La Puisaye occupe l'ouest de l'Yonne, le nord-ouest de la Nièvre et la frange orientale du Loiret, entre Auxerre, Cosne-sur-Loire et Gien. Notre référentiel communal en recense vingt-cinq communes couvrant 106 170 hectares, à une altitude moyenne de 220 mètres. C'est un pays de plateaux mous, d'étangs, de haies et de bois compacts, dont Saint-Fargeau et Saint-Sauveur constituent les repères.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
Elle touche trois massifs déjà traités et se distingue de chacun par un critère net. Au sud-est, le Nivernais commence là où les marnes et calcaires du Jurassique remplacent les argiles crétacées, et la chênaie y change de qualité. À l’ouest, au-delà de la Loire, la Sologne commence avec les sables tertiaires et l’arrivée du pin sylvestre, absent de la Puisaye. Au nord-est, le Pays d’Othe s’ouvre sur la craie et le chêne sessile de plateau. La Champagne humide, plus à l’est encore, ne la touche pas. La Puisaye est le pays de l’argile kaolinique, celui des potiers, et c’est ce substrat qui la définit.
La sylvoécorégion B52, qui en porte la majeure partie, compte 144 000 hectares de forêt selon l’inventaire forestier national sur 2020-2024, dont 51 000 en mélange de deux feuillus, 45 000 de feuillus purs et 34 000 en mélange de feuillus variés, pour 5 000 hectares seulement de conifères purs. Le feuillu occupe quatre-vingt-quinze pour cent de la surface.
Le chêne pédonculé domine, accompagné du charme, du tremble et du bouleau sur les stations les plus engorgées. Le sol est le fait déterminant : les argiles à silex et les argiles kaoliniques de l’Albien donnent des terrains lourds, acides, imperméables, où la nappe perchée remonte l’hiver et où la réserve utile est bonne mais mal exploitée faute d’enracinement profond. C’est un sol qui produit du chêne de bonne venue sur les positions drainées et un chêne médiocre, gélif et court, dans les fonds. La variabilité est parcellaire, non régionale, ce qui interdit toute lecture de valeur à l’échelle du canton.
Le climat est intermédiaire entre la Sologne et le Nivernais, et nos relevés le montrent précisément. La station de Saint-Fargeau, sur trente ans, enregistre un déficit hydrique estival de 162 millimètres et celle de Grandchamp de 186, contre 205 en moyenne nationale et 207 à Romorantin, en Sologne. La Puisaye est donc moins déficitaire que ses deux voisines. Le gel tardif y est présent sans être extrême, à 5,6 jours en avril et mai à Saint-Fargeau, contre 7,1 à Romorantin et 3,7 en moyenne nationale. Il ressort comme axe dominant sur treize de nos vingt-cinq communes, celles du centre du pays, et disparaît sur les franges du Loiret et du Nivernais. C’est cette combinaison, humidité de sol sans sécheresse estivale marquée, qui explique que le pin n’ait jamais pris ici comme il a pris en Sologne.
L’appareil local est mince. Dans les vingt-cinq communes, l’extrait Sirene ne recense que 142 établissements de la filière, dont soixante-six relèvent de la sylviculture et cinq seulement du sciage. Deux méritent d’être nommés parce qu’ils sont dans le pays et non à sa périphérie : Yonne Merrain, à Toucy, dans la tranche de dix à dix-neuf salariés, et la Parqueterie Beau Soleil, à Saint-Amand-en-Puisaye, entre vingt et quarante-neuf. Chenelet, à Toucy également, travaille l’emballage dans la même tranche. Les établissements Greuin et Pannekoucke opèrent à Ouzouer-sur-Trézée.
La merranderie de Toucy est le point qui compte. Elle signifie qu’un chêne poyaudin de qualité tonnellerie trouve un preneur à moins de vingt kilomètres, ce qui est rare pour un massif de cette taille. Pour les autres produits, la concurrence se joue à l’extérieur, vers Auxerre où Kronospan absorbe le bois d’industrie, vers le Nivernais et vers l’Orléanais.
Le sanglier est la première. La saison 2024 place l’Yonne au dixième rang national avec 18 245 prélèvements, le Loiret au seizième et la Nièvre au trente-septième. Sur un pays d’étangs, de haies et de bois morcelés imbriqués dans la culture, cette pression se traduit par des dégâts agricoles et par une charge d’indemnisation qui pèse sur la valeur du bail de chasse, laquelle constitue ici une aménité réelle. Nos conseillers signalent d’ailleurs une chasse prisée, structurée par de grandes propriétés.
La portance est la seconde, et elle découle directement du substrat. Sur argile kaolinique, la fenêtre d’exploitation se limite au cœur de l’été et aux périodes de gel franc. Le tassement est irréversible et il faut le dire à l’acquéreur avant qu’il ne bâtisse un calendrier de coupes irréaliste.
La troisième tient à la structure du foncier. Le pays alterne de grandes propriétés constituées, souvent anciennes, et un semis de petites parcelles héritées du bocage. Les deux ne se valorisent pas de la même façon et ne s’adressent pas aux mêmes acquéreurs.
Sur les mutations forestières d’un hectare et plus enregistrées à la DVF entre 2021 et 2025, retraitement TerrAgree, la médiane s’établit à 4 005 euros par hectare dans l’Yonne sur 1 195 mutations, à 4 479 dans la Nièvre et à 12 262 dans le Loiret. Ces trois chiffres sont ceux que nous avons publiés ailleurs et ils ne doivent pas être lus comme trois estimations de la Puisaye : le Loiret est tiré par la Sologne et les franges orléanaises, la Nièvre par le Nivernais et le Morvan. La Puisaye ne représente qu’une part de chacun.
L’effet de surface dans l’Yonne est marqué : 3 529 euros pour les mutations de un à dix hectares, 6 156 de dix à vingt-cinq, 9 859 au-delà, soit un rapport de deux et huit dixièmes. La progression de la médiane départementale reste faible, à 3,6 pour cent entre 2021 et 2025, contre 4,7 au plan national. L’Yonne est l’un des rares départements de cette série à ne pas décrocher à la hausse.
Nos conseillers qualifient la Puisaye à la valeur vénale, c’est-à-dire au niveau que le marché justifie sans prime particulière, et notent un bon secteur pour le chêne. C’est une position intermédiaire entre le Nivernais, qualifié à la valeur technique, et la Sologne, qualifiée au-dessus. Elle se comprend : le chêne y est bon sans être exceptionnel, la chasse y ajoute une aménité sans commander le marché comme en Sologne.
Biens disponiblesCette sélection reprend les biens de la page Forêts à vendre, filtrés sur l’Yonne, la Nièvre et le Loiret. Aucune propriété poyaudine n’est actuellement présentée à la vente par le cabinet. Les biens paraissent ici dès leur mise en ligne.
Voir toutes les forêts à vendre Le bureau du massif04 43 97 19 18
contact@terragree.com
Le bureau est à quarante kilomètres du sud de la Puisaye. Il suit le pays en gestion forestière comme en transaction, et connaît la merranderie de Toucy.
Faire évaluer ma forêt en Puisaye Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt Mis à jour le 13 août 2026Sub tegmine fagi.
Homo et arbor radices habent