La Sologne s'étend sur 462 000 hectares entre Loire et Cher, à cheval sur le Loir-et-Cher, le Loiret et le Cher, dont 240 800 hectares boisés hors peupleraies, soit un taux de boisement de 52 pour cent qui monte à 61 pour cent dans sa partie berrichonne. Le relief est mollement ondulé, l'altitude moyenne de 135 mètres, et le paysage forme un manteau de bois et de landes que quelques cultures interrompent seulement. La propriété y est privée à 93 pour cent et remarquablement peu morcelée pour la France de plaine : la taille moyenne des propriétés de plus de quatre hectares atteint 35 hectares, et celles de plus de vingt-cinq hectares couvrent 81 pour cent de la surface. Ces données proviennent du schéma régional de gestion sylvicole publié par le CNPF Île-de-France Centre en 2005, sur inventaire IFN 1992-1999.
Adrien Sebastiao, TerrAgree Forêt · Mis à jour le 13 août 2026
L’unité géologique de la Sologne est son fait dominant. La roche mère est constituée des sables et argiles de Sologne, en couches alternées et entremêlées, et les sols en sortent toujours acides. Leur comportement se joue sur la proportion des deux : sur sable, le lessivage conduit à des sols podzoliques très secs ; sur argile, à des sols hydromorphes engorgés une partie de l’année. Cette alternance se produit à l’échelle de la parcelle, parfois du peuplement, et c’est elle qui explique l’irrégularité des croissances constatées sur des massifs voisins.
Les chênes pédonculé et sessile occupent plus de la moitié de la surface boisée, le pédonculé nettement devant, ce qui n’est pas sans conséquence : la gélivure y est fréquente et grève la valeur des grumes. Les résineux tiennent 30 pour cent, part inhabituelle en région Centre, essentiellement en pins sylvestre et laricio issus des reboisements qui ont succédé au pin maritime du dix-neuvième siècle. Le bouleau et le tremble colonisent les sols les plus pauvres, le châtaignier se tient à l’est.
Nos relevés sur les stations Météo-France du secteur, sur trente ans jusqu’en 2024, désignent le gel tardif comme la contrainte dominante et non la sécheresse. Romorantin et Coullons enregistrent 7,1 jours de gel en avril et mai, Nançay 5,8, contre 3,7 en moyenne nationale, tandis que le déficit hydrique estival y reste inférieur à celui de Blois ou d’Orléans. Le SRGS le disait déjà : gelées jusqu’en mai, soixante-dix jours par an. C’est le point à retenir avant d’engager un renouvellement, et c’est ce qui doit tempérer l’idée, souvent avancée, d’un retour au pin maritime comme essence d’adaptation.
L’appareil de transformation est fin. Sur les trois départements, l’extrait Sirene recense 2 423 établissements de la filière, dont 75 scieries et 435 exploitants forestiers, mais seulement sept unités de cinquante salariés ou plus, dont deux sont des directions de l’Office national des forêts. La seule industrie lourde est l’usine de panneaux Swiss Krono à Sully-sur-Loire, dans la fourchette de 250 à 499 salariés, qui absorbe le bois d’industrie. Les Exploitations forestières Barillet, présentes à Châteauneuf-sur-Loire, à Vitry-aux-Loges et à Neuvy, constituent le principal opérateur d’amont. Les scieries de Millançay, de Sennely et de Coullons travaillent à l’échelle locale.
Un propriétaire solognot doit en tirer une conséquence pratique. Le chêne de qualité ne trouve pas ici sa valorisation finale : aucune tonnellerie n’est implantée dans les trois départements, et le seul débouché merrandier proche est celui de Méry-ès-Bois, dans le Cher. Les bois de tranchage et de tonnellerie partent vers la Bourgogne et la Charente. Le pin, lui, se vend localement, en sciage courant et en bois d’industrie.
La pression cynégétique est la première d’entre elles, et elle est mesurable. La saison 2024 place le Loir-et-Cher au quatrième rang national pour le sanglier avec 22 793 animaux prélevés, au cinquième pour le cerf élaphe avec 2 840, au cinquième pour le chevreuil. Le Cher et le Loiret suivent dans les vingt premiers pour le cerf. L’équilibre sylvo-cynégétique n’est pas ici une formule administrative : l’abroutissement rend le renouvellement des chênaies et des taillis coûteux, parfois impossible sans protection, et le coût de la clôture doit entrer dans toute projection de travaux.
Le risque d’incendie est réel et reconnu, les tours de guet de Souesmes et de Soings-en-Sologne restant armées par le service départemental d’incendie et de secours. Les landes, qui couvrent six pour cent de la surface, en sont le support. L’eau, enfin, contraint dans les deux sens : les étangs artificiels creusés pour assainir les zones marécageuses témoignent d’un engorgement ancien, et une part notable du massif reste soumise à une portance faible qui ferme les chantiers en hiver.
Nous ne publions pas de prix médian à l’échelle de la Sologne. Une médiane de massif suppose un rattachement des communes à la région naturelle que notre chaîne de traitement ne porte pas, et nous ne diffusons aucun chiffre qui ne soit pas recalculable au seuil de 4,5 kilomètres. Les prix qui suivent sont donc départementaux et se lisent comme tels : la Sologne ne couvre qu’une part du Loir-et-Cher, du Loiret et du Cher.
Le marché solognot est un marché de chasse et d’agrément avant d’être un marché de production, et nos conseillers le qualifient au-dessus de la valeur technique. Les acquéreurs cherchent un territoire clos, une surface d’un seul tenant et une population de grand gibier constituée ; le capital sur pied vient ensuite. Cette hiérarchie explique que des propriétés à faible potentiel sylvicole se traitent à des niveaux que le peuplement seul ne justifierait pas.
Sur les mutations forestières d’un hectare et plus enregistrées à la DVF entre 2021 et 2025, retraitement TerrAgree, le prix médian ressort à 9 983 euros par hectare en Loir-et-Cher, 12 262 dans le Loiret et 9 836 dans le Cher, soit près du double du repère national établi à 5 323 euros. Le premier quartile du Loir-et-Cher se tient à 4 534 euros et le troisième à 21 852, écart qui traduit exactement la coexistence de deux marchés dans un même département.
Biens disponiblesCette sélection reprend les biens de la page Forêts à vendre, filtrés sur le Loir-et-Cher, le Loiret et le Cher. Aucune propriété solognote n’est actuellement présentée à la vente par le cabinet. Les biens paraissent ici dès leur mise en ligne.
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