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La forêt du Livradois-Forez

Le Livradois-Forez occupe l'est du Puy-de-Dôme, l'ouest de la Loire et le nord de la Haute-Loire, en deux chaînes parallèles séparées par la plaine d'Ambert. Les monts du Forez culminent à 1 634 mètres à Pierre-sur-Haute, le Livradois plafonne vers 1 200. La forêt s'y répartit sur deux sylvoécorégions, la G30 Massif central volcanique, qui porte 150 000 hectares, et la G42 Monts du Vivarais et du Pilat, qui en porte 160 000, selon l'inventaire forestier national sur 2020-2024.

Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026

Où s’arrête le Livradois-Forez

Le Puy-de-Dôme réunit deux massifs que ce lot traite séparément et qu’il ne faut pas confondre. Les Combrailles occupent l’ouest du département, sur les plateaux granitiques de la sylvoécorégion G21, à sept cents mètres d’altitude moyenne. Le Livradois-Forez occupe l’est, au-delà de la vallée de l’Allier et de la plaine de Limagne, entre huit cents et douze cents mètres. La coupure est franche : deux cents à cinq cents mètres d’altitude d’écart, deux sylvoécorégions distinctes, et une plaine céréalière entre les deux.

Les essences et la station

La composition diffère selon la chaîne. Sur la G42, qui porte le Forez et ses contreforts, l’IGN compte 43 000 hectares de conifères purs et 39 000 en mélange de conifères et de feuillus, soit plus de la moitié de la surface avec une présence résineuse. Sur la G30, plus volcanique et plus basse, le feuillu pur redevient majoritaire avec 34 000 hectares.

Le nom que nos conseillers donnent au Livradois dit l’essentiel : sapinière-hêtraie. Le sapin pectiné occupe l’étage montagnard avec le hêtre, l’épicéa a été introduit sur les hauts, et le douglas s’est installé sur les stations basses et moyennes, où nos conseillers le jugent excellent malgré la dominance de la sapinière. Le socle est granitique et métamorphique, les sols sont acides, sains et profonds sur les versants, plus superficiels sur les croupes et les crêts.

La contrainte de station est le gel de printemps, et elle atteint ici une intensité que nous n’avons rencontrée nulle part ailleurs. Nos relevés sur trente ans donnent 20,1 jours de gel en avril et mai à Auvers, 15,3 à Saint-Paul-de-Tartas, 13,6 au col de la Loge, 13,3 à Saint-Anthème, contre 3,7 en moyenne nationale et 8,2 à Pionsat, dans les Combrailles. À l’inverse, le bilan hydrique estival est confortable et devient même excédentaire en altitude, avec un solde positif de 51 millimètres à Chastreix et de 29 à Super-Besse. Le massif ne manque pas d’eau, il manque de saison de végétation, et cette contrainte se paie à l’installation du peuplement bien plus qu’à sa croissance.

Nos conseillers ajoutent une réserve d’exploitation qu’il faut reprendre telle quelle : sur les contreforts du Forez et du Livradois, la sortie des bois n’est pas toujours commode, et les conditions se dégradent à mesure que l’on s’éloigne du bassin d’Ambert.

La filière et les débouchés

L’appareil de première transformation est dense et morcelé. L’extrait Sirene recense 6 153 établissements de la filière sur les trois départements et 211 scieries, quatre-vingt-six dans le Puy-de-Dôme, soixante-trois dans la Loire et soixante-deux en Haute-Loire. C’est la deuxième densité de sciage de nos deux lots, derrière le massif vosgien.

Trois unités seulement dépassent cinquante salariés. La scierie Moulin, à Dunières en Haute-Loire, tient la tranche de cent à cent quatre-vingt-dix-neuf et constitue le principal acheteur de résineux du secteur. Livra-Bois, à Doré-l’Église, emploie cinquante à quatre-vingt-dix-neuf personnes et dispose d’un second site à Arlanc. France Bois Imprégnés, à Boisset-lès-Montrond, complète le dispositif dans la Loire.

L’axe Arlanc et Doré-l’Église forme un véritable bassin de sciage, avec les Établissements Veyrière à Arlanc dans la tranche de vingt à quarante-neuf salariés, Veyrière Bois Énergie, Forêt et Sciage du Livradois à Auzelles et le Sciage du Haut Livradois à Saint-Sauveur-la-Sagne. Les Fils Philipon opèrent à La Chapelle-Geneste, en Haute-Loire. En aval, la Loire porte des industries de seconde transformation d’échelle supérieure : Cetih à Roanne, de deux cents à deux cent quarante-neuf salariés, Ossabois à Balbigny et Isonat à Mably, tous deux entre cinquante et quatre-vingt-dix-neuf.

Cette configuration distingue nettement le Livradois-Forez des Combrailles voisines, où quatorze scieries seulement travaillent le plateau et où deux seulement dépassent vingt salariés. Le douglas y trouve ici un preneur à quelques kilomètres, ce qui n’est pas le cas à l’ouest du département.

Les contraintes

Le grand gibier est ici la contrainte la plus faible de nos deux lots, et il faut le dire aussi franchement que l’inverse. La saison 2024 place la Haute-Loire au quatre-vingt-huitième rang national pour le sanglier avec 2 841 prélèvements, la Loire au quatre-vingt-quatrième avec 3 400, le Puy-de-Dôme au soixante-septième. Les tableaux n’enregistrent aucun prélèvement de cerf élaphe dans la Loire. Le renouvellement se joue donc sur la station et sur la desserte, non sur la protection.

La desserte est la vraie difficulté. Les pentes des versants du Forez, la longueur des dessertes et l’enclavement de certains vallons imposent des coûts de mobilisation que la mercuriale nationale ne reflète pas. Un peuplement identique se valorise différemment selon qu’il est au-dessus ou au-dessous de la piste, et cet écart se motive ligne à ligne au dossier.

S’y ajoute l’épicéa, sensible au scolyte à ces altitudes moyennes, dont la part dans un peuplement doit être établie avant toute évaluation.

Le marché forestier en Livradois-Forez

Sur les mutations forestières d’un hectare et plus enregistrées à la DVF entre 2021 et 2025, retraitement TerrAgree, la médiane s’établit à 2 516 euros par hectare dans le Puy-de-Dôme sur 2 678 mutations, à 3 188 euros en Haute-Loire et à 4 118 euros dans la Loire. Les trajectoires divergent nettement : la Loire progresse de 38,4 pour cent entre 2021 et 2025, le Puy-de-Dôme de 11,0, tandis que la Haute-Loire recule de 19,5.

L’effet de surface est modeste partout. Dans le Puy-de-Dôme, le prix passe de 2 358 euros pour les mutations de un à dix hectares à 3 904 de dix à vingt-cinq et 6 700 au-delà. En Haute-Loire, les deux premières tranches sont identiques, à 3 053 et 3 075 euros, et le saut ne se produit qu’au-delà de vingt-cinq hectares, à 6 887. Dans la Loire, la courbe s’inverse même en fin de série, à 4 000, 5 794 puis 5 609 euros.

Nos conseillers qualifient le Livradois et le Forez l’un et l’autre à la valeur vénale, sans prime. La lecture est cohérente avec les chiffres : c’est un massif de production résineuse abondante, dans des départements où l’offre foncière est large et où aucune demande d’agrément ne vient soutenir les prix. La valeur y suit le peuplement et la desserte, et rien d’autre.

Biens disponibles

Les forêts disponibles en Livradois-Forez

Cette sélection reprend les biens de la page Forêts à vendre, filtrés sur le Puy-de-Dôme, la Loire et la Haute-Loire. Aucune propriété du massif n’est actuellement présentée à la vente par le cabinet. Les biens paraissent ici dès leur mise en ligne.

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Sub tegmine fagi.

Homo et arbor radices habent