devons signaler une lacune : le référentiel TerrAgree porte sur ce secteur une appréciation mutualisée avec le Gâtinais, sans analyse propre au Perche. L’explication de terrain reste à écrire.

La Beauce

seulement. Nos conseillers résument la situation en une phrase : la Beauce est très peu boisée, et lorsqu’il y a des forêts leur valeur peut monter. C’est ce que montre la série, un échantillon mince, de trente-trois à cinquante et une ventes par an, et une progression forte. La rareté fait le prix.

Quelles essences et quels peuplements se négocient dans le département ?

Le chêne pédonculé et le chêne sessile font la valeur, accompagnés de hêtre sur les stations fraîches du Thymerais. Les massifs domaniaux de Senonches et de Châteauneuf constituent la référence locale. Le pin sylvestre occupe les sols les plus pauvres, sans prime.

L’appareil local recensé est très léger au regard du niveau de prix pratiqué : 425 établissements, dont seulement 16 scieries, 69 entreprises d’exploitation forestière et 133 de sylviculture. Quatre établissements seulement dépassent dix salariés, dont une scierie, Bois Solutions F à Chapelle-Guillaume, et une unité d’emballage, Legendre à La Bazoche-Gouët. Ce recensement par code d’activité ne distingue pas résineux et feuillu et son géocodage est partiel : c’est un plancher, pas un inventaire.

Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une forêt ?

À essence et surface comparables, sept éléments séparent deux propriétés euréliennes.

La desserte
Le relief est faible et le réseau excellent, la proximité de l’Île-de-France étant en elle-même un facteur de valeur.
Le morcellement
Avec une surface médiane de 2,25 hectares, le département est morcelé, et le prix unitaire double entre les petites parcelles et les ensembles de 25 à 100 hectares.
La pente
Marginale, hormis les coteaux du Perche et les vallées de l’Eure, du Loir et de l’Avre.
La portance
Les limons battants de la Beauce et les argiles à silex du Perche restreignent les fenêtres de chantier après épisode pluvieux.
Le droit de chasse
Premier facteur de dispersion. Avec 731 cerfs élaphes prélevés en 2024, la demande cynégétique est structurée par la proximité parisienne, et le bail capitalisé pèse lourdement sur les propriétés constituées.
Le document de gestion
13 mutations sur 434 franchissent le seuil de vingt-cinq hectares, soit 3 % : un plan approuvé y est donc un argument distinctif.
Le statut réglementaire
Zonages, servitudes, indivision, bail rural, protections attachées aux abords des massifs domaniaux.

Le marché local, volume et profils d’acquéreurs

Le marché tourne autour de 87 ventes par an de plus d’un hectare, ce qui en fait l’un des marchés les plus étroits parmi les départements traités. Les communes les plus actives sont Cloyes-les-Trois-Rivières avec treize mutations en cinq ans, Authon-du-Perche et Boissy-lès-Perche onze, Val-d’Yerre neuf, Charpont huit, puis Berchères-Saint-Germain, Saintigny, Auneau-Bleury-Saint-Symphorien et Happonvilliers avec sept chacune. Les plus grandes opérations se situent à La Ferté-Vidame, cinq cent vingt-quatre hectares en décembre 2023, à Illiers-Combray, cent trente-sept, à Pontgouin, cent trente et un, et à Beaumont-les-Autels, cent neuf.

Deux profils dominent. Les acquéreurs d’agrément et de chasse, venus d’Île-de-France pour une large part, portent le haut du marché sur les ensembles du Perche et du Thymerais. Les agriculteurs et les voisins alimentent le premier quartile, sur des bosquets à fonction autant cynégétique qu’agronomique. Les professionnels du bois sont peu présents.

Contreparties et points de vigilance

Il faut dire ce que le prix médian dissimule.

Le premier point est que le prix eurélien n’est pas un prix de bois. Un département qui compte seize scieries et quatre établissements de plus de dix salariés dans toute la filière ne dispose pas d’un appareil capable de porter la valeur d’un peuplement. Le prix payé rémunère la rareté du sol, l’agrément et la chasse. Les acheteurs de chêne sont en Sarthe, dans le Loiret ou en Bourgogne, et le coût de transport se retranche du prix net vendeur.

Le deuxième point est le décrochage du haut du marché. Le même mouvement est mesuré dans le Loiret et en Indre-et-Loire : le segment d’agrément du bassin parisien s’est retourné, et une évaluation calée sur des comparables de 2021 surestime aujourd’hui les propriétés de chasse.

Le troisième point tient à la donnée. Les quatre plus grandes mutations recensées affichent des prix de 12 500 à 57 115 €/ha sur plus de cent hectares. Ces montants comportent du bâti : les prix DVF sont tout compris, sans séparation du bâti ni du mobilier. Ces quatre lignes doivent être écartées de tout raisonnement de comparaison.

Le quatrième point est une lacune de notre référentiel. Le Perche affiche la cote la plus élevée du département, 9 672 €/ha sur 358 ventes, et nos conseillers ne l’ont pas encore documenté pour lui-même. Un chiffre inexpliqué ne fonde pas une négociation.

Faire évaluer une forêt en Eure-et-Loir

Les chiffres de cette page sont des prix constatés, indicatifs. Ils ne constituent ni une valeur vénale ni une valeur d’expertise. Dans un département où la chasse et la rareté du sol expliquent l’essentiel du prix, l’évaluation suppose de distinguer la valeur du fonds, celle de la superficie et celle des aménités, et de capitaliser le bail sur une base contractuelle vérifiée.

Prenez contact avec le cabinet pour faire évaluer une propriété forestière en Eure-et-Loir.

Faire évaluer une propriété forestière

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un hectare de forêt en Eure-et-Loir ?

Le prix médian constaté s’établit à 8 024 €/ha entre 2021 et 2025, sur 434 ventes de plus d’un hectare relevées dans les données de valeurs foncières de la DGFiP, soit 52 % au dessus de la médiane nationale de 5 323 €/ha. La moitié des transactions se situent entre 5 000 et 17 565 €/ha.

Pourquoi la forêt est-elle chère dans un département aussi peu boisé ?

La rareté du sol forestier dans un département céréalier, la demande cynégétique structurée avec 731 cerfs élaphes prélevés en 2024 et la proximité de l’Île-de-France expliquent le niveau des prix. Le premier quartile eurélien, 5 000 €/ha, dépasse ainsi la médiane de trente-cinq départements français.

Le prix de la forêt monte-t-il en Eure-et-Loir ?

La médiane est stable, de 7 892 €/ha en 2021 à 7 871 €/ha en 2025. Le mouvement réel concerne les extrêmes : le premier quartile progresse de 7,1 % pendant que le troisième quartile recule de 36,3 %, ce qui traduit un retournement du segment d’agrément et de chasse du bassin parisien.

Une vente de plus de cent hectares constitue-t-elle une référence utilisable ?

Les quatre mutations de plus de cent hectares recensées en Eure-et-Loir, à La Ferté-Vidame, Illiers-Combray, Pontgouin et Beaumont-les-Autels, affichent des prix de 12 500 à 57 115 €/ha qui comportent du bâti. Les données de valeurs foncières étant publiées tout compris, ces lignes ne se transposent à aucune propriété exclusivement forestière.

Que faut-il vérifier avant d’acheter une forêt en Eure-et-Loir ?

Quatre vérifications s’imposent : le montant réel du bail de chasse, qui porte une part déterminante de la valeur, la distance à l’acheteur de bois effectif, la composition exacte du bien dans les comparables retenus, bâti compris, et la portance des limons et des argiles à silex.

Ces 434 mutations disent ce qui s’est payé, pas ce que vaut un bien précis : cette bascule est l’objet de l’évaluation forestière. Le classement des départements et la méthode de calcul figurent dans notre rapport sur le prix de la forêt en France, le document de gestion qui conditionne la garantie de gestion durable sur la page du plan simple de gestion. Pour situer Perche et Beauce parmi les grands ensembles français, voir notre panorama des massifs forestiers de France ; pour le vocabulaire, notre lexique forestier ; pour la marche à suivre, vendre sa forêt.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026

Pretium loci, non silvae.

Homo et arbor radices habent